Frangipane

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Frangipane (famille).

La frangipane est une crème à base d'amandes qui entre dans la composition de la galette des Rois. Elle est composée de deux tiers de crème d'amandes et d'un tiers de crème pâtissière, à ne pas confondre avec la crème d'amandes seule qui entre dans la composition du pithiviers.

Origine[modifier | modifier le code]

Si un consensus existe sur le fait que le nom de la crème vient du patronyme italien Frangipani, il existe plusieurs théories quant à l'origine de sa recette.

  • La recette de la crème aurait été donnée par le comte Cesare Frangipani (personnage inventé au XIXe siècle) en cadeau de mariage à Catherine de Médicis, qui allait épouser le futur roi de France Henri II[1].
  • Mutio Frangipani, botaniste italien qui aurait visité les Antilles en 1493, aurait appris aux marins qu'il accompagnait que l'odeur délicieuse sentie à proximité d'Antigua provenait d'un arbuste, Plumeria alba, devenu le « frangipanier ». L'essence imitant cette odeur aurait aussi été renommée en son honneur[2].
  • Le petit-fils de Mutio, Pompéo Frangipani, marquis et maréchal des armées de Louis XIII, aurait mis au point le parfum de la frangipane pour cacher l'odeur du cuir des gants et des souliers[3]. L'invention de la pâtisserie lui a aussi été attribuée[4].
  • Mauritius Frangipani, un moine italien pionnier de la parfumerie, aurait constaté que les principes des parfums étaient solubles dans l'esprit de vin[5].

Dans la famille franciscaine, la tradition veut que la frangipane vienne de Jacqueline de Septisoles, épouse et jeune veuve du noble romain Graziano de Frangipani, seigneur de Marino. Cette dame, devenue amie et disciple de François d'Assise, qui l'appelait « Frère Jacqueline »[6], avait coutume de lui offrir des gâteaux aux amandes :

« Un jour le bienheureux François appela ses compagnons et leur dit : « Vous savez combien dame Jacqueline de Settesoli fut toujours et demeure attachée à notre ordre. Je crois que, si vous l’informiez de mon état, ce serait pour elle une grande délicatesse et une grande consolation. Écrivez-lui de vous envoyer, pour une tunique, de ce drap monastique couleur de cendre, comme celui que fabriquent les Cisterciens dans les pays d’outre-mer. Qu’elle envoie aussi de ce gâteau qu’elle m’a préparé maintes fois quand j’étais à Rome. »

— Légende de Pérouse 101, Saint François d'Assise : Documents, Éditions franciscaines, Paris, 2002.

Nutrition[modifier | modifier le code]

La poudre d'amande fournit une petite quantité d'acides gras mono-insaturés et acides gras poly-insaturés utiles dans la prévention des maladies cardiovasculaires, ainsi que du magnésium, utile au système nerveux et aux défenses immunitaires.

La crème pâtissière procure un peu de protéines, en raison des œufs et du lait qu'elle contient et permet de réduire la quantité de beurre nécessaire. Parmi les inconvénients, la quantité de matières grasses reste importante (24 à 25 %), avec notamment des acides gras saturés.

Homonymie[modifier | modifier le code]

L'arbuste appelé frangipanier partage avec la frangipane pâtissière son parfum mais n'entre en aucun cas dans sa composition.

Un cocktail sans alcool à base de noix de coco, de nectar de banane, de sirop de fraise et de jus de fruit de la passion est également baptisé frangipane [7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Deniau, L'Île Madame, Livre de Poche, 2001, p. 126.
  2. (en) « Frangipani », Dictionary of Phrase and Fable, E. Cobham Brewer, 1894.
  3. Septimus Piesse, L'art oublié du parfum, Max Milo Éditions.
  4. « Frangipane », Dictionnaire étymologique, Noël & Carpentier, 1839.
  5. « Mauritius Frangipani » sur viatraveldesign.com.
  6. Daniel Lacotte, Quand votre culotte est devenue pantalon, Pygmalion, 2011, 368 p. (ISBN 978-2-7564-0536-0), article « Frangipane ».
  7. Recette sur delirium-cocktails.com.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • JP Géné, « Mystère et frangipane », Le Monde 2, no 256,‎ 10 janvier 2009.