François de La Mothe Le Vayer

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François de La Mothe Le Vayer, né le 1er août 1583[1] à Paris où il est mort le 9 mai 1672, est un philosophe sceptique français.

François de La Mothe Le Vayer

Philosophe

Époque Moderne

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Naissance 1588, Paris
Décès 9 mai 1672, Paris
École/tradition Scepticisme
Influencé par Pyrrhon d'Élis

Biographie[modifier | modifier le code]

Félix de La Mothe Le Vayer (1547-1625), père de François, substitut du procureur général au Parlement de Paris, appartenait à une grande famille du Mans[2]. Un chroniqueur du temps le dit «homme savant ès langues grecque et latine, et bien versé en la jurisprudence, médecine, philosophie, mathématique, poésie, histoire, art de rhétorique et autres»[3]. De sa femme, Gatienne Le Breton, il eut neuf enfants, dont François fut l'aîné.

Sur son enfance et sa jeunesse, on sait peu de chose. Il étudia, sans doute avec passion, le grec et le latin, dont ses œuvres sont proprement truffées. Il fit des études de droit à la faculté de Poitiers, où il fut fait bachelier in utroque jure, puis licencié, en mai 1606[4]. La même année, il fut reçu substitut en survivance de son père.

Dans son Hexaméron rustique, publié deux ans avant sa mort, il évoquera très allusivement cette première partie de sa vie :

«Je ne prétends pas vous faire passer ma jeunesse pour avoir été des plus innocentes. Elle a eu ses transports et ses saillies, dont je ne me puis souvenir sans tomber dans une honteuse confusion. Tout de bon, je ne me reploie jamais vers ce temps-là, et ne me remets en mémoire ces égarements passés, sans admirer les mauvais pas que j’y ai faits.»

Le 11 juillet 1622[5], il épouse Hélène Blacvod, fille du philosophe d'origine écossaise Adam Blackwood[6] et veuve depuis onze ans du jurisconsulte et professeur de grec George Crichton, dit Critton, également écossais. Dans son Dialogue «Du mariage», La Mothe Le Vayer assurera à ses interlocuteurs qu'il n'est «entré dans le mariage que par des mouvements supérieurs, en un temps auquel [sa] volonté s'assujettissait plus plusieurs respects à celle d'autrui»[7]. Devenu veuf en 1655, il se remariera neuf ans plus tard avec Isabelle (ou Élisabeth) de La Haye, fille de Jean de La Haye-Vantelet, sieur de Brisson, ambassadeur au Levant.

Au moment de son mariage, il habite encore chez son père, rue Hautefeuille, mais il semble s'être déjà fait un nom dans les compagnies lettrées de la capitale. Une trentaine d'années plus tard, son ami Michel de Marolles, évoquant dans ses Mémoires la haute figure de Marie Le Jars de Gournay, «fille d'alliance» de Montaigne, notera[8], sous la date de 1623, que «plusieurs savants hommes la visitaient fort souvent, et la bonne damoiselle comptait au rang de ses meilleurs amis M. de La Mothe Le Vayer [et d'autres], tous assez connus dans la république des lettres»[9].

Vers le même temps, ou peu après, il est introduit dans l'académie ou «cabinet» des frères Pierre et Jacques Dupuy, où règne une entière liberté d'expression et où il sera amené à côtoyer quelques-uns des écrivains, érudits et savants les plus en vue de l'époque.

Félix de La Mothe Le Vayer étant mort le 25 septembre 1625, son fils lui succède dans sa charge. On ne sait quand il s'en démit, ni même s'il l'exerça vraiment. En tout cas, s'il le fit, ce fut sans passion, comme il le suggèrera plus tard dans un de ses savoureux «petits traités en forme de lettres écrites à diverses personnes studieuses»:

«En vérité, je respecte autant que je dois les hommes de robe, mais je vous confesse que les abus qui s'y commettent ont beaucoup fortifié l'aversion naturelle que j'ai toujours eue à m'y attacher. L'objet des occupations d'un Palais de Chicane m'a toujours fait cabrer l'esprit, quelque honneur qui m'y parût joint ou quelque utilité que j'y visse annexée. Et je ne pense pas que celui de personne ait jamais plus souffert que le mien, autant de fois que j'ai été contraint d'en prendre quelque notion confuse. […] L'ignorance même de ce que ce métier a de plus fin m'a toujours plu et l'inclination que j'avais, étant jeune, pour la philosophie me faisait tirer quelque vanité de n'entendre rien aux affaires de Thémis[10]

Au cours de cette même décennie, il effectue plusieurs voyages, en Angleterre et en Espagne, aux côtés de Guillaume Bautru, comte de Serrant.

Vers la fin des années 1620, il fait la connaissance de Gabriel Naudé, Pierre Gassendi et Élie Diodati, avec lesquels il formera la fameuse «Tétrade» célébrée par René Pintard dans son Libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle (1943).

Au cours de l'année 1630, il fait imprimer sans permission et à un très petit nombre d'exemplaires, sous le pseudonyme d'Orasius Tubero[11] et sous une date et une adresse fantaisistes (Francfort, chez Jean Sarius, 1506), les quatre premiers de ses Dialogues faits à l'imitation des anciens : 1) «De la philosophie sceptique»; 2) «Le banquet sceptique»; 3) «De la vie privée»; 4) «Des rares et éminentes qualités des ânes de ce temps»[12]. Ils seront suivis de la publication, sous une date à peine moins fantaisiste (1606) de Cinq autres dialogues du même auteur faits comme les précédents à l'imitation des anciens : 1) «De l'ignorance louable»; 2) «De la divinité»; 3) «De l'opiniâtreté»; 4) «De la politique»; 5) «Du mariage»[13].

Dans la «Lettre de l’auteur» placée en tête du premier volume, La Mothe Le Vayer précise dans quel esprit il a écrit et fait imprimer ces audacieux dialogues :

«… La liberté de mon style méprisant toute contrainte, et la licence de mes pensées purement naturelles, sont aujourd’hui des marchandises de contrebande et qui ne doivent être exposées au public. […] L’obscurité de l’avenir me fait ignorer s’il sera jamais temps auquel ces choses puissent plaire ; mais je sais bien que pour le présent elles seraient de fort mauvais débit. […] Moquons-nous des suffrages d’une sotte multitude, et dans le juste mépris d’un siècle ignorant et pervers, jouissons des vrais et solides contentements de nos entretiens privés.»

En 1636, il séjourne en Italie en qualité de secrétaire du maître des requêtes Pomponne II de Bellièvre, ambassadeur extraordinaire auprès des princes italiens et futur premier président du parlement de Paris[14].

En octobre 1638, il publie ses Considérations sur l’éloquence française de ce temps, qui lui vaudront sans doute d'être reçu, le 15 février 1639, à l’Académie française.

Après la publication, l'année suivante, d'un essai intitulé De l’instruction de Monsieur le Dauphin, Richelieu le désigne pour être le précepteur du futur Louis XIV, mais Anne d'Autriche lui préfèrera l'abbé Hardouin de Péréfixe de Beaumont.

En 1649, Anne d'Autriche lui confie l’éducation de Philippe d'Anjou, et le charge, en 1652, de prendre le relais de Péréfixe terminer l’éducation du roi.

Ces fonctions de précepteur royal l'amènent à composer un certain nombre de traités : la Géographie, la Rhétorique, la Morale, l’Économique, la Politique, la Logique et la Physique du Prince, qu’il publie de 1651 à 1656. Il y ajoute les Petits Traités en forme de lettres, de 1649 à 1660.

François de La Mothe Le Vayer, le fils[modifier | modifier le code]

De son mariage avec Hélène Blacvod, La Mothe Le Vayer a eu, en 1627, un fils, prénommé lui aussi François. Auteur d'un roman comique, Le Parasite Mormon (1650)[15], éditeur des Œuvres de son père, titulaire en 1661 de l'abbaye de Bouillas dans le Gers, aumônier d'Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis XIV, après avoir été le répétiteur de latin de Philippe d'Orléans, ami de Savinien Cyrano de Bergerac, de Jean Royer de Prade, de Molière et de Nicolas Boileau, qui lui dédie sa quatrième Satire[16], on lui attribue également, sans doute à tort, un Épitomé de l’histoire romaine, de Florus, mis en français sur les traductions de Monsieur, publié en 1656[17].

La mort de ce fils, au cours du mois de septembre 1664, fut l'occasion, pour le médecin épistolier Guy Patin, de vitupérer une fois de plus ses collègues de la Faculté:

«Nous avons ici un honnête homme bien affligé ; c’est M. de La Mothe Le Vayer, célèbre écrivain et ci-devant précepteur de M. le duc d’Orléans, âgé de septante-huit ans. Il avait un fils unique d’environ trente-cinq ans (sic), qui est tombé malade d’une fièvre continue, à qui MM. Esprit, Brayer et Bodineau ont donné trois fois le vin émétique et l’ont envoyé au pays d’où personne ne revient[18]

Henry Le Bret, ami, éditeur et préfacier de Cyrano de Bergerac, devenu depuis quelques années prévôt de la cathédrale de Montauban et prédicateur de la reine mère Anne d'Autriche, se trouvait à Fontainebleau au cours de cet été 1664. Il écrivit à un correspondant anonyme[19] :

«Il n’est que trop vrai, Monsieur, que le pauvre Abbé de [La Mothe Le Vayer] est mort lorsque l’on y pensait le moins ; car les deux premiers accès de sa fièvre l’ayant seulement assoupi, les médecins traitèrent le troisième de bagatelle, quoiqu’il l’eût jeté dans une espèce de délire, qui cessa véritablement avec cet accès, mais qui revint si violent avec le quatrième, que les efforts qu’il fit tournèrent sa fièvre en continue, qui le tua le septième jour, au grand regret de son père, de ses amis et de toute la République des Lettres, dont il était un des plus beaux ornements. […] Car il avait étudié depuis l’âge de douze ans jusqu’à quarante-cinq (sic) avec une assiduité admirable. De sorte qu’ayant l’esprit excellent, une grande bibliothèque et la conversation de son père, qui est un abîme de science, il ne s’en faut pas étonner s’il en était devenu le digne fils. Il laisse cependant une riche abbaye et une belle charge, mais je les regrette bien moins que la dissipation qui se va faire des bons livres et des beaux meubles qu’il avait assemblés avec tant de dépense et de soin. […] En effet, que nous sert de tant travailler, de tant veiller et de tant savoir, si notre nom n’est su à peine de ceux qui viennent après nous, et si même bien souvent s’évanouit tout à fait avec le son des cloches qui marquent l’heure de nos funérailles ?»

Cette mort fit également l'objet d'un sonnet de condoléance adressé par Molière au vieux La Mothe Le Vayer[20]. Lequel évoquera ce deuil, un an plus tard, dans sa 14e «Homilie académique» intitulée «Des Pères et des enfants»[21] :

«À propos du fils unique de Solon, c’est l’ordinaire de plaindre davantage les pères qui perdent le seul appui qu’ils avaient de leur vieillesse, et vous pouvez tous vous souvenir de m’avoir, il n’y a pas longtemps, consolé selon cette règle, sur un accident semblable qui m’avait rendu presque inconsolable. C’est pourquoi la louange que donne Cicéron au fils de Servius Sulpicius est fort bien prise, d’avoir regretté son père mort avec la même douleur qu’on ressent ordinairement dans la mort d’un fils unique : Est autem ita affectus, ce sont les paroles de ce grand orateur dans sa neuvième Philippique, ut nemo unquam unici filii mortem magis doluerit, quam ille mœret patris. [Telle est la douleur dont il est pénétré, que jamais on ne pleura un fils unique autant qu'il pleure son père.] Cependant, outre que les enfants représentent tous également le père, comme chaque pièce d’un miroir fait voir une même et semblable image, il n’arrive pas toujours que ces enfants uniques soient les plus à regretter, parce qu’il semble qu’ils aient plus de pente à dégénérer, par leur éducation trop molle ou autrement, que des puînés ou des cadets. De là est procédée l’exaltation de tant de ceux-ci.»

Au cours des deux années suivantes, le cousin de François Le Mothe Le Vayer fils, Roland Le Vayer de Boutigny, dédicataire du Parasite Mormon et qui avait dédié au jeune homme chacun des quatre volumes de son roman Mitridate (1648-1651), fit paraître un long roman familial à l'antique, intitulé Tarsis et Zélie, dans lequel le défunt et son père occupent une place importante sous le nom d'Ergaste et Ariobarzane. Dans l'épître dédicatoire que l'auteur adresse à Zélie (sa femme), il écrit:

«J’ai été bien aise de tracer à la postérité, par même moyen, un léger crayon de l’esprit et des mœurs de notre incomparable Ergaste, de laisser après sa mort un monument éternel de la belle amitié qui nous avait unis pendant sa vie, et, me servant de l’enchaînement qui se rencontre dans vos aventures pour parler des siennes, de publier ce talent admirable qui le rendait si cher à ses amis, et cette divine science de l’amitié qu’il a si parfaitement possédée.»

Pensée[modifier | modifier le code]

Un critique du XIXe siècle a porté ce jugement sur lui[22] :

«Caractère modéré et élevé, auquel on a reproché des licences d’expression alors admises, et qu’on a injustement accusé d’athéisme ; homme de beaucoup d’esprit, bien qu’à en croire [Guez de] Balzac il se plût à mettre en œuvre l’esprit des autres ; en possession de lectures immenses qui lui valurent dans son temps les titres de Plutarque et de Sénèque français; doué d’une mémoire étonnante, qui se révèle par un luxe de citations ; professant un culte judicieux pour l’antiquité, montrant une connaissance familière des temps modernes, déployant en toute circonstance une manière d’écrire facile, piquante, pleine d’intérêt et de gaieté, La Mothe Le Vayer est digne de prendre place entre Montaigne et Pierre Bayle ; moins original que le premier, mais aussi érudit que le second.»

Presque tous ses écrits, à part ceux précédemment cités, ont un objet philosophique. Il voulut y enseigner « la sceptique chrétienne », qui apprend à former des doutes « sur tout ce que les dogmatiques établissent de plus affirmativement dans toute l’étendue des sciences » et qui « doute même de ses doutes ». S’il lui donne le nom de chrétienne, c’est que « ce système a par préférence cela de commun avec l’Évangile, qu’il condamne le savoir présomptueux des dogmatiques et toutes ces vaines sciences dont l’apôtre nous a fait tant de peur ». Au fond, son but est, suivant le précepte de Sextus Empiricus, dont il invoque souvent l’autorité, le repos, la tranquillité d’âme dans l’indifférence.

Ses autres écrits sont le Discours de la contrariété d’humeur qui se trouve entre certaines nations, et singulièrement entre, la française et l’espagnole (Paris, 1636, in-8° , traduction supposée de l’italien Fabricio Campolini ; Considérations sur l’éloquence française (1638, in-12) ; De la Vertu des Païens (1642, in-4°) ; Jugement sur les anciens et principaux historiens grecs et latins (1646, in-8°) ; Discours pour montrer que les doutes de la philosophie sceptique sont d’un grand usage dans les sciences (1668) ; Du peu de certitude qu’il y a dans l’histoire (1668) ; Hexaméron rustique ou les six journées passées à la campagne (1671, in-12).

Œuvres[modifier | modifier le code]

Rééditions contemporaines[modifier | modifier le code]

  • Dialogues faits à l'imitation des Anciens, texte revu par André Pessel, Corpus des œuvres de philosophie en langue française, Paris, Fayard, 1988.
  • Hexaméron rustique ou Les six journées passées à la campagne entre des personnes studieuses, éd. établie par Gabriel Los d'Urizen, Paris, Paris-Zanzibar, 1997.
  • Petit traité sceptique sur cette commune façon de parler : "N'avoir pas le sens commun" (1646), édition et postface de Lionel Leforestier, Gallimard / Le Promeneur, 2003.
  • De la patrie et des étrangers et autres petits traités sceptiques, édition présentée et établie par Philippe-Joseph Salazar, Desjonquères, 2003.
  • De la vertu des païens, dans Libertins du XVIIe siècle, tome 2, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2004.
  • Hexaméron rustique ou Les six journées passées à la campagne entre des personnes studieuses, présentation de Joseph Beaude, préface de Michel Onfray, La Versanne, Encre marine, Bibliothèque hédoniste, 2005.
  • De la liberté et de la servitude, éd. et postface de Lionel Leforestier, Gallimard / Le Promeneur, 2007.
  • Prose chagrine, éd. de Guillaume Tomasino, Klincksieck, 2012.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette date a donné lieu à débats, mais la notice d'Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire ne laisse guère place au doute« Dictionnaire critique », sur Gallica : «Quant à la date 1588 que [les biographes] assignent à la venue au monde de François de La Mothe, elle est erronée. Il naquit le 1er août 1583, de Félix de La Mothe Le Vayer […] et de demoiselle Gatienne Le Breton, et fut tenu sur les fonts le lendemain [à l'église Saint-Germain-l'Auxerrois].» Voir également les arguments que René Kerviler donne en faveur de cette datation, dans François de La Mothe Le Vayer, p. 13-14.
  2. « Histoire littéraire du Maine », sur Google Livres
  3. Pierre Guillebaud, dit en religion Pierre de Saint-Romuald, dans son Trésor chronologique et historique, tome III, Paris, 1647, p. 874.
  4. « Bulletin de la Société de statistique du département des Deux-Sèvres », sur Gallica
  5. Plusieurs biographes donnent la date de 1628, qui est impossible puisque Félix, le père, qui mourra en 1625, est le témoin de son fils. Le contrat de mariage, conservé aux Archives nationales, est cité par Émile Magne dans Une amie inconnue de Molière, Paris, Émile-Paul frères éditeurs, 1922, p. 114-115.« Une amie inconnue », sur archive.org
  6. Une autre de ses filles, Catherine, épousa Guillaume Le Bel, seigneur de Bussy, dont elle eut un fils, Paul, et une fille, Honorée, qui sera une amie de Molière dans les années 1660 et à laquelle Tallemant des Réaux consacrera une «historiette» (Historiettes, éd. Antoine Adam, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. 1, 1960, p. 316-320). Après le décès d'Hélène Blacvod, Honorée viendra s'installer chez le philosophe et tiendra son ménage jusqu'à sa mort. Voir Émile Magne, Une amie inconnue de Molière, Paris, Émile-Paul Frères, 1922« Une amie inconnue Molière », sur archive.org.
  7. « Cinq autres dialogues », sur Gallica
  8. « Les Mémoires de Michel de Marolles », sur Gallica
  9. Nombre d'auteurs continuent d'écrire que La Mothe Le Vayer aurait hérité de la bibliothèque de Marie de Gournay, morte en 1645. Cette légende est née sous la plume de Pierre Guillebaud (en religion, le père de Saint-Romuald), qui, dans son Trésor chronologique et historique, tome III, Paris, , Sommaville, 1647, p. 985, rapporte que «la Demoiselle de Gournay, mourut âgée de plus de quatre-vingts ans […] après avoir fait son testament, dans lequel […] elle donne tous ses manuscrits et livres curieux aux doctes personnages qui la fréquentaient, et particulièrement au sieur de La Mothe Le Vayer, disant que c’est à cause des bons offices de prudence, de candeur et de foi qu’il lui a rendus, outre sa suffisance et doctrine, que ses livres témoignent assez par leur qualité et quantité.» En réalité, dans son testament (reproduit in extenso par Élyane Dezon-Jones dans Marie de Gournay, Fragments d'un discours féminin, Paris, Librairie José Corti, 1988, p. 198-209), la vieille demoiselle ne léguait au philosophe que «deux petits sacs de papiers curieux» et «son exemplaire de la troisième impression de son livre Les Avis en six cahiers non reliés, […] pauvre orphelin que sa mère commet en mourant à un tel tuteur si fidèle et affectionné, qui lui a rendu mille bons et dignes offices de prudence, de candeur et de foi ; quant à sa suffisance et doctrine, ses livres connus partout le témoignent assez en quantité et en qualité».
  10. « Nouveaux petits traitttez », sur Gallica
  11. Pseudonyme transparent pour la plupart des lecteurs contemporains, formé le grec orasis (la vue, en rapport avec Le Voyer) et le latin tuber (la motte…). La Mothe Le Vayer s'en formera plus tard un autre sur le même modèle: Tubertus Ocella.
  12. « Quatre dialogues », sur Gallica
  13. « Cinq autres dialogues », sur Gallica
  14. Lettre de Jean Chapelain à Jean-Louis Guez de Balzac du 17 février 1637.
  15. « Le Parasite Mormon », sur Gallica
  16. « Satires du sieur D*** », sur Gallica
  17. « Epitomé de l'histoire romaine », sur Google Livres
  18. « Lettres de Gui Patin, III », sur Gallica
  19. Henry Le Bret, Lettres diverses, p. 50-53.
  20. « Recueil de la Suze », sur Gallica
  21. « Œuvres de François de La Mothe Le Vayer », sur Gallica
  22. Christian Bartholmèss, dans l'article La Mothe Le Vayer du Dictionnaire des sciences philosophiques par une société de professeurs et de savants, tome III, Paris, Hachette, 1847, p. 494.


Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, tome II, Paris, 1700, p. 59-60[1].
  • Article «Vayer» du Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle[2].
  • «Abrégé de la vie de Monsieur de la Mothe le Vayer, de l'Académie françoise, précepteur de Philippe de France, duc d'Anjou, et ensuite du roi Louis XIV», placée en tête du volume I des Œuvres de François de La Mothe Le Vayer, publiées à Dresde en 1756[3].
  • René Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, Paris, Boivin & Cie, 1943, rééd. Slatkine, 2000.
  • René Pintard, La Mothe Le Vayer, Gassendi, Guy Patin, études de bibliographie et de critique suivies de textes inédits de Guy Patin, Paris, Boivin & Cie, 1943.
  • Louis Étienne, Essai sur La Mothe-Le Vayer, Rennes, 1849[4].
  • René Kerviler, François de La Mothe Le Vayer, précepteur du duc d'Anjou et de Louis XIV, étude sur sa vie et sur ses écrits, Paris, 1879[5].
  • Florence L. Wickelgren, La Mothe Le Vayer, sa vie et son œuvre, Paris, Droz, 1934.
  • Jean-Pierre Cavaillé, Dis/simulations. Jules-César Vanini, François de La Mothe Le Vayer, Gabriel Naudé, Louis Machon et Torquato Accetto, Religion, morale et politique au XVIIe siècle. Paris, Honoré Champion, 2002.
  • Jean-Pierre Cavaillé, L’Antre des Nymphes, transcription, présentation annotation de textes de François La Mothe Le Vayer, Adrien de Monluc, Claude Le Petit, Toulouse, Anacharsis, 2004.
  • Sylvia Giocanti, Penser l’irrésolution. Montaigne, Pascal, La Mothe Le Vayer. Trois itinéraires sceptiques, Paris, Honoré Champion, 2001.
  • Sophie Gouverneur, Prudence et subversion libertines. La critique de la Raison d’État chez François de La Mothe Le Vayer, Gabriel Naudé et Samuel Sorbière, Paris, Honoré Champion, 2005.
  • Isabelle Moreau, «Polémique libertine et querelle du purisme: La Mothe Le Vayer ou le refus d'un "Art de plaire" au service du vulgaire», dans Revue d'histoire littéraire de la France, 2003/2, vol. 103, p. 377-396.
  • Isabelle Moreau, «La Mothe Le Vayer, ou comment transformer un ouvrage de commande sur la grâce en défense et illustration des philosophes de l'Antiquité réputés athées»[6], dans «Penser librement», la liberté de parole au tournant du XVIe et du XVIIe siècle, études réunies et présentées par Isabelle Moreau et Grégoire Holtz, Paris, ENS Éditions, 2005.
  • Michel Onfray, «La Mothe Le Vayer et la jouissance de soi-même», dans Contre-histoire de la philosophie, tome 3 : Les Libertins baroques, Paris, Grasset, 2007.
  • Gianni Paganini, Skepsis. Le débat des modernes sur le scepticisme. Montaigne, Le Vayer, Campanella, Hobbes, Descartes, Bayle, Paris, Vrin, 2008.
  • Jean-Michel Gros, Les Dissidences de la philosophie à l'âge classique, Paris, Honoré Champion, 2009.
  • Bruno Roche, Le Rire des libertins dans la première moitié du XVIIe siècle, Paris, Honoré Champion, coll. « Libre pensée et littérature clandestine » no 45, 2011 (EAN : 9782745320926).
  • Philippe-Joseph Salazar, La Divine Sceptique. Éthique et rhétorique au XVIIe siècle, Tübingen, Gunter Narr Verlag, Études Littéraires Françaises, 68, 2000. (ISBN 3-8233-5581-3)
  • Philippe-Joseph Salazar, « Sur la bonne chère rhétorique – La Mothe Le Vayer politique », in Poétique de la pensée. Études sur l'âge classique et le siècle philosophique, en hommage à Jean Dagen, B. Guion et al., Paris, Honoré Champion, 2006, p. 813-823. (ISBN 978-2-7453-1467-3)

Lien externe[modifier | modifier le code]

  1. « Les Hommes illustres », sur Gallica
  2. « Dictionnaire historique », sur Gallica
  3. « Œuvres », sur Gallica
  4. « Essai sur La Mothe Le Vayer », sur Google Livres
  5. « François de La Mothe Le Vayer », sur Archive.org
  6. « Penser librement », sur ENS éditions