François Garasse

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François Garasse, né à Angoulême en 1585 et mort à Poitiers le 19 juin 1631, fut en son temps un jésuite redouté de toute la sphère littéraire.

Son père qui était ligueur, conspira contre le duc d'Épernon, gouverneur d'Angoulême pour Henri III, et fut tué à la porte du château, comme il essayait d'y pénétrer. En 1601, Garasse entra dans la compagnie de Jésus : il sollicita et obtint de ses supérieurs la permission de se livrer à la prédication. Il mit toute son énergie à lutter contre l'hérésie et le libertinage. Sa propension à la calomnie effraya, dit-on, l'ordre des Jésuites même, et il fut démenti par nombre de ses pairs. Son éloquence virulente servit toutefois l'ordre lors de sa querelle avec l'Université de Paris, opposant l'allégeance romaine des Jésuites au gallicanisme de la Sorbonne.

Toute la vie de l'abbé Garasse fut tendue vers la dénonciation et la persécution du libertinage - au XVIIe siècle, le mot libertinage qualifie avant tout libertinage de pensée, qui peut entraîner une certaine liberté d'action dans les faits.

Il s'implique dans la mise en accusation de Théophile de Viau, qui manqua à mener ce dernier au bûcher.

On le retrouve à l'origine du long conflit entre jésuites et jansénistes, Saint Cyran, en 1626, ayant attiré avec succès l'attention de la censure sur un de ses écrits.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Un jour de controverse publique, Garasse traita l'un des partisans de l'Université de « sot par nature, sot par bécarre, sot par bémol, sot à la plus haute gamme, sot à double semelle, sot à double teinture, sot en cramoisi, sot en toutes sortes de sottises ! ». On dit que le jésuite sortit de cette tirade le visage écarlate de fureur.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « I'appelle Libertins nos yvrongnets, mouscherons de tavernes, esprits insensibles à la piété, qui n'ont autre Dieu que leur ventre, qui sont enroolez en cette maudite confrerie, qui s'appelle la Confrerie des Bouteilles, à laquelle nous gardons son Chapitre à part. Il est vray que ces gens croyent aucunement en Dieu, haïssant les Huguenots & toutes sortes d'heresies, ont quelquesfois des interualles luisants, et quelque petite clarté qui leur faict voir le misérable estat de leur ame: craignent et apprehendent la mort, ne sont pas du tout abbrutis dans le vice, s'imaginent qu’il y a un Enfer: mais au reste ils viuent licentieusement, iettant la gourme comme ieunes poulins, iouïssant du bénéfice de l'aage, s'imaginant que sur leurs vieux iours Dieu les receura à misericorde, & pour cela sont bien nommés quand on les appelle Libertins ; car c'est comme qui diroit apprentis de l'Athéisme » (Extrait de La doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, ou prétendus tels, Paris, 1624, page 37)[1]
  • « Le jésuite Garasse, le jésuite Hardouin, et d’autres menteurs publics, trouvaient partout des athées ; mais le jésuite Garasse, le jésuite Hardouin, ne sont pas bons à imiter. » (Extrait d'une lettre de Voltaire au docteur Pansophe, avril 1766)

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Rabelais réformé par les ministres et nommément par Pierre du Moulin, ministre de Charenton, pour réponse aux bouffonneries insérées en son livre de la vocation des pasteurs (1620) - [Tel est le titre de l'ouvrage, les caractères gras désignant l'abréviation en usage pour désigner l'œuvre.]
  • La Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, ou prétendus tels (1623-1624)
  • Histoire des jésuites de Paris pendant trois années (1624-1626)
  • Lettre du Père François Garassus, de la Compagnie de Jésus, à M. Ogier, touchant leur réconciliation, et response du sieur Ogier sur le mesme sujet (1624)
  • La Somme théologique des vérités capitales de la religion chrétienne (1625)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Van Damme, Stéphane, "Garasse, François (1585-1631)", in Dictionary of Seventeenth Century French Philosophers, Luc Foisneau (éd.), Londres - New York, Thoemmes - Continuum, 2008, vol. I, p. 524-526.
  • Mathilde Bombart, « Un antijésuitisme "littéraire" ? La polémique contre François Garasse », in Pierre-Antoine Fabre, Catherine Maire (dir.), Les Antijésuites. Discours, figures et lieux de l'antijésuitisme à l'époque moderne, Presses universitaires de Rennes (PUR), 2010, p. 179-196

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait copié d'après le livre original qui a été scanné par Google books, ainsi que par Gallica. Cet extrait est souvent transformé avec une orthographe modernisée et un morceau manquant.


Liens internes[modifier | modifier le code]