François Pyrard

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François Pyrard (vers 1578, Laval - vers 1623, Paris), navigateur et explorateur français. Il fut l'un des premiers Français à gagner les Indes.

Itinéraire de François Pyrard

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils et petit-fils de commerçants[1], propriétaire du Boisgarnier[2] à Argentré, il avait en outre des relations familiales avec la dynastie des Langlois, architectes lavallois. Son cousin germain est le jésuite Pierre Pyrard[3]. François Pyrard parle lui-même de son pays natal qui est Laval, en Bretagne...[4]

Le Voyage[modifier | modifier le code]

Le chemin des Indes[modifier | modifier le code]

En 1601, la Compagnie des marchands de Saint-Malo, Laval et Vitré qui rêve des Moluques arme deux navires, le Corbin[5] et le Croissant[6] pour sonder le guay et chercher le chemin des Indes. L'objectif de cette mission était de sonder le gué, chercher un chemin des Indes et le montrer aux Français.

Marchand originaire de Laval, François Pyrard, non moins désireux de voir et d'apprendre que d'acquérir du bien[7], embarque à Saint-Malo le 11 mai 1601 à bord du Corbin. François Martin, originaire de Vitré embarque lui à bord du Croissant, et sera aussi à l'origine de la relation de son voyage.

Une expédition dangereuse[modifier | modifier le code]

  • 18 mai 1601 : Départ de Saint-Malo.
  • Pyrard, homme profondément religieux, est vivement choqué des façons des marins et de leurs continuels blasphèmes[8]. Un accident survenu au mât du Corbin, le mauvais ordre et le peu de police dont il est témoin font mal augurer du succès de la mission.
  • 3 juin 1601 : Passage devant les îles Canaries
  • 12 juin 1601 : Passage au Cap-Vert
  • 21 juin 1601 : Une salve provenant de vaisseaux hollandais endommage la voilure du Corbin
  • 14 juillet 1601 : Passage le long des côtes de Guinée.
  • 24 août 1601 : Passage de la ligne de l'Équateur
  • 29 août 1601 : On jette l'ancre en vue à l'île d'Annobon. Les Portugais tirent sur eux, tuent un homme et font cinq prisonniers qu'ils ne relâchèront que pour une forte rançon.
  • 17-26 novembre 1601 : Halte de 9 jours à l'île Sainte-Hélène
  • 27 décembre 1601 : Passage du cap de Bonne-Espérance
  • janvier 1601 : Tempête violente pendant 4 jours en face de Madagascar[9]
  • 18 février 1602 : le Croissant et le Corbin, après différentes péripéties , se rejoignent à Madagascar, dans la baie de Saint-Augustin. Les tempêtes ont beaucoup fatigué les navires et éprouvé les équipages.
  • Un séjour de quelques mois sur la côte dans un petit fort est effectué. Il aggrave l'état des malades, malgré le bon vouloir des insulaires. 41 succombent.
  • 15 mai 1602 : Le bateau rédépart.
  • 23 mai 1602 : On jette l'ancre devant les îles des Comores, pour trouver un air plus sain pour les malades
  • 7 juin 1602 : On repart au bout de 15 jours. Le temps est favorable, mais l'inexpérience et l'entêtement de La Bardelière vont causer une catastrophe qui empêchera tout le succès de l'expédition.
  • 1er juillet 1602 : Perte du bateau de sauvetage sur le Croissant
  • 2 juillet 1602 : On signale du Corbin de grands bancs de rochers entourant de petites îles. On prévient le capitaine que l'on se croyait en vue des îles Maldives. Le capitaine du Croissant s'obstient à prendre pour les îles de Diego-de-Reys et ordonne de continuer à gouverner vers l'est.
  • 3 juillet 1602 : Au réveil, le navire talonne deux fois avec force sur un récif et se couche aussitôt sur le flanc. Le Corbin fait naufrage au milieu de la nuit sur les récifs des îles Maldives par l'inexpérience du capitaine, et par le fait que tout l'équipage était ivre. Grout du Closneuf, retenu au lit par la maladie, estt hors d'état de prescrire aucune mesure. Au jour, on vit en dehors de la ligne de brisants que le Corbin; les naufragés ne pouvaient plus fonder d'espoir que sur eux-mêmes.
  • Le Croissant, averti du danger par coups de canon, s'éloigne des écueils et fait voile pour Sumatra (voir François Martin)[10].

Le naufrage[modifier | modifier le code]

Naufrage du Corbin

Ce sont des scènes horribles, parmi les naufragés,

« car les gens de mer laissent leur âme et leur conscience sur terre »

.

On parvient enfin à mettre un galion à la mer après deux jours de travail, et à quitter le navire battu par les vagues. Les marins prennent terre dans l'île de Pulodou (Maldives) avec quelques marchandises et le peu d'argent qu'ils avaient pu recueillir. Les insulaires ne se montrent pas absolument hostiles; mais ils enlevent les armes des naufragés et leur font voir qu'ils ne sont plus entièrement maîtres de leur liberté, mais prisonniers.

Les Maldives[modifier | modifier le code]

Quelques-uns sont envoyés au Roi dans l'île Malé ; Pyrard et deux autres de ses compagnons sont conduits dans l'île de Pandoué. Pendant tout un hiver[11], ils n'avaient pour abri qu'un toit de roseaux supporté par 4 piliers de bois, laissant passage à la pluie et aux vents. On finit par les employer à la pêche et aux plus durs travaux qu'on récompensait de quelques noix de coco, de miel ou d'une poignée de millet. Souvent ils étaient réduits à n'avoir pour nourriture que les coquillages de la côte, ou les poissons qui venaient s'échouer sur le rivage. Pyrard, plutôt que de se laisser abattre, réfléchit aux moyens d'améliorer son sort. II napprit la langue des indigènes et en peu de temps il peut se faire entendre. Dès-lors il gagne l'affection du chef de l'île, Aly Pandio, auquel il explique les cartes marines du vaisseau, le mouvement de la boussole, et qu'il renseigna sur les mœurs et usages des Européens.

Malé[modifier | modifier le code]

Au bout de trois mois et demi, un officier du roi de Malé propose à Pyrard de l'emmener à la cour à Malé, résidence du roi. Il accepte au grand désespoir de ses 2 compagnons. Pyrard, introduit à la cour, fait son compliment non-seulement dans la langue, mais encore conformément aux usages des Maldives. Il répond avec à-propos à toutes les questions, et est admis tous les jours à l'audience[12] avec tous les autres courtisans. Il charge celui qui l'avait amené de pourvoir à son logement.

L'usage du pays voulait que les hommes de la cour reçussent du roi le riz et les autres provisions. Pyrard se voit donc assuré d'une nourriture plus abondante et meilleure que lors de sa capture à l'île Pulodou. Il était bien traité car il parlait facilement la langue du pays. Pyrard est aussi bien accueilli des reines dont la curiosité portait sur d'autres sujets : habillement, religion. Il profite de la faveur royale[13]. pour appeler près de lui trois Français et cinq Flamands de ses compagnons d'infortune.

Pris à son tour par la malaria, il est pendant deux mois entre la vie et la mort, soigné comme son enfant par le seigneur auquel le roi l'avait confié, puis envoyé en convalescence à l'île de Bandou.

À son retour, un double malheur l'atteint :

  • la mort d'un ami de Vitré
  • la colère du roi irrité de l'évasion des Flamands.

Pyrard fut soupçonné de complicité avec eux et privé des secours du roi. Le roi irrité défendit de continuer la distribution de vivres à ceux qui restaient, n'empêchant pas néanmoins les insulaires de leur donner des provisions s'ils le voulaient.

À force de souplesse, Pyrard re-rentre en grâce. Le roi le comble de biens, les courtisans lui porte de l' affection. Il tire quelques profits du trafic qu'il lui était permis de faire avec les navires étrangers. Il devint quelque peu riche à la manière du pays, en marchandises et en arbres à cocos. Pyrard vit ainsi plusieurs années. Il s'accommode de son mieux dans une position extraordinaire et ne songe guère à un retour qui lui semblait devenu à peu près impossible. Selon lui, il ne lui restait rien à désirer, hors le libre exercice de sa religion.

Pirates du Bengale[modifier | modifier le code]

Pyrard fait le vœu, à la suite d'un rêve, de faire le voyage de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice, s'il jamais il revient en terre chrétienne. Depuis cinq ans, Pyrard vit dans ces îles des Maldives.

Deux jours après ce vœu, le 7 février 1607, le roi de Malé, trahi par un pilote perfide, voit arriver un matin une flottille composée de seize galiotes. Il n'a pas les moyens de se défendre; il essaie de fuir et est tué. Ses îles passent au pouvoir des pirates du Bengale. Pyrard va trouver les étrangers, et les prient de le sauver. Il est pris pour un Portugais et on veut le tuer. Il est mis tout nu, et dépouillé de tout. Reconnu comme Français, il est traité plus humainement. Il est conduit au chef des Pirates, qui le prend sous sa protection avec trois de ses compagnons. Il part avec ses nouveaux maîtres pour Malicut.

Cochin[modifier | modifier le code]

Ils s'embarqunt sur la flotte qui fait voile pour le royaume du Bengale. Au bout d'un mois, la flotte entre dans le port de Chartican. Le roi veut les retenir. Voulant revenir au pays, ils apprennent au Bengale que des navires hollandais viennent fréquemment relâcher à Calicut. Ils préférent prendre passage à bord d'un navire de Calicut qui transporte les quatre Français à Montingue, port voisin de Cannanore ; ils peuvent gagner ensuite Calicut.

Arrivé à Calicut, les princes indigènes qu'il visite cherchent tous à le retenir près d'eux. Au mois de février 1608, deux jésuites, qui jouissaient de la confiance du roi, leur conseillent d'aller à Cochin, promettant qu'ils seraient bien reçus des Portugais et facilement rapatriés.

C'est le contraire qui arriva. Les Portugais les arrêtèrent en route, peu satisfaits de voir un Français dans ces parages, où ils veulent trafiquer seuls. On les jeta dans une barque à demi remplie d'eau. Ils supplièrent à genoux qu'on ne les laissât pas mourir sans confession. Les Portugais les envoyèrent garrottés à Cochin.

À Cochin, la populace faillit les écharper et leur montra un gibet où se balançaient les cadavres de trois Hollandais. Le gouverneur se contenta pourtant de les faire jeter dans une tour sans porte, dans laquelle on descend les gens comme dans un puits. Les lampes s'éteignaient faute d'air, et la chaleur était telle que les 130 malheureux enterrés là se dépouillent de tous leurs vêtements. Pyrard réussit à faire passer une lettre au supérieur des Jésuites de Cochin qui leur procura la liberté sous caution.

Goa[modifier | modifier le code]

Pyrard ne sort de captivité que pour être traîné malade à l'hôpital de Goa[14]. Il y est soigné, puis jeté en prison, puis incorporé dans la milice portugaise.

Il ne tarde pas à remarquer qu'il est aussi important de cacher ses talents dans cette position nouvelle, qu'il lui avait auparavant été utile de les produire. Il feint de ne savoir ni lire, ni écrire, ni parler le portugais. Il se contente de montrer une docilité à toute épreuve.

Il servit deux ans comme soldat et fut employé dans plusieurs expéditions qui lui donnèrent la facilité de connaître différentes parties des Indes et de recueillir des renseignements sur celles qu'il ne vit pas. On l'envoie successivement à Ceylan, à Malacca, à Sumatra, à Java, puis à Ormus, à Cambaye et à Dieu. Il était de retour depuis six mois, lorsqu'il fut mis en prison avec tous les étrangers qui se trouvaient à Goa.

Le voyage du retour jusqu'au Brésil[modifier | modifier le code]

Enfin, au milieu de l'hiver 1609, quatre grandes caraques arrivèrent de Lisbonne portant un ordre royal qui interdisait à tout Français, Anglais ou Hollandais de séjourner aux Indes. Pyrard et ses compagnons ne demandent pas autre chose. Il a encore recours aux Jésuites, dont les instances déterminent enfin le vice-roi à le renvoyer en Europe avec deux de ses compagnons, et en reçurent des secours en argent et en vivres.

Pyrard et trois Français partent le 30 janvier 1610. Leur navire est alerté à la vue d'une flottille hollandaise, le 8 février, il fait une relâche forcée à l'île de Diego-Rodriguez le 15 mars.

Il rencontre une tempête en vue du Cap de Bonne-Espérance, puis révolte à bord. Le navire fait escale à Sainte-Hélène, le 5 juin. le navire dérive considérablement vers l'ouest, et échoue dans la baie de Tous les Saints, au Brésil en août. L'accueil y est plus humain. Ce sont les étapes et les incidents de cette traversée pendant laquelle 250 passagers ou matelots sont morts.

Salvador de Bahia[modifier | modifier le code]

Pyrard trouve à Salvador de Bahia un français de Marseille, qui lui procure chez un riche Portugais, ancien vice-roi, la charge de chef des esclaves avec un riche traitement. Le vice-roi en fonctions lui témoigne de l'estime et l'admet même à sa table. La liaison entre Ville haute et Ville basse à Salvador toujours été compliquée. Afin de faciliter le transport de marchandises, les religieux ont construit des grues (guindastes). La mention la plus ancienne de ces grues, due à Pyrard remonte à 1610[15].

L’Espagne, puis la France[modifier | modifier le code]

Il s'embarque au mois d'octobre 1610. Le 15 janvier 1611, il est en vue des côtes du Portugal. Près du port, le vent tourne et oblige de gouverner au nord. Le navire fait eau de toutes parts et à plusieurs reprises l'équipage pense que le bateau va couler. Pyrard regarde le danger qu'il court alors comme le plus grand de tous ceux auxquels il avait échappé depuis dix ans. Enfin la côte de Galice fut contournée. Le 20 janvier 1611, il débarque à Bayonne.

Il profite de la poisition pour accomplir un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice. Il ne met ensuite que trente-six heures à faire la traversée d'un petit port de la Corogne à La Rochelle dans une barque dont le patron, touché de ses infortunes, le reçut gratuitement. Il trouve à une grosse foire à Niort des marchands lavallois avec lesquels, le 16 février il rentre à Laval.

« dont Dieu soit loué ! »

Le retour à Laval[modifier | modifier le code]

Il régle avec son oncle Julien Hayeneuve, ses affaires d'intérêt[16] Il écrit une première rédaction de ses mémoires qu'il porte à Paris, et le récit de ses aventures lui vaut la protection de personnages puissants. Le président Pierre Jeannin lui conseille de publier la relation de ses voyages.

Une procuration du 24 décembre 1611 le dit toujours demeurant à Laval mais estant de présent en cette ville de Paris, rue des Noyers, paroisse de Saint-Benoist[17]. Il meurt sans doute après novembre 1622, car on ne connait plus aucun acte où il figure, si ce n'est peut-être un prêt fait en 1623 à Pierre Le Clerc, son compatriote, tombé malade à Paris ; service qui peut-être d'ailleurs attribué à François Pyrard, cousin du voyageur et procureur au Parlement de Paris.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Pyrard a vu, étudié, appris, mais ne s'est pas enrichi, et il se voit comme un naufragé. Après toutes ses infortunes, il n'aurait eu peut-être que la réputation d'un coureur d'aventures, s'il n'avait su rendre son expérience utile à ses contemporains par la publication du récit de ses voyages. Il ne se borne pas en effet à raconter sa propre histoire; il s'applique surtout à consigner tout ce qu'il juge devoir être avantageux aux navigateurs qui viendraient après lui.

Ses écrits parurent sous ce titre : Discours du voyage des François aux Indes orientales, ensemble des divers accidents, adventures et dangers de l'autheur en plusieurs royaumes des Indes, etc. Traité et Description des animaux, arbres et fruits des Indes, etc., plus un bref avertissement et advis pour- ceux qui entreprennent le voyage des Indes., Paris,. 1611, in-8[18].

Observateur exact et plein de jugement, il donne sur la géographie, l'histoire naturelle, les mœurs et la langue des pays qu'il avait visités, des détails précieux et intéressants. Il sait mettre en valeur son odyssée auprès des notables parisiens, et Jérôme Bignon, membre de la famille Bignon Blason famille fr Bignon.svg, originaire de Saint-Denis-d'Anjou, avocat général et géographe, protégé de Henri IV, le fit venir chez lui, le questionna, et tira de ses réponses, ainsi que des entretiens qu'il eut avec lui, des renseignements beaucoup plus amples que ceux qui étaient contenus dans le Discours.

Ces matériaux, soigneusement transcrits, furent confiés à Pierre Bergeron, qui les mit en ordre et les publia sous ce titre : Voyages des François aux Indes orientales, Maldives, Moluques et au Brésil, depuis 1601 jusqu'en 1611, Paris, 1615, 2 vol. in-8[19].

Enfin Pierre Duval fit imprimer : Voyage de François Pyrard, de Laval, contenant sa navigation aux Indes orientales, etc., divisé en trois parties. Nouvelle édition., revue, corrigée et augmentée, etc., Paris, 1679, in-4[20].

On trouve des extraits de la relation de Pyrard dans plusieurs recueils de voyages, écrits en français ou dans les langues étrangères. Une édition anglaise par Albert Gray a été donnée en trois volumes en 1887-1890.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Voyage de François Pyrard de Laval contenant sa navigation aux Indes orientales, Maldives, Moluques, et au Brésil : et les divers accidens qui lui sont arrivéz en ce voyage pendant son séjour de dix ans dans ces pays. Avec une description exacte des mœurs, loix, façons de faire, police et gouvernement; du trafic et commerce qui s'y fait; des animaux, arbres, fruits et autres singularitez qui s'y rencontrent, divisé en trois parties. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée de divers traitez et relations curieuses, avec des observations géographiques sur le présent voyage...Paris: Thiboust, 1619)
  • Voyage du capitaine Phipps dans la mer glaciale du nord / Voyage de Pyrard de Laval aux îles Maldives. G.Difour et Ed.d'Ocagne. 1827[21].
  • La dernière édition de cette relation de voyage remontait à 1679. Réédité par Chandeigne en 1999 :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'est pas le premier connu de sa famille à Laval. Jean Pyrard, son grand-père, marchand-tissier, sieur du Boisgarnier (Argentré), 1525, procureur de fabrique à la Trinité de Laval, 1566, parrain d'un de ses petits-enfants, 1571, laissait veuve l'année suivante Guillemine Leroy. Son père, François Pyrard avait épousée Marie Journée et se trouvait par alliance beau-frère de Julien Loriot, de Jacques Moreau, de Guillaume Saibouez, de Julien Hayeneuve, de François Devernay, tous notables à Laval. Les deux époux, morts en 1603, laissaient trois enfants mineurs : Étienne (mort en 1608), Jean et Robert qui habitait Paris en 1615 ; Marie était mariée à François Langlois, marchand-tailleur suivant la cour ; elle revint mourir à Laval vers 1612 et demandait à être inhumée près de ses parents devant l'autel de Saint-Jean à la Trinité de Laval.
  2. François Pyrard, frère aîné des enfants de Marie Journée, rendait déjà aveu en 1594 de la terre du Boisgarnier dont il garda le titre même depuis son retour en France alors qu'il ne possédait plus rien au pays de Laval.
  3. Ceci peut peut-être expliquer la bienveillance que François Pyrard possèdera auprès des Jésuites lors de son périple.
  4. * Son origine est l'objet d'une polémique au XIXe siècle. S'appuyant sur l'avis de Jules de Saint-Genois, le Magasin Pittoresque publiait en mars 1866, la note suivante : Disons en présent que Pyrard n'était pas né à Laval. Steimbert, près Verviers (Belgique) est le lieu réel de sa naissance. Plus tard, l'auteur de cet article, M. Denis, conservateur de la Bibliothèque de Sainte-Geneviève a ajouté que la famille Pyrard "existe encore, dit-on, dans les villages de Mangoubroux et de Heusy, près de Verviers, et l'abbé Duval Pyrau (...) a réclamé les liens qui l'attachaient au vieux voyageur". Ajoutons pour l'option belge que Pirard était évêque de Liège de 832 à 840.
    • En 1889, Jules Le Fizelier, s'est attaché à garder pour Laval et pour la France notre François Pyrard. Pour lui, le nombre des hommes célèbres nés à Laval n'est pas grand, c'est une raison pour ne pas le laisser diminuer. Robert de la Croix dans son ouvrage Les Bretons à la découverte du Monde verra en Pyrard un petit marchand breton avide de revoir la douce lumière de son pays natal et sentir l'odeur des ajoncs...
  5. De 200 tonneaux., commandé par François Le Grout du Closneuf
  6. De 400 tonneaux, commandé par Michel Frotet de la Bardelière.
  7. Il liquide sa fortune, cédant pour 480# à Julien Hayeneuve, son oncle, sa part du Boisgarnier et de la Morelière.
  8. « Je n'avais jamais eu bonne opinion de notre voyage depuis l'embarquement, dit Pyrard, vu le mauvais ordre et le peu de police qui étaient dans nos navires. »

  9. « tous ceux qui avoient du jugement songeoient à leur conscience. »

  10. Le Croissant, qui réussit à atteindre les Moluques, sombre lors de son retour près des Açores.
  11. « Ainsi écartés et séparés les uns des autres en ces îles, dit-il, nous souffrîmes toutes sortes d'afflictions et misères, pressés de famine, couchés sur la dure, au dehors, sans couvert, exposés aux injures de l'air et des pluies qui étaient alors continues, parce que c'était leur hiver. Joint que les eaux de toutes ces îles sont si malsaines pour tous étrangers qui n'y sont point accoutumés, et l'intempérature de l'air si grande, que j'ai remarqué durant mon séjour que ceux du dehors et toutes sortes d'étrangers, même des Indiens de la terre ferme et des autres îles, n'y peuvent faire une longue demeure que presque tous ne deviennent malades et que la plupart n'y meurent.. Aussi grande partie de mes compagnons ne demeurèrent guère là qu'ils ne mourussent. »

  12. Il donne une telle opinion au roi de la grandeur du royaume de France qu'il se demandait comment on avait laissé conquérir les Indes aux Portugais.
  13. « Je servais le roi comme l'un de ses domestiques, dit Pyrard, prêt à faire tous ses commandements. J'étais fort bien auprès de lui et des reines, qui souvent s'enquéraient des façons de vivre des Français, de leurs mœurs, habits, et principalement des habits de dames de France et de notre religion. Le roi me donna un logis à part, assez près de lui, et tous les jours on m'apportait de sa maison du riz et des provisions nécessaires pour ma vie ; il me bailla aussi un serviteur pour me servir, outre quelque argent et d'autres présents dont il m'accommoda ; par le moyen de quoi je devais quelque peu riche à la manière du pays, à laquelle je me conformais au plus près qu'il m'était possible, et à leurs coutumes et façons de faire, afin d'être mieux venu parmi eux. Je trafiquais avec les navires étrangers, qui arrivaient là, avec lesquels j'avais même pris une telle habitude, qu'ils se confiaient entièrement à moi, me laissant une grande quantité de marchandises de toutes les sortes pour vendre en leur absence ou pour garder jusqu'à leur retour, dont ils me donnaient une certaine partie. J'avais quantité de poços à moi, qui est là une espèce de richesse, que je faisais accoutrer par des ouvriers, qui sont gens qui se louent pour cet effet, Bref, il ne me manquait rien que l'exercice de la religion chrétienne, dont il me fâchait fort d'être privé comme aussi de perdre l'espérance de jamais revenir en France. »

  14. le plus beau, dit-il, qu'il y ait au monde
  15. (pt) Nivaldo Vieira de Andrade Junior, « A rede de ascensores urbanos de Salvador: do Guindaste dos Padres aos dias de hoje », sur IPHAN (consulté le 26 juin 2014)
  16. Elles étaient depuis longtemps en souffrance par acte passé devant Croissant, notaire à Laval, le 18 mai 1611. Il se trouve, tout compte fait, à la tête d'une somme de 152# 18 sols 4 deniers
  17. Il vendit encore pour 75# sa part dans la succession de Marie Saybouez, sa cousine, puis le 2 novembre 1622, d'accord avec son frère Robert, ce qui leur revenait de celle de Marie Pyrard.
  18. Le Discours est dédié à la reine régente, et les Traité et description des animaux, etc., avec l'advis, au président Jeannin. Le succès de ce petit livre fixa l'attention sur Pyrard. Il donne dans son ouvrage d'intéressants détails sur les îles de l'océan Indien et sur les terres qui le bordent. L'auteur décrit mœurs, sites, hommes et événements historiques en une relation qui est plus un guide pour la compréhension des peuples que le récit d'une aventure personnelle. Les deux premières parties du livre sont la relation du voyage ; la troisième est constituée d'un ensemble de traités thématiques et d'observations géographiques.
  19. La narration est beaucoup plus détaillée que dans le premier ouvrage. Quelquefois les circonstances diffèrent un peu entre elles, mais le fond est le même cette édition est enrichie d'un vocabulaire de la langue des Maldives. En 1620 paraîtra une 3e édition augmentée.
  20. Duval, selon la Biographie universelle quoiqu'il se vante de donner une édition du voyage de Pyrard plus correcte et plus ample que les précédentes, et d'y avoir ajouté quelques discours fort curieux, a été assez maladroit pour omettre le vocabulaire des Maldives. II a au reste dressé une carte ou routier de ce voyage pour l'ornement du livre. On ne peut que partager son opinion, lorsqu'il dit que la relation de Pyrard est une des plus exactes et des plus agréables que l'on puisse lire. Il y a, s'écrie-t-il, des aventures si extraordinaires, qu'elles passeraient pour des incidents de roman, si l'on n'était pas persuadé de la sincérité de l'auteur, qui, n'étant pas homme savant, avait eu la précaution de prendre les avis des plus savants hommes de son temps. Quiconque a lu les voyages de Pyrard confirme ce jugement. Il faut qu'il ait eu une mémoire prodigieuse pour s'être souvenu de tout ce qui lui était arrivé durant un si grand nombre d'années et dans les divers pays où il était allé. On suppose difficilement qu'il ait tenu un journal, ou qu'il ait pu le conserver au milieu des événements de sa vie agitée. Il se plaint même de ce que la méfiance des Portugais ne lui permît pas de s'instruire de beaucoup de choses qu'il aurait voulu connaître. II n'avait pas fait beaucoup d'études ; mais son bon sens, son esprit observateur et sa sincérité l'ont mis à même de donner un livre excellent sur un pays peu connu. Des voyageurs anglais, qu'un malheureux hasard ayait jetés, de même que lui sur les Maldives, ont par leurs récits confirmé son témoignage..
  21. Précédé d'une courte notice des voyages entrepris pour trouver un passage au Japon et à la Chine par le Nord-Est. Bibliothèque géographique de la jeunesse ou recueil de voyages intéressant dans toutes les parties du monde, enrichis de carte géographiques coloriées et de vignettes. Traduit de l'allemand et de l'anglais et mis à la portée des jeunes par M.Breton.
  22. Préface de Geneviève Bouchon ; notes de Xavier de Castro.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Meyer, La nature des contacts entre Sud-asiatiques et Européens avant l'ère coloniale : Robert Knox à Kandy et François Pyrard aux Maldives (conférence donnée à l'INALCO, Université Dauphine, le 3 mai 2000), Centre d'études et de recherches sri lankaises, Paris, 2000, 8 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]