François Marie d'Aboville

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François Marie d'Aboville
Comte François-Marie d'Aboville en costume de pair de France, Ferdinand de Laroche, XIXe siècle, musée Jeanne d'Aboville, La Fère.
Comte François-Marie d'Aboville en costume de pair de France, Ferdinand de Laroche, XIXe siècle, musée Jeanne d'Aboville, La Fère.

Naissance 23 janvier 1730
Brest (Finistère)
Décès 1er novembre 1817 (à 87 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Artillerie
Grade Lieutenant-général
Années de service 1744
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Première Coalition
Commandement Armée de la Moselle
Faits d'armes Bataille de Yorktown
Bataille de Valmy
Distinctions Légion d'honneur
(Grand officier)
Ordre de Saint-Louis
(Grand-croix)
Ordre de Cincinnatus
Autres fonctions Sénateur (Premier Empire),
Pair de France
Famille Famille d'Aboville

Le comte François-Marie d'Aboville, né le 23 janvier 1730 à Brest, mort le 1er novembre 1817 à Paris, était un général et homme politique français de la Révolution française et du Premier Empire.

Ses fils Augustin Gabriel d'Aboville et Augustin Marie d'Aboville furent comme lui, généraux d'artillerie sous la période révolutionnaire et du Premier Empire[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Famille d'Aboville.

François-Marie d'Aboville est le descendant d'une ancienne famille noble originaire de Normandie et compte dans sa famille de nombreux officiers. La filiation de la famille d'Aboville débute à la fin du XVe siècle avec Guillaume, Gilles, Jacques, Thomas et Jean d'Aboville, de la paroisse de Gonneville, en la sergenterie de Valognes[2],[3],[4],[5].

Bernardin d'Aboville, le père de François-Marie, est commissaire provincial et commandant de l’artillerie de Brest, où il naît le 23 janvier 1730. Son père décède l’année de la naissance de François-Marie. L’enfant est alors élevé par son oncle, le chevalier Julien d'Aboville, lieutenant-général, commandant en chef l'artillerie des armées aux ordres du maréchal de Saxe. C’est donc tout naturellement que le jeune homme choisit la carrière des armes et les progrès du jeune d'Aboville furent rapides dans une carrière que son oncle avait parcourue avec une « rare distinction[4] ».

Militaire sous Louis XVI[modifier | modifier le code]

Grâce à son oncle le général Julien d'Aboville dont il devient l'aide de camp, il entre au service en tant que surnuméraire. Il est à ses côtés à 17 ans à la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745, à la bataille de Lauffeld le 2 juillet 1747, ainsi qu'aux nombreux sièges des places flamandes de la guerre de Succession d'Autriche.

S'étant signalé dans la suite, pendant la Guerre de Sept Ans, sous les ordres du maréchal d'Armentières, notamment au siège de Munster en 1759, il passa successivement par tous les grades jusqu'à celui de colonel et prit, en cette qualité, une part à l'expédition d'Amérique.

François Marie d'Aboville arborant la croix de Saint-Louis et l'ordre de Cincinnatus, estampe de 1790.

Il organise pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis l'artillerie du Corps expéditionnaire français. Il participe en 1781 à la tête de l'artillerie de Rochambeau à la bataille de Yorktown. Il prend part à la reddition obtenue qui lui valut la reconnaissance des Américains et les témoignages du général britannique Cornwallis[6]. Les talents qu'il déploya dans cette circonstance valurent à d'Aboville le grade de brigadier d'infanterie, fait chevalier de Saint-Louis et la décoration de l'ordre de Cincinnatus.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Révolution française de 1789.

Il est promu maréchal de camp le 9 mars 1788. En 1789, il fait partie du comité militaire réuni à Paris, où il se fit remarquer par l'étendue de ses connaissances dans l'art de la guerre. Il y proposait d'importantes réformes, telles que la réunion de l'artillerie et du génie, et la création de l'artillerie à cheval, mesure qui fut adoptée. Il est l’un des promoteurs en France de l’artillerie attelée, notamment en introduisant l'usage des moyeux en métal[7]. Cette artillerie attelée avait été introduite dans l'armée prussienne trente ans auparavant par Frédéric Le Grand.

Lorsqu'en juin 1791, Louis XVI essaye d'échapper à la surveillance de l'Assemblée nationale législative et est arrêté à Varennes, d'Aboville envoie à l'assemblée l'assurance de son dévouement à la cause de la Révolution française. Il reçoit le commandement de l'artillerie de l’armée du Nord, sous le commandement général de Rochambeau. C'est à ce titre qu'il commande à la bataille de Valmy, sous le général Kellermann, l'artillerie qui décide de la victoire.

Du 29 mars 1793 au 28 avril 1793, il est à la tête, par intérim, de l'Armée de la Moselle. Lors de la défection de Dumouriez, il adresse une proclamation véhémente à l’armée, datée de Sarrelouis le 12 avril 1793 (an II de la République), s’élevant contre la trahison et la perfidie de ce dernier :

« Soldats, disait-il, le génie tutélaire de la liberté plane sur toute la surface de la France et la garantit de tous les conspirateurs et des traîtres.
Dumouriez, ce général perfide et insidieux, si longtemps l'idole de la nation entière et d'une armée qu'il avait conduite à la victoire, a traîtreusement abandonné le drapeau de la liberté, qu'il avait juré de défendre jusqu'à la mort, pour s'enrôler sous les bannières des despotes. Quelques jours il a pu égarer une partie de l'armée qu'il avait à ses ordres, et il a eu l'espoir féroce de déchirer le sein de la patrie par ceux mêmes à qui elle avait remis des armes pour la défense de la liberté.
L'audacieux et traître Dumouriez n'eut jamais les vertus d'un républicain. L'ambition dévorait son cœur, et l'égoïsme en fit un partisan de la Révolution ; il chercha à tourner à son avantage les succès des troupes qu'il commandait ; il fut trompé dans son espoir, et dès lors il résolut de trahir la patrie. Il chercha à ôter la confiance aux corps constitués et aux représentans du peuple souverain ; il sema l'esprit de discorde entre les troupes de ligne et les volontaires nationaux, comme si des frères d'armes devaient connaître d'autre rivalité que celle de la bravoure ; il dissémina en cantonnements étendus son armée affaiblie par sa folle entreprise de la conquête de la Hollande, et ménagea par ce moyen des certitudes de succès à l'ennemi.
Les vœux des représentans du peuple n'étaient pas encore dessillés ; il fut rappelé à la tête de l'armée de la Belgique, et après plusieurs combats où les troupes républicaines montrèrent un courage vraiment héroïque, et où les succès étaient à peu près balancés, il évacua le pays de Liège et la Belgique. Ses calomnies contre la Convention nationale redoublèrent à proportion de sa trahison, et il finit par lever le masque et se montrer ouvertement conspirateur. Il porta sa sacrilège audace jusqu'à faire arrêter quatre commissaires de la Convention nationale et le ministre Beurnonville, qu'il livra sur-le-champ à l'ennemi. Une presse à ses ordres inondait chaque jour son camp de proclamations séditieuses, et la plus tyrannique contrainte était employée pour détourner des troupes tout papier français ; mais le tyran se dévoila enfin à son armée. Il s'entoura d'une garde étrangère étant au milieu des Français. Dès cet instant, on l'a reconnu un astucieux scélérat ; il a été contraint de s'évader pour échapper à la juste vengeance des troupes qui l'auraient immolé à leur ressentiment. Ses complices l'ont suivi ; ils sont couverts de l'exécration publique et de l'infamie attachée au nom des traîtres. »

Il fut promu par la Convention nationale au grade de général de division le 28 avril 1793.

Mais, bientôt, il est lui aussi suspect. Rappelé à Soissons, il y est emprisonné en tant que noble, ainsi que sa famille. Le coup d'État du 9 Thermidor le rend à sa liberté.

Consulat et Premier Empire[modifier | modifier le code]

Il se voit confier, à sa sortie de prison en 1794, les travaux d’artillerie de diverses places fortes pour la reprise sur les « Impériaux » des villes de Valenciennes, Condé, Landrecies et Le Quesnoy. Il inspecte l’artillerie des places de Belgique et de Hollande et est nommé à son retour directeur de l'arsenal de Paris et président du comité central d'artillerie.

Après le 18 Brumaire, la charge de premier inspecteur général de l'artillerie, équivalente à celle de Grand maître), qui avait été supprimée, depuis la mort de M. de Gribeauval, en 1789, fut rétablie pour M. d'Aboville par le Premier Consul. Le 27 fructidor an X (14 septembre 1802), le général fut nommé membre du Sénat conservateur.

D'Aboville, vice-président du Sénat conservateur, au commencement de 1803, et titulaire de la sénatorerie de Besançon le 1er prairial an XII (21 mai 1804), reçut la mission d'aller chercher à Alexandrie, en Piémont le pape Pie VII et de l’accompagner à Paris, pour les cérémonies du sacre de Napoléon Ier. Il est nommé grand officier de la Légion d'honneur le 25 prairial an XII (14 juin 1804).

Au mois d'octobre 1805, il est nommé commandant des gardes nationales du Doubs et de deux autres départements voisins. Gouverneur de Brest le 26 mars 1807, il sera fait comte de l'Empire le 26 mai 1808.

En 1809, il se rend en Belgique où il prend le commandement d'une unité de réserve destinée au secours du port d’Anvers, assiégé par les Anglais (expédition de Walcheren).

Le 3 avril 1814, le comte d'Aboville adresse son adhésion aux mesures prises par le Sénat conservateur, se prononce pour la déchéance de Napoléon Ier et soutient le retour des Bourbons. Louis XVIII le remercie, le 4 juin, par un titre de pair de France, puis il le fait commandeur de Saint-Louis le 23 août suivant.

L’Empereur ne tint pas rigueur à d'Aboville de son évolution et le maintint, lui aussi, à la Chambre des pairs des Cent-Jours le 2 juin 1815. Ce dernier accepte, mais, le 5 juin, il adressa au président de la Chambre des pairs une lettre dans laquelle il lui annonçait que ses infirmités ne lui permettant point de sortir de chez lui, il lui serait impossible d'assister aux séances.

Restauration française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Seconde Restauration.

La seconde Restauration exclut d’Aboville de la liste des pairs, par application de l'ordonnance du 24 juillet 1815, mais exception fut faite, à un mois de là (14 août), en sa faveur, et il fut compris dans la nomination ultérieure de 94 nouveaux pairs.

François-Marie d’Aboville est fait grand-croix de Saint-Louis le 24 août 1817. Il meurt le 1er novembre 1817 à l’âge de 87 ans, doyen des pairs, à Paris, et est inhumé au Cimetière du Père-Lachaise (25e division)[8]. Dans la même sépulture reposent ses fils Augustin-Gabriel comte d'Aboville (1773-1820) et Augustin-Marie baron d'Aboville (1776-1843).

Tombe de d'Aboville (cimetière du Père Lachaise, division 25)

Sa descendance compte parmi les familles subsistantes de la noblesse d'Empire.

État de services[modifier | modifier le code]

Campagnes[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
 Blason Armes de la famille d'Aboville

De sinople, au château d'argent, ouvert, ajouré et maçonné de sable, flanqué de deux tours couvertes de toits pointus et girouettées du second. Supports : deux lions, au naturel.[10],[11],[12],[13],[14]

Orn ext comte sénateur de l'Empire GOLH.svg
Blason François Marie d'Aboville (1730-1817).svg
Armes du comte d'Aboville et de l'Empire

De pourpre au château flanqué de deux tours, le tout maçonné et ajouré de sable, la tour à sénestre surmontée d'un mât d'or sur lequel est hissé un pavillon de sinople porteur de trois lettres « L. N. G. » de sable, franc-quartier des comtes sénateurs.[9],[10],[15],[16],[17],[12]

Orn ext comte et pair GOLH.svg
Blason François Marie d'Aboville (1730-1817) Pair de France.svg
Armes du comte d'Aboville et pair de France

De sinople, au château flanqué de deux tours, couvertes de girouettes d'argent, ouvertes et ajourées de sable : adextré en chef d'un franc-quartier d'azur, au miroir d'or en pal, après lequel se tortille et se mire un serpent d'argent.[12]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste-Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 6, L'auteur,‎ 1826 (lire en ligne) ;
  • « Aboville (Marie-François, comte d') », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition]  ;
  • « François Marie d'Aboville », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition] ;
  • A. Lievyns, Jean Maurice Verdot et Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 1, Bureau de l'administration,‎ 1842 (lire en ligne) ;
  • Pierre Larousse : Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 15 volumes, (1863-1890).
  • Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, 1997. Notice d'Emmanuel Salmon-Legagneur.
  • Voir également le livre édité par le syndicat d'initiative de La Fère : "La Fère, son histoire" ainsi que le site https://sites.google.com/site/laferesyndinit/

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : au moins quatre rues portent son nom en Bretagne (1997).
  2. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 1er, pages 22 à 24 Article Aboville (d').
  3. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au XXIe siècle, année 2002, page 27.
  4. a et b Jullien de Courcelles 1826, p. 101
  5. Lievyns, Verdot et Bégat 1842, p. 223
  6. « C'est à M. d'Aboville que je rends les armes. »
  7. Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne. p. 22.
  8. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 39
  9. a, b et c « BB/29/974 page 110. », Titre de comte accordé à François Marie d'Aboville. Bayonne (mai 1808)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  10. a et b Johannes Baptist Rietstap, Armorial général : contenant la description des armoiries des familles nobles et patriciennes de l'Europe : précédé d'un dictionnaire des termes du blason, G.B. van Goor,‎ 1861, 1171 p. (lire en ligne), et ses Compléments sur www.euraldic.com
  11. Louis-Pierre d' Hozier, Armorial général de la France, vol. 7, Firmin-Didot,‎ 1868 (lire en ligne)
  12. a, b et c « Tout sur l'héraldique : dessin de blasons et d'armoiries », Noblesse impériale, sur toutsurlheraldique.blogspot.com (consulté le 24 juin 2011)
  13. Source : www.newgaso.fr
  14. Source : Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) sur www.heraldica.org
  15. ARMORIAL DU PREMIER EMPIRE, Par Philippe LAMARQUE, Index armorum : Michel POPOFF, Iconographie : Gregor JAKUBOWSKI – BARTHEL de WEYDENTHAL, Éditions du Gui, page 141
  16. Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy
  17. La noblesse d'Empire sur http://thierry.pouliquen.free.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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