François Villon

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le poète français. Pour le film d'André Zwoboda, voir François Villon (film, 1945).

François Villon

Description de cette image, également commentée ci-après

Image censée représenter François Villon dans la plus ancienne édition de ses œuvres (Pierre Levet, 1489)

Nom de naissance François de Montcorbier
Activités Poète
Naissance 1431
Paris, Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Décès après 1463
Langue d'écriture Moyen français

Œuvres principales

François de Montcorbier dit Villon [vijɔ̃], né en 1431 à Paris et disparu en 1463, est le poète français le plus connu de la fin du Moyen Âge.

Écolier de l’Université, maître de la faculté des Arts dès 21 ans, il a d’abord mené une vie joyeuse d’étudiant indiscipliné au Quartier Latin. À 24 ans, il tue un prêtre dans une rixe et s’enfuit de Paris. Amnistié, il doit de nouveau s’exiler un an plus tard après le cambriolage du collège de Navarre. Accueilli à la cour de Charles d’Orléans, le prince-poète, à Blois, il échoue à y faire carrière. Il mène alors une vie errante et misérable sur les routes. Emprisonné à Meung-sur-Loire, libéré à l’avènement de Louis XI, il revient à Paris après six ans d’absence. De nouveau arrêté dans une rixe, il est condamné à être pendu. Après appel, le Parlement casse le jugement et le bannit pour dix ans de la ville. Il a 31 ans. On perd alors totalement sa trace.

Villon connaît une célébrité immédiate. Le Lais, un long poème d’écolier, et le Testament, son œuvre maîtresse, sont édités dès 1489 – il aurait eu 59 ans. Trente-quatre éditions se succèdent jusqu’au milieu du XVIe siècle[1]. Très vite prend forme une « légende Villon » constituée selon les époques de différentes images allant du farceur escroc au poète maudit.

Son œuvre n’est pas d’accès facile sans notes et sans explications. Sa langue ne nous est pas toujours accessible. Les allusions au Paris de son époque, son art du double sens et de l’antiphrase rendent souvent son texte difficile, même si l’érudition contemporaine a éclairci beaucoup de ses obscurités.

Biographie[modifier | modifier le code]

Patronyme, date et lieu de naissance[modifier | modifier le code]

Son patronyme, son année de naissance ainsi que son lieu de naissance tels qu'indiqués ici sont toujours sujets à polémiques. L'ensemble de la démonstration qui suit est attribuable à Auguste Longnon suite à ses recherches croisées dans différentes archives et publiées dans l'ouvrage intutlé Étude biographique sur François Villon : d'après les documents inédits conservés aux Archives nationales[2].

Le nom aujourd'hui accepté De Moncorbier est pour la première fois décrit dans l'ouvrage, motivé par la mise au jour de deux lettres de rémission évoquant le même sujet ou crime :

  • 1re lettre de rémission (émise de Saint-Pourçain en Bourbonnais) accordée à « Maistre François des Loges, dit de Villon » en janvier 1456 (nouveau style, 1455 ancien style) pour un meurtre commis le jour de la Fête-Dieu, au cloitre de Saint-Benoît-le-Bétourné, à Paris, sur la personne de Philippe Chermoye, prêtre.
  • 2e lettre de rémission (émise de Paris) accordée à « François de Monterbier, maistre es arts » pour le même crime à la seule modification près sur le nom de la victime « Philippe Sermoise » au lieu de « Chermoye ».

Auguste Longnon en déduisit fort logiquement que François de Monterbier et François des Loges, dit de Villon sont la même personne. Ajoutant à ceci les archives de l'Université de Paris où François Villon a étudié, un nom compatible ressort : celui de Franciscus de Moult-Corbier, parisiensis qui apparait aussi sous « Franciscus de Moncorbier ». La calligraphie de l'époque rendant facile la substitution d'un « c » en un « t » et d'un « o » en en « e » fait que « Monterbier » pourrait très vraisemblablement être « Montcorbier » et semble la plus valide des hypothèses concernant le patronyme de F.V. qui est désormais acceptée. Poursuivant les travaux d'Auguste Longnon, on pourra aussi se référer à la « Simple conjecture sur les origines paternelles de François Villon » par l'abbé Reure[3].

De la même manière, suivant la première lettre de rémission, datée de janvier 1456, l'âge de F.V est de « 26 ans et environ » ce qui signifie en principe qu'il avait 26 années révolues, l'expression « et environ » étant classique dans ces lettres pour dire plus de 26 ans mais moins de 27. Même si Auguste Longnon indique qu'il n'est pas exclu, vu l'imprécision, que F.V. ait pu avoir 25 ans, l'analyse d'acte similaires par Henri Lot[4] montre que la précision était pourtant probablement d'usage. Il est de fait possible que François Villon soit né en 1429 ou 1430, et non 1431. Le début du grand testament, dont tout le monde convient qu'il fut établi en 1461 indiquant « en l'an trentième de mon âge », reprise subtile de l'introduction du Roman de la rose, n'est que peu fiable en la matière, car le mètre empêcherait « l'an trente et unième » ou même « vingt neuvième », la licence poétique faisant le reste, l'indication reste donc globalement fiable mais peu précise.

Enfin, quant à son lieu de naissance supposé, Paris, il est de la même manière douteux. Auguste Longnon indiquant que la strophe du testament faisant référence à ce lieu est douteuse à beaucoup d'égards (page 6 à 9 de l'ouvrage cité en référence). Aucune autre référence ne venant apparemment étayer sa naissance à Paris, Elle est donc relativement sujette à caution.

Je suis François, dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col que mon cul poise

Cette strophe peut être, selon Auguste Longnon à la fois une erreur de copiste, l’œuvre d'un faussaire, etc. En tout état de cause, il existe beaucoup de variantes de ce demi-huitain, et si cela constitue la seule référence quant à son lieu de naissance, elle reste apparemment douteuse pour beaucoup.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Saint-Benoît-le-Bétourné.
Villon avait sa chambre dans la maison de maître Guillaume de Villon, à la Porte Rouge, au cloître de Saint-Benoît[5].
En décembre 1456, écrivant ses Lais avant son départ de Paris, il entend la cloche de la Sorbonne sonner le couvre-feu de l'Université :

J'oïs la cloche de Serbonne,
Qui toujours a neuf heures sonne[6]

Né à Paris en 1431, sous l'occupation anglaise, orphelin de père, il est confié par sa mère, pauvre femme illettrée et pieuse

Femme je suis povrette et ancienne,
Qui riens ne scay ; oncques lettre ne leus[7]

à maître Guillaume de Villon (dont il prendra le nom au plus tard en 1456) chapelain[8] de Saint-Benoît-le-Bétourné, église en bordure de la populeuse rue Saint-Jacques près du collège de Sorbonne, en plein cœur du quartier universitaire, ainsi nommée parce que son chœur, mal tourné, n'était pas à l’origine orienté à l'Est mais à l'Ouest. Son tuteur

Qui m'a esté plus doulx que mere
A enfant levé de maillon[9] (levé du maillot)

est un personnage important de la communauté de Saint-Benoît. Maître ès arts, bachelier en décret, titulaire d’une des chapelles et jouissant des revenus attachés à ce bénéfice (il possède plusieurs maisons qu’il loue), il est aussi professeur de droit et représente la communauté comme procureur. Ses relations et son crédit aideront Villon à se tirer de « maints bouillons[10]». Il se charge de son instruction première, puis l'envoie faire des études à la faculté des arts de Paris afin qu'il accède au statut privilégié de clerc. Il y a alors quatre facultés à Paris : théologie, décret (droit canonique), médecine et arts, la dernière servant d’introduction aux trois premières dites supérieures. En 1449, Villon obtient le premier grade de la faculté des arts (le baccalauréat), et en 1452 à 21 ans, le second grade, la maîtrise des arts qui fait de lui un clerc, Dominus Franciscus de Montcorbier (c’est le titre qui est inscrit sur le registre de l’Université[11]) portant tonsure, bonnet et robe longue, pouvant jouir d’un bénéfice ecclésiastique et accéder aux autres facultés. L'Université de Paris est alors un véritable État avec de nombreux privilèges (ses membres ne peuvent être jugés que par un tribunal ecclésiastique). Les clercs comprennent presque toute la nation intellectuelle, mais les diplômés qui ne reçoivent pas de bénéfice, sans fonction, se retrouvent en marge de la société : c’est aussi la classe par excellence des dévoyés et parfois des vagabonds. L’époque où étudie Villon est une période de grands troubles universitaires sur fond de querelle entre l'Université (qui a soutenu les Bourguignons puis les Anglais) et le roi Charles VII. Les désordres étudiants se multiplient. Il y a des heurts avec la police, le tout allant jusqu'à la suppression pure et simple des cours de 1453 à 1454 – suppression provoquée par une longue grève des professeurs[12]. Villon néglige alors ses études (il étudiait sans doute en théologie, aspirant à un titre plus élevé que celui de maître ès arts) pour courir l'aventure. Il relate plus tard avec regret cette époque dans son Testament :

Bien sçay, se j'eusse estudié
Ou temps de ma jeunesse folle
Et a bonnes meurs dedié,
J'eusse maison et couche molle.
Mais quoy ! je fuyoië l'escolle
Comme fait le mauvaiz enffant
En escripvant cette parolle
A peu que le cueur ne me fent ![13]

Il fréquente autour de Saint-Benoît, parmi les familles des chanoines apparentés aux bourgeois parisiens exerçant des charges dans l’administration des finances, au Parlement et au Châtelet (il connaît personnellement le prévôt de Paris Robert d’Estouteville et sa femme) des clercs de bonne famille mais dévoyés, plus fortunés que lui, ceux qu’il a nommés plus tard les « gracieus galans »

Si bien chantans, si bien parlans,
Si plaisans en faiz et en dis[14].

comme Regnier de Montigny, parent de deux chanoines de Saint-Benoît, et Colin de Cayeux, qui seront pendus, ou Guy Tabarie qui dénoncera plus tard le vol du collège de Navarre[15].

Premières œuvres et premiers méfaits[modifier | modifier le code]

Le 5 juin 1455, soir de la Fête-Dieu, Villon tue un prêtre dans une rixe. On connaît l’événement par les narrations qu’en donnent les lettres de rémission que le poète obtient en janvier 1456 (celles-ci reprennent cependant les termes de ses suppliques, donc sa propre version des faits). Assis avec un prêtre et une femme sur un banc de pierre de Saint-Benoît dans la rue Saint-Jacques, il est pris à partie (on en ignore les raisons) par un autre prêtre, Philippe Sermoise, qui tire la dague qu’il porte sous sa robe et le frappe au visage, lui fendant la lèvre. Pour éviter la fureur du prêtre qui le poursuit, Villon tire sa dague à son tour et la plante dans l’aine de son agresseur. Sermoise roule à terre et Villon lui lance en outre au visage une pierre qu’il tient à la main. Sur quoi, il se rend chez un barbier pour se faire panser en déclarant un faux nom. Sermoise meurt le lendemain après lui avoir pardonné. Par crainte de la justice, Villon quitte Paris et se cache pendant sept mois. Grâce aux relations de Guillaume de Villon, il obtient de la chancellerie royale des lettres de rémission en janvier 1456. Il est dit qu’il s’était jusque-là « bien et honorablement gouverné (…) comme à homme de bonne vie ». C’était donc la première fois qu’il avait à faire avec la justice. Villon rentre à Paris et retrouve sa chambre au cloître Saint-Benoît.

Portail du Collège de Navarre orné des statues de Philippe le Bel et Jeanne de Navarre.
C’était le plus riche et le plus vaste des collèges parisiens. Il s’étendait en haut de la montagne Sainte-Geneviève. Vers la Noël 1456, Villon et ses complices cambriolent les coffres du Collège.

Villon passe l’année 1456 à Paris jusqu’aux environs de la Noël où il gagne Angers pour fuir une maîtresse « qui m’a esté felonne et dure », dit-il dans le Lais, poème malicieux et espiègle de 320 vers (40 huitains) où il fait ses adieux à ceux qu’il connaît, amis et ennemis, en leur faisant à chacun un legs imaginaire, ironique, plein de sous-entendus et d’équivoques, suite de dons qui ont dû faire bien rire ses amis parisiens mais dont le sel s’est aujourd’hui évaporé malgré les efforts de décryptage des érudits.

L'an quatre cent cinqante et six
Je, François Villon, écolier
[…]
En ce temps que j'ai dit devant,
Sur le Noël, morte saison
Que les loups se vivent de vent
Et qu'on se tient en sa maison
Pour le frimas, près du tyson…[16]

On sait aujourd’hui, grâce à la découverte aux Archives Nationales à la fin du XIXe siècle par Auguste Longnon du dossier relatif au vol du Collège de Navarre et du récit de l’interrogatoire de Guy Tabarie, que peu de jours avant son départ, Villon et plusieurs autres malfaiteurs dont Colin de Cayeux s’étaient introduits nuitamment par escalade dans le Collège de Navarre pour y dérober 500 écus d’or dans les coffres de la sacristie. Le vol n’est découvert qu’en mars et une enquête est ouverte sans que les auteurs soient identifiés. Mais en juin, un complice trop bavard, Guy Tabarie, est arrêté sur dénonciation. Torturé au Châtelet, il dénonce ses complices : « Ilz avoient ung aultre complice nommé maistre Françoys Villon, lequel estoit allé à Angiers en une abbaye en laquel il avoit ung sien oncle qui estoit religieulx en ladite abbaye, et qu’il y estoit alé pour savoir l’estat d’ung ancien religieulx dudit lieu, lequel estoit renommé d’estre riche de V ou VIm (5 ou 6 000) escus et que lui retourné, selon ce qu’il rapporteroit par de ça aux autres compaignons, ilz yroient tous par delà pour le desbourser[17]. »

Les véritables raisons du départ de Villon auraient donc été de fuir la justice et de préparer un nouveau cambriolage.

Une autre hypothèse a été faite par André Burger[18], invérifiable mais qui donne un bon exemple des conjectures suscitées par les trop grandes zones d’ombre de la biographie du poète. Il s’appuie sur un détail donné par Guy Tabarie dans son interrogatoire : « l’ung d’eulx (il s’agirait de Villon selon Burger) les avoit destournez et empeschez de crocheter unes aulmoires pres dudit coffre (contenant les 500 écus), lesquelles aulmoires avoit bien plus grant chevance, comme IIII ou VM escus (4 ou 5 000), et disoit ledit maistre Guy que les autres compaignons maudisoient leur compaignon qui les avoit destournez de crocheter lesdictes aulmoires[19]. » Le poète ne serait pas un voleur professionnel ; il aurait voulu seulement se procurer une certaine somme d’argent pour pouvoir réaliser un de ses rêves : tenter de rejoindre à Angers la cour du roi René, mécène s’intéressant aux arts et aux belles lettres, et devenir poète de cour. Il aurait raconté à ses complices l’histoire du cambriolage à préparer à Angers pour les consoler, en leur donnant un nouvel espoir, de les avoir empêchés de piller entièrement le trésor du collège. Le roi René l’aurait mal reçu selon une interprétation que l’on peut donner aux vers 1457-1460 du Testament[20].

Ce qui est certain, c’est que Villon ne peut plus rentrer à Paris après l’arrestation de Tabarie. Il est condamné à mener une vie errante et misérable sur les routes. Cet exil va durer six ans pendant lesquels on perd sa trace. Les noms de lieux nommés dans le Testament ne sont pas des indications certaines.

À la cour de Charles d'Orléans[modifier | modifier le code]

Charles d'Orléans, entouré de ses courtisans, recevant l'hommage d'un vassal. Villon participe, pendant un certain temps, aux activités poétiques de la cour de Blois.

Un seul fait est sûr, c’est que ses pérégrinations le conduisent en décembre 1457-janvier 1458 à Blois à la cour du duc d'Orléans. Charles d’Orléans, petit-fils de Charles V, a alors 63 ans et n’est pas encore père du futur Louis XII. Il avait dû demeurer prisonnier des Anglais pendant vingt-cinq ans, avait écrit des poésies pour se distraire et était devenu le premier poète de son époque. Rentré en France, il fait de sa cour le rendez-vous de tous les fins rimeurs du temps. On y vient de loin, sûr d’être bien accueilli. Des albums recueillent les compositions du duc, de ses courtisans, et de ses invités. Dans un de ces manuscrits[21] se trouvent trois ballades de Villon retranscrites probablement par l'auteur lui-même : la Ballade franco-latine, la Ballade des contradictions (précédée dans le manuscrit du nom, en partie rogné, de l’auteur) et l’Épître à Marie d'Orléans.

L’Épître à Marie d'Orléans comprend un poème composé pour célébrer la naissance le 19 décembre 1457 de la fille du duc, Marie, et un autre pour la remercier de l’avoir tiré d’un mauvais pas (il aurait été libéré de prison à l'entrée dans Orléans de Marie, alors âgée de 3 ans, en 1460[22]).

La Ballade des contradictions, dite aussi du concours de Blois, est la troisième d'une série de dix ballades composées par divers auteurs sur un thème donné par Charles d'Orléans imposant le jeu des contradictions  : « Je meurs de soif en couste (auprès de) la fontaine ». La ballade de Villon traduirait son malaise de se trouver dans un milieu très différent de ceux qu'il a connus jusque-là  :

En mon pays suis en terre loingtaine (…)
Je riz en pleurs et attens sans espoir (…)
Bien recueully, debouté de chascun.

Enfin, la dernière contribution de Villon au manuscrit de Charles d'Orléans est la Ballade franco-latine qui fait écho à deux poèmes bilingues du manuscrit, dialogue entre Charles lui-même et Fredet, l'un de ses favoris. La Ballade franco-latine est, comme l'a montré Gert Pinkernell[23], une attaque en règle à l'encontre de Fredet. Villon est en retour réprimandé par Charles et l'un de ses pages qui, sans le nommer, l'accusent de mensonge et d'arrivisme dans deux ballades. Il quitterait la cour de Blois très probablement peu après cet épisode.

En octobre-novembre 1458 il tenterait en vain, toujours selon Pinkernell, de reprendre contact avec son ancien et éphémère mécène, profitant de sa venue à Vendôme pour assister au procès pour trahison de son gendre Jean II d'Alençon. Il ferait alors parvenir à Charles la Ballade des proverbes et la Ballade des menus propos, mais ne serait plus reçu à la cour.

De la déchéance à la légende[modifier | modifier le code]

On le retrouve à Meung-sur-Loire, emprisonné durant l'été 1461 dans la basse fosse de la prison de l’évêque d’Orléans Thibault d’Aussigny, « la dure prison de Mehun », nourri

… d’une petite miche
Et de froide eaue tout ung esté[24].

Qu’avait-il fait ? On l’ignore. À l’occasion, il aurait été déchu de sa qualité de clerc par l’évêque (qui n'en avait pas le droit, Villon relevant du seul évêque de Paris). Il appelle à l’aide dans l'Épître à ses amis :

Aiez pictié, aiez pictié de moi
À tout le moins, s’i vous plaist, mes amis !
En fosse giz (non pas soubz houz ne may) (non pas sous les houx des fêtes de mai)
(…) Bas en terre - table n'a ne trestaux.
Le lesserez là, le povre Villon ?

Villon a ressenti comme profondément injuste et excessivement sévère la sanction et la peine infligée par Thibault d’Aussigny. C’est de la prison de Meung qu’il fait dater tous ses malheurs. Il rend l'évêque responsable de sa déchéance physique et morale et le poursuit de sa haine dans le Testament :

Synon aux traitres chiens mastins
Qui m’ont fait ronger dures crostes, (croûtes)
(…)Je feisse pour eulx pez et roctes…
(…)C’on leur froisse les quinze costes
De groz mailletz, fors et massiz[25]

Le 2 octobre 1461, le nouveau roi Louis XI fait son entrée dans Meung-sur-Loire. Comme le veut la coutume, lors de la première entrée d’un nouveau souverain dans une ville, on libère quelques prisonniers n’ayant pas commis de délits trop graves en signe de joyeux avènement. Villon recouvre la liberté à cette occasion (malheureusement la lettre de rémission n’a pas été conservée). Il remercie le roi dans la Ballade contre les ennemis de la France et demande dans la Requeste au prince une aide financière à un prince de sang qui pourrait être Charles d’Orléans[26]. Il décide de rejoindre Paris, estimant que son exil a assez duré[27].

De retour à Paris, obligé de se cacher car l’affaire du vol du Collège de Navarre n’est pas oubliée, il rédige peut-être la Ballade de bon conseil, qui le montre comme délinquant amendé, et puis la Ballade de Fortune, qui semble exprimer sa déception grandissante envers le monde des bien-pensants qui hésite à le réintégrer[28]. Et surtout, fin 1461, il commence son œuvre maîtresse, Le Testament :

En l'an de mon trentïesme aage,
Que toutes mes hontes j'euz beues,
Ne du tout fol, ne du tout saige[29]

Les Pendus.
L'édition princeps du Testament publiée à Paris par Pierre Levet en 1489 est un petit in-4° de 113 pages illustré de quatre gravures (un homme, une femme, un évêque et trois pendus).

Le poème est une œuvre beaucoup plus variée que n'est le Lais. Il comprend 186 strophes de 8 vers (1488 vers) qui constituent la partie proprement narrative à laquelle s'ajoutent 16 ballades et 3 rondeaux (535 vers) soit antérieurs, soit écrits pour la circonstance. Le testament facétieux et satirique, où Villon qui n’a rien parle comme un homme très riche et imagine les legs les plus comiques aux gens qu’il déteste, ne commence qu’au vers 793. Une première partie, souvent appelée les Regrets, exprime un jugement sur lui-même (il est seul, pauvre, prématurément vieilli) et sur son passé, une méditation poignante sur la vie et la mort.

Villon est de nouveau arrêté le 2 novembre 1462 pour un petit larcin. Il est alors rattrapé par l'affaire du collège de Navarre. La Faculté de Théologie fait opposition à sa remise en liberté et délègue un de ses maîtres, Laurens Poutrel, chapelain de Saint-Benoît (connaissant donc bien Guillaume de Villon) pour négocier avec le prisonnier. Celui-ci doit promettre de rembourser sa part de butin, soit 120 livres dans le délai de trois ans (documents retrouvés par Marcel Schwob[30]). Il retourne alors vraisemblablement dans sa chambre du cloître Saint-Benoît.

Cette période de liberté est de courte durée, car à la fin du même mois il est impliqué dans une rixe au cours de laquelle est blessé légèrement d’un coup de dague maître Ferrebouc, notaire pontifical, ayant participé à l'interrogatoire de Guy Tabarie (documents retrouvés par Auguste Longnon[31]). Villon et quatre compagnons remontaient la rue Saint-Jacques le soir après souper. Un de ses compagnons, clerc querelleur, voyant de la lumière à l’auvent de l’écritoire de Ferrebouc (les notaires étaient autorisés à travailler le soir malgré le règlement du couvre-feu), s’arrête à la fenêtre, se moque des scribes qui travaillent et crache dans la pièce. Les clercs sortent dans la nuit avec le notaire. Il y a mêlée. Villon semble s’être tenu à l'écart, mais il est quand même arrêté le lendemain et incarcéré au Grand Châtelet. Avec le nouveau roi, le personnel a changé : son ancien protecteur Robert d’Estouteville n’est plus là. Étant donné ses antécédents et la qualité de Ferrebouc, l'affaire est d'une extrême gravité. Démis de son statut de clerc, Villon est mis à la question de l’eau, puis condamné à être « étranglé et pendu au gibet de Paris ». La Prévôté entend bien cette fois se débarrasser de ce récidiviste. Villon fait appel devant le Parlement de Paris de la sentence qu’il considère comme une injustice, une « tricherie[32] ». Attendant dans sa geôle la décision de la Cour, il compose sans doute le célèbre Quatrain (voir plus bas étude du Quatrain) et le morceau d'anthologie qu'est la Ballade des pendus, poèmes que l'on a toujours datés de ce moment dominé davantage par la peur que par l'espoir[33] car le Parlement confirmait en général les peines de la Prévôté.

Le 5 janvier 1463, le Parlement casse le jugement rendu en première instance (Pierre Champion note que, parmi les trois personnes qui pouvaient en ce temps-là présider les assises criminelles, il y avait Henri Thiboust, chanoine de Saint-Benoît) mais « eu regard a la mauvaise vie dudit Villon » le bannit pour dix ans de la ville. Villon adresse alors au clerc du guichet du Châtelet (chargé de la tenue du registre d’écrou) la joyeuse Ballade de l’appel et au Parlement une grandiloquente Louenge et requeste à la court, son dernier texte connu, dans lequel il remercie les magistrats et demande un sursis de trois jours « pour moy pourvoir et aux miens à Dieu dire[34] ».

Villon dut quitter Paris le 8 janvier 1463. On perd alors complètement sa trace. « Le malheureux qui, par plusieurs fois, se prétend miné par la maladie, vieilli avant l’âge par les souffrances, touchait-il réellement à sa fin ? C’est bien possible, écrit Auguste Longnon[35], car on ne comprendrait pas qu’un poète de ce talent eût vécu longtemps sans produire de vers. »

Au moment de quitter ce monde, écrit Villon à la fin du Testament :

Ung traict but de vin morillon[36]
Quant de ce monde voult partir[37]

Dans leur livre Sermon joyeux et Truanderie, Jelle Koopmans et Paul Verhuyck ont étudié les liens textuels entre la Ballade de l'Appel (5 janvier 1463) et le Sermon joyeux de saint Belin (inconnu jusque là). Ce sermon joyeux, dans l'exemplaire unique de la BN, est suivi de la Ballade de l'Appel. Les deux textes se répondent parfaitement, tant et si bien que le sermon joyeux pourrait être de Villon. De toute façon, c'est avec ce sermon joyeux que commence la légende de Villon[38].

La légende Villon[modifier | modifier le code]

Le texte le plus célèbre de la légende Villon : les Repues Franches (vers 1480).
Villon devient rapidement le type populaire de l’escroc. Il est représenté ici en clerc, figure rase, cheveux courts, portant le bonnet, insigne du licencié ès arts, et la robe longue. Il tient un livre d’une main et de l’autre une banderole où se lit son nom.

Villon – comme d’autres personnages du Moyen Âge : Du Guesclin, Jeanne d'Arc – passe très vite dans la légende. Le texte le plus connu de la légende villonienne est le Recueil des Repues franches de maistre François Villon et de ses compagnons[39], où il est présenté comme un gai luron et un pique-assiette, voir ci-contre.

Certaines de ses ballades sont célèbres dès la fin du XVe siècle, mais on ne sait de lui que ce que l’on peut apprendre dans son œuvre (qu’il faut se garder de lire comme une simple et sincère confidence, le poète ayant lui-même élaboré son mythe – ou plutôt ses mythes[40]). Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour être mieux renseigné sur la vie du poète, grâce à quelques précieux documents retrouvés dans les Archives. Il reste néanmoins encore d’importantes zones d’ombre qui donnent libre cours aux imaginations. D’où, selon les époques, les différentes images constitutives de la « légende Villon ».

Villon, villonner, villonnerie[modifier | modifier le code]

Villon disparaît mystérieusement après son départ de Paris en 1463, mais il connaît une célébrité immédiate. Dès 1489 - il aurait eu 59 ans – ses œuvres sont éditées chez Pierre Levet et une vingtaine d’éditions reproduisent le texte de Levet jusqu’en 1533. À la demande de François Ier, Marot donne alors du « meilleur poète parisien qui se trouve »[réf. nécessaire] une nouvelle édition où il s’efforce de corriger les fautes des éditions précédentes. Les allusions satiriques des legs sont déjà devenues inintelligibles (« il faudrait avoir esté de son temps à Paris, et avoir connu les lieux, les choses et les hommes dont il parle », dit Marot[réf. nécessaire]) mais déjà l’imagerie populaire a transformé Villon. Elle a fait du poète le type de l’escroc par excellence, grand farceur et grand buveur, toujours habile à tromper le bourgeois pour vivre d’expédients. Il est le héros du Sermon des repues franches de maistre Françoys Villon, un petit recueil sur l’art de vivre aux dépens d’autrui, dont le succès est considérable autour des années 1500. Le poète apparaît comme un bouffon, vivant d’escroqueries journalières avec ses compagnons. Image que Villon avait paru se résigner à laisser de lui dans le Testament :

Au moins sera de moy mémoire
Telle qu’elle est d’un bon follastre[41].

Son vœu est exaucé, au-delà peut-être de ses espérances. Son nom devient si populaire qu’il entre dans la langue : on dit villonner pour duper, tromper, payer en fausse monnaie. Villon, villonner, villonnerie avec le sens de fripon, friponner, friponnerie figurent encore dans le dictionnaire[42] de Furetière (1702) et dans le dictionnaire étymologique[42] de Ménage (1694), ce dernier ouvrage précisant même que « le poëte Villon fut appellé Villon à cause de ses friponneries : car son nom étoit François Corbeuil[43]. »

Rabelais, qui connaît bien l’œuvre de Villon (il le mentionne plusieurs fois dans ses livres, cite de mémoire le Quatrain dans Pantagruel[44] ainsi que le refrain « mais où sont les neiges d’antan ? »), le considère, avec son époque, comme un fou qui dit de bons mots et joue de bonnes farces. Il nous apprend, toujours dans Pantagruel[45], que Villon, « sur ses vieulx jours », a trouvé refuge à Saint-Maixent-en-Poitou et raconte un tour sinistre joué par l’incorrigible mauvais sujet au frère Tappecoue, sacristain des Cordeliers.

Le premier « poète maudit »[modifier | modifier le code]

D’autres images viendront se superposer. Avec le XIXe siècle, Villon acquiert son statut de premier « poète maudit », mais c’est encore une « figure sans chair ». C’est à partir de 1873, grâce aux recherches initiées par Auguste Longnon et Marcel Schwob, que sont découverts les documents relatifs au meurtre de Philippe Sermoise (lettres de rémission de 1455), au vol du collège de Navarre (enquête de 1457-1458) et à la rixe Ferrebouc (arrêt du Parlement de 1463). L’accent est mis alors et jusqu’à aujourd’hui (voir le téléfilm de 2009 Je, François Villon, voleur, assassin, poète…) sur le déclassé social, le voleur, le meurtrier condamné à être pendu, le coquillard.

Villon était-il un criminel notoire, ou ne fut-il meurtrier que par accident en tuant Philippe Sermoise ? A-t-il fait partie des Coquillards ou Compagnons de la Coquille, bande de malfaiteurs qui sévit principalement en Bourgogne et en Champagne au cours des années 50 du XVe siècle ? On ne dispose d'aucune preuve attestant de son appartenance à cette association de malfaiteurs. Les a-t-il fréquentés en vagabondant sur les routes ? Il a connu au moins l'un d’entre eux, Regnier de Montigny, signalé à Dijon en 1455 comme l’un des Coquillards et qui était peut-être un ami d'enfance de Saint-Benoît. Colin de Cayeux, le complice du cambriolage du collège de Navarre que Villon appelle par calembour Colin « l'Écailler[46] », a-t-il fait partie de la Coquille ? Tous deux finirent au gibet, sans doute le gibet de Montfaucon, l’un en 1457, l’autre en 1460. Les Coquillards utilisaient entre eux un jargon révélé par leur procès à Dijon en 1455. Villon emploie le verbe jargonner dans un vers de l'une des ballades diverses dont l'une des variantes (1489) fait allusion aux pipeurs (mot recensé chez les Coquillards et renvoyant à des tricheurs, notamment au jeu de dés) :

Je congnois quand pipeur jargonne[47]

Certains termes du jargon des Coquillards sont utilisés dans six ballades dont l'intérêt est plus linguistique que littéraire et qui sont attribuées à Villon dans l’édition de Levet (1489) sous le titre Le jargon et jobellin dudit Villon. Cinq autres ballades jargonnesques ont été retrouvées au XIXe siècle dans un manuscrit de la fin du XVe siècle, mais leur attribution à Villon a été contestée. Quoi qu'il en soit de la paternité de Villon sur une partie ou sur la totalité de ces ballades, cela ne fait pas nécessairement de lui un membre de la Coquille, d'autant que, comme l'écrit Claude Thiry[48], « cet argot courait les routes comme les bandits qui les écumaient, et les errants, vivant d’expédients plus ou moins honnêtes, côtoyaient dans les tavernes les criminels endurcis ». Jean Favier est lui aussi réservé : « La langue n’est pas un argument suffisant pour rattacher le poète à la pègre organisée. » Il met l’accent sur l’aventure verbale : « Riches de deux expériences, celle de l’artien et celle du voyou, Villon s’amuse des mots comme des raisonnements[49] ». Le texte et le sens de ces ballades ont fait l'objet de nombreuses conjectures. Le linguiste Pierre Guiraud[50] a trouvé, pour celles de l'édition Levet, trois sens et trois publics superposés : selon lui, elles concerneraient tout à la fois des tromperies et agressions 1/ de Coquillards, 2/ de tricheurs aux cartes, 3/ d'homosexuels, mais il n'a pas vraiment convaincu les spécialistes de Villon et de l'argot, puisque tous les éditeurs-traducteurs des ballades en jargon depuis 1968, sauf un[51], s'en sont tenus à la première interprétation en termes de délinquance et de criminalité, conforme à la tradition depuis 1489 et renforcée par les travaux de Marcel Schwob sur les Coquillards en 1890-1892. En outre, concernant la bande des Coquillards de Dijon, il ne faut pas oublier qu'une partie a été arrêtée en 1455 au bordel de la ville dans lequel ils se donnaient rendez-vous et avaient leurs habitudes et leurs maîtresses[52].

Villon était-il un vrai bandit, ou n’était-il qu’un marginal incapable par la faiblesse de sa volonté de s’arracher au milieu qui le condamnait perpétuellement ?

Riens ne hais que perseverance[53].

Est-ce lui qui n’a pas voulu que l’on touche à la plus grande partie du trésor du collège de Navarre (interrogatoire de maître Guy Tabarie du 22 juillet 1458) ? Cherchait-il seulement des fonds pour avoir les moyens de faire une carrière de poète de cour ?

Toutes questions auxquelles on n’a aujourd’hui rien à répondre. Elles continuent à alimenter la légende de François Villon.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les refrains des Ballades de Villon deviennent vite célèbres :
Mais où sont les neiges d’antan[54]?
Tout aux tavernes et aux filles[55].
Il n’est tresor que de vivre à son aise[56].
Il n’est bon bec que de Paris[57].
En ce bordeau (bordel) où tenons nostre estat[58].
Je crye à toutes gens mercys[59].
Autant en emporte ly vens[60].
Je congnois tout, fors que moy mesmes[61].
Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre[62].
Li lesserez là, le povre Villon[63]?

Villon n'a pas tant renouvelé la forme de la poésie de son époque que la façon de traiter les thèmes poétiques hérités de la culture médiévale, qu'il connaît parfaitement, et qu'il anime de sa propre personnalité[64]. Ainsi, il prend à contre-pied l'idéal courtois, renverse les valeurs admises en célébrant les gueux promis au gibet, cède volontiers à la description burlesque ou à la paillardise, et multiplie les innovations de langage. Mais la relation étroite que Villon établit entre les événements de sa vie et sa poésie l'amène également à laisser la tristesse et le regret dominer ses vers. Le Testament (1461-1462), qui apparaît comme son chef-d'œuvre, s'inscrit dans le prolongement du Lais que l'on appelle également parfois le Petit Testament, écrit en 1456. Ce long poème de 2023 vers est marqué par l'angoisse de la mort et recourt, avec une singulière ambiguïté, à un mélange de réflexions sur le temps, de dérision amère, d'invectives et de ferveur religieuse. Ce mélange de tons contribue à rendre l'œuvre de Villon d'une sincérité pathétique qui la singularise par rapport à celle de ses prédécesseurs[65].

La Bibliothèque historique de la ville de Paris possède une collection d'environ 400 ouvrages et œuvres du poète, réunie par Rudolf Sturn, auteur d'une importante bibliographie de l'auteur.

Un poète de son temps[modifier | modifier le code]

Nonobstant l'universalité des préoccupations de Villon, il faut admettre qu'il a d'abord écrit pour son temps. Ses poèmes s'adressent tantôt aux joyeux drilles du Quartier Latin, tantôt aux princes susceptibles de le prendre sous leur protection.

D'un point de vue formel, il ne semble pas innover et reprend à son compte, puis adapte, de nombreux genres littéraires déjà anciens. Il faut cependant replacer cette remarque dans le contexte historique. Le Moyen Âge est, d'un point de vue intellectuel, une période où les codes et la symbolique sont parfois plus importants que le fond du propos. En littérature, comme dans d'autres arts, les œuvres doivent suivre ces stéréotypes qui appartiennent à la culture commune et permettent au lecteur d'appliquer une grille de lecture assez convenue.

En ce qui concerne les thèmes qu'il aborde, là encore, Villon ne fait pas montre d'une grande originalité, loin s'en faut. La mort, la vieillesse, l'injustice, l'amour impossible ou déçu et même les affres de l'emprisonnement sont parmi les sujets classiques de la littérature médiévale.

Dès lors, qu'est-ce qui différencie Villon de ses contemporains[66]  ?

Une œuvre habitée par une vie exceptionnelle[modifier | modifier le code]

En premier lieu, si les sujets abordés sont classiques, peu d'auteurs les ont vécu d'aussi près et, sans avoir toujours des parcours faciles, la plupart furent assez vite intégrés dans des cours de seigneurs à moins qu'ils ne fussent eux-mêmes des grands du royaume comme, par exemple, Charles d'Orléans (qui, retenu comme otage connut certes un long exil, mais un exil « doré »). Villon, quant à lui, a brûlé sa vie au fond des tavernes au milieu des gueux, des bandits et des prostituées. Il fut plusieurs fois emprisonné et a réellement frôlé la mort[67].

« En l'an de [son] trentïesme aage[68] », comme épuisé par cette vie d'aventure, par l'emprisonnement, par la torture et la déchéance, il compose son Testament. Cette vie dissolue transparaît donnant une profondeur et une sincérité touchante à ses textes, et ce d'autant plus que consciemment ou non, nous lisons Villon à l'aune de son histoire personnelle.

Outre l'intensité de son propos, ce qui différencie radicalement l'œuvre de Villon de toute la production poétique médiévale, c'est son caractère autobiographique revendiqué[69] (même si, nous l'avons vu, la véracité des faits est sujette à caution). Sans doute la première personne est-elle couramment utilisée par ses contemporains et prédécesseurs ; mais il s'agit d'un « je » toujours atténué, voilé, le narrateur éclipsant l'auteur. Il est très courant à l'époque que le narrateur relate un rêve au cours duquel se déroule l'action. C'est le cas par exemple dans le Roman de la Rose. Ce procédé dilue l'action et la vraie personnalité de l'auteur dans les brumes du sommeil et les délires oniriques, créant une situation « fantastique » qui tient le lecteur à distance. En revanche, lorsque Villon se sert du thème du songe à la fin du Lais, il le détourne de son utilisation classique pour mieux se rire du lecteur[70]. En effet, l'action supposée rêvée est ici l'écriture même du texte pourtant bien concret que l'on vient de lire… Il provoque ainsi une mise en abyme et un paradoxe qui, loin de relativiser le « je », insiste au contraire sur la sincérité et la parfaite conscience de Villon lors de la rédaction du Lais. De même, le « je » de Villon est puissant et très concret. Là où les autres admettent du bout des lèvres : « j'ai ouï dire que…» ou « j'ai rêvé que… », Villon se veut affirmatif : « je dis que… » et « je pense que »[71].

En somme, sans être révolutionnaire, Villon reprend à son compte la tradition littéraire, se l'approprie et la pervertit pour en faire un porte-voix de sa propre personnalité et de ses états d'âme.

Le Lais[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Lais.
Le Grant Testament (vers 1500).
L'imprimerie répand l'œuvre de François Villon.

Le Lais est une œuvre de jeunesse (1457) formée de quarante huitains d'octosyllabes, où l'on voit un Villon, joyeux et parfois potache, égrener une suite de « dons » ou de « legs » plus ou moins loufoques, mais toujours cruels et souvent drôles, à destination de ses ennemis. Ses cibles favorites sont les autorités, la police, les ecclésiastiques trop bien nourris, les bourgeois, les usuriers, en somme les cibles éternelles de la contestation étudiante et prolétaire. Il reprend dans ce texte plusieurs genres littéraires connus : au vu des circonstances (le départ pour Angers) et de l'utilisation de motifs de l'amour courtois des trouvères, ce pourrait être un congé, dans la droite ligne de la tradition arrageoise[72], où le poète galant quitte sa dame qui l'a trop fait souffrir[73]. Cependant, il est ici question de lais (de « laisser »), des dons qui font penser aux testaments littéraires, tel celui d'Eustache Deschamps qui parodia à la fin du XIVe siècle toute sorte de documents légaux[74]. Enfin, dans les dernières strophes, Villon reprend à son compte le thème fort usité du songe où l'auteur raconte une aventure qui lui est arrivée en rêve. Parodie de congé, testament satirique et songe ironique : les Lais sont tout cela successivement[75].

Le Lais est avant tout destiné à ses amis et compagnons de débauche et fourmille d'allusions et de sous-entendus aujourd'hui indéchiffrables mais qui à coup sûr devaient beaucoup faire rire ses camarades. Il semble cependant avoir eu un petit succès, car Villon y fait plusieurs fois référence dans le Testament, se plaignant de façon plaisante que l'œuvre circule sous le titre erroné de « testament » :

Sy me souvient, ad mon advis,
Que je feiz à mon partement
Certains laiz, l'an cinquante six,
Qu'aucuns, sans mon consentement,
Voulurent nommer « testament » ;
Leur plaisir fut, non pas le myen.
Mais quoy! on dit communément :
« Ung chascun n'est maistre du scien. »[76]

Le Testament[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Testament.
Titre et illustration de l'édition de Pierre Levet (1489)

Le Testament est une œuvre beaucoup moins homogène que n'est le Lais. S'il reprend l'idée de parodie d'un acte juridique, ce n'est en fait qu'une colonne vertébrale sur laquelle viennent se greffer toutes sortes de digressions sur l'injustice, la fuite du temps, la mort, la sagesse… ainsi que des poèmes autonomes souvent présentés comme des legs. On retrouve cependant la plume vive et acerbe et l'humour tantôt noir et subtil, tantôt franchement rigolard et paillard qui caractérise Villon. Peut-être l'auteur souhaite-t-il présenter ici un large spectre de ses talents afin d'attirer l'attention d'un éventuel mécène, le Testament devenant une sorte de carte de visite. Le texte s'adresse aussi à ses anciens compagnons, soit la foule de miséreux cultivés que produit à cette époque la Sorbonne.

Villon a inséré dans son Testament plusieurs ballades, dont certaines sans doute composées plus tôt. La plus célèbre est la Ballade des Dames du temps jadis (Testament, vv. 329-356; le titre est de Clément Marot) avec le fameux vers-refrain Mais où sont les neiges d’antan? Villon y énumère plusieurs dames, historiques, mythologiques ou contemporaines, et se demande où se trouvent ces personnes mortes. Il associe ainsi deux motifs traditionnels, l’ubi sunt[77] et le tempus fugit[78], topos déjà exploités dans les huitains précédents (Testament, vv. 281-328). Cette ballade a été abondamment commentée[79]. Mais la clef poétique est dans le pluriel, les neiges; car Villon a été le premier à employer le mot au pluriel dans le cadre d’une plainte sur le temps qui passe.

En 1989, Paul Verhuyck a montré, avec force arguments historiques à l’appui, que Villon a décrit des statues de neige, des sculptures de glace[80]. La tradition médiévale des fêtes de neige est amplement attestée, avant et après Villon, avec p.ex. une danse macabre, Jeanne d'Arc, des figures mythologiques, une sirène, Roland, Rainouart, Flora ! Ainsi, le mystère poétique du motif d’ubi sunt réside dans une double mort : Villon ne se demande pas seulement où sont les dames mortes, mais aussi où sont leurs figures de neige, les neiges d’antan. Le mot d’antan avait au XVe siècle encore son sens étymologique : ante annum = l’année passée. Comme la Ballade des dames du temps jadis forme un triptyque avec La Ballade des seigneurs du temps jadis et la Ballade en vieil langage Françoys (Testament, vv. 357-412), on peut même se demander si la fête de neige ne se prolonge pas dans ces deux dernières ballades. Si Villon a décrit des sculptures de neige, il a dû s’inspirer d’un hiver particulièrement froid. Or, l’histoire du climat nous apprend que l’hiver de 1457-1458 (n.st.) fut exceptionnellement sévère. Étant donné le sens étymologique d’antan, Villon a écrit cette ballade des dames un an plus tard, en 1458 (1458-1459 n.st.), donc à une époque où il fut absent de Paris. Quoique son Testament, ayant été écrit vraisemblablement en plusieurs fois, sa forme définitive semble dater de 1461, après l'été et sa libération de Meung-sur-Loire.

Le Testament passe pour être le chef-d'œuvre de Villon et l'un des plus beaux textes littéraires du Moyen Âge tardif[81].

La Ballade des pendus[modifier | modifier le code]

La Ballade des pendus, édition Treperel, Paris, 1500.
Article détaillé : Ballade des pendus.

La ballade dite Ballade des pendus, parfois improprement appelée Épitaphe Villon, est le poème le plus connu de François Villon, et l'un des plus célèbres poèmes de la langue française. On s'accorde en général pour penser que cette ballade fut composée par Villon alors qu'il était emprisonné à la suite de l'affaire Ferrebouc, mais le fait n'est pas absolument établi[33]. Le poème présente une originalité profonde dans son énonciation : ce sont les morts qui s'adressent aux vivants, dans un appel à la compassion et à la charité chrétienne, rehaussé par le macabre de la description. Cet effet de surprise est cependant désamorcé par le titre moderne[82]. Le premier vers « Freres humains, qui après nous vivez », conserve de ce fait encore aujourd'hui un fort pouvoir d'évocation et d'émotion : la voix des pendus imaginée par Villon transcende la barrière du temps et de la mort[83].

Dans ce poème, François Villon, qui rit d'être condamné à la pendaison, s'adresse à la postérité pour solliciter la pitié des passants et émettre des souhaits - solliciter notre indulgence et notre pardon - décrire leurs conditions de vie - adresser une prière à Jésus. Au second degré, on peut percevoir dans cette ballade un appel de l'auteur à la pitié du roi, si elle a bien été écrite en prison.

Les différents types de personnages

  • Les personnages divins :
    • « Dieu » (vers 4, 10, 20, 30, 35) : pour implorer la pitié ;
    • « Prince Jésus » (vers 31) et « fils de la Vierge Marie » (vers 16) : il a le pouvoir de maîtriser les hommes ;
  • Les hommes : « frères humains » (vers 1), « ses frères » (vers 11) et « hommes » (vers 34) : ils ont des défauts et Villon veut que ceux-ci prient pour le pardon des pendus en arguant qu'ils ne sont eux-mêmes pas exempts de défauts, et que s'ils prient pour eux, « Dieu en aura plus tost de vous mercis » (ils seront donc ainsi pardonnés pour leurs propres péchés.
  • Les condamnés : Villon veut montrer aux hommes que les condamnés à mort souffrent (vers 5 à 9 et 21 à 29).

Différents champs lexicaux

  • Le champ lexical de la mort charnelle : « pieça, dévorée et pourrie » (vers 7), « débuez et lavés » (vers 21), « desséchés et noircis » (vers 22), « cavés » (vers 23), « arrache » (vers 24), « charrie » (vers 27). Il montre que les condamnés souffrent.
  • Le champ lexical du corps : « chair » (vers 6), « os » (vers 8), « yeux » (vers 23), « barbe » (vers 24). Il provoque, en association avec la description des supplices des pendus une réaction de dégoût propre à susciter la pitié.
  • Le champ lexical des choses qui font leur malheur : « infernale foudre » (vers 18), « pluie » (vers 21), « soleil » (vers 22), « pies, corbeaux » (vers 23), « vent » (vers 26).

La structure de l'œuvre Ce poème suit les règles de la ballade classique, les strophes ont donc autant de vers que ceux-ci ont de syllabes (soit des strophes de dix vers en décasyllabe). Les rimes sont croisées, cela ne fait toutefois pas partie des règles de la ballade. Chaque strophe se termine par un refrain ( « Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre ! »). La dernière strophe enfin est un envoi de seulement cinq vers, normalement adressé à un haut dignitaire (organisateur du concours, mécène de l'artiste…) il est ici adressé directement au « Prince Jhesus » (vers 31).

Versification : étude du Quatrain[modifier | modifier le code]

Ce petit poème, sans doute écrit alors que, fatigué de vivre et fataliste, Villon n'a pas encore interjeté appel et attend son exécution par pendaison[84], renferme en quatre octosyllabes la quintessence de l'art de Villon, son désarroi et sa haine farouche de la fuite du temps et de la mort, ainsi que son humour et sa vivacité d'esprit, toujours présents[85].

Tout d'abord, voici le quatrain dont il est question, ainsi que sa transcription en français moderne :

Je suis François, dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col que mon cul poise

« Je suis François et cela me pèse
Né à Paris près de Pontoise
Et de la corde d'une toise
Mon cou saura ce que mon cul pèse[86] »

Vers 1
Le quatrain débute par un jeu de mots sur son prénom, « François », qui signifie aussi « Français » : ce double sens est présenté par Villon comme un double coup du sort. Dans un cas, ce qui lui pèse et l'accable (« me poise »), c'est tout simplement d'être lui-même, d'avoir connu cette vie d'errance et de misère. Il a vécu comme un miséreux, il se prépare à mourir comme tel. L'autre fardeau, c'est sa nationalité. Et pour cause, Robin Daugis, pourtant bien plus impliqué que lui dans l'affaire Ferrebouc, a bénéficié en tant que savoyard d'une justice moins expéditive. Il attend d'ailleurs en vain son procès, jusqu'en novembre où il est gracié à l'occasion de la venue à Paris du Duc de Savoie.
Vers 2 
Inversion de l'ordre hiérarchique entre les villes : Pontoise qui semble prendre le pas sur Paris, n'est pas choisie au hasard ou pour la rime. Le prévôt de Paris qui fait condamner Villon est Jacques de Villiers, seigneur de L'Isle-Adam, près Pontoise… Cette ville est en outre réputée pour sa langue châtiée ; le contraste avec le dernier vers n'en est que plus plaisant… Jean Dufournet remarque aussi qu'elle dépend pour les affaires de justice de la prévôté de Paris. Amère conclusion : quel que soit l'ordre d'importance des cités, Villon est pris au piège et ne peut échapper au prévôt et à ses décisions.
Vers 3 et 4 
S'ils sont explicites et ne renferment apparemment pas de sens caché, ils sont du point de vue de la versification admirables. Il y a tout d'abord l'allitération de « mon col » et « mon cul » symétriques par rapport à « que ». Ensuite, on remarque une assonance à la césure entre « corde » et « col ». Le tout provoque une accélération du rythme qui nous entraîne des deux premiers vers au niveau de langue châtié et au contenu presque administratif (Villon déclinant son identité) aux deux suivants qui dévoilent la plaisanterie et utilisent un langage populaire voire argotique (« la corde d'une toise » correspondant au gibet) pour arriver en apothéose à la vulgarité du mot « cul » repoussé à l'extrême limite du quatrain.

Influence[modifier | modifier le code]

La Danse macabre[87], grand thème du XVe siècle, symbole de l'égalité devant la mort, est au mur du cimetière des Innocents dès 1425.

Je connais que pauvres et riches
Sages et fols, prêtres et lais,
Nobles, vilains, larges et chiches…
Mort saisit sans exception[88].

« La Danse macabre de Villon, c'est le Testament tout entier. » (Jean Favier[89])

Villon est imprimé pour la première fois en 1489, édition qui est suivie par plusieurs autres. La dernière édition quasi contemporaine est celle que Clément Marot donna en 1533[90]. À cette époque la légende villonienne est déjà bien établie. Elle s'estompe vers la fin de la Renaissance, de façon que Boileau, qui mentionne Villon dans son Art poétique, ne semble le connaître que par ouï-dire. C'est au XVIIIe siècle seulement que l'on commence à s'intéresser de nouveau au poète. Il est redécouvert à l'époque romantique, où il acquiert son statut de premier « poète maudit ». Dès lors, sa notoriété ne faiblit plus. Il inspira notamment les poètes de l'expressionnisme allemand et fut traduit dans de nombreuses langues (allemand, anglais, russe, espéranto, espagnol, japonais, tchèque, hongrois…), ce qui lui conféra une réputation mondiale, tant ses préoccupations sont universelles et transcendent les barrières du temps et des cultures.

En littérature[modifier | modifier le code]

  • François Villon devient le héros du recueil des Repues franches[91], texte qui raconte des tours, souvent obscènes, joués à des notables par Villon et ses compagnons, et qui a contribué à enrichir la « légende Villon ».
  • François Rabelais fait de Villon un personnage à part entière de ses romans Pantagruel et Gargantua, où il le dépeint comme un comédien et imagine sa vie d'après 1462.
  • S'il n'est pas ou guère connu des premiers Romantiques, tels Chateaubriand ou Nodier, il a inspiré, à partir d'environ 1830, tous les auteurs de ce courant. Cependant, certains revendiquèrent particulièrement son influence. C'est notamment le cas de Victor Hugo, Théophile Gautier, Théodore de Banville (qui pasticha Villon en lui rendant hommage dans la Ballade de Banville, à son maître), et à sa suite Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, bien sûr Gérard de Nerval, Jean Richepin et sa Chanson des gueux, Marcel Schwob et beaucoup d'autres.
  • Robert Louis Stevenson a fait de François Villon le héros d'une de ses nouvelles (A lodging for the night - A Story of Francis Villon).
  • Francis Carco a écrit une biographie romancée de Villon : Le Roman de François Villon, en 1926, et son ami Pierre Mac Orlan le scénario d'un film d'André Zwoboda intitulé François Villon (1945), dans lequel sont racontés les derniers jours de la vie du poète, tels que les imaginait Mac Orlan.
  • Tristan Tzara a voulu voir dans le Testament une œuvre codée fondée entièrement sur des anagrammes.
  • Leo Perutz, dans Le Judas de Léonard, s'inspira de François Villon pour l'un de ses personnages, Mancino : celui-là n'est pas mort, mais, amnésique, vit à Milan au temps de Léonard de Vinci.
  • Lucius Shepard a écrit une nouvelle intitulée Le Dernier Testament dans Aztechs. Le personnage principal y est frappé par la malédiction de Villon.
  • Jean Teulé se met dans la peau de Villon dans son roman Je, François Villon.
  • Gerald Messadié a écrit une trilogie de roman intitulé Jeanne de L'Estoille (La rose et le lys, Le jugement des loups, La fleur d'Amérique). Le personnage principal, Jeanne, rencontre le personnage romancé de François Villon. Cette relation commencera par le viol de Jeanne, s'ensuivra la naissance d'un enfant (François) puis des rencontres, tout au long des trois tomes, mêlées de sentiments contradictoires pour Jeanne. Le roman retrace bien toute la vie (romancée bien sur) de François Villon, et le climat de l'époque (coquillard, guerre, épidémie)
  • Osamu Dazai, écrivain japonais du XXe siècle, a écrit un roman intitulé La Femme de Villon.
  • Ossip Mandelstam, grand lecteur de Villon, a beaucoup médité sur l'œuvre du poète. Ses livres révèlent de nombreux poèmes et traces.
  • Boulat Okoudjava(surnommé le « Brassens soviétique »), auteur et compositeur russe, lui a dédié une chanson (La Prière de François Villon), où le poète demande à Dieu d'aider les autres (les pleutres, les pauvres, etc.) et de ne pas l'oublier.
  • Valentyn Sokolovsky. La Nuit dans la ville des cerises ou En attendant François – de la vie de François Villon en forme de souvenirs d’une personne qui connaît le poète et dont le nom on peut trouver dans les lignes du Grand Testament (en russe, 112 p., Kiev, Ukraine, 2013).
  • Il est un personnage secondaire mais important (agé d'environ 400 ans) du roman fantastique "Le Poids de son regard" de Tim Powers.

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

En chanson et en musique[modifier | modifier le code]

Fresque de l'église Sant' Anastasia à Vérone

La pluie nous a débués et lavés
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés
Et arraché la barbe et les sourcils.

À travers Paris[modifier | modifier le code]

Le Paris de Villon

Enfermée dans des murs délimitant un espace qui correspond aux six premiers arrondissements actuels, Paris est alors peuplée de plus de 100 000 habitants. Cité universitaire par excellence, avec la Sorbonne, elle abrite sur sa rive gauche près d’une centaine de collèges et accueille quelque cinq mille étudiants.

La fontaine Maubuée

Chantée par Villon, dans son Testament, cette fontaine existe toujours, au 129 de la rue Saint-Martin, à l’angle de la rue de Venise. Juste en face du Centre Georges-Pompidou, l'on peut y observer son tuyau de plomb et sa pierre décorée d’épis et de cornes d’abondance.

Autres[modifier | modifier le code]

  • En 1887, Rodin sculpte la Belle Heaulmière inspirée du personnage créé par Villon.

« […] C'est d'umaine beaulté l'yssue !
Les bras cours et les mains contraites,
Les espaulles toutes bossues ;
Mamelles, quoy ! toutes retraites ;
Telles les hanches que les tetes.
Du sadinet, fy ! Quant des cuisses,
Cuisses ne sont plus, mais cuissetes,
Grivelées comme saulcisses.


Ainsi le bon temps regretons
Entre nous, povres vielles sotes,
Assises bas, à crouppetons,
Tout en ung tas comme pelotes,
A petit feu de chenevotes
Tost allumées, tost estaintes ;
Et jadis fusmes si mignotes !…
Ainsi emprent à mains et maintes. »
(Extrait des « Regrets de la Belle Heaulmière », Le Testament[95])

  • En 1946, un timbre Français représentant François Villon a été édité, et qui indiquait 1489 comme date de décès[96].
  • Dans le jeu de rôle Vampire, des éditions White Wolf Publishing, le prince (dirigeant des vampires) de Paris est François Villon.

Prononciation[modifier | modifier le code]

En français moderne, Villon se prononce [vijɔ̃][97] comme « pavillon ». La preuve en est apportée par le jeu des rimes comme dans la Ballade finale du Grand Testament, où le poète fait rimer son nom avec « carillon » ou « vermillon »[98]. La prononciation à Paris, au XVe siècle, était différente, tout comme pour le prénom, mais il ne viendrait à l'idée de personne de ne pas prononcer aujourd'hui François [fʀɑ̃swa]. Il faut donc dire [vijɔ̃] » pour Villon[99] pour rester cohérent.

« Et nous dirions Vilon comme tout le monde, si François Villon ne s’était prémuni contre notre ignorance en faisant rimer son nom avec couillon » (Louis Aragon).

Sources historiques[modifier | modifier le code]

Aucune de ces sources ne contient l'intégrale des poèmes maintenant attribués à Villon. De plus, les documents diffèrent légèrement sur certains vers, ce qui obligea les éditeurs depuis la première édition critique de Clément Marot à un long travail de compilation, de comparaison et d'attribution des poésies encore en cours de nos jours. Clément Marot écrivait déjà, dans le prologue de son édition de 1533 :

« Entre tous les bons livres imprimés de la langue français, il ne s'en voit un si incorrect ni si lourdement corrompu que celui de Villon. Et m'ébahis, vu que c'est le meilleur poète parisien qui se trouve, comment les imprimeurs de Paris et les enfants de la ville n'en ont eu plus grand soin[100] »

Manuscrits[modifier | modifier le code]

  • Paris, Bibliothèque nationale, ms. fr. 25458, manuscrit de Charles d'Orléans, autographe (1458) : Ballade des contradictions, Ballade franco-latine.
  • Paris, Bibliothèque nationale, ms. fr. 1661, après 1464 : version incomplète du Lais.
  • Paris, Bibliothèque nationale, ms. fr. 20041, dit « manuscrit Coislin » du nom d'un ancien propriétaire, après 1464 : Versions incomplètes du Lais et du Testament, quatre poésies diverses.
  • Paris, Bibliothèque de l'Arsenal, ms. fr. 3523, fin du XVe siècle : versions incomplètes du Lais et du Testament, La Ballade de Fortune.
  • Berlin, Bibliothèque nationale, Cabinet des estampes, ms. 78 B 17, dit « Chansonnier de Rohan », vers 1475 : trois poèmes du Testament et deux poésies diverses.
  • Stockholm, Bibliothèque royale, ms. V.u.22, dit « manuscrit Fauchet » du nom d'un ancien propriétaire, après 1477 : Ce recueil de textes de différents auteurs (dont Villon) comprend des versions incomplètes du Lais et du Testament, huit des poésies diverses du poète (dont trois sans son nom, parmi des ballades de divers auteurs non nommés) et, dans un ensemble séparé par des pages blanches, cinq ballades en jargon anonymes, différentes de celles de l'imprimé Levet de 1489.

Imprimés[modifier | modifier le code]

  • François Villon, Le Grant Testament Villon et le petit. Son codicille. Le iargon et ses ballades, Pierre Levet, Paris, 1489, présumé être l'édition princeps : version incomplète du Testament, puis huit poésies diverses (dont sept communes avec manuscrit Fauchet, mais données dans un ordre très différent), puis six ballades en jargon réunies sous le titre Le jargon et jobellin dudit Villon, puis version incomplète du Lais;
  • Anthologie, Le Jardin de Plaisance et Fleur de rethoricque, Antoine Vérard, Paris, 1501 : Ballades du Testament et six poésies diverses.

Œuvres et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste chronologique des œuvres de Villon[modifier | modifier le code]

Cette liste se veut exhaustive. Cependant, elle est régulièrement mise en doute, l'attribution de tel ou tel poème étant contestée, ou a contrario elle se voit parfois enrichie de « nouvelles » œuvres… Néanmoins, elle semble acceptée en l'état par la plupart des spécialistes de Villon.

Les œuvres sont ici présentées et datées selon la chronologie établie par Gert Pinkernell. Certaines ne sont pas datées précisément, et celles incluses par Villon dans le Testament sont ici placées après ce dernier, même si elles peuvent être antérieures. Les titres, sauf pour les deux séries distinctes du jargon, sont ceux retenus dans les Poésies complètes, éditées et commentées par Claude Thiry au Livre de poche.

Les éditions modernes de Villon[modifier | modifier le code]

Villon passe pour un auteur ardu, et ce à plusieurs titres. La barrière de la langue tout d’abord : le moyen français n’est pas aisé à appréhender pour le lecteur moderne, à la fois sur le plan syntaxique et lexical. Notons cependant que les règles de grammaire ont déjà commencé à se stabiliser au XVe siècle excluant progressivement les reliquats les plus déroutants de la langue romane, notamment les déclinaisons. Face à cette difficulté, les éditeurs choisissent tantôt de faire figurer à côté du texte original une transcription en français moderne, tantôt d’annoter le texte original, cette dernière solution présentant l'intérêt de contraindre le lecteur à s’immerger dans la langue riche et poétique de Villon.

La seconde difficulté réside dans la mise en contexte : personnages et situations évoqués étant souvent inconnus du lecteur moderne, la qualité des notices sera déterminante même si les spécialistes de Villon n'ont pas percé tous ses mystères. On ne peut, en l’état actuel des connaissances, que s’y résoudre, et admettre que de rares aspects de l’œuvre nous échappent encore ; ces lacunes n'empêchent heureusement pas d'apprécier la drôlerie et l'inventivité de la langue de Villon[103].

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Les éditions actuelles de référence sont celles de J. Rychner et A. Henry, qui s'appuient d'abord en grande partie sur le manuscrit Coislin :

  • Le Testament Villon, I, texte, II, commentaire, Genève, Droz, 1974.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le Lais villon et les poèmes variés, I, texte, II, commentaire, Genève, Droz, 1977.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Index des mots. Index des noms propres. Index analytique., Genève, Droz, 1985.Document utilisé pour la rédaction de l’article

Signalons aussi :

  • Ballades en jargon (y compris celles du ms de Stockholm), éd. bilingue par André Lanly, Paris, Champion, 1971.
  • Poésies complètes, éd. présentée, établie et annotée par Pierre Michel, comprenant les préfaces de Clément Marot et de Théophile Gautier, Le Livre de poche, collection « Le Livre de poche classique », 1972 (ISBN 2253016705). Édition très complète, excellente par ses notes philologiques autant que par ses notes explicatives, auxquelles sont réservées toutes les pages impaires du livre.
  • Poésies complètes, éd. par Claude Thiry, Le Livre de poche, collection « Lettres gothiques », 1991(ISBN 2253057029). Cette édition prend pour base l'édition Rychner-Henry, en intégrant les apports de Gert Pinkernell. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Poésies, éd. bilingue par Jean Dufournet, GF Flammarion, 1992.
  • Ballades en argot homosexuel, éd. bilingue par Thierry Martin, Mille et une nuits, 1998 et 2001. Édition réagencée des deux séries du jargon, avec interprétation et glossaire très orientés qui rompent avec l'interprétation généralement retenue par les autres éditeurs.
  • Lais, Testament, Poésies diverses, éd. bilingue par Jean-Claude Mühlethaler, avec Ballades en jargon, éd. bilingue par Éric Hicks, Champion, 2004.
  • Poèmes homosexuels, éd. bilingue par Thierry Martin, Question de Genre/GKC, 2000 et 2007.
    Édition critique bilingue des textes en jobelin, l'auteur donnant à ce mot une acception inconnue des lexicographes du moyen français et qui ne se trouve pas à l'article JOBELIN du Dictionnaire du moyen français 2010 consultable sur le site ATILF du CNRS.
  • Œuvres complètes, éd. bilingue par Claude Pinganaud, Paris, Arléa, 2010 pour la mise en français moderne et la préface.

Études[modifier | modifier le code]

  • André Burger, Lexique complet de la langue de Villon, Droz, Genève, 1974
  • Aubrey Burl, Danse Macabre, François Villon, Poetry & Murder in Medieval France, Sutton Publishing, 2000
  • Pierre Champion, François Villon. Sa vie et son temps, Champion, Paris, 1913 (réimpr. 1984)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, publié par Jean Dérens, Jean Dufournet et Michael J. Freeman, Villon hier et aujourd’hui. Actes du Colloque pour le cinq-centième anniversaire de l’impression du Testament de Villon, Bibliothèque historique de la ville de Paris, Paris, 1993
  • Collectif, publié par Michael Freeman & Jane H.M. Taylor, Villon at Oxford, The Drama of the Text, Proceedings of the Conference Held at St. Hilda's College Oxford March 1996, Amsterdam - Atlanta, Rodopi, 1999
  • Jean Deroy, François Villon, Coquillard et Auteur dramatique, Paris, Nizet, 1977
  • Jean Dufournet
    • Recherches sur le Testament de François Villon, Paris, 1971-1973, 2 vol.
    • Nouvelles recherches sur Villon., Paris, 1980.
    • Dernières recherches sur Villon., Paris, 2008.
  • Jean Favier, François Villon, Fayard, Paris, 1982
  • Michael J. Freeman, François Villon in his works: the villain's tale, Amsterdam - Atlanta, Rodopi, 2000
  • Pierre Guiraud, Le Jargon de Villon ou le Gai Savoir de la Coquille, Paris, Gallimard, 1968
  • Pierre Guiraud, Le Testament de Villon ou le Gai Savoir de la Basoche, Paris, Gallimard, 1970
  • Jelle Koopmans & Paul Verhuyck, Sermon joyeux et Truanderie (Villon - Nemo - Ulespiègle), Amsterdam, Rodopi, 1987: première partie François Villon et le Sermon de Saint Belin, p. 9-85.
  • David Kuhn, La poétique de François Villon, Paris, Armand Colin, 1967; rééd. sous le nom de David Mus, éd. Champ Vallon, 1992
  • Gert Pinkernell
    • François Villon et Charles d'Orléans, d’après les Poésies diverses de Villon, Universitätsverlag C. Winter, Heidelberg, 1992 Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • François Villon : biographie critique et autres études, Universitätsverlag C. Winter, Heidelberg, 2002
  • Italo Siciliano, François Villon et les thèmes poétiques du Moyen Âge, Paris, Colin, 1934
  • Italo Siciliano, Mésaventures posthumes de maître Françoys Villon, Paris, Picard, 1973
  • Florence Richter, Ces fabuleux voyous. Crimes et procès de Villon, Sade, Verlaine, Genet, Paris, Éditions Hermann, 2010 (avec une préface de François Ost)
  • José Thery, Le Procès de François Villon, discours prononcé par M. José Théry avocat à la cour d'appel., Paris, Alcan-Lévy, imprimeur de l'ordre des avocats, 1899
  • Paul Verhuyck, “Villon et les neiges d’antan”, dans Villon hier et aujourd’hui. Actes du Colloque pour le cinq-centième anniversaire de l’impression du Testament de Villon, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 15-17 décembre 1989, éd. Jean Dérens, Jean Dufournet et Michael Freeman, Paris: Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 1993, p. 177-189.

Romans biographiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre d'Alheim, La Passion de maître François Villon, 2 vol., Paris, éditions G. Crès et Cie, 1924
  • Francis Carco, Le Roman de François Villon, Paris, Albin Michel, 1926
  • Justin Huntly McCarthy (en), If I were King, 1902; traduction française d'Hélène Caron, La Curieuse Aventure de maître François Villon, sire de Montcorbier, Paris, éditions Georges-Anquetil, 1926
  • Charles Kunstler, Les Amours de François Villon, Paris, La Nouvelle Société d'édition, 1934
  • John Erskine, The Brief Hour of François Villon, Indianapolis, Bobbs Merrill, 1937
  • Dr P.M. Maas, François Villon, Dief, Roover, Moordenaar en Dichter, Utrecht, Spectrum, 1946 (rééd. 1961)
  • Jean Teulé, Je, François Villon, Paris, Julliard, 2006
  • Raphaël Jérusalmy, La Confrérie des chasseurs de livres, Arles, Actes Sud, 2013

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Madeleine Lazard, Clément Marot éditeur et lecteur de Villon, Cahiers de l'Association internationale des études françaises, 1980, no 32, p. 7-20.
  2. Auguste Longnon Étude biographique sur François Villon : d'après les documents inédits conservés aux Archives nationales
  3. Abbé Reure Simple conjecture sur les origines paternelles de François Villon
  4. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1876_num_37_1_446720
  5. Pierre Champion, François Villon, Librairie Honoré Champion, Paris, 1984, p. 13.
  6. Le Lais, v. 276-277.
  7. Le Testament, v. 893-894, Ballade que Villon feit a la requeste de sa mère pour prier Nostre Dame.
  8. Au XVe siècle, Saint-Benoît était desservie par un curé, par six chanoines nommés par le chapitre de Notre-Dame et par douze chapelains élus par le chapitre de Saint-Benoît (Pierre Champion, François Villon, Librairie Champion, 1984, t. 1, p. 12).
  9. Le Testament, v. 851-852.
  10. Degeté m'a de maint bouillon (Testament v. 853).
  11. Bibl. de l’Université, Registre de la Nation de France, ms. no 1, fol. 155. Cf. A. Longnon, Étude biographique sur Villon, p. 12-13, Gallica.
  12. Jean Favier, François Villon, Fayard, 1982, chapitre VII, p. 143-145.
  13. Le Testament, huitain XXVI, vers 201-208. Le texte cité est celui établi par Claude Thiry, p. 107.
  14. Testament, v. 227-228.
  15. Pierre Champion a étudié les premières relations de François Villon à partir des Lais écrits par le poète à 25 ans (P. Champion, François Villon, Librairie Champion, 1984, tome I, chap. VII).
  16. Lais, v. 1-2 et 9-13.
  17. Auguste Longnon, François Villon, Paris, Henri Menu Libraire, 1877, Annexe X, Interrogatoire de maître Guy Tabarie par devant l’official de Paris (22 juillet 1458), p. 169. Consultable sur Gallica.
  18. Cité par André Lanly dans son introduction aux Œuvres de Villon, Librairie Honoré Champion, 1969, p. XX.
  19. Auguste Longnon, François Villon, Paris, Henri Menu libraire, 1877, annexe X, interrogatoire de maître Guy Tabarie par devant l’official de Paris (22 juillet 1458) p. 168. Consultable sur Gallica.
  20. Item, à maistre Andry Courault
    Les Contreditz Franc Gontier mande ;
    Quant du tirant seant en haut
    A cestuy là riens ne demande.

    Andry Courault était le chargé d’affaires du roi René à Paris. Le « tirant seant en haut » serait le roi René lui-même.

  21. Manuscrit personnel de Charles d'Orléans, Paris, Bibliothèque nationale, ms. fr. 25458. Ce manuscrit a été reproduit en fac-similé par Pierre Champion, dans Le manuscrit autographe des poésies de Charles d'Orléans, Genève, Slatkine, 1975.
  22. http://www.bude-orleans.org/lespages/44centr/45/meung_chateau.html
  23. Gert Pinkernell, « La ballade franco-latine Parfont conseil eximium: une satire peu connue de Villon contre Fredet, favori de Charles d'Orléans », Zeitschrift für romanische Philologie, 1987, 103, p. 300-318.
  24. Testament, v. 13-14.
  25. Testament, v. 1984 et suivants.
  26. Le Lais Villon et les Poèmes variés, édités par Jean Rychner et Albert Henry, II. Commentaire, p. 80-81.
  27. Jean Favier, François Villon, Fayard, 1982, ch. XVIII, p. 430-431.
  28. La date d'écriture de ces deux ballades reste très incertaine, voir Rychner-Henry, Le Lais villon et les Poèmes Variés, II. Commentaire, p. 99-100 et p. 104-105.
  29. 'Testament', v. 1-3.
  30. Publiés par Pierre Champion, François Villon Sa vie et son temps, Paris, Librairie Champion, 1913, T. 2, p. 289.
  31. A. Longnon, Œuvres complètes de Villon, 1892, p. LXXI-LXXII.
  32. On me jugea par tricherie (v. 15 de la Ballade de l’appel).
  33. a et b Jean Favier, François Villon, Fayard, 1982, chapitre XXI, p. 487-497.
  34. Louenge et Requeste a la Court, v. 32, p. 317.
  35. A. Longnon, Étude biographique sur Villon, p. 92, Gallica.
  36. vin lourd, fait à partir d’une variété de raisin noir qui, dans sa forme améliorée, deviendra le pinot (Villon, Poésies complètes, Lettres gothiques, 1991, note de Claude Thiry).
  37. Testament, trois derniers vers.
  38. Jelle Koopmans & Paul Verhuyck, Sermon joyeux et Truanderie, Villon-Nemo-Ulespiègle, Amsterdam, Rodopi, 1987, 255 pp.: première partie François Villon et le sermon joyeux de saint Belin, p. 9-85 et (notes) p. 199-209. Le texte de François Villon et le sermon joyeux de saint Belin, très légèrement modifié en 2004 et en 2009, se trouve aussi sur le site www.paulverhuyck.com, sous le bouton “Verhuyck et Villon” (sub 1).
  39. éd. Paul Verhuyck & Jelle Koopmans, Le Recueil des Repues franches de maistre François Villon et de ses compagnons, Genève : Droz, 1995, 205 pp. [Collection TLF, no 455]. Les éditeurs datent le Recueil des Repues franches de 1480, soit quinze années avant 1495, date proposée jadis par Pierre Champion 1913
  40. Villon, Lettres gothiques, 1991, introduction de Claude Thiry, p. 6.
  41. Testament, v. 1882-1883
  42. a et b Consultable sur Gallica.
  43. Dictionnaire étymologique de Ménage, Paris, 1694, disponible sur Gallica.
  44. Pantagruel, I, IV, ch. 67.
  45. Pantagruel, l. IV, ch. 13.
  46. Jargon et jobelin dudit Villon, ballade II, vers 4.
  47. Ballade des menus propos, v. 13.
  48. Voir son introduction dans Villon, Lettres gothiques, p. 35-37.
  49. François Villon de Jean Favier, chapitre XV, p. 343-349.
  50. Le Jargon de Villon ou le gai savoir de la Coquille. Gallimard, 1968.
  51. L'interprétation en termes de duperie et d'agression homosexuelle a été reprise récemment, atténuée en jeux de sodomie, par Thierry Martin dans Villon : Ballades en argot homosexuel (Mille et une nuits, 1998), sans démonstration probante.
    Sur l'homosexualité présumée de Villon, voir notamment :
    Jean Dufournet : Nouvelles recherches sur Villon. Champion, 1980, p. 245 (allusion très prudente).
    Yvan G. Lepage : François Villon et l’homosexualité. Le Moyen Âge, t. XCII no 1, 1986.
    Gert Pinkernell : Villon und Ythier Marchant. Zeitschrift für romanische Philologie, t. 103, 1987.
    Christine Martineau-Génieys : L’Homosexualité dans le Lais et le Testament de François Villon. In Conformité et déviances au Moyen Âge. Les Cahiers du C.R.I.S.I.M.A., no 2. Montpellier, Université Paul-Valéry, 1995.
    Thierry Martin: Villon : Poèmes homosexuels. GKC, 2000.
    Didier Godard : Deux hommes sur un cheval : l’Homosexualité masculine au Moyen Âge. H&O, 2003.
    La Vie des Français au temps de Jeanne d’Arc. (Ouvrage collectif.) Larousse, 2003.
    Pierre de Bonneville : Villon et Céline. Le Bulletin célinien, no 333, septembre 2011.
  52. D. Delaplace : Le jargon des Coquillars à Dijon au milieu du XVe siècle selon Marcel Schwob (1892), Classiques Garnier, Paris, 2011
  53. Testament, v. 104.
  54. Ballade des dames du temps jadis.
  55. Ballade de bonne doctrine.
  56. Les Contredits de Franc Gontier
  57. Ballade des femmes de Paris
  58. Ballade de la Grosse Margot.
  59. Ballade de merci.
  60. Ballade en vieux langage françois.
  61. Ballade des menus propos.
  62. Ballade des pendus.
  63. Épître à ses amis.
  64. Voir Italo Siciliano : François Villon et les thèmes poétiques du Moyen Âge, Paris, Colin, 1934
  65. Voir l'introduction de Claude Thiry à l'édition du Livre de poche, p. 37-42.
  66. Écouter document sonore de France Culture enregistré par Henri Van Lier intitulé Villon Le refuge de la diction dans Une histoire langagière de la littérature.
  67. Introduction de Claude Thiry, p. 39-40
  68. Testament, vers 1.
  69. Pinkernell : « Reflétant presque tous des moments précaires d’une existence mouvementée, ses textes ont un air très personnel, susceptible d’émouvoir encore le lecteur d’aujourd’hui. C’est à juste titre que V. passe pour l’un des meilleurs poètes du Moyen Âge européen. » Gert Pinkernell
  70. Burger.
  71. Introduction de Claude Thiry à l'édition du Livre de poche, p. 41-42
  72. Voir les œuvres de Jean Bodel, Baude Fastoul, Adam de la Halle.
  73. Voir aussi La Confession et Testament de l'Amant trespassé de deuil, de Pierre de Hauteville.
  74. Eustache Deschamps, Testament par esbatement.
  75. Introduction de Claude Thiry à l'édition du Livre de poche, p. 13-17.
  76. Testament, huitain LXXV, p. 151.
  77. Ubi sunt qui ante nos in terra fuerunt? = où sont ceux qui ont vécu sur terre avant nous?
  78. Le temps qui s’enfuit
  79. p.ex. L. Spitzer, « Étude ahistorique d’un texte: ballade des dames du temps jadis », Modern Language Quarterly 1 (1940) p. 7-22 ; et, bien entendu, tous les éditeurs cités ci-dessus
  80. Paul Verhuyck, « Villon et les neiges d’antan », dans Villon hier et aujourd'hui. Actes du Colloque pour le cinq-centième anniversaire de l'impression du Testament de Villon, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 15-17 décembre 1989. Réunis et publiés par Jean Dérens, Jean Dufournet et Michael Freeman, Paris, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 1993, p. 177-189. Le texte de cet article, très légèrement modifié en 2009, se trouve aussi sur le site www.paulverhuyck.com, sous le bouton “Verhuyck et Villon” (sub 5)
  81. Pour une analyse plus détaillée, voir l'introduction de Claude Thiry, dans l'édition du Livre de poche, p. 17-26.
  82. Édition et commentaire de Claude Thiry, p. 310-313
  83. Jean Favier, François Villon, Fayard, 1982, chapitre 21, p. 495-497.
  84. Le Lais Villon et les Poèmes variés, édités par Jean Rychner et Albert Henry, II. Commentaire, p. 124 et 126.
  85. Le quatrain a été étudié en particulier par Jean Dufournet, Nouvelles recherches sur Villon, Paris, 1980, p. 239-248.
  86. Édition de référence, p. 308-309. Les analyses qui suivent reprennent également des éléments du commentaire de Claude Thiry.
  87. Détail de la fresque de l'église des Disciplini à Bergame (XVe siècle).
  88. Le Testament, v. 305-312.
  89. Jean Favier, François Villon, Fayard, 1982, p. 411.
  90. Clément Marot, Les Œuvres de François Villon de Paris, Galiot du Pré, Paris, 1533, peut-être réimprimée en 1534.
  91. voir ci-dessus note 35
  92. (en) « fiche Je, François Villon, voleur, assassin, poète », sur Internet Movie Database
  93. Brassens est un grand admirateur de Villon et un passionné du Moyen Âge tardif auxquels il fait allusion dans sa chanson Le Moyenâgeux (« Pardonnez-moi Prince si je / Suis foutrement moyenâgeux »). Il reprend également le poème de Paul Fort, L'Enterrement de Verlaine, dans lequel ce dernier fait de François de Montcorbier « le premier rossignol de France ».
  94. Léo Ferré l'interprète sur scène et l'enregistre en studio en 1960, mais cette version ne sera publiée qu'en 2013.
  95. Testament, huitains LV-LVI, vers 517-532, p. 133.
  96. http://www.wikitimbres.fr/timbres/4351/francois-villon-1431-1489/
  97. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994, p. 104
  98. Fhttp://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre14-page1.html?taille_police=plus
  99. http://www.projectebooks.com/showebook_8421.15.asp
  100. Cité dans François Villon, de Jean Favier, Paris, Fayard, 1982, p. 11.
  101. Plusieurs spécialistes de Villon ont préféré écarter ou traiter à part cet ensemble de six ballades qui proviennent uniquement de l'édition Levet de 1489 et qui n'ont pas les qualités des ballades de Villon, mais dont la première est à rapprocher de la Ballade des pendus et la deuxième de la Belle leçon aux enfants perdus du Testament. Cette deuxième ballade, qui évoque le triste sort de Regnier de Montigny et de Colin de Cayeux, est donc postérieure à leurs pendaisons respectives (1457 et 1460-1461).
  102. Selon Thierry Martin <Villon : Ballades en argot homosexuel, op. cit.>, les ballades du ms. de Stockholm (VII à XI) remonteraient à 1455, et celles de l’édition Levet (I à VI) à 1461, mais ces dates très hypothétiques, de même que l'hypothèse du caractère homosexuel de ces ballades, ne sauraient être validées sans une étude fouillée et objective des sources, des textes et de leur environnement.
  103. Voir les « Notes sur la présente édition » de Claude Thiry, p. 47-48.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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