Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée

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Les Francs-tireurs et partisans - main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI) sont un groupe des Francs-tireurs et partisans, mouvement de résistance armée à l'occupation nazie en France, dirigé par Joseph Epstein et, en région parisienne, par Louis Minkowski et Simon Cukier. Il est issu de la Main-d'œuvre immigrée.

Historique[modifier | modifier le code]

Les groupes de FTP-MOI sont créés en région parisienne, en même temps que les FTP, en 1941. Ces groupes sont constitués par les membres de la Main-d'œuvre immigrée : des étrangers communistes vivant en France et ne faisant pas partie du Parti communiste français sont mis en place en avril - mai 1942. Bien qu'intégrés aux FTP, ces groupes dépendent directement de Jacques Duclos, qui leur transmet les ordres de l'Internationale communiste.

Les FTP-MOI compteront parmi les groupes de résistance les plus actifs et les plus déterminés, notamment parce qu'ils sont en tant qu'étrangers, et juifs pour beaucoup, directement visés par le régime de Vichy, qui ne leur laisse le choix que de la clandestinité ou de l'internement, suivi de la déportation. Parce qu'ils dépendent directement du Komintern, par l'intermédiaire de Jacques Déclos, on a souvent pensé que ce sont eux que l'on envoie en première ligne lorsque vient l'ordre de Moscou d'intensifier le combat, alors que les groupes français sont beaucoup plus insérés dans une dynamique nationale.

Le groupe Manouchian[modifier | modifier le code]

Les FTP-MOI sont particulièrement connus à travers les épisodes du procès de 23 membres du groupe de Missak Manouchian. Le procès se déroule devant le tribunal militaire allemand du Grand-Paris, réuni à l'hôtel Continental à partir du 15 février 1944, dure entre deux et quatre jours, et après une délibération de trente-cinq minutes, s'achève par le verdict suivant[1] :

  • 23 accusés sont condamnés à mort : en l'absence de possibilité d'appel, 22 d'entre eux sont fusillés sans délai, le 21 février, au fort du Mont-Valérien ; l'exécution d'Olga Bancic est suspendue pour supplément d'enquête. Rejugée le 10 mai 1944 à Stuttgart, elle est de nouveau condamnée à mort et immédiatement exécutée par décapitation.
  • 1 accusé, Migratrice, est transféré devant une juridiction française.

Les 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les nazis[modifier | modifier le code]

La liste des 23 membres du groupe Manouchian exécutés par les nazis est la suivante :

Les 22 hommes sont fusillés au fort du Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à Stuttgart le 10 mai 1944.

Membres ayant réussi à s'échapper[modifier | modifier le code]

  • Ildo Stanzani
  • Madeleine Oboda née Delers, dite Marie puis Catherine veuve de Stanislas Oboda est entrée dans les FTP MOI en octobre 1942, après que son mari fut fusillé par les allemands. Elle travailla avec Boczov, Michel, puis Rayman et Elek, et eut de nombreux contacts avec Manouchian. Elle fut agent de liaison, transportant les armes sur les lieux de l'attentat et les stockant chez elle, 10 passage Courtois à Paris.
  • Arsène Tchakarian ( sa mère était la cousine de la mère de Charles Aznavour )
  • Raymond Kojitsky, dit "Pivert", qui à la suite de l'attentat du parc Montceau le 19 aout 1943, se brouille avec ses co-équipiers, Marcel Rayman et Alfonso. Marcel lui reproche de ne pas avoir couvert Alfonso, auteur du coup de pistolet mortel contre un major allemand: Pivert arrête aussi sec sa collaboration avec la MOI. Il est ainsi sauvé par Marcel quelques mois avant l'arrestation du groupe des 23, qu'il attribue à un autre membre de la MOI, Albert Davidovitch. Il avait commencé par participer avec les Jeunesses Communistes Juives à des lâchers de tract et des incendies de poteaux indicateurs allemands en fin 1942, alors qu'il avait tout juste 16 ans et en paraissait 12. Il est ensuite intégré en janvier 1943 au sein des équipes de la MOI, sous la direction de Henri Krasucki, et accomplit son premier grenadage Place Cambronne, contre une garage militaire de l'armée allemande. Après l'arrestation de H. Krasucki en mars 1943, il passe sous les ordres de Manouchian[2].

Structure des FTP-MOI[modifier | modifier le code]

Région de Marseille, la Compagnie Marat[modifier | modifier le code]

Hélène Taich, Henri de Marchi, Elie Amselem ont fait partie de ce groupe.

Des témoignages de résistants de la compagnie Marat ont été réunis par l'historien Grégoire Georges-Picot dans un livre publié par les Éditions Tirésias: L'innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944 Paris, ÉditionsTirésias, 2011 Voir aussi le site de l'association Le groupe Marat, fondée par des membres de la compagnie Marat: www.groupemarat.com

Région lyonnaise, groupe Carmagnole-Liberté[modifier | modifier le code]

Charles Lederman, Herbert Herz, Jacques Viktorovitch, Léon Landini, Simon Fryd, Elie Amselem, Max Tzwangue, Léon Rabinovitch, Léopold Rabinovitch, Paul Mossovic, Francis Chapochnik et Lazare Warszawski ont fait partie d'au moins un de ces deux groupes.

  • branche « Carmagnole » à Lyon ;

Le 29 Mai 1943, à la suite d'une opération de récupération de tickets de rationnement à Lyon, Simon Fryd est blessé et arrêté. Il sera condamné à la peine de mort puis guillotiné le 4 décembre. Léopold Rabinovitch et son frère Léon sont arrêtés le 14 août et accusés d'avoir participé à l'action. Ils sont condamnés à la réclusion à perpétuité. Elie Amselem et Max Tzwangue sont recherchés mais ne seront pas retrouvés.

Région toulousaine, la « 35e brigade »[modifier | modifier le code]

La 35e Brigade doit son nom à la 35e Division de mitrailleurs des Brigades internationales à laquelle appartenait Marcel (Mendel) Langer, chef des Francs-Tireurs et Partisans - Main d'œuvre Immigrée (FTP-MOI) de la région toulousaine.

Arrêté avec des explosifs en février 1943, Marcel Langer est jugé par la section spéciale de la cour d'appel de Toulouse. L'avocat général Lespinasse réclame sa tête, et le 21 mars 1943, Langer est condamné à la peine de mort. La sanction est exécutée le 23 juillet à la prison Saint-Michel.

La 35e Brigade devient alors la Brigade « Marcel Langer ».

Dix huit FTP-MOI sont arrêtés par la police de Vichy et livrés aux Allemands. Deux meurent dans le train qui les emmène en déportation. Quatre sont fusillés.

Elle intégrait en nombre important des « guerilléros espagnols », réfugiés venus en France suite à la chute de l'Espagne républicaine, à la fin de la guerre civile espagnole en 1939.

Section juive de la MOI[modifier | modifier le code]

La section juive de la MOI regroupe principalement les juifs étrangers, jusqu'en 1943.

À partir d'avril 1943, elle est fondue dans l'Union des juifs pour la résistance et l'entraide qui s'élargit aux juifs français[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Collin, Carmagnole et Liberté. Les étrangers dans la Résistance en Rhône-Alpes, PUG, 2000
  • Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l'étranger – Les Immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1989
  • Simon Cukier et David Diamant, Juifs révolutionnaires éditions Messidor
  • Grégoire Georges-Picot, L'innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, ÉditionsTirésias, 2011
  • Claude Lévy(*), Raymond Lévy(*), Une histoire vraie, Paris : Les éditeurs français réunis, 1953
  • Claude Lévy(*), Les parias de la résistance, Paris : Calmann-Lévy, 1970
  • Daniel Goldenberg, Raymond Kojitsky, dit Pivert, histoire d'un résistant ordinaire. Paris: Calmann-Levy, 1991.
  • Jean-Yves Boursier, La guerre de partisans dans le Sud-Ouest de la France, 1942-1944. La 35e Brigade FTP-MOI, Paris : L’Harmattan, 1992
  • Gérard de Verbizier, Ni travail, ni famille, ni patrie. Journal d’une brigade F.T.P.-M.O.I., Toulouse, 1942-1944, Paris : Calmann-Lévy, 1994
  • Marc Brafamn(*), « Les origines, les motivations, l’action et les destins des combattants juifs (parmi d’autres immigrés) de la 35e Brigade FTP-MOI de Marcel Langer, Toulouse 1942-1944 », in : Le Monde juif, n° 152, pp. 79-95, 09-12/1994
  • Damira Titonel-Asperti(*), Carmela Maltone, Écrire pour les autres. Mémoires d’une résistante. Les antifascistes italiens en Lot-et-Garonne sous l’occupation, Presses universitaires de Bordeaux, 1999
  • Greg Lamazères, Marcel Langer, une vie de combats. 1903-1943. Juif, communiste, résistant... et guillotiné, Toulouse : Privat, 2003
  • Henri Soum, Chronique des bords de Garonne, t. 3 « Le Vent des Fous », Ed. Signes du monde, 1994
  • Marc Lévy, Les enfants de la liberté, Editions Robert Laffont, 2007.
  • F.F.I. - F.T.P.F., Pages de gloire des vingt-trois, Immigration, 1951.
  • Philippe Robrieux, L'Affaire Manouchian - Vie et mort d'un héros communiste, Fayard, 1986.
  • Ouvrage Collectif, édité par le Comité de Quartier Saint-Michel-Toulouse," Hommage à la 35° Brigade FTP-MOI MARCEL LANGER ", juillet 2008

(*)anciens membres de la 35e Brigade FTP-MOI « Marcel Langer »

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • L'Affiche rouge, de Frank Cassenti, 1976.
  • Des terroristes à la retraite, documentaire de Mosco Boucault (réalisateur), 1985.
  • Ni travail, ni famille, ni patrie - Journal d’une brigade FTP-MOÏ (1993) de Mosco Boucault (réalisateur), 92 min.
  • Étrangers et nos frères pourtant - 2x26mn (1994), Première partie : Liberté, guérilla urbaine à Lyon et Grenoble Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée (FTP-MOI), Deuxième partie : Carmagnole : l’insurrection de Villeurbanne
Le titre est tiré de la chanson L'affiche rouge (Paroles: Louis Aragon[4]. Musique : Léo Ferré, Maurice Vandair).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : F.F.I. - F.T.P.F., p. 104, et P. Robrieux, p. 325 et 347.
  2. Voir dans la bibliographie, le récit écrit par D. Goldenberg
  3. Voir Stéphane Courtois, Denis Peschanski, Adam Rayski, Le Sang de l'étranger – Les Immigrés de la M.O.I. dans la Résistance, Fayard, 1989
  4. http://www.memoire-net.org/etran/aragon.html