François Bizot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Bizot.

François Bizot, né à Nancy en 1940, est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme du Sud-Est asiatique (Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Laos, Sud-Yunnan) à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO) et à l'École pratique des Hautes Études (EPHE).

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrivé au Cambodge en 1965, il s'installe dans un village de la province de Siem Reap parmi les paysans dont il apprend la langue et étudie les mœurs. Le 10 octobre 1971, lors d'un déplacement, il est arrêté avec deux de ses assistants cambodgiens par des miliciens khmers rouges et conduit dans un camp de rééducation dirigé par Kang Kek Ieu, alias Douch qui deviendra, entre 1975 et 1979, le directeur du centre d'interrogatoire de Tuol Sleng (S21). Le 24 décembre 1971, après deux mois et demi de détention dans des conditions difficiles qu'il décriera dans son livre Le Portail, il arrivera à convaincre ses geôliers que son séjour au Cambodge est motivé par des raisons ethnologiques et non politiques et sera libéré. Ses collaborateurs capturés avec lui n'auront pas cette chance et seront exécutés[1],[2].

3 ans plus tard, le 17 avril 1975, quand Phnom Penh tombe au mains des troupes khmères rouges, François Bizot est dans la capitale cambodgienne d'où il assiste à l'évacuation de la ville. De nombreux étrangers et cambodgiens viennent alors se réfugier à l'ambassade de France où il utilisera ses connaissances de la langue khmère pour assister le chargé d'affaire Jean Dyrac (l'ambassadeur avait été rappelé en 1971) en tant qu'interprète. Il aura ainsi à transmettre la demande des nouvelles autorités qui exigeront qu'on leur livre toutes les personnes qui ne détiennent pas un passeport étranger. François Bizot, quittera finalement le Cambodge le 30 avril 1975 dans un convoi à destination de la Thaïlande[3].

Il a relaté ces quelques années et ce parcours dans son livre Le Portail[4], récompensé par le Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2000 et le Prix des Deux Magots en 2001. Son aventure au Cambodge a aussi inspiré deux films, Derrière le portail[5], de Jean Baronnet (2004), Le temps des aveux , de Régis Wargnier (2014).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Portail (récit vécu, sur la guerre civile au Cambodge), Table ronde, 2000 (Prix des Deux Magots)
  • Le Saut du Varan (roman), Flammarion, 2006
  • Le Silence du bourreau (récit), Flammarion, 2011
  • RAMAKER ou l'amour symbolique de Ram et Seta, publié par L'E.F.E-O en 1989

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Antoine Audouard, « François Bizot : retour sur les années Khmers rouges », Le Monde,‎ 7 décembre 2007 (lire en ligne)
  2. (fr) François Busnel, « François Busnel a lu Le Silence du bourreau, de François Bizot », L'Express,‎ 19 octobre 2011 (lire en ligne)
  3. (fr) Marcel Lemonde et Jean Reynaud, un juge face aux khmers rouges, Seuil,‎ 2 janvier 2013, 250 p. (ISBN 978-2021055740, présentation en ligne), p. 102
  4. (fr) Michel Crépu, « Il a vu mourir le Cambodge », L'Express,‎ 21 septembre 2000 (lire en ligne)
  5. (fr) « Derrière le portail », sur http://www.film-documentaire.fr (consulté le 3 avril 2013)

Lien externe[modifier | modifier le code]