Françoise-Charlotte de Saint-Nectaire

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Françoise Charlotte de Saint-NectaireMademoiselle de Menetou, la Menetou

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Mademoiselle de Mennetoud, assise et jouant du clavecin.

Naissance 1679
Décès 4 novembre 1745
Château de la Ferté
Activité principale compositeur, claveciniste
Style musique baroque
Lieux d'activité Versailles

Françoise Charlotte de Saint-Nectaire, ou de La Ferté-Senneterre, dame de Menetou, souvent dite Mademoiselle de Menetou est une claveciniste et compositrice française, née en 1679 et décédée le 4 novembre 1745 au château de la Ferté.

Biographie[modifier | modifier le code]

François-Charlotte est la fille de Henri-François de Saint-Nectaire, duc de La Ferté-Senneterre (fils du maréchal Henri de La Ferté-Senneterre), et de Marie Isabelle Angélique de la Mothe-Houdancourt (fille de Philippe de La Mothe-Houdancourt). Le 18 août 1689, à l'âge de neuf ans, elle joue du clavecin devant Louis XIV au cours d'un concert chez la Dauphine[1],[2]. En 1691, elle devient la plus jeune compositrice à avoir ses œuvres publiées par l'imprimeur royal, Christophe Ballard. Plusieurs gravures de la fin du XVIIe siècle sont censées la représenter, dont un « portrait en mode »[3] réalisé d'après un dessin de Robert Bonnart daté de 1695[4] et une planche publiée chez Antoine Trouvain, la figurant en train de jouer du clavecin.

Le 28 juillet 1698, elle épouse le marquis François-Gabriel Thibault de La Carte, alors âgé de soixante-et-un ans, premier gentilhomme de Philippe d'Orléans (1640-1701) et l'un de ses favoris d'après Saint-Simon[5]. Elle lui apporte le titre de marquis de la Ferté. Saint-Simon raconte que Françoise-Charlotte de la Ferté « avait un peu rôti le balais [menait une vie libertine, débauchée] [...] et commençait à monter en graine[6] ». De ce mariage naît un fils, Louis-Philippe Thibault de La Carte, marquis de La Ferté-Sénectère (1699–1780), plus tard colonel du régiment de la Marche. Le marquis meurt le 9 septembre 1721[7].

En avril 1729, elle épouse en secondes noces Jean-François-Gustave de Malortie, marquis de Boudeville[8], nommé maréchal de camp en 1745 et mort en 1747, dont elle n'a pas d'enfants.

François Couperin lui dédie une pièce de son Second livre de pièces de clavecin (1716) : La Menetou (rondeau du septième ordre, en sol).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Airs sérieux à deux par Mademoiselle de Menetou, Paris, Christophe Ballard, 1691, parmi lesquels :
    • Aymez de sornaus (voix et clavecin)
    • De toutes les heures (voix et clavecin)
    • Folies d'Espagne (clavecin)
    • Gavottes (clavecin)
    • J'ay pour tous bien une musette (voix et clavecin)
    • Menuete (clavecin)
    • Les olivettes (clavecin)
    • Sans crainte dans nos prairies (voix et clavecin)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Madame la Dauphine continue à se mieux porter. Il y a eu ce soir un concert chez elle, qui l'a fort divertie. Mademoiselle de Menetou, qui n'a que neuf ans, y jouoit du clavecin. Le roi s'y est fort amusé, et a trouvé la musique délicieuse. » (Journal du marquis de Dangeau, Didot, 1854, p. 450.
  2. Jérôme de La Gorce et Herbert Schneider, Jean-Baptiste Lully, A.D.I.A.M. 78, 1990, p. 472.
  3. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8407088k.r=mennetoud.langFR
  4. Catherine Massip, « Les personnages musiciens dans les gravures de mode parisiennes de la fin du XVIIe siècle : intérêt et limites d'un genre iconographique », dans Tilman Seebass (dir.), De l'image à l'objet: la méthode critique en iconographie musicale, Duke University Press, 1988, p. 143.
  5. « La Carte, gentilhomme de Poitou, fort mince et fort pauvre, s'attacha à Monsieur qui prit pour lui un goût, que sa figure des plus communes ne méritait pas de celui de ce prince qui s'en entêta extraordinairement, et qui de charge en charge chez lui, le fit rapidement monter à celle de premier gentilhomme de sa chambre, et lui fit beaucoup de grâces pécuniaires » (Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, vol. 2, A. Sautelet, 1829, p. 185).
  6. Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence, vol. 2, A. Sautelet, 1829, p. 185.
  7. Journal de Rosalba Carriera pendant son séjour à Paris en 1720-1721, J. Techener, 1865, p. 158.
  8. François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique, 1757, article « Thibauld de la Carte, François-Gabriel », p. 359.

Sources[modifier | modifier le code]