Franches-Montagnes (cheval)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Freiberger

Franches-Montagnes
Freiberger
{{#if:
Népal, étalon Franches-Montagnes propriété du Haras national suisse (HNS).
Népal, étalon Franches-Montagnes propriété du Haras national suisse (HNS).

Espèce Cheval (Equus caballus)
Région d’origine
Région District des Franches-Montagnes, Jura, Drapeau de la Suisse Suisse
Caractéristiques
Morphologie Cheval de trait léger et cheval de selle
Taille 1,50 m à 1,60 m
Poids 550 kg à 650 kg
Robe Généralement baie ou alezane
Caractère énergique, docile, résistant et de pied sûr
Autre
Utilisation Attelage, saut d'obstacles à petit niveau, dressage, randonnée et TREC

Le Franches-Montagnes, nommé Freiberger en allemand, est l'unique race chevaline suisse. Il provient du district des Franches-Montagnes où des chevaux de travail montagnards sont recensés depuis le XIVe siècle. Il s'est constitué principalement au XIXe siècle à partir de croisements réguliers entre des juments indigènes robustes de type Comtois et des étalons de diverses races européennes, en particulier Anglo-normands. À la fin du XIXe siècle naissent les deux étalons fondateurs de la race, Vaillant et Imprévu, dont les deux lignées restent les plus importantes de nos jours. Son stud-book est ouvert en 1924 et depuis la fin du XXe siècle, il se fait connaître en dehors de son pays natal, particulièrement en France, en Allemagne et en Italie.

Le cheval Franches-Montagnes est de taille moyenne, médioligne, et dispose d'allures souples. Son caractère, réputé excellent, est le résultat d'une sélection très rigoureuse incluant des tests sur le mental, la santé, et les compétences monté et attelé. Il est l'un des rares représentants du cheval de trait léger en Europe de l'Ouest.

Ce cheval polyvalent est adapté aux familles, à la randonnée équestre et à de nombreuses disciplines sportives, mais l'attelage de loisir et de compétition reste son domaine de prédilection. Il est encore utilisé en petits nombres par l'armée suisse et parfois mis au travail agricole. Si son aire d'élevage reste essentiellement concentrée en Suisse et particulièrement au haras national d'Avenches, la race se développe dans d'autres pays, notamment en Italie depuis les années 1980 et en France depuis les années 2000.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Le Franches-Montagnes n'a pas de nom précis avant la fin du XIXe siècle, trois types de chevaux sont longtemps recensés, l'un dans les Franches-Montagnes, le second à Porrentruy et le troisième à Delémont, chacun sous son propre nom. Avec le temps, ces types sont fusionnés et indifféremment nommés « cheval du Jura » ou « Franches-Montagnes » quelle que soit leur origine géographique[1]. Ce cheval est aussi anciennement connu sous le nom de « race welsche »[2]. Il était d'usage, jusqu'au début du XXe siècle, d'employer des dénominations en fonction du type de croisement effectué : Anglo-Jura pour les animaux ayant un ancêtre Pur Sang, et Normand-Jura pour ceux avec un ancêtre Anglo-normand. Il faut attendre la fin du XXe siècle pour que le nom « (Cheval des) Franches-Montagnes » soit définitivement officialisé[1].

En Allemand et en Suisse-Allemand, le nom officiel est « Freiberger », issu du nom germanique de la région, Freiberge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Paysage champêtre avec une rivièren deux arbres et des prairies
Le Doubs, dans le district des Franches-Montagnes.

Le Franches-Montagnes est la race emblématique du district du même nom ; originellement son élevage y était localisé avant l'extension à toute la Suisse[3]. Ce district est situé dans le canton du Jura au Nord-Est de la Suisse, près de la frontière française dont il est séparé par le Doubs. Le Franches-Montagnes forme l'unique race chevaline suisse. Le biotope de son berceau d'élevage, prairies et conifères, est idéal pour ses éleveurs[4]. Le Franches-Montagnes est autant indissociable du massif du Jura (transfrontalier) que du canton suisse homonyme, habité par les Rauraques dans l'Antiquité[3].

La race possède un tronc commun avec le cheval Comtois[5], élevé sur le plateau voisin, de l'autre côté du Doubs[4]. Ces deux populations équines sont longtemps confondues et les croisements entre elles nombreux aux XVIIIe siècle et XIXe siècle. L'organisation de l'élevage au début du XXe siècle sépare ces deux races dont les éleveurs respectifs prennent des orientations différentes[6]. Au cours de son histoire, la race Franches-Montagnes est menacée de disparitions à plusieurs reprises, par le chemin de fer, l'industrialisation, la motorisation de l'agriculture, les passages entre économie de guerre et économie de paix ou même les problèmes soulevés par le fédéralisme. Au XXe siècle, le marché du cheval de loisir met la race à l'abri[7]. Contrairement à l'idée populaire d'une race spécifique et immuable, le Franches-Montagnes a connu de multiples influences, des périodes de prospérité et de déclin à toutes les époques de son histoire[8]. Bien qu'au début du XXIe siècle, il soit le principal cheval du paysage équestre helvétique, son élevage n'a historiquement reçu que peu de soutiens de la part des autorités[9].

Le Franches-Montagnes est étudié par de nombreux spécialistes, notamment l'ancien directeur du haras national suisse Pierre-André Poncet, qui lui a consacré un ouvrage de référence[10], Le cheval des Franches-Montagnes à travers l’histoire, réalisé par la Commission des éditions de la Société jurassienne d'émulation[11]. Il existe peu de sources iconographiques anciennes à son sujet, et les gravures sont rares. La photographie n'apparaît qu'au dernier quart du XIXe siècle[9]. Les premiers documents réellement fiables au sujet de la race sont rédigés à la fin du XIXe siècle[12].

Origine[modifier | modifier le code]

Il est difficile de connaître la datation précise des premiers élevages chevalins dans le Jura suisse[13]. En 1239, Albert le sage, père de Rodolphe de Habsbourg, aurait acquis un cheval dans l'évêché de Bâle à prix fort[3], mais le patriotisme a sans doute poussé certains auteurs du XIXe siècle, comme le Dr Ritzenthaler, à idéaliser les « chevaux du Jura ». Ainsi, ce témoignage de la victoire de Rodolphe de Habsbourg en 1278, face à Ottokar II de Bohême, grâce à son « cheval jurassien », peut-être remis en cause[14]. Selon le Dr Carnat (1934)[15], l'origine de la race est à rechercher parmi des chevaux montagnards de travail du type trait léger employés à la traction dans cette région dès la fin du XIVe siècle. Il y voit une ascendance depuis les chevaux de trait d'Europe du Nord, mais cet argument est contesté[16]. Guillaume Séraphin Bernard (1881) cite une ascendance arabe[17]. L'influence des chevaux espagnols via l'abbaye de Bellelay, elle aussi évoquée par certains auteurs, est une fois de plus mise en doute[18].

La plupart des spécialistes relèvent les premières traces véritables d'élevage dans le Jura suisse au début du XVIIe siècle[19],[20]. La présence d'une population de chevaux autochtone est avérée dans le district des Franches-Montagnes en 1619, où un animal beau, robuste, résistant, à la tête lourde et sujet à la cécité (probablement en raison de la proximité de marécages dans la région) est décrit à la cour du Prince-évêque de Bâle[21],[22].

Dans leur région d'origine, ces chevaux sont mis au travail par des paysans rouliers nommés les « Montagnons »[23]. Le Franches-Montagnes actuel est le résultat de croisements réguliers entre la jument jurassienne et des étalons d'origines très variées[12], notamment Anglo-normand[24]. Le haras national d'Avenches estime que la naissance de la race en tant que telle remonte aux alentours de 1850[25].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

ex-voto montrant une jument de couleur marron à crinière et queue noires, accompagnée de son poulain
Ex-voto représentant une jument et un poulain des Franches-Montagnes, 1850. D'après M. Poncet[26], c'est la plus ancienne représentation connue d'un cheval de la race.

Au début du XIXe siècle, les éleveurs du district des Franches-Montagnes sont connus pour leur production de chevaux de tirage de qualité[27] et en 1817, 4 000 juments y sont recensées[28]. Ils produisent surtout de petits animaux solides et résistants, vraisemblablement de taille moyenne, destinés à l'agriculture et à l'armée pour l'artillerie et le train[29]. Des modèles de selle plus légers sont également produits, comme en témoignent les importations d'étalons Anglo-normands en 1821, puis de chevaux anglais, français, de Hanovriens et d'Oldenbourgeois en 1830[30]. Le but est d'atténuer les « défauts » de la race locale, parfois déconsidérée pour sa tête lourde et épaisse, son encolure courte et sa croupe avalée, malgré une excellente ossature et de bonnes attaches des membres[31]. Divers prix et des primes sont attribués, dépassant parfois le montant (considérable pour l'époque) de 50 francs. Les juments des Franches-Montagnes sont réputées meilleures que dans d'autres régions[29].

Aucune sélection n'est faite sur la robe[32] et des couleurs très variées coexistent[33]. Le cheval Comtois influence aussi nettement le cheptel suisse[34], en effet des échanges réguliers ont lieu de chaque côté de la frontière franco-suisse[35], les races dites « Comtoise » et « Jurassienne » sont à cette époque similaires[36]. Avec l'arrivée du chemin de fer, le cheval perd en partie de son utilité, pour les animaux de selle comme pour les carrossiers[37].

Types de chevaux du Jura[modifier | modifier le code]

Avant les croisements et l'harmonisation du Franches-Montagnes, trois types sont recensés, le premier à Delémont, le second à Porrentruy, et le troisième dans le district des Franches-Montagnes[2]. Le cheval de Delémont est le plus petit et le plus ramassé, résistant et vigoureux, il est compact, dispose d'un bon tempérament et d'allures de qualité. C'est essentiellement un cheval de trait et de chaise de poste, rarement monté[2]. Par rapport aux deux autres types, son garrot et son dos sont de meilleure qualité, sa croupe est plus horizontale[38]. Le type des Franches-Montagnes possède de nombreux défauts, mais forme un excellent cheval de trait capable de déployer une grande puissance[26]. On trouve du gris et du bai, cette dernière robe étant la plus recherchée[38]. Le cheval de Porrentruy est le plus grand et peut dépasser 1,60 m, il présente une meilleure conformation que les deux autres[38]. Tous trois ont néanmoins des caractéristiques proches, une grande robustesse et une relative précocité[39]. À partir de 1855, alors que la majorité des chevaux étaient de robe grise, la robe baie devient la plus fréquente[40]. Ces trois types de « chevaux du Jura » sont peu à peu fondus en un seul[1], un trait léger toisant un peu plus d'1,50 m[35].

Les éleveurs locaux ne se préoccupent pas de sélectionner leurs animaux dans le sens qui arrange la Confédération et les militaires, malgré les fortes demandes de ces derniers[41]. Ils sont fiers de leurs chevaux, qui à la fin du XIXe siècle mesurent environ 1,50 m à 1,54 m. Militaires et savants, au contraire, jugent le « cheval du Jura » impropre à la selle en raison de son encolure courte, de son garrot bas et de son rein relevé[42].

Implication du canton de Berne et de la Confédération[modifier | modifier le code]

En 1865, l'exposition d'Aarau laisse apparaître la piètre qualité de l'élevage franc-montagnard[34]. Sous l'impulsion du canton de Berne (désireux de créer une race[43]), la Confédération s'implique dans l'élevage et permet l'importation de nombreux chevaux étrangers[44], malgré le coût élevé[45]. Les recommandations de vétérinaires de Zurich, qui préconisent le croisement avec le Pur Sang vers 1863-1865, sont appliquées par la Confédération[46]. L'élevage d'un cheval qui convienne aussi bien à l'usage agricole qu'à l'artillerie ou au secteur du luxe est préconisé par la commission bernoise d'élevage chevalin[47], mais dans les faits, un conflit existe avec la Confédération qui recherche uniquement le cheval militaire, et déconseille l'élevage agricole[48] : en 1868, elle privilégie l'importation du demi-sang anglais[49]. Jusqu'au milieu du XXe siècle, la politique de libre-échange fait que des milliers d'étalons et de juments étrangers, notamment français, influencent le cheptel du Franches-Montagnes[50]. Dans un premier temps, le Pur Sang Léo (grand-père de Vaillant)[44] puis des demi-sang anglais et français sont employés[34], mais leur modèle se révèle trop léger pour la traction lourde qui est recherchée[51]. Dans un second temps, une centaine de chevaux Anglo-normands gagnent la Suisse pour être mis à la reproduction, la qualité générale des animaux s'améliore[51]. La généalogie exacte des animaux à l'origine de la race n'est pas connue, le registre d'élevage (officialisé en 1924) ayant de nombreux manques. Les juments non primées ne figurent dans aucun registre jusqu'au milieu du XXe siècle[52]. L'attribution des primes se fait sur des critères de santé, d'allures, de qualité de pied et d'âge[53]. La commission bernoise d'élevage lutte contre les mauvaises pratiques d'élevages, comme la reproduction incestueuse du type père-fille[54].

Ces croisements inquiètent les maires du district de Porrentruy, qui demandent des mesures de conservation en 1881. Les éleveurs ont l'habitude d'importer des reproducteurs pour améliorer la race locale et l'un des deux étalons fondateurs de la race des Franches-Montagnes est d'ailleurs un demi-Comtois[51]. À l'automne 1881, le Dr Ritzenthaler fonde la Société pour l'amélioration de la race chevaline du Jura bernois[55].

Les étalons fondateurs[modifier | modifier le code]

Le demi-sang anglais Léo, qui a fait partie des premiers chevaux importés à Thoune pour améliorer la race des Franches-Montagnes, devient malgré sa réputation de donner des poulains trop légers et trop petits un reproducteur assez apprécié. Son fils Léo II, issu d'un croisement avec une jument locale, est déplacé dans les Franches-Montagnes. Léo et sa descendance deviennent des chefs de race[56].

C'est à la fin du XIXe siècle que naissent les deux principaux étalons fondateurs du Franches-Montagnes[57]. Vaillant, né en 1891 à Saignelégier, est un bai clair issu d'un croisement consanguin[57], qualifié d'Anglo-Jura ou de Normand-Jura[58]. Imprévu est un Anglo-normand bai foncé, né en 1886 à Caen et importé en 1889[59]. À la même époque, le 5 août 1894, le premier syndicat d’élevage de la race voit le jour à Burgdorf, dans le but de s'opposer à l'orientation de l'élevage décidée par les autorités suisses, qui recherchent le cheval de selle militaire. Ce syndicat importe trois étalons Ardennais trois ans plus tard pour réaliser son objectif[60]. En 1898, d'après un rapport technique, le type trait du Franches-Montagnes est en effet devenu rare[61].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Deux chevaux marrons aux crins noirs attelés à un véhicule hippomobile
Attelage de deux Franches-Montagnes à Adelboden dans le canton de Berne.

Au cours du XXe siècle, l'élevage du Franches-Montagnes se développe véritablement[44]. Il s'oriente au début du siècle vers le type trait léger, toujours par croisement avec des Anglo-normands[6]. Parallèlement, la confédération suisse recherche l'élevage du trait lourd en Suisse alémanique et importe des étalons Belges, Percherons, Shires et Postiers bretons[62]. En 1901, deux objectifs d'élevage sont établis par le département fédéral du commerce, le cheval de selle et carrossier léger et le cheval de trait[9]. Ce dernier devient rapidement le plus recherché[63]. En 1905, l'introduction de primes destinées aux syndicats de race facilite leur création, et un an plus tard, le directeur du dépôt d'étalons d'Avenches indique aussi aux agriculteurs locaux d'en créer. Le 15 juillet 1905, le syndicat du haut-plateau montagnard se crée et le 2 juin 1907, c'est au tour du syndicat Franches-Montagnes[60]. Des efforts portent sur l'harmonisation du cheptel[53]. Les éleveurs sont tiraillés entre les demandes de la Confédération, qui portent surtout sur du cheval de cavalerie, et le soutien plus tardif à la production du cheval de trait (sans compter les ordres contradictoires donnés dans les différents cantons)[64].

Pendant la Première Guerre mondiale, les chevaux du Jura sont fortement sollicités pour le trait, le bât ou la selle[63]. En 1914, ils commencent à être désignés par le nom de « Franches-Montagnes »[65]. Sur toute cette période, les éleveurs poursuivent différents objectifs de sélection. Certains emploient énormément de croisements avec des Ardennais en espérant que l'utilisation du cheval de trait lourd agricole freinera la motorisation de l'agriculture. D'autres produisent le cheval carrossier plein d'allant, voire le cheval à deux fins apte tant à la selle qu'au trait léger[8].

Les chevaux importés pour former la race ne sont pas toujours de bonne qualité, en particulier à Porrentruy vers 1924[66]. Le registre d'élevage est créé la même année et permet d'éviter la consanguinité[60], ce qui n'empêche pas l'utilisation d'étalons de trait d'autres races en croisement. De plus, la traçabilité est mauvaise, des étalons d'origine française sont enregistrés comme étant des Franches-Montagnes jusque vers 1935, afin de renforcer le type trait[67].

En 1927, le haras national d'Avenches acquiert dix poulinières Franches-Montagnes pour la première fois[68]. En 1930, on recense 3 415 juments inscrites au stud-book[65]. En 1931, le conseil fédéral conseille aux éleveurs de la confédération suisse de s'orienter vers la production d'un cheval de trait léger précoce et vif, « du type de celui des Franches-Montagnes »[69]. En 1933 et durant la Seconde Guerre mondiale, certains éleveurs font des essais de croisement avec le Pur-sang arabe et le Shagya pour obtenir un type plus proche du cheval de selle, sans résultats notables[65]. La Seconde Guerre mondiale entraîne à nouveau une forte utilisation des Franches-Montagnes, et ce, autant dans l'armée qu'en agriculture[70]. La pénurie en carburant rend les chevaux indispensables[60].

Déclin et reconversion[modifier | modifier le code]

La motorisation et la mécanisation de l'après-guerre font fortement chuter les effectifs de la race[37] dès les années 1950[70]. Une aide fédérale mise en place en 1947 vise à favoriser la reconversion de la race pour le marché de la boucherie[65]. Le Franches-Montagnes est croisé avec des traits lourds pour gagner de la masse, mais le nombre de ces chevaux continue à diminuer et cette orientation est abandonnée au profit de croisements avec des chevaux légers pour l'usage agricole, l'armée, et les loisirs. La race perd toutefois un peu en taille, et beaucoup d'agriculteurs continuent à produire pour la boucherie[71].

Relance[modifier | modifier le code]

Plusieurs cavaliers au galop.
Groupe de Franches-Montagnes sous la selle au haras national suisse.

Il faut attendre 1960 pour que la Confédération soutienne publiquement et officiellement l'élevage du « cheval du Jura »[72], et les années 1970 pour que ces mesures de soutien soient engagées. Dans le but d’« anoblir » la race, le Franches-Montagnes est croisé avec des demi-sang suédois[71], en particulier l'étalon Alsacien. En 1985, la moitié des reproducteurs sont des descendants d'Alsacien, ce qui entraîne une raréfaction des souches anciennes[44]. Les derniers croisements, réalisés au début des années 1990 avec le demi-sang suisse, visent à corriger les allures et la conformation pour la selle[71]. Depuis le 1er janvier 1997, le stud-book de la race est fermé à tout apport de sang extérieur[24]. La Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (FSFM) est fondée la même année et assure depuis le maintien, l'encouragement et la promotion de la race[73].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Au début des années 2000, les éleveurs suisses entament les procédures pour faire reconnaître leur démarche de sélection auprès de la commission européenne, afin de lutter contre les « élevages sauvages » d'Italie du Nord[74]. L'orientation de la race pour la selle, l'attelage et le sport est considérée comme une réussite[75].

Un programme de sélection sur le tempérament incluant des tests en terrain est en place et depuis 2006, ces évaluations incluent des valeurs d'élevage. La race bénéficie aussi d'une très bonne communication[76].

Développement en France[modifier | modifier le code]

À la fin du XXe siècle, le Franches-Montagnes commence à se faire connaître en France, en premier lieu parmi les amateurs d'attelage. En 1999, leur nombre est estimé à une dizaine[77] mais en 2000, une autre source les estime entre 100 et 150[78]. En 2002, trois étalons approuvés sont recensés sur le sol français[79]. Les utilisateurs français de la race sont surtout attirés par ses capacités à l'attelage et son bon caractère[80], qui forme la principale qualité recherchée[81].

Description[modifier | modifier le code]

Grand cheval harnaché marchant, l'homme qui le tient en main est caché derrière lui.
Natif des Aiges, étalon Franches-Montagnes du Haras national suisse, représente le type adapté à l'attelage (encolure et reins bien attachés, dos long et membres forts). Sa robe est baie homozygote (AA/EE).

Le Franches-Montagnes est difficile à classer, il s'agit d'un des derniers traits légers d'Europe occidentale, à mi-chemin entre cheval de sang et cheval de trait[24],[82],[83]. Malgré de multiples croisements effectués jusqu'aux années 1990, la race est réputée homogène[84],[85]. Un Franches-Montagnes doit mesurer entre 1,50 m et 1,60 m à l'âge de trois ans. Le programme l'élevage du 1er janvier 1997 recherche un animal « noble, typé, de taille moyenne, performant, sociable et bien adapté au marché »[86]. Il possède du souffle et une bonne musculature[87], autant d'atouts pour une excellente condition physique à l'attelage[88]. L'étude de l'université d'Oklahoma distingue deux types, l'un plus musclé pour l'attelage et le second plus fin pour la selle[70]. Le poids va de 550 à 650 kg[89],[25].

Standard morphologique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.

C'est un cheval médioligne[86], compact d'aspect général[90], noble et harmonieux[89].

Tête[modifier | modifier le code]

Tête d'un cheval dans les tons marrons, portant une bride avec une muserolle.
Tête de Quistar, né en 1997, taille moyenne (1,56 m) et modèle assez sport.

Sa tête est de taille moyenne[90], élégante et bien ciselée, avec une expression douce[89] et un profil rectiligne. Certains peuvent avoir une tête plus fine montrant la récente influence arabe[70]. Il a de grands yeux et de larges narines[90]. Ses oreilles sont courtes et droites. Il possède un beau port de tête[90] et les ganaches doivent être suffisamment libres[91].

Avant-main, corps et arrière-main[modifier | modifier le code]

Avant-main, tronc et arrière-main doivent être bien proportionnés[91]. L'encolure est robuste, forte[90] et bien attachée[89]. La poitrine est large et profonde[89], le dos court et le rein puissant[90]. Le garrot est recherché bien sorti et bien développé[91]. L'épaule est longue et inclinée[89]. La croupe est longue, musclée et légèrement avalée[91]. Ses membres sont secs et bien proportionnés, avec de bonnes articulations développées et basses[91], des paturons de taille moyenne, des jarrets droits et bien formés, se terminant par des sabots bien conformés[92]. Les crins sont abondants[70].

Allures[modifier | modifier le code]

Les aplombs doivent être corrects[91] et une attention est portée sur les allures à l'inspection. Elles sont recherchées « régulières, élastiques, justes et amples », avec une démarche sûre. Les foulées du pas doivent être déliées, énergiques et relevées. Au trot et au galop, des mouvements « souples, dynamiques et légers » sont recherchés. L’impulsion provenant de l'arrière-main doit être énergique. Sont exclus les chevaux aux allures lourdes, portés sur l'avant-main, ou titubants[91].

Robes[modifier | modifier le code]

La robe du cheval Franches-Montagnes est le plus généralement baie car cette coloration est considérée comme la robe originale et se trouve favorisée, mais on trouve beaucoup de sujets alezans, noirs et même quelques gris[92],[93]. Il existe une lignée de chevaux blancs, robe extrêmement rare[94].

En 2008, le biologiste suisse Stefan Rieder a réalisé avec son équipe une étude sur les marques blanches de la race, celles-ci ont doublé en taille et en fréquence sur les trente années précédentes. Or, les objectifs d'élevage de la race souhaitent que ces marques soient aussi peu étendues que possible. Elles sont plus fréquentes chez les alezans que chez les bais[95].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

C'est un cheval sûr, sociable et posé[96], docile mais énergique et facile à entraîner[70]. Du fait de ses nombreux apports de sang, le Franches-Montagnes est précoce[25] et peut être mis au travail dès l'âge de trois ans[97]. S'agissant d'un cheval de montagne, il est résistant physiquement[91]. Un pré avec un abri lui suffit et sa santé est réputée bonne. En hiver, il développe un long pelage qui le protège des rigueurs montagnardes[98]. La sélection effectuée écarte de la reproduction les animaux atteints de maladies héréditaires[99] et d'affections telles que l’eczéma d'été ou la boiterie naviculaire. La fécondité de la race est réputée très bonne[91]. Le Franches-Montagnes possède un excellent caractère, qui forme sa qualité principale. Le haras national suisse a réalisé une vaste étude pour optimiser la sélection des animaux en favorisant le tempérament le plus adapté aux objectifs d'élevage[100]. Cette sélection écarte tous les chevaux difficiles ou vicieux de la reproduction, au profit d'animaux volontaires, au tempérament calme et équilibré[99].

Sélection[modifier | modifier le code]

Nick, étalon Franches-Montagnes âgé de 14 ans, travaille à la longe au haras national suisse. Par Nolo et Cindy, il toise 1,56 m et représente le type du Franches-Montagnes adapté à l'équitation.

La race Franches-Montagnes est soumise à une sélection très stricte reposant sur des critères drastiques en termes d'ascendance, de modèle et allures, de performances, de caractère, de santé et de fécondité[101]. La valeur des chevaux apparentés est également prise en compte. Ils se voient apposer une « valeur génétique »[102]. La diversité génétique du Franches-Montagnes est bonne, plus grande notamment que celle des races de sang comme l'Arabe[103].

Une tension existe depuis le début du XXIe siècle, concernant la sélection de la race et les croisements effectués avec des chevaux de races étrangères plus légers. Certains éleveurs se mobilisent pour la préservation du type originel de la race, plus lourd, et ont créé un cahier des charges pour le définir. La fédération d'élevage a entre autres objectifs de maintenir la cohésion entre les différents éleveurs[7]. Ces éleveurs attachés au passé de la race et aux interventions étatiques déplorent régulièrement la disparition de lignées anciennes plus lourdes, comme celles de Marquis, de Kermès (Anglo-normand), et d'étalons Percherons et Ardennais[8].

La race fait l'objet de nombreuses études scientifiques, qu'il s'agisse de trouver des tests génétiques pour déterminer les couleurs de robes[104], de découvrir le mécanisme de transmission des marques blanches afin de les limiter[95], de réduire la fréquence de la maladie naviculaire[105], de connaître ses traits comportementaux[100] pour mettre en place une sélection sur le caractère[106], d'évaluer l'impact de l'écorçage des arbres par les chevaux[107],[108], d'évaluer la diversité génétique[103], les conséquences physiologiques de la perte de magnésium et de de calcium par la transpiration lors d'efforts prolongés[109] ou encore de connaître la qualité de la viande des poulains[110].

Critères d'approbation[modifier | modifier le code]

Plusieurs chevaux à l'arrêt tenus en main.
Présentation de Franches-Montagnes au Marché-concours de Saignelégier.

Ces critères d'approbation visent à préserver la sélection faite pendant de nombreuses années. Pour être inscrits au stud-book, les poulains doivent obligatoirement passer une épreuve de modèles et allures au cours de leur première année, puis les chevaux sont représentés à trois ans à un test en terrain. À la présentation de modèles et allures s'ajoutent aussi des épreuves d'attelage, d'équitation et des tests de comportement[92]. De même, les étalons sont présentés à une commission d'experts qui sélectionne les sujets qui participeront au test en station, lequel se déroule pendant 40 jours dans les installations du Haras national suisse situé à Avenches[111]. Ce test mis en place en 1994 est organisé chaque année en février et en mars[112], il comporte 33 jours de travail pour 5 de repos, et une épreuve finale[113]. Les tests de comportements ont été introduits en 2001 pour satisfaire les cavaliers de loisir, qui forment une grande part des amateurs de la race[106].

Les chevaux trop lourds ou trop légers avec des têtes grossière ou des articulations mal définies sont interdits de reproduction[86]. Il existe aussi des certificats de performances[102]. Les poulains sont présentés au championnat de Suisse pendant le National Franches-Montagnes chaque premier week-end d’octobre, en même temps que la finale des jeunes juments d’élites et la nomination des étalons de l’année[102].

L'examen clinique comporte une laryngoscopie et une radiologie des pieds. Il s'agit d'écarter la maladie naviculaire, qui s'est révélée très problématique pour la race dans les années 1980. Le Dr Stornetta a permis en 1988 de mettre en place des mesures visant à écarter génétiquement cette maladie[114], qui est héréditaire[115],[105].

Registres et stud-book[modifier | modifier le code]

Le livre généalogique de la race est divisé en race pure et croisements. Celui de la race pure comporte un stud-book et un registre d'élevage. Les animaux inscrits au stud-book sont destinés à l'élevage et considérés comme les plus susceptibles d'influencer positivement la race. À ce titre, ils bénéficient d'avantages lors des manifestations. Le stud-book est lui-même divisé en trois classes (A, B et C) selon la valeur des animaux[116], et remis à jour chaque année[117]. Les Franches-Montagnes qui ne sont pas destinés à l'élevage sont enregistrés dans le registre[116]. Les étalon doivent être approuvé par la Fédération Suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (FSFM) pour entrer au programme d'élevage[118].

Lignées d'étalons[modifier | modifier le code]

La première lettre du nom d'un étalon Franches-Montagnes indique la lignée à laquelle il appartient[119]. Au fil de l'histoire de la race, 28 lignées mâles sont répertoriées dont sept existent encore à ce jour, parmi lesquelles celles de Vaillant et d'Imprévu. Les cinq autres sont issues de croisements postérieurs à la Seconde Guerre mondiale[24]. La lignée de Vaillant reste la plus représentée[120]. Elle se divise elle-même en cinq sous-lignées : Elu (E)[120], Hunter (H, plus lourd)[121], Regulus (R), vagabond (V)[122] et Drapeau (D, plus léger)[123]. La lignée d'Imprévu-Jurassien (C) est la deuxième par l'importance[123]. Légère[124], elle est réputée pour son modèle, l'expression de sa tête et ses membres plus fins que chez les autres lignées. Depuis 1980, cette lignée est désignée par la lettre « C », elle l'était autrefois par la lettre « J »[125]. Une autre lignée « D » est issue du Pur-sang arabe Doktryner[126]. La lignée « N » est celle du demi-sang suédois Nello[127] ; la lignée « L » est celle d'Alsacien, lui aussi en partie demi-sang suédois[128]. Les lignées de Noé (N) et Qui-sait (Q), plus récentes, sont issues des étalons demi-sang suisses du début des années 1990[129].

Certaines lignées se sont beaucoup diffusées et d'autres ont disparu en fonction des modes de chaque époque[84]. L'attention portée à la sélection des juments se traduisait autrefois par la section « juments d'élite » du stud-book, destinée aux meilleures poulinières[130].

Utilisations[modifier | modifier le code]

cheval marron aux crins noirs, monté au trot.
Un Franches-Montagnes monté au haras national suisse.

Ce cheval polyvalent est un animal de famille par excellence[131]. L'équitation de loisir s'étant fortement développée en Suisse, le Franches-Montagnes a fait l'objet d'une sélection pour être monté même par les enfants. Il est doué de bonnes capacités de portage et franchit les obstacles mineurs sans problème[98]. Des Franches-Montagnes commencent à apparaître aux trophées nationaux français des chevaux de loisir organisés à Equita'Lyon[132]. Grâce à son excellent caractère, il convient pour de nombreux sports équestres[74]. En monte western, il est favorisé par la puissance de son arrière-main[133]. Lusco Junior est devenu champion de Suisse en 1999 devant les chevaux américains, mais semble avoir été sanctionné par les juges aux championnats d'Europe de la discipline en 2000, à cause de sa race[74]. Le Franches-Montagnes fait aussi un bon cheval d'extérieur et de randonnée, aussi bien monté que bâté. Il concourt en TREC et même en endurance jusqu'aux parcours de 100 km. Il est possible d'en voir en saut d'obstacles et en dressage (y compris classique). Louise Studer, de l'équipe de France de dressage handisport, participe aux compétitions internationales para-équestres avec le Franches-Montagnes Flint depuis 2009[134]. D'autres se produisent aux longues rênes et en voltige. Il sert de cheval d'instruction grâce à sa gentillesse et sa bonne volonté, qui en fait également un partenaire apprécié en équithérapie[135],[92],[74], particulièrement en Allemagne et en Israël. Une expérience de réinsertion à Witzwil menée en 1998 met en contact quatre chevaux de cette race et onze détenus[133],[136].

Attelage[modifier | modifier le code]

Un attelage entouré par des gens.
Chevaux Franches-Montagnes lors d'un concours d'attelage de tradition au salon du cheval de Paris 2009

Il est très connu et apprécié pour l'attelage de loisir et de compétition, et en attelage de tradition, où il excelle. En Suisse, Éric Renaud et Malice ont décroché la médaille d'or d'attelage à un cheval en 2008, 2011 et 2012, avec six années de podium consécutives[137]. Stéphane Doumenc est devenu champion de France d'attelage à quatre en 1999 et 2000 avec des Franches-Montagnes[74]. Le champion de France 1998 et 1999 en attelage à deux utilise abondamment cette race. Pipo, le champion 2001 d'attelage à un cheval, est aussi un Franches-Montagnes. Ce cheval est favorisé par sa puissance et son caractère, mais n'atteint que rarement le plus haut niveau international en raison de ses allures qui peuvent manquer de brillant, et de son relatif manque de « sang »[138].

Les routes européennes du cheval de trait sont l'occasion de voir des équipages de Franches-Montagnes, la race a déjà remporté la Route du Poisson et en particulier la récente Route Suisse, qui en 2011 a relié Avenches à Saignelégier, deux hauts lieux de l'élevage franc-montagnard[139]. Un équipage de la race a terminé 1er ex-æquo[140]. L'équipe Franches-Montagnes a terminé 4° de la Route du Poisson 2012[141].

En attelage de loisir, le problème des allures et du sang ne se pose pas. La rusticité et le caractère facile de la race sont même un atout pour les meneurs débutants[98]. Plus anecdotiquement, des attelages de Franches-Montagnes ont figuré au cinéma, dans les films Jean Galmot et L'Affaire Seznec[131].

Utilisation militaire[modifier | modifier le code]

Il est encore utilisé en petits effectifs par l'armée suisse, dont il est indissociable en raison de la topographie du pays. Il y sert principalement à la logistique (train) et au transport sanitaire[74]. Le nombre de chevaux mobilisés par l'armée suisse a toutefois beaucoup diminué au début du XXIe siècle, la plupart étant simplement tenus à disposition en cas de besoin. Il existait jusqu'en 1998 une prime destinée aux propriétaires de chevaux utilisables par l'armée[142].

L’armée prend le plus souvent des chevaux âgés de quatre à six ans, déjà formés un minimum. Au terme d'un entraînement de quatre ou cinq semaines, ils sont affectés au train, pour le ravitaillement[143] et à l'aide aux personnes en cas de catastrophe naturelle[144].

Viande[modifier | modifier le code]

Un poulain pie, larron et blanc, aux oreilles couchées en arrière.
Les poulains Franches-Montagnes sont appréciés pour la production bouchère, grâce à leur croissance rapide.

La boucherie est un débouché important pour la race, puisque sa sélection drastique écarte de la reproduction un grand nombre de jeunes animaux. Leur vente aux abattoirs devient une source de revenus indispensable aux éleveurs. Le Franches-Montagnes n'a toutefois jamais été, contrairement aux chevaux de trait français, alourdi pour les besoins du marché de la viande. Il bénéficie d'un très bon rapport muscles-ossature et d'une croissance rapide permettant au poulain de prendre du poids rapidement. Les qualités maternelles des juments sont appréciées et la viande des poulains de moins d'un an est réputée[99]. Une étude italienne ne montre pas de différence significative entre mâles et femelles en ce qui concerne la prise de poids, mais les femelles tendent à être plus lourdes à l'avant et à donner davantage de « morceaux de deuxième qualité » que les mâles. Elle recommande un abattage plus précoce des femelles[110]. En Suisse, les poulains sont abattus vers l'âge de neuf mois[145].

Traditionnellement, les éleveurs vendent leurs chevaux directement à des bouchers et marchands locaux, en circuit court, ce qui les prémunit de la fraude à la viande de cheval révélée en janvier 2013. Sur les 5 414 tonnes de viande chevaline consommées en Suisse en 2011, seules 7 % proviennent de chevaux locaux mais plus de la moitié sont des Franches-Montagnes[145].

Les cours de la viande de cheval sont nettement supérieurs en Suisse par rapport à la France[99]. Les éleveurs arguent qu'il s'agit d'un outil de sélection indispensable à la race, et que les conditions d'élevage sont très bonnes. La controverse autour de l'hippophagie n'est pas aussi forte en Suisse qu'en France, en témoigne une tradition ancrée du Marché-concours de Saignelégier, qui consiste à vendre de la viande de cheval Franches-Montagnes grillée directement aux visiteurs[102].

Travail[modifier | modifier le code]

En Suisse, il reste encore quelques chevaux d'usage agricole sur les petites parcelles ou en dénivelé important. De même, le débardage avec le cheval est beaucoup plus développé qu'en France et des compétitions spéciales, réservées aux Franches-Montagnes ainsi qu'aux Haflingers, sont organisées[133]. Si le débardage équin a été quelque peu négligé au XXe siècle[146], il fait l'objet d'un nouvel intérêt, du fait que la technique n'est pas désuète et permet à la fois une meilleure maniabilité (particulièrement en dénivelé important) et un meilleur respect de l'environnement[147].

Croisement[modifier | modifier le code]

Enfin, le Franches-montagnes est utilisé en croisement pour produire le cheval de Megève. Ce type à très faibles effectifs est propre à Megève en Haute-Savoie. Il est issu d'un croisement entre des juments comtoises et des étalons Franches-Montagnes. Sa reconnaissance future comme race est appuyée par l'association « le cheval de Megève », constituée en 1997. Il est apte au travail forestier, à la randonnée, et à diverses activités d'attelage[148].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Si le cheval Franches-Montagnes est élevé dans toute la Suisse, il est aussi de plus en plus présent et apprécié dans de nombreux pays[149] comme la France[150], la Belgique[25], l'Allemagne où il a de nombreux amateurs, l'Italie, les Pays-Bas, l'Autriche, Israël, et même quelques exportations en Amérique du Sud et sur le continent africain[149].

Il faut compter (en 2003) entre 4 000 et 5 000 € pour acquérir un Franches-Montagne pleins papiers[74]. Ce coût d'achat onéreux s'explique par les critères de sélection et par le dressage systématique des chevaux à l'attelage passé l'âge de trois ans. Il est compensé par un coût d'entretien assez limité[151],[152]. Malgré ce prix d'achat, la race connaît une très bonne diffusion auprès d'utilisateurs et d'acheteurs venus de tous les milieux sociaux[149].

En Suisse[modifier | modifier le code]

Groupe de chevaux bais tenu en main par un homme.
Présentation de chevaux Franches-Montagnes lors du Marché-concours de Saignelégier.

En 2003, le stud-book Suisse compte 4 300 juments, 190 étalons et 3 000 naissances par an[74]. La population totale est estimée en 2008 à environ 25 000 sujets, dont 4 000 juments d'élevage et 180 étalons[153] : les nouvelles naissances chez la race connaissent une légère baisse, régulière entre 2000 et 2010[25]. Les éleveurs sont surtout des agriculteurs détenant une ou deux juments[25]. Saignelégier est le cœur du berceau d'élevage[89] et l'un des plus célèbres concours d'élevage y est organisé chaque année en août lors du marché-concours[154], qui joue un rôle primordial dans l'évolution de la sélection de la race[155] et représente un marché important[156]. De nombreux syndicats d'éleveurs s'organisent pour acheter des étalons de qualité, organiser des manifestations autour de l'élevage, valoriser ce cheval et discuter des croisements[157].

La Fédération suisse d'élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes coordonne les efforts et assure la promotion de la race au niveau international. Elle gère aussi le livre généalogique et l'approbation des étalons[158]. Elle gère les ventes lors d'évènements à l'étranger, comme au salon du cheval de Paris[68]. Le haras national suisse d'Avenches joue toujours un rôle important et détient en 2002 une soixantaine d'étalons reproducteurs[159]. Dans la région des Franches-Montagnes, les pâturages destinés à l'élevage des chevaux sont généralement sur sols maigres, les sols fertiles étant destinés aux cultures[160].

En France[modifier | modifier le code]

En France, la race comptait environ 450 sujets en 2003, pour 4 ou 5 éleveurs et 4 étalons approuvés[74]. Dans sa thèse de 2002, la Dr vétérinaire Isabelle Reviriaud estimait que le Franches-Montagnes est « amené à se développer en France »[161], ce que confirme l'élevage présent à l'est et dans le centre du pays, et qui s'étend[162]. Le Franches-Montagnes est reconnu en France depuis décembre 2006, dans la catégorie « trait »[163]. Le règlement du stud-book est identique à celui de Suisse, à l'exception de la section « croisement », qui n'existe pas en France. On recense environ 750 sujets, dont 62 juments saillies et 6 étalons en activité en 2008[153], et 22 éleveurs en 2011[93].

La race a notamment gagné en popularité suite à son passage sur l'hippodrome de Vincennes avec les chars du marché-concours de Saignelégier en novembre 2005[164], un événement largement médiatisé par les chaînes de télévision françaises[149].

En Italie[modifier | modifier le code]

En Italie, M. Ortalli a introduit des Franches-Montagnes pour répondre à la demande d'un cheval adapté à la production bouchère. Il a fondé l'association italienne de la race et depuis, le Franches-Montagnes est répandu dans pratiquement toutes les provinces italiennes[165].

Impact culturel[modifier | modifier le code]

Vue de face de plusieurs chevaux au galop, avec le public sur les gradins derrière.
La course campagnarde du marché-concours de Saignelégier, une tradition où des personnes costumées montent des Franches-Montagnes à cru.
Vladimir Volkoff dans Intersection (vol. 3 des Humeurs de la Mer)

[…] Il n'y a pas que des banques et des vaches en Suisse. Il y a beaucoup de petits chevaux ramassés, bourrus, avec un poil dru, une robe chaude. Le Marché-concours, c'est pour eux. […] Les plus belles bêtes de race, les plus belles crinières tressées, les plus belles queues pomponnées reçoivent des prix[166].

Les habitants de Suisse, et particulièrement ceux du district des Franches-Montagnes, témoignent d'un profond attachement pour leur cheval local[4]. Ils défendent la mise en valeur de cet animal dans les pâturages boisés[167], c'est pourquoi tous les cantons se sont opposés à la fermeture du haras national. L'« élevage du cheval Franches-Montagnes » appartient officiellement aux traditions vivantes de Suisse répertoriées par l'office fédéral de la culture. L'étalon fondateur Vaillant a même donné son nom à une rue de Saignelégier pour le centenaire du marché-concours en 1997, situation rare pour un cheval[44]. Les courses campagnardes du marché-concours permettent de voir des personnes montant des Franches-Montagnes à cru, costumées avec les atours typiques du pays[168]. Cette grande fête populaire autour du cheval Franches-Montagnes rassemble des dizaines de milliers de personnes[165]. La population suisse exprime aussi un fort souhait du maintien des Franches-Montagnes au sein de son armée fédérale, d'autant plus fort que ces troupes avec leurs chevaux aident la population en cas de catastrophe naturelle[169].

Le cheval Franches-Montagnes est cité dans des chroniques et des romans[170],[171], notamment dans la quadrilogie des Humeurs de la mer de Vladimir Volkoff[166] et dans Cheval-roi de Gaston-Paul Effa[172]. Louison Dutoit raconte dans une chronique sur 50 ans d'évolution de la vie paysanne dans les Alpes vaudoises que les troupeaux de Franches-Montagnes étaient jadis beaucoup plus grands, comptant jusqu'à une centaine de bêtes[173].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Poncet 2009, p. 33
  2. a, b et c Poncet 2009, p. 30
  3. a, b et c « Les prémices de l'élevage jurassien » dans Poncet 2009, p. 1
  4. a, b et c Reviriaud 2002, p. 21
  5. Poncet 2009, p. 38
  6. a et b Reviriaud 2002, p. 29
  7. a et b Introduction, dans Poncet 2009, p. IV
  8. a, b et c Introduction, dans Poncet 2009, p. VI
  9. a, b et c Introduction, dans Poncet 2009, p. VII
  10. Préface de Vincent Weirmeille dans Poncet 2009, p. I
  11. « L’histoire du cheval des Franches-Montagnes enfin retracée », Administration fédérale de la confédération suisse,‎ 28 février 2009
  12. a et b Introduction, dans Poncet 2009, p. V
  13. « Les prémices de l'élevage jurassien » dans Poncet 2009, p. 6
  14. « Les prémices de l'élevage jurassien » dans Poncet 2009, p. 2
  15. Carnat 1934
  16. Poncet 2009, p. 7-8
  17. Guillaume Séraphin Bernard, Quelques mots sur l'élève des chevaux dans le Jura: Dédié à nos cultivateurs, J. Boéchat, 1881, p. 11
  18. Carnat 1934, p. 82
  19. Carnat 1934, p. 40
  20. Duerst 1924, p. 30-31
  21. Reviriaud 2002, p. 23
  22. Duerst 1924, p. 84
  23. Patrick Wadel, « Le Montagnon, paysan roulier de Franches-Comté au XVIIIe » dans Voitures, chevaux et attelage, Association pour l’académie d’art équestre de Versailles, Paris, 2000, p. 279-294
  24. a, b, c et d Reviriaud 2002, p. 34
  25. a, b, c, d, e et f Haras national d'Avenches, Suisse, « Le Franches-Montagnes en Suisse », Haras nationaux français,‎ 2010 (consulté le 3 mars 2013)
  26. a et b Poncet 2009, p. 31
  27. Poncet 2009, p. 25
  28. Poncet 2009, p. 26
  29. a et b Poncet 2009, p. 27
  30. Jobin 1925, p. 25-30
  31. Duerst 1924, p. 64
  32. Poncet 2009, p. 28
  33. Jobin 1925, p. 20
  34. a, b et c Reviriaud 2002, p. 24
  35. a et b Poncet 2009, p. 34
  36. Poncet 2009, p. 35
  37. a et b « Historique », sur Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (consulté le 8 mars 2011)
  38. a, b et c Rapport de la commission bernoise d'élevage, 1871, p. 3
  39. Poncet 2009, p. 32
  40. Edouard Jacky (1863 - 1945), cité par Poncet 2009, p. 32
  41. Müller 1901, p. 61
  42. A. Dutoit, « Le système de remonte de la cavalerie suisse avant 1875 » dans Revue militaire suisse, 1897, cité par Müller 1901, p. 26-27
  43. Rapport de la commission bernoise d'élevage chevalin, 1888, p. 4, cité par Poncet 2009, p. 43
  44. a, b, c, d et e [PDF] Office fédéral de la culture, Élevage du cheval Franches-Montagnes, 19 juin 2012, 4 p.
  45. Poncet 2009, p. 56
  46. (de) Rudolf Zangger, Die Pferdezucht in der Schweiz: Ein Wegleiter für die Discussion dieser Frage durch die Gesellschaft schweizerischer Thierärzte, J. Allemann, 1865, p. 251-252
  47. Rapport de la commission bernoise d'élevage chevalin, 1872, p. 2-3
  48. Poncet 2009, p. 55
  49. « Arrêté fédéral concernant l'amélioration de la race chevaline suisse », 22 juillet 1868, cité par Poncet 2009, p. 58
  50. (de) Kurt von Steiger, Die Schweitzertsche Zollpolitik von 1900 bis 1930, thèse de droit économique, Berne, 1933, p. 86
  51. a, b et c Reviriaud 2002, p. 25
  52. Poncet 2009, p. 42
  53. a et b Poncet 2009, p. 44
  54. Rapport de la commission bernoise d'élevage chevalin, 1883, p. 3
  55. Dr Ritzenthaler, « La société pour l'Amélioration de la race chevaline du Jura bernois » dans Revue Suisse d'élevage et d'hippisme, 9 janvier 1926. Cité par Poncet 2009, p. 1
  56. Poncet 2009, p. 60-62
  57. a et b Reviriaud 2002, p. 26
  58. Reviriaud 2002, p. 27
  59. Reviriaud 2002, p. 28
  60. a, b, c et d Reviriaud 2002, p. 71
  61. Alfred Cartier et Switzerland. Bundesrat, Rapport technique publié par ordre du Haut conseil fédéral, Imprimerie W. Kündig & fils, 1898, p. 757
  62. Reviriaud 2002, p. 30
  63. a et b Reviriaud 2002, p. 31
  64. Poncet 2009, p. 45
  65. a, b, c et d Reviriaud 2002, p. 32
  66. Rapport de la commission bernoise d'élevage chevalin, 1924, p. 17
  67. (de) Jaques Baumann, Tagung der Schweiz. Vereinigung für Tierzucht, Langnau, 1951, cité par Poncet 2009, p. 37
  68. a et b Reviriaud 2002, p. 74
  69. « L'encouragement de l'élevage chevalin par la Confédération » dans l'Annuaire agricole de la Suisse, 1931, p. 541, cité par Poncet 2009, p. VII
  70. a, b, c, d, e et f Hendricks et Dent 2007, p. 190
  71. a, b et c Reviriaud 2002, p. 33
  72. Ordonnance sur l'élevage chevalin et mulassier, 4 novembre 1960, cité dans Poncet 2009, p. VII
  73. « Présentation », sur Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (consulté le 8 mars 2011)
  74. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Le franches-montagnes », Cheval magazine,‎ 9 octobre 2003 (consulté le 1er mars 2013)
  75. Hendricks et Dent 2007, p. 191
  76. Stefan Rieder, Interview accordée à Wikimedia CH, « Tempérament de la race Franches-Montagnes » :
  77. F. Racic, « Le Franches-Montagnes, il suit son chemin de croix » dans Atout Cheval n°12, 1999, p. 80-85
  78. Nathalie Pilley-Mirande, « Le Franches-Montagnes, le roi des forêts helvètes » dans Cheval magazine n° 340, 2000, p. 58-61
  79. Reviriaud 2002, p. 83
  80. Reviriaud 2002, p. 84
  81. Reviriaud 2002, p. 85
  82. Lætitia Bataille et Serge Farissier, « Le Franches-Montagnes, un pont entre le trait lourd et le cheval de sang » dans Chevaux et poneys, 2008, n° 5, p. 83-87
  83. Bataille 2008, p. 159
  84. a et b Reviriaud 2002, p. 47
  85. Reviriaud 2002, p. 91
  86. a, b et c Reviriaud 2002, p. 49
  87. A.-P. Corre, « Le Franches-Montagnes, du souffle, du muscle et... du cœur » dans Cheval magazine n° 281, 1995, p. 20-23
  88. A. Bahuchet, « Franches-Montagnes : un cheval d'une exceptionnelle condition physique » dans Attelages magazine n° 29, 2003, p. 26-28
  89. a, b, c, d, e, f et g Bataille 2008, p. 160
  90. a, b, c, d, e et f Ravazzi 2002, p. 90
  91. a, b, c, d, e, f, g, h et i Reviriaud 2002, p. 50
  92. a, b, c et d Bataille 2008, p. 161
  93. a et b « Le Franches-Montagnes », Haras nationaux français,‎ décembre 2010 (consulté le 3 mars 2013)
  94. (en) B. Haase, S. A. Brooks, A. Schlumbaum, P. J. Azor, E. Bailey et al., « Allelic heterogeneity at the equine KIT locus in dominant white (W) horses », PLoS Genet, vol. 11, no 3,‎ 2007
  95. a et b (en) Stefan Rieder, Christian Hagger, Gabriela Obexer-Ruff, Tosso Leeb et Pierre-André Poncet, « Genetic analysis of white facial and leg markings in the swiss Franches-Montagnes horse breed », Journal of Heredity, vol. 99, no 2,‎ 2008, p. 130-136 (lire en ligne)
  96. « Portrait », sur Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (consulté le 10 mars 2011)
  97. « Les qualités du Franches-Montagnes », Syndicat Chevalin des Franches-Montagnes Saignelégier (consulté le 4 mars 2013)
  98. a, b et c Reviriaud 2002, p. 68
  99. a, b, c et d Reviriaud 2002, p. 51
  100. a et b Pierre-André Poncet, Dominik Burger et Véronique Rapin, « Sélection des traits comportementaux du franches-montagnes » dans Equ'idée n°54, décembre 2005, (ISSN 1162-8103)
  101. Reviriaud 2002, p. 53
  102. a, b, c et d Reviriaud 2002, p. 52
  103. a et b (en) M. L. Glowatzki Mullis, J. Muntwyler, W. Pfister, E. Marti, Stefan Rieder, Pierre-André Poncet et C. Gaillard, « Genetic diversity among horse populations with a special focus on the Franches Montagnes breed » dans Animals Genetics n°1, vol. 37, février 2006, p. 33-39
  104. (de) J. Henner, Pierre-André Poncet, L. Aebi, C. Hagger, G. Stranzinger et Stefan Rieder, « Pferdezucht: Genetische Tests für die Fellfarben Fuchs, Braun und Schwarz. Ergebnisse einer ersten Untersuchung in der Schweizer Freibergerpferderasse », Schweizer Archiv für Tierheilkunde n°8, vol. 144, 2002, Huber, Berne, p. 405-412
  105. a et b Dr D. Stornetta, Étude comparative de la fréquence d’apparition de la maladie naviculaire (podotrochlose) dans la descendance de deux étalons de la race Franches-Montagnes : thèse de médecine vétérinaire, Faculté de médecine vétérinaire de Berne, 1988, 114 p
  106. a et b (en) D. Burger, I. Imboden, L. Jallon, J.-C Ionita, V. Rapin, M. Doherr et Pierre-André Poncet, « Introduction of a behavioural test for Franches-Montagnes horses » dans Book Of Abstracts Of The 54th Annual Meeting Of The European Association For Animal Production: Rome, Italy, 31 August - 3 September 2003, Wageningen Academic Pub, 2003, (ISBN 9076998205 et 9789076998206)
  107. Pierre-André Odiet, Étude sur le phénomène de l'écorçage des arbres par les chevaux dans les pâturages boisés des Franches-Montagnes, Institut agricole du Jura (Courtemelon), 1992, 49 p.
  108. Brigitte Strickler, « Écorçage des arbres par les chevaux » dans Le Franches-Montagnes n° 133, janvier 2013, p. 36
  109. (en) D. Weisse, M. A. Weishaupt, R. Forrer, A. Fakler, U. E. Spichiger, D. Burger, M. Wanner et J. L. Riond, « Effects of sweat loss induced by treadmill exercise on magnesium and calcium homeostasis in Franches montagnes horses » dans Pferdeheilkunde, vol. 18, n°1, 2002, p. 5-10
  110. a et b (en) G. Campodoni, G. Preduzio, D. Gatta, B. Colombani et M. Orlandi, « Live and slaughter data and meat quality in Franches Montagnes foals » dans Zootecnica e Nutrizione Animale, février 1994, p. 35-44
  111. « Processus de sélection », sur Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (consulté le 9 mars 2011)
  112. Reviriaud 2002, p. 58
  113. Reviriaud 2002, p. 59
  114. Reviriaud 2002, p. 56
  115. Reviriaud 2002, p. 57
  116. a et b Reviriaud 2002, p. 54
  117. Reviriaud 2002, p. 61
  118. Reviriaud 2002, p. 55
  119. Reviriaud 2002, p. 35
  120. a et b Reviriaud 2002, p. 36
  121. Reviriaud 2002, p. 37
  122. Reviriaud 2002, p. 38
  123. a et b Reviriaud 2002, p. 39
  124. Reviriaud 2002, p. 41
  125. Reviriaud 2002, p. 40
  126. Reviriaud 2002, p. 42
  127. Reviriaud 2002, p. 43
  128. Reviriaud 2002, p. 44
  129. Reviriaud 2002, p. 45
  130. Reviriaud 2002, p. 46
  131. a et b Reviriaud 2002, p. 70
  132. « Les qualifications loisir : un label qualité pour chevaux de loisir », Les haras nationaux français (consulté le 3 mars 2013)
  133. a, b et c Reviriaud 2002, p. 69
  134. « Portraits de cavaliers handisport », Les haras nationaux français (consulté le 3 mars 2013)
  135. Dal'Secco 2006, p. 39
  136. F. Heinze, « Les Franches-Montagnes au service de la réhabilitation » dans Cheval Passion n° 12, 1998, p. 18-19
  137. Claire Bertholet, « Eric Renaud : Il faut toujours compter avec Malice » dans Le Franches-Montagnes n° 132, décembre 2012, p. 15
  138. Reviriaud 2002, p. 67
  139. « Première Route Suisse, course de chevaux de trait attelés », Haras nationaux français,‎ 5 août 2011 (consulté le 3 mars 2013)
  140. « résultats de la Route Suisse », Haras nationaux français,‎ 9 août 2011 (consulté le 3 mars 2013)
  141. Marie Devenoge, « Une superbe vitrine pour le FM » dans Le Franches-Montagnes n° 133, janvier 2013, p. 36
  142. Reviriaud 2002, p. 62
  143. Reviriaud 2002, p. 63
  144. Reviriaud 2002, p. 64
  145. a et b « Le cheval des Franches-Montagnes à l'abri du scandale », Tribune de Genève,‎ 25 février 2013 (lire en ligne)
  146. Cattin et Moser 2002-2005, p. 2
  147. Cattin et Moser 2002-2005, p. 3
  148. A. S. Lauthier, Le Cheval de Megève, rapport des haras nationaux, 2000, 31 p.
  149. a, b, c et d Intriduction, dans Poncet 2009, p. III
  150. Christophe Hercy, « Le Franches-Montagnes : un trésor Suisse » dans Cheval pratique, n°242, mai 2010, p. 62-69
  151. Reviriaud 2002, p. 87
  152. Reviriaud 2002, p. 88
  153. a et b Bataille 2008, p. 162
  154. « Épreuves et Concours », sur Fédération suisse d’élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes (consulté le 9 mars 2011)
  155. Reviriaud 2002, p. 78
  156. Reviriaud 2002, p. 79
  157. Reviriaud 2002, p. 72
  158. Reviriaud 2002, p. 73
  159. Reviriaud 2002, p. 75
  160. Brigitt Sigel (trad. Anetka Kempf et Elisabeth Kopp-Demougeot), Étables, granges et greniers: la conservation des bâtiments ruraux, un problème juridique, vol. 11 de Veröffentlichungen des Instituts für Denkmalpflege an der ETH Zürich, vdf Hochschulverlag AG, 1992, (ISBN 3728118745 et 9783728118745), p. 68
  161. Reviriaud 2002, p. 89
  162. Nathalie Pilley-Mirande, « Le franches-montagnes, la race qui monte » dans Cheval magazine, n° 389, 2004, p. 52-55
  163. « Arrêté du 13 novembre 2006 portant approbation du règlement du stud-book français du cheval de pure race franches-montagnes », sur Legifrance.gouv.fr (consulté le 8 mars 2011)
  164. « Chars romains jurassiens à Vincennes »,‎ 29 novembre 2005 (consulté le 5 mai 2013)
  165. a et b Reviriaud 2002, p. 81
  166. a et b Vladimir Volkoff, Intersection: Roman, vol. 3 de Humeurs de la mer, L’Âge d'homme, 1980, (ISBN 226000198X et 9782260001980), p. 337
  167. Yvan Droz, Anthropologie politique du paysage: Valeurs et postures paysagères des montagnes suisses, Karthala Éditions, 2009 (ISBN 2811102744 et 9782811102746), p. 109
  168. Reviriaud 2002, p. 80
  169. Reviriaud 2002, p. 65
  170. Pascal Hoffer, On m'a dit... en Terre-Sainte: histoires presque vraies, éditions Cabedita, 2004, (ISBN 2882954174 et 9782882954176), p. 87
  171. Jean-Claude Grivel, Balades campagnardes, coll. Contes et légendes, Mon Petit Éditeur, 2010, (ISBN 2748382013 et 9782748382013), p. 96
  172. Gaston-Paul Effa, Cheval-Roi, coll. Motifs, Serpent à Plumes Éds., 2004, (ISBN 290757308X et 9782907573085), p. 180
  173. Louison Dutoit, Le courage de la terre: 1950-2000, une paysanne raconte, 2e édition, Éditions d'en bas, 2003, (ISBN 2829002911 et 9782829002915), p. 43

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Fonds ancien[modifier | modifier le code]

  • Germain Carnat, Essais historiques sur l'élevage du cheval du Jura depuis les temps des princes-évêques de Bâle jusqu'à l'annexion du Jura au canton de Berne, 1000 à 1815, Berne, Imprimerie du paysan jurassien,‎ 1934, 138 p.
  • (de) Johan Ulrich Duerst, Kulturhistorische Studien Zur schweizerischen Pferdezucht, Verlag der Schweiz. Landwirtschaftl. Monatshefte, Benteli A.-G.,‎ 1924
  • Louis Jobin, Le Cheval du Jura, W. Graden,‎ 1925, 120 p.

Ouvrages spécialisés[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Beuret, François Noirjean, Clément Saucy, Franches-Montagnes, pays du cheval, Société jurassienne d'émulation,‎ 1997, 143 p. (ISBN 9782940043118)
  • François Castel, Le Cheval des Franches-Montagnes: Freiberger,‎ 1978, 100 p.
  • Jean-Pierre Graber, Stefanie Meier et Jacqueline Wiedler, Utilisation des étalons reproducteurs Franches-Montagnes en Suisse, respectivement dans le Jura, Communauté d'intérêts pour le maintien du cheval originel des Franches-Montagnes (CICOFM),‎ 2009, 80 p.
  • Pierre-André Poncet, Le Cheval des Franches-Montagnes à travers l'histoire, Société jurassienne d'émulation,‎ 2009, 485 p. (ISBN 294004340X et 9782940043408) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Isabelle Reviriaud, Le cheval Franches-Montagnes : Thèse pour obtenir le grade de docteur vétérinaire, École Nationale Vétérinaire de Toulouse,‎ 2002 (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Christine Salvadé et Philippe Junod, Ferme, sapin, cheval : une étude iconographique du paysage des Franches-Montagnes, université de Lausanne,‎ 1991
  • Vincent Wermeille, Des chevaux et des hommes: l'élevage passionné du "Franches-Montagnes", Éditions Le Franc-Montagnard,‎ 1995, 207 p.
  • (de) Urs Weisse et Fritz Heinze, Der Freiberger, das Schweizer Pferd, Winterthur : Mattenbach AG,‎ 1999, 132 p. (ISBN 3905172984 et 9783905172980)
  • Syndicat chevalin des Franches-Montagnes 1907-2007: Une histoire si ancienne, un cheval si moderne, des éleveurs si passionnés, Syndicat chevalin des Franches-Montagnes,‎ 2007, 47 p.

Revues, études et périodiques[modifier | modifier le code]

  • Joahness Müller, « L'élevage du cheval en Suisse, rapport présenté au département de l'agriculture par le chef de la division », Annuaire agricole de la Suisse, t. II,‎ 1901
  • A. Cattin et U. Moser, Cahier technique : Le cheval franches-montagnes au service des forestiers, 2336 Les Bois,‎ 2002-2005 (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (de) (fr) Le Franches-Montagnes / Der Freiberger, magazine mensuel de la fédération suisse d'élevage du cheval de la race des Franches-Montagnes

Ouvrages généralistes[modifier | modifier le code]