Francis Fox Tuckett

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Francis Fox Tuckett en 1868

Francis Fox Tuckett (10 février 183420 juin 1913)[1] est un des principaux alpinistes anglais de l'âge d'or de la conquête des Alpes dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il fut vice-président de l'Alpine Club de 1866 à 1868, et membre de la Royal Geographical Society.

Tuckett naquit en 1834 à Frenchay, près de Bristol. Son père Francis Tuckett (18021868) était un marchand de cuir, et un quaker. Il reprit l'affaire de son père, passant deux à trois mois tous les ans pour ses expéditions alpines. Il se maria en 1896, à l'âge de à 62 ans, avec Alice Fox, alors qu'il se trouvait en Nouvelle-Zélande. Il mourut en 1913 dans sa maison natale de Frenchay.

Alpinisme[modifier | modifier le code]

Versant Nord de l'Aletschhorn

Il gravit 269 sommets et franchit 687 cols[2]. Edward Whymper le décrit : « ce puissant alpiniste, dont le nom est connu dans toute la longueur et la largeur des Alpes »[3] et Geoffrey Winthrop Young qualifie son approche de l'alpinisme « d'encyclopédique »[4].

Il vient dans les Alpes pour la première fois en 1842 avec son père, visitant Chamonix et la Mer de Glace. Le 18 juin 1859 il fit, avec les guides Johann Joseph Bennen, Peter Bohren et V. Tairraz, la première ascension de l'Aletschhorn, au sommet duquel il fit des mesures barométriques malgré la tempête[5]. Le 18 juillet 1861, il fit la première ascension du mont Blanc par l'aiguille du Goûter avec Leslie Stephen et les guides Melchior Anderegg, J. J. Bennen et P. Perren.

Il fut aussi l'un des premiers alpinistes anglais à explorer les montagnes du Dauphiné (le massif des Écrins. En 1862, il fit les premières traversées du col des Écrins du col du Sélé et du col du Glacier Blanc avec les guides Michel Croz, Peter Perren et Bartolommeo Peyrotte. Ils firent aussi une tentative à la Barre des Écrins, point culminant du massif, alors vierge[6]. Selon Whymper, Tuckett « halted before the Pointe des Ecrins [nom utilisé pour la barre à cette époque.], and, dismayed by its appearance, withdrew his forces to gather less dangerous laurels elsewhere". The expedition did have the benefit, however, of "[throwing] some light on the Ecrins[3]. »

Le refuge Tuckett

Tuckett fut aussi un des premiers à explorer les Dolomites en Italie. En 1864, avec Douglas William Freshfield, il traversa la chaîne des Pale di San Martino, sans carte et avec peu d'équipements. En 1871, il gravit la Cima Brenta (3 150 m, alors considérée comme le point culminant du massif de Brenta) avec Freshfield et le guide François Devouassoud, par la Vedretta di Brenta Superiore en face Ouest. Le refuge Tuckett au-dessus de Madonna di Campiglio, ainsi que la Bocca del Tuckett (2 648 m), un col à proximité du refuge ont été nommé en son honneur.

Dans la chaîne de la Bernina, le 28 juillet 1864 Tuckett et E. N. Buxton, avec les guides Peter Jenny, Christian Michel et Franz Biner, firent la première traversée du col difficile de la Fuorcla dal Zupò, entre le piz Zupò et le piz Argient, et de la Fuorcla Crast' Agüzza. Le 23 juin 1866, avec F. A. Y. Brown et les guides Christian Almer et Franz Andenmatten, il fit la première ascension de l'arête sud (Spallagrat) du Piz Bernina, qui est aujourd'hui la voie normale[7],[8].

Héritage et distinctions[modifier | modifier le code]

Membre de la Royal Geographical Society et de la British Association for the Advancement of Science, il rassembla au cours de ses voyages une collection d'objets qui furent légués en 1917 au Pitt Rivers Museum de l'Université d'Oxford. Il fut fait chevalier de l'Ordre de Saint-Lazare en 1865 par Victor-Emmanuel II de Savoie en récompense de ses travaux géographiques et scientifiques dans les Alpes italiennes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

A Pioneer in the High Alps: Alpine Diaries and Letters of F. F. Tuckett, 1856–1874, édité par W. A. B. Coolidge, Londres, E. Arnold, 1920

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D.W.F., 'Obituary: Francis Fox Tuckett' in The Geographical Journal, Vol. 42, No. 2 (August, 1913), pp. 206-207
  2. Helmut Dumler and Willi P. Burkhardt, The High Mountains of the Alps, Londres, Diadem, 1994, p. 33.
  3. a et b « that mighty mountaineer, whose name is known throughout the length and breadth of the Alps », Edward Whymper, Scrambles amongst the Alps, 1re édition, Londres, John Murray, 1871, p. 179.
  4. Geoffrey Winthrop Young, 'Mountain Prophets', Alpine Journal, Vol. LIV, reprinted in Peaks, Passes and Glaciers, ed. Walt Unsworth, Londres, Allen Lane, 1981, p. 127.
  5. « The wind of such violence as almost to carry off one's legs, driving snow, and twenty degrees Fahrenheit of frost, are not quite the companions one would select for examination of so vast a landscape ... but ... I unhesitatingly maintain that there is a joy in these measurings of the strength of nature in her wildest moods, a quiet sense of work done, in the teeth of the opposition. » cité dans The High Mountains of the Alps, p. 33.
  6. « Arrived on the plateau [of the Glacier de l'Encula] a most striking view of the Ecrins burst upon us, and a hasty inspection encouraged us to hope its ascent would be practicable. On the sides of La Bérade and the Glacier Noir it presents, as has already been stated, the most precipitous and inaccessible face that can be conceived, but in the direction of the Glacier de l'Encula, as the upper part of the Glacier Blanc is named on the French map, the slopes are less rapid, and immense masses of névé and séracs cover it nearly to the summit. The snow was in very bad order, and as we sank at each step above the knee, it soon became evident that our prospects of success were extremely doubtful. A nearer approach, too, disclosed traces of fresh avalanches, and after much deliberation and a careful examination through the telescope, it was decided that the chances in our favour were too small to render it desirable to waste time in the attempt. » Francis Fox Tuckett, Alpine Journal, Vol. 1, 1863, pp. 166–7.
  7. The High Mountains of the Alps, p. 8
  8. Bernina Alps, p. 59.

Liens externes[modifier | modifier le code]