Frances Farmer

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Frances Farmer

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Frances Farmer en 1938

Nom de naissance Frances Elena Farmer
Naissance
Drapeau des États-Unis Seattle, États-Unis
Nationalité Américaine
Décès (56 ans)
Drapeau des États-Unis Indianapolis, États-Unis
Profession Actrice

Frances Farmer est une actrice américaine, née le à Seattle et morte le à Indianapolis. Elle est la fille de Ernest et Lillian Farmer. Elle a une sœur, Edith, un frère Wesley et une demi-sœur, Rita.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Frances Farmer

En 1931, alors élève de la West Seattle High School, elle gagne le Concours d’écriture créative avec son essai controversé God Dies (Dieu meurt). Les Services de Surveillance Nationale rapportent les faits, titrant « La fille de Seattle rejette Dieu et gagne le Premier Prix ».

Elle entre à l’Université de Washington, devient membre du Théâtre dramatique et fait la connaissance de la professeur Sophie Rosenstein. Les critiques s’extasient sur son jeu d’actrice dans Helen of Troy et Alien Corn. Elle change de spécialité et passe du journalisme à la dramaturgie.

En 1935, elle part pour la Russie en bateau après avoir gagné le concours du journal « Voice of Action ». Les Services de Surveillance relèvent l’histoire et qualifient Frances Farmer de communiste.

Frances reste à New York après son voyage et est découverte par un dénicheur de talents. Elle signe un contrat de sept ans avec la Paramount Pictures.

En 1936, elle se marie avec l’acteur Leif Erickson (de son vrai nom William Wycliffe Anderson) et tourne dans son premier film Too Many Parents. Plus tard Frances donne la réplique à Bing Crosby dans Rhythm on the Range et à Edward Arnold dans Come and Get It. Elle est décrite comme « l’exceptionnelle trouvaille des écrans de 1936 ».

En 1937, elle interprète le rôle principal dans la production théâtrale Golden Boy écrite par Clifford Odets et le premier rôle féminin dans L'Or et la Femme (The Toast of New York) de Rowland V. Lee.

L'enfermement[modifier | modifier le code]

En 1942, elle est arrêtée pour conduite sans permis en état d’ivresse et désobéissance aux ordres dans une zone de restriction. Elle jettera le contenu d'un pot d'encre au visage du juge chargé de l'affaire, qui la fera condamner à 180 jours de détention et remise en liberté sous surveillance. Elle divorce la même année.

En 1943, elle est arrêtée pour violation de la liberté surveillée et agression. Les services sanitaires qualifient Frances de « malade mentale » et recommandent de la placer dans le sanatorium de La Crescenta. Elle y reçoit 90 traitements-choc à l’insuline (Cure de Sakel) et rentre au Western Washington State Hospital à Steilacoom d’où elle s’échappe.

Sa mère, apprenant les traitements que sa fille a subis, obtient que la tutelle de sa fille soit transférée de l'État vers elle. Mais en 1944, Frances agresse sa mère qui la fait à nouveau interner. Après un séjour de trois mois, et un traitement incluant des électrochocs, Frances est déclarée guérie.

En 1945 elle s’enfuit plusieurs fois de chez sa mère qui petit à petit la convainc de retourner à l’hôpital psychiatrique où elle restera les cinq années suivantes. Aurait commencé alors pour elle un véritable enfer : outre les conditions de vie barbares (criminels et malades mentaux entassés ensemble, nourriture pour les patients jetée à même le sol…) et des traitements continuels d’électrochocs, elle aurait été prostituée à des soldats locaux qui auraient abusé d’elle, la violant et la brutalisant.
Elle aurait aussi été utilisée comme cobaye pour tester des médicaments tels que Thorazine, Stelazine, Mellaril et Prolixin.

Ces éléments, parfois rapportés par Frances elle-même, sont évidemment à prendre avec précautions. Ainsi, Jean Ratcliffe, auteur de l’ouvrage « choc » qui décrit les années d’enfermement de Frances Farmer, a admis avoir exagéré certains détails. Un de ses biographes, William Arnold, affirmait que Frances avait subi une lobotomie trans-orbitaire, évènement que l'on trouve dans le film Frances, mais admit, lors d'un procès, qu'il avait inventé l'épisode et l'essentiel du contenu de son livre. Des enquêtes indépendantes montrèrent par ailleurs que les preuves avancées étaient fausses et que cette histoire était en contradiction avec les dossiers médicaux et l'ensemble des témoignages des médecins et infirmières de l'époque.

Le retour à la liberté[modifier | modifier le code]

En 1950, Frances, relâchée, retourne à Seattle pour s’occuper de ses parents. Elle épouse Alfred Lobley en 1954 en secondes noces. En 1957, elle travaille en tant qu’employée dans un hôtel de San Francisco.

En 1958, elle apparaît dans la série TV « This Is Your Life » et tourne son dernier film The Party Crashers. Elle divorce à nouveau et se marie pour la troisième fois avec Lee Mikesell et apparaît dans une autre série télévisée Tongues of Angels avec James MacArthur.

Elle présente une émission de télévision d’après-midi, Frances Farmer Presents à Indianapolis jusqu’en 1964.

En 1968, elle commence à travailler sur son autobiographie avec l’aide de Lois Kibbee. Deux ans plus tard, elle meurt d’un cancer de l’œsophage, à l’âge de 56 ans.

Postérité[modifier | modifier le code]

  • En 1982, le film Frances, réalisé par Graeme Clifford, raconte le calvaire et la déchéance de Frances Farmer. Le rôle-titre est interprété par Jessica Lange.
  • Le chanteur Kurt Cobain lui rend hommage avec la chanson « Frances Farmer will have her revenge on Seattle ». Le prénom de la fille (Frances Bean Cobain) de Kurt Cobain n'est pas dû à cette actrice mais à Francès McKnee la guitariste du groupe The Vaselines.
  • La chanteuse Mylène Farmer a choisi ce nom de scène en 1984 en hommage à Frances Farmer.
  • Le groupe new wave anglais Everything but the Girl lui consacre une chanson : « Ugly little dreams », sur l'album « Love not money » (1986).
  • Le groupe de punk hardcore français Nine Eleven fait figurer sur l'album City Of Quartz, apparu en 2011, son portrait.
  • Le groupe Culture Club utilise une photo de l'actrice pour la pochette de son single "The Medal Song", et prend en fil conducteur la vie de l'actrice pour la vidéo du même titre en 1984

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]