Françoise d'Amboise

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Françoise d'Amboise
La duchesse Françoise
La duchesse Françoise
Titre
Duchesse consort de Bretagne
1450
Prédécesseur Isabelle Stuart
Successeur Catherine de Luxembourg-Saint-Pol
Biographie
Dynastie Maison d'Amboise
Date de naissance
Lieu de naissance château de Thouars
Date de décès (à 58 ans)
Lieu de décès Nantes
Père Louis d'Amboise
Mère Louise-Marie de Rieux
Fratrie Péronnelle, Marguerite
Conjoint Pierre II de Bretagne
Religion Catholique

Françoise d'Amboise
Duchesses consorts de Bretagne
Françoise d'Ambroise
Image illustrative de l'article Françoise d'Amboise
Mère Françoise - portant l'habit de religieuse ainsi que la couronne et le camail d'hermine signifiant son rang de duchesse de Bretagne (XVIe siècle).
Bienheureuse
Naissance
château de Thouars
Décès (à 58 ans) 
Bouguenais
Vénérée à Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes
Béatification Quelques années après sa mort
par Innocent VIII
Vénérée par Église catholique, Ordre du Carmel
Fête 4 novembre, 5 novembre

Françoise d'Amboise, née le à Thouars, morte le à Bouguenais, près de Nantes, est une femme de la haute noblesse, duchesse consort de Bretagne de 1450 à 1457 par son mariage avec Pierre II. Elle est également une personnalité religieuse de premier plan car elle est la fondatrice du premier carmel féminin de France à Vannes (et le 3e de l'histoire de l'Ordre du Carmel). Devenue veuve, elle entre au Carmel et devient la prieure de son couvent. Elle a été béatifiée quelques années après sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et enfance[modifier | modifier le code]

Elle est la fille du riche seigneur Louis d'Amboise, prince de Talmont et vicomte de Thouars, et de Louise-Marie de Rieux. Elle naît au château de Thouars[1]. Elle est l’aînée des trois enfants du couple (qui sont toutes des filles).

En pleine guerre de Cent Ans, sa mère s'enfuit avec elle pour échapper à la violence des grands seigneurs, et elles se réfugient à la cour de Bretagne, qui réside à Vannes. Plus tard celle-ci est déplacée à Nantes[1].

Duchesse de Bretagne[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de trois ans, elle est fiancée au second fils du duc de Bretagne nommé Pierre. Le mariage a lieu en 1442, elle est alors âgée de quinze ans. Les jeunes époux s'installent au château de Guingamp[2]. Après la mort inopinée de son frère en 1450, Pierre devient duc de Bretagne, au mois d’août 1450, sous le nom de Pierre II de Bretagne. À cette date, Françoise est déjà très aimée et appréciée pour son entrain, sa gaieté et sa patience. Après son couronnement, elle est rapidement nommée « la bonne duchesse »[1].

Devenue duchesse, Françoise d'Amboise prend une part discrète mais active au gouvernement de Bretagne. Elle vient en aide aux petits, aux pauvres et aux malades. Elle s'occupe aussi des questions de justice. Son époux, le duc Pierre II, est emporté par la maladie en 1457[2].

Une veuve très recherchée[modifier | modifier le code]

Veuve sans avoir eu d'enfant, sa famille songe à la remarier. Mais elle souhaite se faire religieuse. Sa famille s’oppose à ce projet. Le duc Arthur III, inflexible, estime qu'« une riche et jeune douairière n’entre pas en religion ». Son père, Louis d'Amboise menace de la déshériter. Malgré ces pressions, Françoise d'Ambroise reste déterminée[1].

Étant donné qu'elle est le premier enfant de Louis d'Amboise qui n'a que trois filles, le roi Louis XI de France veut fortement la remarier avec l'un de ses familiers, afin d'annexer la vicomté de Thouars au royaume[3]. Le jeune Louis XI vient en Bretagne et essaie de la faire venir à Nantes d'où il espère bien la décider à le suivre à la Cour. Le roi pense même à la faire enlever ! Grâce au dévouement de l’amiral Quelennec et soutenue par le peuple nantais (qui lui garde une grande affection), François d'Ambroise parvient à échapper à ce complot[2].

L'entrée au Carmel[modifier | modifier le code]

Quelques année avant la mort de son époux, la duchesse Françoise avait installé un couvent de Clarisses à Nantes. Veuve, elle fait deux tentatives pour intégrer leur communauté, mais ce sont des échecs[4]. Françoise rencontre alors Jean Soreth, prieur général des Carmes, qui est de passage en Bretagne pour visiter les couvents des frères Carmes. Jean Soreth depuis une dizaine d'années, a créé trois couvents de femmes suivant la règle de vie du Carmel dans les Flandres[5], et souhaite créer de nouveaux couvents en France[1]. Séduite par son projet, Françoise fait alors construire une maison à Vannes, à proximité du couvent des frères Carmes (fondé en 1427), dans le quartier du Bondon : ce sera le premier carmel féminin français.

Le , 9 religieuses arrivent de Liège pour prendre possession de ce couvent qui sera nommé les « Trois-Marie » (Marie, la mère de Jésus, Marie Salomé et Marie Jacobé)[1]. Cinq ans plus tard, après avoir réglé des affaires difficiles et déjoué les projets de mariage, Françoise entre dans son petit monastère, le [2]. L'année suivante, elle fait sa profession religieuse. Françoise est élue prieure de sa communauté de Vannes quelque temps avant son transfert aux « Couëts » (Nantes)[1].

Le monastère des Couëts[modifier | modifier le code]

En 1477, le duc François II, son neveu, l'appelle à Nantes pour redresser le monastère de bénédictines des Couëts (paroisse Saint-Pierre de Bouguenais), où la discipline serait un peu trop relâchée. La communauté des carmélites quitte alors Vannes et s'installe aux Couëts[6], qui se transforme en un monastère de carmélites. Le monastère des Couëts fonctionne durant 5 siècles, jusqu'à la Révolution française[7].

Dans son couvent, elle fait appel au dominicain Alain de la Roche, qui établit la dévotion du Rosaire. L'histoire a retenu que Mère Françoise exerce sa charge de prieure avec douceur, fermeté, mais aussi humilité et dévouement[4].

Quand une sœur du couvent est atteinte de la peste, Mère Françoise insiste pour soigner personnellement la malade. Elle contracte à son tour la maladie qui lui sera fatale. Elle meurt le , dans son monastère des Couëts[4], pendant qu'une religieuse fait la lecture de l'évangile de la Passion. Ses dernières paroles sont : « Adieu mes filles, dit-elle, je vais expérimenter à présent ce que c'est que d'aimer Dieu ; je me rends à lui ! »[2].

En plus de ce premier monastère de carmélites, 3 autres couvents de carmélites seront établis en France[8] suivant le modèle et les constitutions de ce premier couvent :

Postérité[modifier | modifier le code]

Béatification et vénération[modifier | modifier le code]

Quelques années après sa mort, elle est proclamée bienheureuse par Innocent VIII. En 1863, le page Pie IX, reconfirme la béatification de Françoise d'Ambroise. Cette événement provoque une certaine ferveur dans le diocèse à l’égard de la Bienheureuse Françoise, et plusieurs calvaires de la Bonne Duchesse sont dressés par les fidèles Bretons[9].

Sa mémoire liturgique est célébrée le 4 novembre[2] ou le 5 novembre. Dans l'Ordre du Carmel, sa fête est célébrée le 5 novembre avec rang de mémoire facultative[10].

À travers les Carmélites de Vannes, elle est liée à trois autres monastères qui se maintiendront aussi jusqu'à la Révolution Française :

Ses reliques sont exposées dans un grand reliquaire exposé dans une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes. Un autel lui est également dédié dans la cathédrale même.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Citations[modifier | modifier le code]

Françoise d'Amboise a laissé quelques exhortations[4] :

  • « Faites, sur toutes choses, que Dieu soit le mieux aimé ! »
  • « Que l’amie de Dieu se délaisse soi-même et suive le chemin de Jésus-Christ… Qu’elle persévère humble et attentive en sa prière et oraison. »
  • « La paisible qui est enfant de Dieu ne sera point abandonnée du Père. »
  • « Qu’elle soit simple et humble, qu’elle soit aussi pacifique, qu’elle soit en la charité de Dieu transformée… »
  • « Soit entre toutes, alliance de charité ! »
  • « Religion sans charité n’est que corps sans âme et fontaine sans eau ! »

Litanie de Françoise d'Amboise[modifier | modifier le code]

Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, ayez pitié de nous,
Seigneur, ayez pitié de nous,
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous,
Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous
Sainte Marie, Reine du Mont Carmel, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, très pieuse duchesse des Bretons, priez pour nous
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez foulé aux pieds les grandeurs du monde,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère aimable,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fournaise de Charité,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Miroir de pureté,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle de perfection,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, exemplaire des Vertus,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, lumière de votre Patrie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, modèle d'Humilité,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fleur du Carmel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Arche de Sainteté,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Refuge des pauvres,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Victorieuse des vices,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère pleine de douceurs et d'un très facile accès,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, arbre fertile en Vertus,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, la joie des Anges,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, fille des prophètes du Mont-Carmel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, nuée pleine de rosée,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été pure dans la Foi et qui avez toujours eu une Charité ardente,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez châtié votre corps avec des disciplines et de rudes cilices,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui en quittant tout avez trouvé un parfait bonheur,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vase plein de Grâces,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, miroir de miséricorde,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, consolatrice des pécheurs,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, sauvegarde des Bretons,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, Mère des veuves,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice des Vierges,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez donné la santé aux malades,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui consolez les affligés,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui secourez tous ceux qui vous invoquent,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, très fidèle épouse de Jésus-Christ,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, vous qui avez gardé votre monastère comme un chérubin garde le Paradis,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, mère très tendre et avocate de vos religieuses,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez été ornée du don de prophétie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez eu le don de sagesse,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez éteint les incendies,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez adoré jour et nuit le Saint Sacrement de l'Eucharistie,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui avez courageusement résisté aux rois et aux princes,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, protectrice de Nantes,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, qui du monastère des Couëts êtes montée au Ciel,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, dont nous possédons les reliques,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, notre Mère,
Bienheureuse Françoise d'Amboise, glorifiée par de nombreux miracles,

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

priez pour nous, Bienheureuse Françoise d'Amboise,
Afin que nous devenions dignes des promesses de Notre Seigneur Jésus Christ

Prions

Seigneur, plein de Miséricorde, éclairez les cœurs de Vos fidèles, et par les Saintes prières de la Bienheureuse Françoise d'Amboise, faites-nous mépriser les avantages du monde, et goûter toujours les consolations du Ciel. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Ainsi soit-il.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g « Françoise d’Amboise, Bienheureuse Françoise d’Amboise 1427-1485 », sur Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, lecarmel.org (consulté le 25 mars 2015).
  2. a, b, c, d, e et f « Bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne (✝ 1485) », sur Nominis, nominis.cef.fr (consulté le 24 mars 2015).
  3. Jacques Heers, Louis XI, Paris, Perrin, coll. « Tempus »,‎ , 430 p. (ISBN 978-2262020842), p. 259.
  4. a, b, c, d et e « Françoise d’Amboise et les premiers Carmels féminins », sur Le Carmel en France, carmel.asso.fr (consulté le 27 mars 2015).
  5. En 1452 les béguines du monastère "Ten Elsen" de Gueldre deviennent les premières femmes carmélites. En 1455, Jean Soreth fonde avec les "Sœurs cloîtrées" de Nieukirk un second couvent, puis en 1457 c'est le monastère de Liège qui est créé.
  6. Richard 1866, p. 54.
  7. Au XIXe siècle, l'emplacement du monastère est utilisé pour le Petit séminaire de Nantes ; actuellement, c'est le lycée professionnel Louis-Brottier, de l'institution des Orphelins d'Auteuil.
  8. Ces 4 couvents de carmélites (avec celui des Couët) seront actifs jusqu'à la Révolution française où le gouvernement ordonnera leur fermeture et la vente des biens. Ces couvents ne seront pas rouverts par la suite.
  9. « La Pâquelais : son passé religieux et l’église de la Trinité. », sur Paroisse Saint-Luc de Bretagne, saintlucdebretagne-nantes.cef.fr (consulté le 27 mars 2015).
  10. Les heures du Carmel, Lavaur, Éditions du Carmel,‎ , 347 p. (ISBN 2-84713-042-X), p253
  11. « Histoire de l'Institution Françoise d'Amboise Chavagnes », sur Externat des Enfants nantais, eden-fa.com (consulté le 27 mars 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article François Richard, Légende de la bienheureuse Françoise d'Amboise duchesse de Bretagne et religieuse carmélite, Nantes, V. Forest et C. Grimaud,‎ , 139 p..
  • François Richard, Vie de la bienheureuse Françoise d'Amboise duchesse de Bretagne et religieuse carmélite, vol. 2, Paris, J. Lecoffre,‎ .
  • Armand Boutillier du Retail, Dossiers biographiques Boutillier du Retail : Documentation sur Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, Paris, Le correspondant,‎ .
  • Albert Le Grand, Vie abrégée de la b. Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne, Nantes, Libaros,‎ .
  • Eugène Lafolye, Compte des dépenses de Françoise d'Amboise, t. IV, Vannes,‎ .
  • J.-L. Chalnel, Histoire de la Touraine, t. IV,‎ .
  • Joseph Trochu, Françoise d'Amboise : Duchesse et carmélite, 1427-1485, Nantes, Librairie Lanoë,‎ , 154 p..

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]