François-Joseph de Gratet

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François Joseph de Gratet, vicomte du Bouchage (né à Grenoble le 1er avril 1749, mort le 12 avril 1821), est un général d'artillerie et homme politique français, ministre de la marine en 1792 et en 1815, ministre des affaires étrangères en 1792.

Sommaire

Biographie [modifier]

Né dans une famille noble du Bugey, établie en Dauphiné depuis le XVIe siècle, il est le quatrième enfant de Claude-François de Gratet, comte du Bouchage, avocat à la cour et chevalier d'honneur au Parlement du Dauphiné.

Comme son frère Marc-Joseph (1746-1829), François-Joseph embrasse la carrière militaire en entrant en 1763, à l'âge de quatorze ans, dans l'artillerie de France. Officier brillant, il est nommé chef de brigade le 1er novembre 1784 lors de la création du corps royal de l'artillerie des Colonies. De ce fait, il passe dans la marine, qu'il ne quittera plus.

Deux ans plus tard, au 1er mai 1786, il est sous-directeur, à Brest, de l'artillerie de marine. Devenu directeur au début de la révolution, il publie en 1791 un mémoire sur l'organisation des troupes de marine qui inspirera les législateurs pour leur décret du 14 juin 1792[1]. Une réponse du chevalier de Fautras à ce mémoire laisse entendre qu'il n'est toujours à cette date que sous-directeur.

Maréchal de camp et inspecteur général de son arme le 8 juillet 1792, il acceptera après deux rebuffades le 21 le portefeuille de ministre de la marine après le renvoi de Roland, puis celui de ministre des affaires étrangères.

Destitué le 10 août comme contre-révolutionnaire. Il conseillait à Louis XVI la résistance ; ce prince préféra se retirer au sein de l'Assemblée.

Le vicomte du Bouchage l'y accompagna donnant le bras à la Reine et tenant Madame par la main.

Le 13 août il quitta Paris, mais il n'émigra pas. Il fut arrêté quelques jours en 1805, comme soupçonné d'avoir des intelligences avec Londres.

Nommé commandeur de Saint-Louis en 1814, il resta inactif en apparence pendant les Cent-Jours.

Ministre de la marine le 27 septembre 1815, il eut l'idée de créer une École de marine à Angoulême ; il rétablit la caisse des Invalides.

Il se montra contraire à l'ordonnance du 5 septembre, et, par suite de cette opposition, dut remettre son portefeuille au comte Molé, le 22 juin 1817.

Il fut nommé pair de France,par ordonnance du roi du 25 juin 1817[2] et le même jour ministre d'État et membre du conseil privé, avec 20 000 francs de traitement.

Il épouse Charlotte Roland de Saulx en 1787, morte en 1804, sans enfants.

Il mourut le 12 avril 1821. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (22e division)[3].

Précédé par François-Joseph de Gratet Suivi par
Victor-Scipion-Charles-Auguste de La Garde de Chambonas
Ministre français des affaires étrangères
1792-1792
Claude Bigot de Sainte-Croix
Précédé par François-Joseph de Gratet Suivi par
Jean de Lacoste
Meuble héraldique Ancre 02.svg Ministre de la Marine Meuble héraldique Ancre 02.svg
21  juillet  1792 - 10 août  1792
Gaspard Monge
François Jaucourt
Meuble héraldique Ancre 02.svg Ministre de la Marine et des Colonies Héraldique meuble Palmier.svg
26 septembre 1815 - 23 juin 1817
Laurent de Gouvion-Saint-Cyr

Sources et bibliographie [modifier]

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Le décret du 14 juin 1792 dissout les deux corps des Canonniers-Matelots et de l'artillerie des Colonies et crée deux régiments d'artillerie, trois compagnies d'ouvriers d'artillerie et quatre compagnies d'apprenti-canonniers.
  2. Bulletin des lois, VII, no 161, no 2337, p. 532-533.
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 384