Francis Burdett

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Sir Francis Burdett, 5th Bt by Sir Martin Archer Shee.jpg

Francis Burdett (né le 25 janvier 1770 près de Repton et décédé d'une embolie pulmonaire le 23 janvier 1844 à Londres) était un homme politique radical britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et éducation[modifier | modifier le code]

Francis Burdett était le fils aîné du baronnet Francis Burdett (1743–1794) et de son épouse Eleanor Jones of Ramsbury Manor. Il avait deux frères et trois sœurs. Il hérita d'importantes fortunes : celle de son grand-père (son père décéda avant son grand-père), celle de sa mère et celle de sa tante maternelle, seules héritières de leurs familles. Ses ancêtres avaient participé à la conquête normande de l'Angleterre. Les plus récents étaient traditionnellement membres du Parlement britannique, de tendance tory[1].

Francis Burdett fit ses études à la Westminster School avant d'en être exclu en 1786 puis à Christ Church (Oxford). De 1788 à 1791, il fit son Grand Tour à travers l'Europe[1].

En 1793, il épousa Sophia Coutts (1775–1844), l'héritière d'un riche banquier londonien. Celle-ci, roturière, eut à souffrir des préjugés de la famille de son époux. Le couple eut de graves difficultés et faillit se séparer dès 1795. Sophia Burdett menaça de se suicider. Finalement, les époux restèrent ensemble et eurent six enfants dont Angela Burdett-Coutts. De sa liaison avec Lady Oxford, Francis Burdett eut un (voire deux) enfant[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1796, pour sauver le mariage de sa fille, et celle-ci par la même occasion, mais aussi pour sortir son gendre de sa mélancolie maladive, le banquier Thomas Coutts lui acheta Boroughbridge, un « rotten borough ». Francis Burdett avait déjà une forte sensibilité radicale. Il attendit donc la mort de son grand-père pour se faire entendre et les faire entendre à la Chambre de Communes. Il se montra admirateur de Robespierre et de Napoléon. Il s'engagea dans diverses activités pro-révolutionnaires en Irlande et en Grande-Bretagne. Il s'opposa constamment au gouvernement Pitt dans un langage pas toujours châtié. Ses discours étaient régulièrement reproduits et distribués sous forme de pamphlets[1].

Afin de gagner en crédibilité, il décida de se présenter dans une circonscription où se dérouleraient de véritables élections. Il choisit le comté de Middlesex. Comme le gouvernement commençait à le craindre, sa victoire de 1802 fut invalidée. L'élection suivante fut contrôlée et il perdit mais réussit à la faire invalider. Pour les élections de 1806, il ne fit pas officiellement campagne : il avait dépensé £60 000 et £100 000 respectivement pour les deux campagnes précédentes. Il ne fut pas élu. Pour les élections de 1807, il ne fut pas non plus officiellement candidat, mais il fut élu pour la circonscription très à gauche de Westminster, avec Thomas Cochrane. La campagne, dirigée par Francis Place ne lui coûta que £800. Il fut régulièrement réélu jusqu'à sa mort. Il continua au parlement ses campagnes pour les réformes[1].

En 1809, un de ses discours, au langage fleuri, fut repris dans le journal radical de William Cobbett. Francis Burdett fut condamné pour outrage au Parlement. Le 6 avril 1810, les forces de l'ordre se présentèrent chez lui pour le conduire à la Tour de Londres. Il s'était barricadé avec ses amis, dont Thomas Cochrane. Il fut finalement arrêté trois jours plus tard et il passa deux mois en prison. Sa popularité atteignit alors son apogée, au point qu'il fut décidé de ne pas l'exclure du Parlement afin d'éviter une émeute[1].

Il reprit ses activités politiques, avec toujours autant de succès populaire et toujours autant de succès au parlement. Ainsi, son projet de réforme politique de 1818 (qui préfigurait le chartisme) : suffrage universel masculin, élections législatives annuelles, circonscriptions électorales équivalentes et scrutin secret, fut rejeté à la Chambre. Sa condamnation du massacre de Peterloo lui valut d'être à nouveau condamné pour outrage à trois mois de prison et £2 000 d'amende. Son projet d'émancipation des catholiques de 1825 fut voté aux Communes, mais rejeté aux Lords. Il revint à la charge en 1827 et 1828. Sa campagne aboutit en 1829[1].

Dans les années 1820, il s'engagea pour la cause grecque via le comité philhellène de Londres[1].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Baer 2009