François Peyrard

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François Peyrard (né à Vial dans la commune de Saint-Victor-Malescours (Haute-Loire), le ou 1760 suivant les sources[1], mort à Paris le ) est un professeur, érudit et philosophe français.

François Peyrard est acclamé par le monde scientifique international en identifiant dans le butin que Napoléon ramenait du Vatican, le manuscrit resté inconnu d'Euclide, le « Vaticanus graecus 190 », version la plus ancienne du célèbre géomètre grec, qu'il traduit par la suite en latin et en français et dont la dernière impression date de 2006.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié à Monistrol, il est envoyé au Puy-en-Velay pour y achever des études « des humanités et de la philosophie ». Devenu orphelin, cadet d'une fratrie de neuf enfants, il s'engage dans les Gardes-Françaises pour échapper à la prêtrise à laquelle sa famille le destine et pour partir à Paris. Il en profite pour continuer ses études.

En 1786, il ouvre un cours libre de mathématiques et de géométrie. Professeur et fin pédagogue, il définit son enseignement comme suit : « Paraissant aussi peu instruit que mes élèves, nous procéderons lentement en nous élevant par degrés d'idées sensibles aux idées plus composées, en suivant les méthodes des inventeurs. En géométrie, nous opérerons d'abord sur le terrain. J'éveillerai la curiosité de mes élèves et leur épargnerai toute espèce de dégoût. En outre, mes leçons seront gratuites pour ceux qui n'auront pas compris les matières enseignées ».

Très vite, il adopte les idées de la Révolution française[2]. À ce titre, il est parmi les auteurs d'un projet d'Instruction Publique (1793), commandé par le Conseil Général de Paris : « Montrer la vérité aux hommes, les détromper de leurs erreurs et de leurs préjugés, leur enseigner leurs droits et leurs devoirs, leur faire contracter l'habitude des actions utiles à la Société, faire passer dans leur âme l'horreur de la tyrannie et de la superstition, leur inspirer le saint enthousiasme de la liberté et de l'égalité, leur fournir les moyens de perfectionner leur industrie ; tel est le but que doit se proposer toute instruction établie pour le bonheur du peuple, et tel est le but que je me suis proposé dans le projet que je présente à la Commission de l'Instruction publique ».

Lorsque le conventionnel Lemoyne (du Velay) est envoyé en Auvergne et à Saint-Étienne pour y activer l'extraction du charbon et la fabrication des armes, il prend Peyrard, enfant du pays, pour secrétaire[3]. En 1795, au retour de cette mission, dont il a été le véritable chef, Peyrard est nommé bibliothécaire, puis rédacteur du journal de l'École Polytechnique.

C'est avec son arrivée que la bibliothèque va se constituer vraiment. Voulant en faire « un lieu de recherche et de délassement intelligent» il enrichit la collection, constituée de 564 volumes à son arrivée, à environ 10 000 ouvrages lorsqu'il quitte ses fonctions en 1804, année où il est nommé professeur au lycée Bonaparte.

Ce n'est pas parce qu'il a un destin national, qu'il oublie sa région d'origine. Il maintient des contacts assidus avec P. Palhion de Saint-Didier-en-Velay qui lui donne des nouvelles du pays en échange de conseils avisés.

Mais Peyrard restera surtout connu pour ses traductions et commentaires, toujours d'actualité, d'Archimède (1807) et d'Euclide, (1804, puis 1814-1818). Il traduit également l'intégralité des poésies d'Horace, ainsi que l'œuvre de Corneille Agrippa (De la supériorité de la femme au-dessus de l'homme et Traité de l'incertitude des sciences). Philosophe à ses heures, il est l'auteur de « De la Nature et de ses Lois » (1793-1794). Ce bref essai philosophique est un manifeste des principes qu'il souhaite diffuser dans la société.

Il meurt à l'Hôpital Saint-Louis à Paris le , laissant une œuvre jamais publiée, « les Coniques d'Appolonius ». La commune de Saint-Victor-Malescours inaugure une plaque à sa mémoire le .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs articles de journaux lui sont consacrés (Dépêche-Liberté et L'Espoir en 1952, le Renouveau en 1977, La Tribune-Le Progrès en 2009 et 2010), ainsi qu'une biographie romancée « Les aventures de François la République » de Jean Peyrard. Son nom est mentionné dans beaucoup de livres et revues (liste non exhaustive) :

  • en 1787 dans le Journal de Paris
  • dès 1840, dans La Loire Historique, Pittoresque et Biographique de Georges Touchard,
  • en 1845 dans la « Biographie Universelle Ancienne et Moderne »,
  • en 1875 dans « le voyage de Monnet dans la Haute-Loire et le Puy de Dôme »,
  • en 1887 par Maximilien Marie dans « l'Histoire des sciences mathématiques et physiques » Tome X,
  • en 1944 par Paul Ronin dans « D'Azur au Lion d'Argent »,
  • en 1948 dans l'histoire de « St Didier en Velay » de Vital Chausse,
  • dans « l'histoire de Saint Pal de Mons » par Jean Vigouroux et Paul Fournel,
  • dans le no 320 de la revue « L'histoire en Révolution » par Sophie-Anne Leterrier,
  • en 1989 dans un Bulletin de SABIX (Société des amis de la bibliothèque et de l'histoire de l'École polytechnique)[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]