François Hertel

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François Hertel de son vrai nom Rodolphe Dubé, né le 31 mai 1905 à Rivière-Ouelle (Québec) et mort le 4 octobre 1985 à Montréal (Québec), était un prêtre catholique, poète, philosophe, essayiste, professeur et mémorialiste canadien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hertel a d'abord étudié au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière puis au séminaire de Rimouski. Entré chez les jésuites, il est ordonné prêtre en 1938 et devient père Dubé. Après avoir enseigné dans plusieurs collèges canadiens, dont le collège Jean-de-Brébeuf et le collège André-Grasset, il séjourne longtemps en France, pendant près de quarante ans.

Par ses prises de position et ses publications, François Hertel était un anticonformiste. Il a notamment initié Pierre Trudeau à la société secrète des Frères Chasseurs[1]. À l'époque de l'Index, il faisait lire des livres sous le manteau à certains de ses élèves (comme Maurice Séguin et Charles A. Lussier) en leur traçant un programme de lecture hors circuit. De même, il pouvait déclarer : « Je ne monterais pas sur l'échafaud pour aucune des thèses thomistes[2]», alors que l'enseignement philosophique de l'époque se limitait pour l'essentiel aux écrits du « docteur angélique ». Il paya le prix de cet anticonformisme en se faisant expulser de la Compagnie de Jésus en 1947[3].

Il deviendra membre de l'Académie canadienne-française.

Publicitaire et conférencier, il écrit des articles dans plusieurs journaux et revues, dont Le Nouvelliste, Le Soleil et L'Amérique française.

Comme plusieurs de ses contemporains, sa philosophie passe du thomisme au personnalisme, jusqu'à rejoindre finalement l'agnosticisme.

Le philosophe Laurent-Michel Vacher s'est inspiré de ses œuvres dans sa démarche pédagogique. Selon Louise Marcil-Lacoste, bien que diplômé en philosophie, François Hertel, à l'instar aujourd'hui d'André Moreau, se serait mépris « sur la nature de la philosophie »[4].

Le fonds d'archives de François Hertel est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[5].

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1934 - Les Voix de mon père
  • 1936 - Leur inquiétude
  • 1936 - Le Beau Risque
  • 1940 - Mondes chimériques
  • 1941 - Axes et paralaxes
  • 1942 - Pour un ordre personnaliste
  • 1943 - Strophes et catastrophes
  • 1944 - Nous ferons l'avenir
  • 1953 - Un Canadien errant : récits, mémoires imaginaires
  • 1944 - Anatole Laplante, curieux homme
  • 1949 - Six femmes, un homme
  • 1959 - Jérémie et Barrabas
  • 1959 - Ô Canada, mon pays, mes amours
  • 1966 - Vers une sagesse
  • 1967 - Cent ans d'injustice
  • 1967 - Louis Préfontaine, apostat
  • 1975 - Mystère cosmique et Condition humaine
  • 1976 - Souvenirs et impressions du premier âge, du deuxième âge, du troisième âge: mémoires humoristiques et littéraires

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « THidden in Plain Sight par Esther Delisle » (consulté le 9 mars 2010)
  2. Fonds Michel-Brunet, Archives de l’Université de Montréal, P136\C,121.
  3. Voir à ce sujet : Charles A. Lussier, « Le collégien imperturbable », Robert Comeau, éd., Maurice Séguin, historien du pays québécois vu par ses contemporains, Montréal et Québec, VLB éditeur, 1987.
  4. Louise Marcil-Lacoste, L'essai en philosophie : problématique pour l'établissement d'un corpus, Philosophiques, XIII-1 (Printemps 1986), p. 82.
  5. Fonds François Hertel (MSS385) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).