Francis le Belge

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Francis Vanverberghe

Alias
Francis le Belge
Naissance
Marseille (France)
Décès (à 54 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France Française,
Autres activités
gangster, trafiquant de drogue, proxénète
Famille
  • François Vanverberghe (père)
    *Herminia Gomez (mère)
    *Simone Vanverberghe (sœur)
    *Sylvie Borel (fille)

Francis Vanverberghe dit « Francis le Belge » ( - ) était un « parrain » du Milieu marseillais, mort assassiné à Paris, dans un café près des Champs-Élysées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Francis le Belge naît à Marseille le dans le quartier de la Belle de Mai, fils de François Vanverberghe, un menuisier natif de Croix (Nord), et d'Herminia Gomez, une « pied-noir » d'Algérie d'origine espagnole.

Francis Vanverberghe avait les qualités pour être footballeur professionnel. Cependant, à l'âge de 16 ans, il se blesse et voit ses rêves d'évoluer à l'Olympique de Marseille s'envoler.

Après une première arrestation pour vol à la roulotte en 1962, le jeune Francis est condamné en 1965 à quinze mois de prison ferme pour proxénétisme aggravé. À 19 ans, il avait déjà une fille qui se prostituait pour lui dans le quartier de l'Opéra, dans le 1er arrondissement de Marseille.

Après sa sortie de prison, Le Belge prend la tête d'une bande de la « Belle de Mai ». Cette bande comprend Antoine Cossu, Robert Di Russo, Charles Filippi, Victor Fumenia, Émile Chessa, Sebastiano Denartis, Emile et Jean Pardo, Daniel et Gérard Alesso.

Le , Le Belge est de nouveau condamné à un an de prison ferme pour coups et blessures pour s'être battu dans un bar du Vieux-Port contre des policiers venus arrêter Antoine Cossu dit « Tony l'Anguille », son beau-frère. Son père décède neuf jours après son incarcération, le 24 juin, tandis que sa fille, Sylvie, naît pendant son séjour en prison. Le Belge, ne voulant pas d'enfant, ne reconnaîtra jamais sa fille. À sa sortie de prison, ce fait d'armes le fait remarquer auprès des Guérini. Ces derniers le présentent à Tany Zampa et Jacky Imbert, futurs parrains de la ville, qui évoluent à Paris dans la « bande des Trois Canards ».

La même année, Antoine Guérini, parrain incontesté de Marseille, est assassiné au volant de sa Mercedes. Une nouvelle génération émerge.

En 1968, à l'âge de 22 ans, Francis le Belge est classé au Fichier du grand banditisme.

« French Connection » et trafic de drogue[modifier | modifier le code]

Le 29 février 1972, les douaniers français arraisonnent le chalutier-crevettier « Caprice des Temps » au large de Marseille, en partance pour Miami et opèrent une saisie record de 425 kg d'héroïne[1]. Ce trafic était orchestré par Jean-Claude Kella et Laurent Fiocconi avec l'argent de Francis le Belge. Le Belge ne sera pas inquiété dans cette affaire. Ambitieux, il se lance dans le trafic d'héroïne et fréquente la comédienne Maria Vincent. Il fini par s'opposer au parrain du moment, Tany Zampa qui l'escroque d'une cargaison d'une valeur de 600 000 Francs. Prévoyant une riposte, Zampa décide d'agir : le 5 septembre 1972 sont abattus au Canet Robert Di Russo, Jean-Claude Bonello et Daniel Lamberti. L'un des tueurs est abattu le 14 octobre 1972 en Corse, et l'autre le 28 octobre 1972. Le 26 décembre 1972, c'est un homme du Belge qui tombe, puis deux autres en février 1973, à la Belle-de-Mai. Il s'ensuit une guerre qui aura son point culminant le 31 mars 1973 ; une fusillade éclata ce jour-là au bar du Tanagra et quatre personnes sont assassinées[1], dont deux pointures proche de Zampa. Il s'agit de Joseph Lomini dit le Toréador, l'un des trafiquants ayant escroqué le Belge et cible principal du commando, Ansan Bistoni dit l'« Aga Khan », poids-lourd de la French Connection, Jean-Claude Napoletano, un petit truand, et la patronne du bar.. À la fin de la même année, Francis le Belge est de nouveau condamné à trois ans de prison ferme pour proxénétisme aggravé, détention d'armes et usage de faux papiers. Entre temps, il est condamné à 12 ans de prison ferme pour un trafic d'héroïne (1977) et à 5 ans d'interdiction de séjour en région parisienne, en région lyonnaise et en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Pour cette affaire, il purgera 7 ans à la centrale de Poissy. Il passera au total près de 11 années derrière les barreaux (1973-1984) jusqu'à sa libération pour bonne conduite en juin 1984.

Sorti de prison, c'est un homme changé qui retrouve la liberté. En prison, le Belge a énormément lu, notamment les philosophes, et a noué les derniers contacts qui lui manquaient. Il est désormais en quête d'honorabilité, se rapprochant du grand monde parisien, notamment dans l'univers de la mode, ainsi que du football dans le sud. Il essaye désormais de se faire le plus discret possible.

Interdit de séjour en Provence Alpes Côte d'Azur, ainsi qu'en régions lyonnaise et parisienne, il va néanmoins reprendre ses affaires en main depuis l'extérieur. Installé dans le nord de la France, il redescend régulièrement dans le Sud, dans sa luxueuse villa de Vitrolles, où il organise des réunions avec ses hommes de confiance. Les rues marseillaises étant plus ou moins sous la houlette de Jacky le Mat, Francis le Belge va se rabattre sur le reste des Bouches-du-Rhône, principalement sur la région aixoise. Là, accompagné de ses anciens acolytes, Tony l'Anguille en tête, il met la main sur les établissements laissés vacants après la mort de Zampa, des bars branchés, des boîtes, des restaurants… On lui oppose peu de résistance. Il s'est entouré de nouveaux voyous, déterminés et très dangereux, capables de sortir leur arme à tout propos. Les plus importants sont Laurent Boglietti, dit « Lolo », Jean-Jacques Maillet, Noël Mariotti, Fontana Patrick. Ensemble, ils n'auront pas de mal à prendre la contrôle de la région aixoise, même si des fidèles du clan Zampa implantés dans le monde de la nuit leur opposeront une forte résistance. Épaulé par Jacky le Mat, il fera taire ces foyers entre 1985 et 1987, laissant dix hommes à terre, dont Christian Betta (avec deux autres personnes) et Gérard Vigier, respectivement en mai 1986 et février 1987. Par ailleurs, en plus d'avoir établi un pacte de non-agression avec le Mat, Francis le Belge devient l'un de ses intimes. D'après les proches de Vanverberghe, Jacky le Mat aura été comme un second père pour Francis (17 ans les séparent).

Mais en mai 1986, le Belge est de nouveau balancé pour l'héroïne, cette fois-ci par François Scapula, dit Scapu la Balance. En cavale, le Belge est rattrapé en 1988 et va passer quatre ans en détention préventive, avant d'être relaxé.

La sanglante « guerre des boîtes »[modifier | modifier le code]

Le caïd à l'ombre, certains ne vont pas hésiter à sortir le revolver. C'est ainsi que commence la sanglante « guerre des boîtes », qui durera de 1988 à 1994. Il ne s'agit pas d'une guerre où s'affrontent deux équipes, mais d'un ensemble de règlements de compte qui s'entremêlent, tous liés aux boîtes de nuit de la région Aixoise et Marseillaise. Trois groupes surnagent néanmoins : celui de Francis le Belge (soutenu, semble-t-il, par Jacky le Mat), celui de Raymond « le Chinois » Mihière, l'un des nouveaux hommes forts de la région, et celui de Souhel Hanna-Elias, dit "Joël le Libanais", l'autre valeur montante.

Le premier meurtre concernant le clan Vanverberghe survient le . C'est José Vanverberghe qui tombe, le frère de Francis le Belge, n'étant pourtant que très peu impliqué dans le Milieu. Son assassin, Bernard Bousquel, un braqueur à l'ambition un peu trop démesurée par rapport à son envergure, disparaît deux jours plus tard. En plus de la vingtaine d'assassinats qui auront lieu, des boîtes seront plastiquées. Le , après 4 ans et 8 mois de détention, Le Belge est relaxé et remis en liberté après le paiement d'une caution de 1 500 000 francs (225 000 ). Il semble vouloir s'en prendre à Maridet et ses amis, des indépendants qui avaient prévu de racheter des boîtes aixoises. Mauvaise idée. En 1993, ils sont cinq à tomber sous les balles du « groupe de feu » du Belge (composé de Boglietti, Maillet, Mariotti et de Fontana). Henri Maridet est le premier, assassiné le 8 juin à Marseille. Suivent tour à tour Robert Dahan, son fils Mickaël (dont le seul tort aura été d'avoir annoncé qu'il vengerait son père), Jean-Pierre Jativa et Dominique Fontana. Ces meurtres ne sont pas les seuls à impliquer Francis le Belge et son équipe. La « guerre des boîtes » va se terminer en 1994 grâce à une vaste opération de police visant le Milieu des boîtes. Ainsi seront arrêtés, entre autres, Jacky le Mat et Francis le Belge. Le , le Belge est mis en examen dans le cadre de la « guerre des boîtes ». Le , il est libéré faute de preuves.

L'exil parisien[modifier | modifier le code]

Puis Le Belge abandonne Marseille et cède la plupart de ses intérêts à Le Mat par l'intermédiaire de sa nouvelle femme Lydie Fleury, qu'il connaît depuis 1985, actionnaire minoritaire du First, un bar à hôtesse dans le VIIIe.

Le , il se remarie avec Lydie Fleury.

Francis le Belge vit dans un appartement rue Lord Byron sur les Champs-Élysées à Paris. Il vit confortablement du business de machines à sous clandestines et de la prostitution dans le quartier des Champs-Élysées et la place de l'Étoile appelé le « Triangle d'or ». Chaque semaine, un de ses hommes resté sur Marseille lui apporte une valise de billet. Il parvient à blanchir cet argent en rachetant des tickets gagnants de PMU.

Le , Le Belge est arrêté pour proxénétisme aggravé, il sera relâché le après le paiement d'une caution de 800 000 euros.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Il meurt le , assassiné par une équipe de tueurs à moto dans un café de course de standing « L'Artois Club », dans le VIIIe arrondissement de Paris, de 7 balles de 11,43. Boualem Talata (1968-2000), un garde du corps du comédien Jamel Debbouze[2], est bientôt arrêté puis relâché, la police concluant par la suite qu'il n'était pas impliqué. Cependant, ce dernier sera assassiné à Dreux le 19 novembre 2000[3]. Les frères Hornec furent un temps aussi soupçonnés du crime.

Le , deux neveux du Belge sont assassinés dans les Bouches-du-Rhône, mettant fin au clan Vanverberghe.

Théorie sur l'assassinat[modifier | modifier le code]

Celles qui sont écartées[modifier | modifier le code]
  • Djilali Zitouni, un exploitant de machines à sous clandestines, serait le commanditaire. Son homme de main, un gros bras, Boualem Talata, est présenté comme le tueur. C'est à priori possible car Zitouni venait de balancer le Belge à la police dans une affaire de proxénétisme. Le parrain l'avait appris et Zitouni s'était vanté qu'il ne se laisserait pas fumer, il allait, assurait-il prendre les devants.

Talata recevra deux mois plus tard une balle en pleine tête dans sa ville natale de Dreux. Quant à Zitouni, il sera exécuté en juillet 2001. Il aurait été éliminé par deux neveux du Belge. « Ils savaient pertinemment que Zitouni n'était pas le commanditaire, affirme un enquêteur. Mais comme la rumeur publique le désignait, ils ont expliqué qu'ils ne pouvaient pas rester sans rien faire… »[4].

  • Joël le turc, lieutenant du Belge, qui aurait trahi. « Il a dit partout qu'il vengerait la mort du Belge. Il ne l'a jamais fait », s'étonne un commissaire. Rétrospectivement, la rencontre un an plus tôt au Floridita, un restaurant cubain à côté de l'Arc de Triomphe, entre le turc et les frères Hornec, de puissants gitans de Montreuil-sous-Bois, pourrait passer pour un « Yalta du crime » visant à se partager les biens du Belge. « Mais on ne peut pas dire que le Turc ait pris sa place et le partage des rôles, ça ne s'est jamais tellement vérifié »[4].
  • Les frères Hornec, ces gitans de Montreuil auraient avec ses alliés Nordine Mansouri dit "la gelée" , Imed Mohieddine, dit "Jo", éliminé le Belge. Les Hornec avaient rencontré le Belge pour aplanir la situation. Jo et la Gelée venaient de tenter de racketter, sans y parvenir, un bar à hôtesse, propriété de Vanverberghe. De cette rencontre, le Belge dira : "Je leur ai tiré les oreilles". Un enquêteur pense le contraire : "Pour les truands, c'était un aveu de faiblesse. Il s'assoit pour discuter avec des Manouches plutôt que de les éliminer. Son image s'est effritée.". C'était le but de la manœuvre. En fait, il aurait été manipulé par un truand corse qui voulait provoquer un incident avec le parrain. "Les corso-marseillais voulaient savoir qui étaient avec lui à Paris, quelle était sa capacité de réaction.".

Celle qui est privilégiée[modifier | modifier le code]

  • Selon plusieurs parrains interrogés par la police, La Bande de la brise de mer aurait éliminé le Belge par l'intermédiaire de son bras armé avec l'accord des caïds marseillais. "Quinze jours avant sa mort, Vanverberghe a séjourné en Corse. On n'a jamais su pourquoi", s'étonne un autre policier. D'après nos informations, il y aurait eu un litige dans une histoire de racket sur un casino de la région niçoise. Le Belge avait encaissé sans redistribuer aux Corses. Et surtout son empire était convoité par eux. D'ailleurs, dans la capitale, un très célèbre organisateur de soirées et les tenanciers de bars à hôtesse versant la dîme au Belge vont être repris en main par les truands corses. "Ce ne sont pas les Hornec qui se sont installés à Paris mais les Corses", fait remarquer un fin connaisseur du Milieu. Enfin ce sont les hommes de main de la Brise de mer qui sont suspectés dans les assassinats des proches du Belge qui suivront. Les policiers ont même un nom pour l'un des deux tueurs. Ils ont établi qu'un voyou corse était à Paris le jour de l'assassinat. Mieux, les enquêteurs estiment que son physique ressemble fortement au conducteur de la moto. C'est celui qui aurait manipulé "La Gelée" et "Jo" et qui aurait récupéré les biens du Belge. Mais ce ne sont pas des preuves suffisantes pour renvoyer qui que soit devant une cour d'assises[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Descendance et famille de Francis le belge[modifier | modifier le code]

Cousin Gonzague Macipe, frère incontesté de Mariano Macipe deux jeunes immigrés Espagnols, sont donc les neveux de François Vanverberghe, ces 3 cousins se sont retrouvés à l' âge de 30 ans pour le belge, 36 pour Mariano, et 38 pour Gonzague. Mariano et Gonzague, menaient leurs trafic crapuleux aux alentours d'Avignon, tandis que le belge purgeait sa peine dans une prison de Provence. Ils font donc partie de la french connection des anciens temps… Mariano se retire de ces affaires en 1970 car il ne voulait pas que son fils entre dans les mêmes combines, mais Gonzague lui continue dans la voie du grand banditisme jusqu'au 8 septembre 1995 dans un bar marseillais atteint d'une balle de 357 magnun en plein thorax. Le belge a pour seule descendance encore en vie sa fille Sylvie.

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Référence à cette fusillade, LCI, 05/04/2006
  2. Article de Marianne2 du 4 décembre 2000
  3. Article de Libération du 27 juillet 2001
  4. a, b et c http://www.francesoir.fr/faits-divers/dix-ans-apres-les-policiers-cherchent-toujours-les-tueurs-du-belge.28045
  5. « Les Parrains de la côte » : Francis le Belge
  6. Francis le Belge, de Thierry Aguila