François d'Orléans (1818-1900)

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François d'Orléans, prince de Joinville

Le prince François Ferdinand d’Orléans, prince de Joinville, est le troisième fils et septième enfant de Louis-Philippe, duc d'Orléans puis roi des Français et de Marie-Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles.

C’est un membre de la maison capétienne d’Orléans.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Le prince de Joinville est le troisième fils (sur 6) et le septième des 10 enfants du roi Louis-Philippe et de son épouse Marie-Amélie des Deux-Siciles. Sa marraine est sa tante paternelle Adélaïde d'Orléans qui lui léguera son château d'Arc-en-Barrois.

En 1843, il épouse Dona Francisca de Bragança (1824-1898), princesse du Brésil et du Portugal, fille de l'empereur Pedro I (également roi du Portugal comme Pedro IV). Lors du mariage, le territoire où se trouve la ville brésilienne de Joinville, constitue une partie de la dot de la princesse.

Le couple aura trois enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Le prince de Joinville naît à Neuilly le 14 août 1818[1]. Comme ses frères, il passe ses premières années au lycée Henri-IV. Il n'a pas encore 12 ans quand son père, après les Trois Glorieuses, devient "Roi des Français".

Autant pour obéir aux ordres du roi, son père, que pour suivre ses propres goûts, le prince se dispose à entrer dans la marine par des études spéciales, subit ses premiers examens à Brest et commence à l'âge de 13 ans l'apprentissage du métier de marin. Il s'embarque à Toulon, au mois de mai 1831, comme aspirant de 2e classe sur la frégate l'Arthémise, navigue sur les côtes de France et se rend en Corse, à Livourne, à Naples, à Alger. Là, il est soumis à toutes les épreuves imposées aux élèves de l'École navale.

Entre-temps sa sœur aînée, Louise-Marie d'Orléans, est devenue la première reine des Belges en épousant le roi Léopold Ier de Belgique.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Le prince de Joinville observant le bombardement de Saint-Jean d'Uloa depuis l'arrière de son navire lors de l'expédition contre le Mexique en 1838. (Horace Vernet)

Au mois d'août 1834, le prince de Joinville passe de nouveaux examens à Brest sous la direction du chevalier Préaux Locré. Reçu élève de première classe, il s'embarque immédiatement à Lorient sur la frégate La Syrène, se rend à Lisbonne, aux Açores, et rentre en France après trois mois de navigation.

Le 25 mai 1835, il part, en qualité de lieutenant de frégate, sur La Didon et visite tous les détails des grands établissements de marine britanniques de Portsmouth et de Cork.

L'année suivante, il fait un voyage dans les mers du Levant, sur l' Iphigénie, en qualité de lieutenant de vaisseau. Il visite Smyrne, où il essuie une tempête horrible, Rhodes, Chypre, Latakié, Tripoli de Syrie, Beyrouth, Jaffa, Jérusalem, et une partie de la Terre sainte.

En 1837, à bord du vaisseau l' Hercule, il se rend à Gibraltar, à Tanger, à Ténériffe, débarque à Bône en octobre, et se met en route en toute hâte pour rejoindre l'armée qui marche contre Constantine. Cependant, le mauvais temps et la difficulté des routes le retardent, et il n'arrive que le 17 octobre alors que le drapeau français flotte déjà sur les murs de cette ville depuis le 13.

Avec le regret d'avoir manqué une occasion d'acquérir de la gloire, le prince reprend la mer, explore les côtes du Sénégal et visite Gorée. Il fait également plusieurs excursions à l'intérieur du continent noir, où il rend visite à quelques chefs de tribus. Puis, le prince fait voile pour le Brésil et arrive en janvier 1838 à Rio de Janeiro. Il consacre ce mois à visiter les provinces et reçoit à Rio sa nomination au grade de capitaine de corvette.

Du Brésil, le prince se rend en Guyane, à Cayenne, à la Martinique, à la Guadeloupe. Il visite Washington, Philadelphie, Baltimore, les chutes du Niagara, New York, Boston, etc. Partout, il recherche avec ardeur les occasions de s'instruire, étudiant les mœurs et les usages et suivant surtout avec intérêt les divers développements de la puissance maritime. Après dix mois de navigation, il débarque à Brest le 11 juillet 1838; mais son repos n'est pas de longue durée.

Le Mexique[modifier | modifier le code]

Au mois d'août suivant, une escadre reçoit l'ordre de se diriger vers les côtes du Mexique pour mettre ses ports en état de blocus. Le prince de Joinville ayant reçu le commandement de La Créole, corvette de 24 canons, part de Brest le 1er septembre avec le contre-amiral Baudin, commandant de l'escadre.

Article détaillé : Guerre des Pâtisseries.

Le 27 novembre, l'amiral donne l'ordre d'attaquer Saint-Jean-d'Ulloa, fort qui défend la ville de Veracruz.

Article détaillé : Bataille de San Juan de Ulúa.

Le Levant[modifier | modifier le code]

Le 10 février 1839, le Roi décore le jeune commandant de La Créole (21 ans) de la Légion d'honneur et l'élève au grade de capitaine de vaisseau.

Au mois de mai suivant, le prince prend à Cherbourg le commandement de la frégate la Belle-Poule. Il s'embarque à Toulon où il rejoint l'escadre d'évolutions commandée par l'amiral Lalande. Il est nommé chef d'état-major de la division navale et fait bientôt voile vers le Levant, sur le Jupiter. Il débarque à Constantinople où un épouvantable incendie ayant éclaté à Péra et à Galata menace d'engloutir le plus riche quartier de la capitale. Le prince accourt alors à la tête de ses marins et dirige les plus actifs secours. Son intrépidité et celle de son équipage parviennent à préserver la ville du plus immense danger.

De Constantinople, Joinville rejoint son escadre à Smyrne et débarque à Toulon à la fin de décembre.

Le transfert des restes de Napoléon[modifier | modifier le code]

Le Transfert des cendres de Napoléon à bord de La Belle Poule, le 15 octobre 1840, Eugène Isabey

En 1840, le prince de Joinville participe au transfert en France des restes mortels de l'empereur Napoléon Ier.

Article détaillé : Retour des cendres.

Voyages[modifier | modifier le code]

Au mois de mai 1841, le prince de Joinville, embarqué sur la Belle-Poule, va visiter Amsterdam et tous les ports ou établissements maritimes de la Hollande. Il fait ensuite voile vers l'Amérique, visite le Cap-Rouge, Halifax, New York, Philadelphie, Washington puis revient en Europe par Lisbonne, où il est reçu par la reine Dona Maria, et rentre en France en janvier 1842.

Avec toute la famille Royale, il est consterné par la mort accidentelle de son frère, le prince royal Ferdinand-Philippe d'Orléans.

Au mois de juin suivant, il repart sur la Belle-Poule avec l'escadre aux ordres du vice-amiral Hugon. Il accompagne alors son jeune frère le duc d'Aumale à Naples, puis à Lisbonne, et se dirige vers le Brésil en faisant une halte à Saint Louis du Sénégal où il eut une fille pour arriver le 27 mars 1843.

Médaille gravée en 1840 par Caqué pour le retour des cendres de l'Empereur, bronze 52 mm
Revers de la médaille où est cité le Prince de Joinville

Ce voyage a pour but la demande en mariage de la princesse Dona Francisca de Bragança, fille de l'empereur Don Pedro Ier et sœur du futur empereur Don Pedro II et de la reine du Portugal Dona Maria.

L'union des deux princes est célébrée à Rio de Janeiro le 1er mai 1843.

Immédiatement après, le prince emmène son épouse en France où naîtront bientôt leurs deux enfants.

Le 31 juillet 1843, Joinville est nommé contre-amiral avec voix délibérative aux séances du Conseil d'Amirauté.

Le Maroc[modifier | modifier le code]

Après leur mariage, le prince et la princesse de Joinville vont rendre visite à la reine Victoria du Royaume-Uni.

En 1844, le gouvernement français, mécontent des agressions réitérées des Marocains et de l'asile que ceux-ci accordent à Abd El-Kader, exige de leur part une réparation. Une escadre est alors envoyée sur les côtes du Maroc sous le commandement du prince de Joinville.

Article détaillé : Expédition du Maroc (1844).

Le 7 mai 1846, celui-ci prend le commandement de l'escadre d'évolutions réunie en Méditerranée, composée de sept vaisseaux de ligne, dont le Souverain sur lequel il a dressé son pavillon, et deux frégates à vapeur. Passionné par les progrès très rapides des technologies nouvelles, le prince prend la tête de la commission chargée d'étudier l'organisation d'une marine à vapeur. Il apporte tout son appui à l'ingénieur Dupuy de Lôme.

Sur le terrain politique, l'opposition du prince à Guizot accroit sa popularité.

Le 3 juin 1847, Joinville fait rendre les derniers devoirs aux restes des prisonniers français de la Bataille de Bailén (guerre d'Espagne, 1808), morts de misère sur le rocher de Cabrera, et dont les ossements étaient restés sans sépulture.

Lorsqu'éclate la révolution de février 1848, le prince de Joinville se trouve à Alger, près de son frère le duc d'Aumale, gouverneur de l'Algérie depuis le mois de septembre 1847. Le 3 mars, les deux fils de Louis-Philippe s'embarquent sur le Solon pour le Royaume-Uni où ils rejoignent leurs parents proscrits.

Exilé avec sa famille, le prince participe aux côtés de ses neveux le comte de Paris et le duc de Chartres à la guerre de Sécession dans les rangs nordistes.

Revenu en France pendant la guerre de 1870, le prince combat clandestinement les armées prussiennes.

Élu aux élections de 1871, il devient député de la Manche et de la Haute-Marne.

Réintégré dans son grade, il est à nouveau exclu de la Marine par la loi d'exil de 1886.

Le prince de Joinville meurt à Paris le 16 juin 1900[1].

Il a laissé de savoureux Vieux Souvenirs illustrés de sa main, différentes études sur la Marine, l'État des Forces navales de la France, le gouvernement britannique et la guerre de Sécession.

Le joueur[modifier | modifier le code]

Connu comme joueur, il aurait déposé sa montre pour honorer une dette de jeu. Quelque peu honteux, il aurait alors prétendu l'avoir oubliée chez sa tante, d'où l'expression « ma tante » pour qualifier le mont-de-piété[2].

Références[modifier | modifier le code]

Joinville et les arts[modifier | modifier le code]

François d’Orléans apparaît dans Les Tuniques bleues, une bande dessinée française, dans l’album no 53 « Sang bleu chez les Bleus » ; il y est un des personnages principaux[3].

Le musée de la Vie romantique à Paris a acquis en 2005 le très beau portrait de la jeune princesse de Joinville peint en 1844, dès son arrivée en France, par Ary Scheffer. Il est exposé en permanence dans le salon Orléans de l'hôtel Scheffer-Renan

Joinville et le sport[modifier | modifier le code]

Formé très jeune à la gymnastique par le célèbre colonel Amoros (précurseur de l'éducation physique et sportive en France) et aux exercices d'acrobatie équestre par Laurent Franconi (écuyer en chef de la troupe du cirque Olympique, ou Cirque d'été, sur les Champs Elysées), François d'Orléans est un excellent sportif, non dénué de courage physique, et ses mémoires, les "vieux souvenirs", abondent en exploits audacieux, tant dans le cadre de son métier d'officier de marine que lors de ses voyages.

Francois d'Orléans apporta son patronage à la création de la Société des Régates du Havre en 1842 et à la Société des Régates de Brest en 1847, toujours existants aujourd'hui.

Le bateau-comité de la SRH, destiné à donner les départs de régate, est baptisé "Prince de Joinville" en son souvenir.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M. le Chanoine MARTIN, Premier aumonier de la Chapelle Saint-Louis, "La Chapelle Royale Saint-Louis, sépultures de la famille d'Orléans - Inscriptions gravées sur les tombes des princes et princesses défunts, avec la traduction française en regard", Typographie Firmin-Didot et Cie, Mesnil-sur-L'Estrée (Eure), 1919.
  2. Thierry Halay, Le Mont-de-Piété des origines à nos jours, L'Harmattan,‎ 1994, 170 p. (ISBN 2-7384-2943-2), p. 78.
  3. François d’Orléans apparaît dans un album des Tuniques bleues

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]