François Louis Dedon-Duclos

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François Louis Dedon-Duclos
Naissance 21 octobre 1762
Toul (Meurthe)
Décès 19 janvier 1830 (à 67 ans)
Vanves (Hauts-de-Seine)
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Arme artillerie
Grade lieutenant général
Années de service 17771815
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes passage du Rhin à Kehl (1795)
Diersheim (1797)
Mannheim (1798)
siège de Saragosse (1809)
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, (12e colonne)

François Louis Dedon-Duclos, né à Toul (Meurthe), le 21 octobre 1762, mort à Vanves le 19 janvier 1830 fut général d’artillerie sous la Révolution et le Premier Empire.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Entré au service comme aspirant à l’école d'artillerie de Metz le 1er avril 1777, il en sort le 15 juillet 1780, avec le grade de lieutenant, et devient capitaine le 17 mai 1787.

Guerres de la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1792, il dirige l'artillerie d'une division de l'armée, successivement commandée par les généraux Kellermann et Custine ; il se trouve au combat du 3 août devant Landau, à la prise de Spire, et de Mayence, et aux combats du 2 décembre devant Francfort. À la fin de cette campagne, le général Custine lui confie la direction de l'artillerie de la place de Mayence.

L'année suivante, il assiste aux combats du 19 juillet et à la bataille du 22, sous les murs de la forteresse de Landau, puis entre dans cette place pour y prendre le commandement en chef de l'artillerie. Dans une sortie de la garnison, il reçoit un coup de feu à l'épaule gauche en dirigeant lui-même les troupes.

Il fait ensuite les guerres de l’An II et de l’An III (1793-1795) à l'armée du Rhin, est nommé le 10 floréal an III (29 avril 1795) chef du bataillon de pontonniers, dont on lui avait confié l'organisation. Le général Moreau lui donna la direction des pontons destinés au passage du Rhin, sous le fort de Kehl, et il s'acquitta avec habileté de cette mission.

Après le siège de Kehl, auquel il prit-part, il rend le même service à l'armée du Rhin, en facilitant le 1er floréal An V (19 avril 1797), le même passage à Diersheim. Cette action lui mérita, le 21 prairial, le brevet de chef de brigade et le commandement du corps des cantonniers.

Passé sous les ordres du général Augereau, il fait avec l'armée d'Allemagne la campagne de l’An VI (1798). L'année suivante, il est chargé de diriger le blocus d'Ehrenbreitstein, ainsi que le passage du Rhin vers Mannheim et Philippsbourg ; il reçoit à cette occasion une lettre de félicitation du Directoire.

Le colonel Dedon, passé à l’armée d’observation, commandée par Bernadotte, se distingue encore à la prise de Mannheim, puis, pendant la campagne d'Helvétie, sous Masséna, notamment au passage de la Limath, à Dieticon, qui contribue puissamment à la victoire de Zurich. Il était parvenu à organiser une flottille sur le lac de Constance, qui provoqua la retraite des Russes. Après le passage de la Limmat, Masséna embrasse Dedon, sur le pont qu'il avait établi, en présence de toute l'armée, et lui donna le grade de général de brigade. Cette nomination n’est pas confirmée.

Consulat et guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

En l'an VIII (1800), il est à l’armée du Danube, au nouveau passage du Rhin près de Schaffhouse, où il est blessé au poignet gauche. Envoyé à l'armée du Rhin, commandée par Moreau, il y fait la campagne de l'an IX. À la paix de Lunéville, le premier Consul lui confia le commandement du régiment d'artillerie à pied (12 prairial Én IX), et lui envoie un sabre de la manufacture de Versailles.

Appelé à la direction d'artillerie de Strasbourg, le 20 brumaire an XII, il est nommé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII (11 décembre 1803), et officier de cet Ordre le 25 prairial suivant. II organise pendant les Ans XII et XIII l'équipage d'artillerie de la Grande Armée, et fait construire quatre ponts sur le Rhin pour en faciliter le passage.

Nommé général de brigade, le 6 brumaire an XIV (28 octobre 1805), il va prendre le commandement de l'artillerie de l'armée du Nord. En 1806, l'Empereur lui confie la direction générale des parcs d'artillerie de l'armée de Naples ; il y commande l'artillerie au siège de Gaeta, où un éclat de bombe lui écorche la jambe droite. Il rétablit et réorganise les établissements napolitains, et le roi de Naples (Joseph Bonaparte) lui donne, le 3 novembre 1807, le grade de général de division et le titre de commandant en chef de l'artillerie des armées française et napolitaine.

Ayant reçu l'ordre de se rendre en Espagne, il y trouve, en 1808, des lettres de service du gouvernement français pour y commander en second, comme général de division, l'artillerie de siège et de campagne. Le 12 juillet l'Empereur le décore de la croix de commandeur de la Légion d'honneur.

Désigné, en 1809, pour prendre le commandement en chef de l'artillerie de siège de Saragosse et de l'armée d'Aragon, il donna dans ces deux circonstances de nouvelles preuves de capacité et de bravoure.

Article détaillé : Siège de Saragosse (1808).

Le général Dedon, qui prend une part glorieuse dans ce siège, continue à se signaler dans les expéditions qui suivent. Il se couvre de gloire aux batailles de Talavera et d'Ocana, puis est nommé, le 2 décembre 1810, colonel général de l'artillerie du roi d'Espagne.

Il prend part à l'expédition d'Andalousie et au passage de la Sierra-Morena. Il conserve cet emploi jusqu'en 1813, et assiste à l'expédition sur Torenès, à la retraite sur Valence, à l'expédition sur Salamanque, enfin, à la reprise de Madrid (1812).

Après la campagne de 1813, pendant laquelle il se fait remarquer à la bataille de Vitoria et dans toutes les affaires d’arrière-garde, depuis cette ville jusqu'à Kursum et au col de Maga, il prend le commandement de l'artillerie du 4e corps, figure avec gloire aux batailles de bataille de Leipzig, aux combats de Kosen, d’Auerstaedt et de Hanau. Il fait partie de l’arrière-garde jusque sur le Rhin. L'année suivante, il prend le commandement en chef des équipages de pont et se trouve enfermé dans Mayence.

Rentré en France après la reddition de cette place, l'Empereur refuse de le confirmer dans le grade de général de division[1].

Une ordonnance royale du 1er juin 1814 le reconnaît dans son grade de lieutenant-général pour prendre rang le 10 mai de cette-année. Louis XVIII le nomma chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le 16 juillet suivant.

Admis à la retraite le 24 décembre, le roi lui confie une mission importante dans le Midi. Il avait été remis en activité le 17 mars 1815, mais la marche rapide de Napoléon le retient à Paris. L'Empereur lui ayant conservé sa position par décret du 1er mai, il est réadmis à la retraite le 9 décembre 1815.

Le nom de cet officier est inscrit sur l’Arc de triomphe de l'Étoile, côté Est.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dedon protesta énergiquement, mais inutilement contre cette décision. La cause de sa défaveur auprès de Napoléon fut attribuée, à cette époque, à la publication d'un Mémoire dans lequel il donnait les plus grands éloges aux talents militaires du général Moreau. On a vu qu'il avait servi sous ses ordres.

Source[modifier | modifier le code]

« François Louis Dedon-Duclos », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]