François Poullain de La Barre

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François Poullain de La Barre, né en 1647 à Paris et mort en 1725 à Genève, est un écrivain, philosophe cartésien et féministe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

D’abord étudiant en théologie, François Poullain de la Barre adopte la philosophie de Descartes. Il devient prêtre dans la région de Champagne avant de se convertir au protestantisme en 1688. Après la révocation de l’Édit de Nantes, il s’exile à Genève où il enseigne.

Convaincu de l’injustice faite aux femmes et par l’inégalité de la condition féminine, il applique les principes cartésiens à la question des femmes et rédige de nombreux textes de philosophie sociale qui dénoncent les préjugés sexistes envers les femmes au XVIIe siècle soutenant les discriminations dont elles faisaient l’objet et font de lui l’un des champions de l’égalité sociale entre femmes et hommes et le précurseur des théories féministes.

En 1673, il fait paraître anonymement De l’égalité des deux sexes, discours physique et moral où l’on voit l’importance de se défaire des préjugez où il démontre que l’inégalité de traitement que subissent les femmes n’a pas de fondement naturel, mais procède d’un préjugé culturel. Il préconise que les femmes reçoivent une véritable éducation mais aussi de leur ouvrir toutes les carrières, y compris les carrières scientifiques.

Dans un autre ouvrage, toujours anonyme, De l’éducation des dames pour la conduite de l’esprit dans les sciences et dans les mœurs, Poullain de La Barre poursuit sa réflexion sur l’éducation des femmes, puis, quelques années plus tard, il défend avec ironie le point de vue sexiste répandu à son époque dans son ouvrage De l’excellence des hommes contre l’égalité des sexes par lequel il espère atteindre un plus grand nombre de personnes en ridiculisant les arguments patriarcaux.

Bayle a avancé l’hypothèse que Poullain aurait réfuté sa propre thèse parce qu’il se sentait menacé, mais les arguments antiféministes poussés jusqu’à l’absurde incitent au doute en ce qui concerne la sincérité de cette « réfutation ». Aussi, la place de Poullain de La Barre dans l’histoire du féminisme varie-t-elle considérablement d’un auteur à l’autre.

On doit à Poullain de La Barre la célèbre maxime L’esprit n’a pas de sexe. Simone de Beauvoir le cite en épigraphe au Deuxième Sexe en 1949 : « Tout ce qui a été écrit par les hommes sur les femmes doit être suspect, car ils sont à la fois juge et partie[1]. »

Listes des œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. Citation faite de mémoire, la phrase exacte étant : « Ainsi tout ce qu'en on dit les hommes doit être suspect, parce qu'ils sont juges et parties » (De l'égalité des deux sexes, éd. de 1676, p. 80).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Alcover, Poullain de la Barre : une aventure philosophique, Paris ; Seattle, Papers on French seventeenth century literature, 1981.
  • Elsa Dorlin, L’Évidence de l’égalité des sexes. Une philosophie oubliée du XVIIe siècle, Paris L’Harmattan, 2001 (ISBN 978-2-7475-0016-6).
  • Christine Fauré, « Poullain de la Barre, sociologue et libre penseur », Corpus no 1, 1985 p. 43-51.
  • Geneviève Fraisse, « Poullain de la Barre, ou le procès des préjugés », Corpus no 1, 1985 p. 27-41.
  • (en) Siep Stuurman, « Social Cartesianism : François Poulain de la Barre and the origins of the enlightenment », Journal of the history of ideas, 1997, vol. 58, no4, p. 617-640.
  • (en) Siep Stuurman, François Poulain de la Barre and the Invention of Modern Equality, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2004 (ISBN 978-0-674-01185-4). [compte-rendu]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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