François Pyrard

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François Pyrard (vers 1578, Laval - vers 1623, Paris), navigateur et explorateur français. Il fut l'un des premiers Français à gagner les Indes.

Itinéraire de François Pyrard

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Fils et petit-fils de commerçants[1], propriétaire du Boisgarnier[2] à Argentré, il avait en outre des relations familiales avec la dynastie des Langlois, architectes lavallois. Son cousin germain est le jésuite Pierre Pyrard. François Pyrard parle lui-même de son pays natal qui est Laval, en Bretagne...[3]

Le chemin des Indes[modifier | modifier le code]

En 1601, la Compagnie des marchands de Saint-Malo, Laval et Vitré qui rêve des Moluques arme deux navires, le Corbin et le Croissant pour sonder le guay et chercher le chemin des Indes. L'objectif de cette mission était de sonder le gué, chercher un chemin des Indes et le montrer aux Français.

Marchand originaire de Laval, François Pyrard, non moins désireux de voir et d'apprendre que d'acquérir du bien[4], embarque à Saint-Malo le 11 mai 1601 à bord du Corbin.

Une expédition dangereuse[modifier | modifier le code]

Les deux bâtiments partirent de Saint-Malo le 18 mai 1601.

« Je n'avais jamais eu bonne opinion de notre voyage depuis l'embarquement, dit Pyrard, vu le mauvais ordre et le peu de police qui étaient dans nos navires. »

Un accident survenu au mât du Corbin et surtout les jurements et blasphèmes, le mauvais ordre et le peu de police dont il est témoin firent mal augurer du succès de la mission. Alarmés le 21 par une salve maladroite de vaisseaux hollandais qui avait endommagé la voilure du Corbin, les navigateurs passèrent le 3 juin devant les îles Canaries, le 12 au Cap-Vert, le 14 juillet le long des côtes de Guinée. Le 24 août, ils franchissaient la ligne de l'Équateur et relâchaient le 29 à l'île d'Annobon, où les Portugais tirèrent sur eux, tuèrent un homme et firent cinq prisonniers qu'ils ne relâchèrent que pour une forte rançon. Après une halte de 9 jours à l'île Sainte-Hélène (17-26 novembre), on doubla le cap de Bonne-Espérance le 27 décembre, et la tempête fut si violente pendant 4 jours en face de Madagascar que

« tous ceux qui avoient du jugement songeoient à leur conscience. »

Un séjour de quelques mois sur la côte dans un petit fort ne fit qu'aggraver l'état des malades, malgré le bon vouloir des insulaires. 41 succombèrent.

On repartit le 15 mai 1602, on jeta l'ancre le 23 devant les îles des Comores. Le 7 juin 1602 on quitta cet archipel. Après avoir repassé la ligne, le Croissant perdit le 1er juillet le bateau de sauvetage, puis le 2 juillet, le Corbin fit naufrage au milieu de la nuit sur les récifs des îles Maldives[5] par l'inexpérience du capitaine, et par le fait que tout l'équipage était ivre.

Le Croissant, averti du danger, s'éloigna des écueils et fit voile pour Sumatra (voir François Martin)[6].

Le naufrage[modifier | modifier le code]

Naufrage du Corbin

Ce furent des scènes horribles, parmi les naufragés,

« car les gens de mer laissent leur âme et leur conscience sur terre »

On parvint enfin à mettre un galion à la mer et l'on alla se jeter entre les mains des insulaires de l'île Pulodon. Pyrard et ses compagnons furent recueillis par les insulaires qui dépouillèrent les prisonniers et les dispersent dans les îlots voisins.

Les Maldives[modifier | modifier le code]

Pyrard fut mené avec deux de ses compagnons dans l'île de Paindoué[7]

Ils en furent réduits à manger des limaces ou des poissons morts. On finit par les employer à la pêche et aux plus durs travaux qu'on récompensait de quelques noix de coco, de miel ou d'une poignée de millet. Pyrard résista plus courageusement que ses compagnons, il apprit la langue des indigènes, se fit bien voir du seigneur de Pandoué, qui le conduisit plusieurs fois à Pudolon. Il y trouva les survivants du naufrage dans une misère affreuse.

Malé[modifier | modifier le code]

Au bout de trois mois et demi, un officier du roi de Malé proposa à Pyrard de l'emmener à la cour à Malé, résidence du roi, ce qu'il accepta au grand désespoir de ses 2 compagnons. Il se présenta au roi en observant scrupuleusement le cérémonial dont il s'était fait instruire, répondit avec à-propos à toutes les questions, fut admis tous les jours à l'audience et donna une telle opinion au roi de la grandeur du royaume de France qu'il demandait comment on avait laissé conquérir les Indes aux Portugais. Le roi le traita fort bien parce qu'il parlait facilement la langue du pays. Quelques-uns de ses compagnons en conçurent de la jalousie, d'autres furent punis de mort pour avoir essayé de s'évader ; il y en eut qui réussirent dans cette tentative. Le roi irrité défendit de continuer la distribution de vivres à ceux qui restaient, n'empêchant pas néanmoins les insulaires de leur donner des provisions s'ils le voulaient.

Pyrard ne fut pas moins bien accueilli des reines dont la curiosité, il est vrai, portait sur d'autres sujets. Il profita de la faveur royale pour appeler près de lui trois Français et cinq Flamands de ses compagnons d'infortune.

Pris à son tour par les fièvres du pays, il se vit pendant deux mois entre la vie et la mort, soigné comme son enfant par le seigneur auquel le roi l'avait confié, puis envoyé en convalescence à l'île de Bandou. À son retour, un double malheur l'atteignit : la mort d'un ami de Vitré et la colère du roi irrité de l'évasion des Flamands. À force de souplesse, il regagna la faveur, trafiqua avec les navires étrangers, devint quelque peu riche à la manière du pays, en marchandises et en arbres à cocos[8].

Le Bengale[modifier | modifier le code]

Il fit vœu, à la suite d'un rêve de bon augure, de faire le voyage de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, s'il revenait en terre chrétienne. Depuis cinq ans, Pyrard vivait dans ces îles, lorsque deux jours après ce vœu, le 7 février 1607, elles furent attaquées par une flotte du roi de Bengale. Pyrard alla trouver les étrangers, les priant de le sauver. On le prit pour un Portugais et on voulut lui ôter la vie, on le mit tout nu, et on le dépouilla de tout ce qu'il avait. Cependant, lorsque l'on eut reconnu qu'il était Français, on le traita plus humainement et on le conduisit au chef, qui le prit sous sa protection avec trois de ses compagnons.

Cochin[modifier | modifier le code]

Ils s'embarquèrent sur la flotte qui fit voile pour le Bengale. Au bout d'un mois l'on entra dans le port de Chartican. Le roi voulut les retenir, mais ils préférèrent prendre passage à bord d'un navire de Calicut qui transporta les quatre Français à Montingue, port voisin de Cananor ; ils gagnèrent ensuite Cilecut. Deux jésuites, qui jouissaient de la confiance du roi, leur conseillèrent d'aller à Cochin, promettant qu'ils seraient bien reçus des Portugais et facilement rapatriés ; c'était au mois de février 1608. Ce fut le contraire qui arriva. Les Portugais les arrêtèrent en route. On les jeta dans une barque à demi remplie d'eau. Ils supplièrent à genoux qu'on ne les laissât pas mourir sans confession. Les Portugais les envoyèrent garrottés à Cochin. À Cochin, la populace faillit les écharper et leur montra un gibet où se balançaient les cadavres de trois Hollandais. Le gouverneur se contenta pourtant de les faire jeter dans un cachot souterrain où les lampes s'éteignaient faute d'air, et où la chaleur était telle que les 130 malheureux enterrés là se dépouillaient de tous leurs vêtements. Pyrard réussit à faire passer une lettre au supérieur des Jésuites de Cochin qui leur procura la liberté sous caution.

Goa[modifier | modifier le code]

Pyrard ne sortit de captivité que pour être traîné malade à l'hôpital de Goa le plus beau, dit-il, qu'il y ait au monde. Il y fut soigné, puis jeté en prison, puis incorporé dans la milice portugaise. Il servit deux ans comme soldat et fut employé dans plusieurs expéditions qui lui donnèrent la facilité de connaître différentes parties des Indes et de recueillir des renseignements sur celles qu'il ne vit pas. Il était de retour depuis six mois, lorsqu'il fut mis en prison avec tous les étrangers qui se trouvaient à Goa.

Le voyage du retour[modifier | modifier le code]

Enfin, au milieu de l'hiver 1609, quatre grandes caraques arrivèrent de Lisbonne portant un ordre royal qui interdisait à tout Français, Anglais ou Hollandais de séjourner aux Indes. Pyrard et ses compagnons ne demandaient pas autre chose. Ils eurent encore recours aux Jésuites, en reçurent des secours en argent et en vivres. Pyrard et trois Français partirent le 30 janvier 1610. Alertes à la vue d'une flottille hollandaise, le 8 février, relâche forcée à l'île de Diego-Rodriguez le 15 mars, tempête en vue du Cap de Bonne-Espérance, révolte à bord, escale à Sainte-Hélène, le 5 juin, atterrissement au Brésil où l'accueil fut plus humain, telles furent les étapes et les incidents de cette traversée pendant laquelle 250 passagers ou matelots étaient morts.

L’Espagne, puis la France[modifier | modifier le code]

Rien ne retient Pyrard, il s'embarque au mois d'octobre, et le 20 janvier 1611, il débarqua aux îles de Bayonne, dans une baie de la côte de Galice ; il profita du voisinage pour accomplir un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il ne mit ensuite que trente-six heures à faire la traversée d'un petit port de Galice à La Rochelle, et trouvait à une grosse foire à Niort des marchands lavallois avec lesquels, le 16 février il revint à Laval.

« dont Dieu soit loué ! »

Il régla avec son oncle Julien Hayeneuve, ses affaires d'intérêt[9] Il écrivit une première rédaction de ses mémoires qu'il porta à Paris, et le récit de ses aventures lui valut la protection de personnages puissants. Le président Pierre Jeannin lui conseilla de publier la relation de ses voyages.

Une procuration du 24 décembre 1611 le dit toujours demeurant à Laval mais estant de présent en cette ville de Paris, rue des Noyers, paroisse de Saint-Benoist[10]. Il mourut sans doute après novembre 1622, car on ne connait plus aucun acte où il figure, si ce n'est peut-être un prêt fait en 1623 à Pierre Le Clerc, son compatriote, tombé malade à Paris ; service qui peut-être d'ailleurs attribué à François Pyrard, cousin du voyageur et procureur au Parlement de Paris.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Elle parut sous ce titre : Discours du voyage des François aux Indes orientales, ensemble des divers accidents, adventures et dangers de l'autheur en plusieurs royaumes des Indes, etc. Traité et Description des animaux, arbres et fruits des Indes, etc., plus un bref avertissement et advis pour- ceux qui entreprennent le voyage des Indes., Paris,. 1611, in-8[11].

Pyrard a vu, étudié, appris, mais ne s'est pas enrichi, et il se voit comme un naufragé. Mais il sait mettre en valeur son odyssée auprès des notables parisiens. Jérôme Bignon, membre de la famille Bignon Blason famille fr Bignon.svg, originaire de Saint-Denis-d'Anjou, avocat général et géographe, protégé de Henri IV, le fit venir chez lui, le questionna, et tira de ses réponses, ainsi que des entretiens qu'il eut avec lui, des renseignements beaucoup plus amples que ceux qui étaient contenus dans le Discours.

Ces matériaux, soigneusement transcrits, furent confiés à Pierre Bergeron, qui les mit en ordre et les publia sous ce titre : Voyages des François aux Indes orientales, Maldives, Moluques et au Brésil, depuis 1601 jusqu'en 1611, Paris, 1615, 2 vol. in-8[12].

Enfin Pierre Duval fit imprimer : Voyage de François Pyrard, de Laval, contenant sa navigation aux Indes orientales, etc., divisé en trois parties. Nouvelle édition., revue, corrigée et augmentée, etc., Paris, 1679, in-4[13].

On trouve des extraits de la relation de Pyrard dans plusieurs recueils de voyages, écrits en français ou dans les langues étrangères. Une édition anglaise par Albert Gray a été donnée en trois volumes en 1887-1890.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Voyage de François Pyrard de Laval contenant sa navigation aux Indes orientales, Maldives, Moluques, et au Brésil : et les divers accidens qui lui sont arrivéz en ce voyage pendant son séjour de dix ans dans ces pays. Avec une description exacte des mœurs, loix, façons de faire, police et gouvernement; du trafic et commerce qui s'y fait; des animaux, arbres, fruits et autres singularitez qui s'y rencontrent, divisé en trois parties. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée de divers traitez et relations curieuses, avec des observations géographiques sur le présent voyage...Paris: Thiboust, 1619)
  • Voyage du capitaine Phipps dans la mer glaciale du nord / Voyage de Pyrard de Laval aux îles Maldives. G.Difour et Ed.d'Ocagne. 1827[14].
  • La dernière édition de cette relation de voyage remontait à 1679. Réédité par Chandeigne en 1999 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'est pas le premier connu de sa famille à Laval. Jean Pyrard, son grand-père, marchand-tissier, sieur du Boisgarnier (Argentré), 1525, procureur de fabrique à la Trinité de Laval, 1566, parrain d'un de ses petits-enfants, 1571, laissait veuve l'année suivante Guillemine Leroy. Son père, François Pyrard avait épousée Marie Journée et se trouvait par alliance beau-frère de Julien Loriot, de Jacques Moreau, de Guillaume Saibouez, de Julien Hayeneuve, de François Devernay, tous notables à Laval. Les deux époux, morts en 1603, laissaient trois enfants mineurs : Etienne (mort en 1608), Jean et Robert qui habitait Paris en 1615 ; Marie était mariée à François Langlois, marchand-tailleur suivant la cour ; elle revint mourir à Laval vers 1612 et demandait à être inhumée près de ses parents devant l'autel de Saint-Jean à la Trinité de Laval.
  2. François Pyrard, frère aîné des enfants de Marie Journée, rendait déjà aveu en 1594 de la terre du Boisgarnier dont il garda le titre même depuis son retour en France alors qu'il ne possédait plus rien au pays de Laval.
  3. * Son origine est l'objet d'une polémique au XIXe siècle. S'appuyant sur l'avis de Jules de Saint-Genois, le Magasin Pittoresque publiait en mars 1866, la note suivante : Disons en présent que Pyrard n'était pas né à Laval. Steimbert, près Verviers (Belgique) est le lieu réel de sa naissance. Plus tard, l'auteur de cet article, M. Denis, conservateur de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève a ajouté que la famille Pyrard "existe encore, dit-on, dans les villages de Mangoubroux et de Heusy, près de Verviers, et l'abbé Duval Pyrau (...) a réclamé les liens qui l'attachaient au vieux voyageur". Ajoutons pour l'option belge que Pirard était évêque de Liège de 832 à 840.
    • En 1889, Jules Le Fizelier, s'est attaché à garder pour Laval et pour la France notre François Pyrard. Pour lui, le nombre des hommes célèbres nés à Laval n'est pas grand, c'est une raison pour ne pas le laisser diminuer. Robert de la Croix dans son ouvrage Les Bretons à la découverte du Monde verra en Pyrard un petit marchand breton avide de revoir la douce lumière de son pays natal et sentir l'odeur des ajoncs...
  4. Il liquida sa fortune, cédant pour 480# à Julien Hayeneuve, son oncle, sa part du Boisgarnier et de la Morelière.
  5. Que le capitaine du Croissant s'obstinait à prendre pour celles de Diego-de-Reys.
  6. Le Croissant, qui réussit à atteindre les Moluques, sombre lors de son retour près des Açores.
  7. « Ainsi écartés et séparés les uns des autres en ces îles, dit-il, nous souffrîmes toutes sortes d'afflictions et misères, pressés de famine, couchés sur la dure, au dehors, sans couvert, exposés aux injures de l'air et des pluies qui étaient alors continues, parce que c'était leur hiver. Joint que les eaux de toutes ces îles sont si malsaines pour tous étrangers qui n'y sont point accoutumés, et l'intempérature de l'air si grande, que j'ai remarqué durant mon séjour que ceux du dehors et toutes sortes d'étrangers, même des Indiens de la terre ferme et des autres îles, n'y peuvent faire une longue demeure que presque tous ne deviennent malades et que la plupart n'y meurent.. Aussi grande partie de mes compagnons ne demeurèrent guère là qu'ils ne mourussent. »

  8. « Je servais le roi comme l'un de ses domestiques, dit Pyrard, prêt à faire tous ses commandements. J'étais fort bien auprès de lui et des reines, qui souvent s'enquéraient des façons de vivre des Français, de leurs mœurs, habits, et principalement des habits de dames de France et de notre religion. Le roi me donna un logis à part, assez près de lui, et tous les jours on m'apportait de sa maison du riz et des provisions nécessaires pour ma vie ; il me bailla aussi un serviteur pour me servir, outre quelque argent et d'autres présents dont il m'accommoda ; par le moyen de quoi je devais quelque peu riche à la manière du pays, à laquelle je me conformais au plus près qu'il m'était possible, et à leurs coutumes et façons de faire, afin d'être mieux venu parmi eux. Je trafiquais avec les navires étrangers, qui arrivaient là, avec lesquels j'avais même pris une telle habitude, qu'ils se confiaient entièrement à moi, me laissant une grande quantité de marchandises de toutes les sortes pour vendre en leur absence ou pour garder jusqu'à leur retour, dont ils me donnaient une certaine partie. J'avais quantité de poços à moi, qui est là une espèce de richesse, que je faisais accoutrer par des ouvriers, qui sont gens qui se louent pour cet effet, Bref, il ne me manquait rien que l'exercice de la religion chrétienne, dont il me fâchait fort d'être privé comme aussi de perdre l'espérance de jamais revenir en France. »

  9. Elles étaient depuis longtemps en souffrance par acte passé devant Croissant, notaire à Laval, le 18 mai 1611. Il se trouva, tout compte fait, à la tête d'une somme de 152# 18 sols 4 deniers
  10. Il vendit encore pour 75# sa part dans la succession de Marie Saybouez, sa cousine, puis le 2 novembre 1622, d'accord avec son frère Robert, ce qui leur revenait de celle de Marie Pyrard
  11. Le Discours est dédié à la reine régente, et les Traité et description des animaux, etc., avec l'advis, au président Jeannin. Le succès de ce petit livre fixa l'attention sur Pyrard. Il donne dans son ouvrage d'intéressants détails sur les îles de l'océan Indien et sur les terres qui le bordent. L'auteur décrit mœurs, sites, hommes et événements historiques en une relation qui est plus un guide pour la compréhension des peuples que le récit d'une aventure personnelle. Les deux premières parties du livre sont la relation du voyage ; la troisième est constituée d'un ensemble de traités thématiques et d'observations géographiques.
  12. La narration est beaucoup plus détaillée que dans le premier ouvrage. Quelquefois les circonstances diffèrent un peu entre elles, mais le fond est le même cette édition est enrichie d'un vocabulaire de la langue des Maldives. En 1620 paraîtra une 3e édition augmentée.
  13. Duval, selon la Biographie universelle quoiqu'il se vante de donner une édition du voyage de Pyrard plus correcte et plus ample que les précédentes, et d'y avoir ajouté quelques discours fort curieux, a été assez maladroit pour omettre le vocabulaire des Maldives. II a au reste dressé une carte ou routier de ce voyage pour l'ornement du livre. On ne peut que partager son opinion, lorsqu'il dit que la relation de Pyrard est une des plus exactes et des plus agréables que l'on puisse lire. Il y a, s'écrie-t-il, des aventures si extraordinaires, qu'elles passeraient pour des incidents de roman, si l'on n'était pas persuadé de la sincérité de l'auteur, qui, n'étant pas homme savant, avait eu la précaution de prendre les avis des plus savants hommes de son temps. Quiconque a lu les voyages de Pyrard confirme ce jugement. Il faut qu'il ait eu une mémoire prodigieuse pour s'être souvenu de tout ce qui lui était arrivé durant un si grand nombre d'années et dans les divers pays où il était allé. On suppose difficilement qu'il ait tenu un journal, ou qu'il ait pu le conserver au milieu des événements de sa vie agitée. Il se plaint même de ce que la méfiance des Portugais ne lui permît pas de s'instruire de beaucoup de choses qu'il aurait voulu connaître. II n'avait pas fait beaucoup d'études ; mais son bon sens, son esprit observateur et sa sincérité l'ont mis à même de donner un livre excellent sur un pays peu connu. Des voyageurs anglais, qu'un malheureux hasard ayait jetés, de même que lui sur les Maldives, ont par leurs récits confirmé son témoignage..
  14. Précédé d'une courte notice des voyages entrepris pour trouver un passage au Japon et à la Chine par le Nord-Est. Bibliothèque géographique de la jeunesse ou recueil de voyages intéressant dans toutes les parties du monde, enrichis de carte géographiques coloriées et de vignettes. Traduit de l'allemand et de l'anglais et mis à la portée des jeunes par M.Breton.
  15. Préface de Geneviève Bouchon ; notes de Xavier de Castro.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Meyer, La nature des contacts entre Sud-asiatiques et Européens avant l'ère coloniale : Robert Knox à Kandy et François Pyrard aux Maldives (conférence donnée à l'INALCO, Université Dauphine, le 3 mai 2000), Centre d'études et de recherches sri lankaises, Paris, 2000, 8 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]