François Adhémar de Monteil de Grignan

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François de Grignan

Nom de naissance François Adhémar de Monteil de Grignan
Naissance 15 septembre 1632
Château de Grignan
Décès 31 décembre 1714 (à 82 ans)
Saint-Pons
Nationalité Française
Conjoint
Descendants
6 enfants (dont Pauline de Simiane)
Famille

François Adhémar de Monteil de Grignan, duc de Termoli, comte de Grignan et de Campobasso, baron d’Entrecasteaux (1632-1714) est un aristocrate français principalement connu pour être lieutenant-général de Provence et le beau-fils de madame de Sévigné.

Origines[modifier | modifier le code]

D’origine méridionale, la famille de Grignan est une très vieille famille aristocratique française. Elle occupe depuis longtemps en Provence les postes les plus élevés. Ses premières traces remontent à la première croisade, à laquelle des chevaliers portant le nom de Grignan ont participé. Vers le XIe siècle, le seigneur de Monteil Aimar ou Adhémar, un des ancêtres des Grignan, possède plus de vingt lieues de terres (soit l'équivalent de plus de 700 hectares) sur la rive gauche du Rhône. Il donne d'ailleurs son nom à la ville de Montélimar. Un de ses descendants, Guilhem Adhémar, marque sa place au premier rang des troubadours provençaux. Sous François Ier, un comte Adhémar de Grignan est pendant quelques années gouverneur de Provence.

C'est à cette époque que la famille de Grignan s'allie à la maison de Castellane, une ancienne et illustre famille de Provence. Au XVIIe siècle, temps de François Adhémar de Monteil de Grignan, la famille a déjà perdu beaucoup de son importance, de sa splendeur et de ses richesses, mais elle jouit encore d'un grand crédit.

Biographie[modifier | modifier le code]

François de Castellane-Ornano-Adhémar de Monteil de Grignan est né dans le village provincial de Grignan le 15 septembre 1632. Il est le fils du comte Louis Gaucher de Grignan et de Marguerite d’Ornano. Il est l’aîné d’une fratrie de onze enfants issues d’une très vieille famille aristocratique. Il héritera du titre de comte à 36 ans, à la mort de son père le 4 août 1668. Dès sa jeunesse, il embrasse la carrière militaire. En 1654, il devient colonel du régiment de Champagne. Deux ans plus tard, il est promu lieutenant-capitaine des chevau-légers de la reine-mère Anne d'Autriche.

Il se marie trois fois. Il épouse en premières noces en 1658 Angélique-Claire d’Angennes, fille du marquis de Rambouillet, avec qui il a deux filles. Veuf en 1664, il se marie une année plus tard à Marie-Angélique du Puy-du-Fou. Elle décède suite à l’accouchement de leur fils, qui mourra peu après d’une maladie infantile. Alors qu’il a 37 ans, il rencontre Françoise-Marguerite de Sévigné, fille de Madame de Sévigné. À cette époque, il a besoin d'argent et l'énorme dot qu'apporte Françoise de Sévigné lui permettrait d'amortir une partie de ses dettes. Le mariage qui s’apparente plus à une mésalliance (la famille de Sévigné ne jouit pas d’un titre social égal à celle de Grignan) est donc conclu le 27 janvier 1669 à l'hôtel de La Rochefoucauld et célébré deux jours plus tard à l'église Saint-Nicolas-des-Champs de Paris. Madame de Sévigné écrit à son cousin Roger de Bussy-Rabutin à propos de ce mariage : « La plus jolie fille de France[1] épouse, non pas le plus joli garçon, mais un des plus honnêtes hommes du royaume ; c’est M. de Grignan[2]. » Le 29 novembre de la même année, Louis XIV nomme le comte de Grignan lieutenant-général du Roi en Provence. Il part retrouver ses terres natales le 19 avril 1970. Il fera son entrée à Aix le 19 mai et sera reçu au Parlement deux jours après. La nouvelle comtesse de Grignan le rejoint une année plus tard. Le couple résidera au château de Grignan pendant presque quarante ans. De leur union naîtront trois enfants, dont la future marquise de Simiane qui jouera un rôle important dans la publication de la correspondance de sa grand-mère maternelle.

En 1673, Grignan assiège la cité d’Orange, réclamant l’entrée de celle-ci dans le territoire de France. En apprenant la nouvelle de la victoire du comte, Louis XIV aurait dit « Je suis fort content de Grignan ! »

M. de Grignan meurt le 31 décembre 1714 à l’âge de 83 ans dans une auberge près du Pont de Saint-Pons, entre Lambesc et Marseille. Il est enterré dans la chapelle de Notre Dame du Mont-Carmel de l'église des Grands-Carmes de Marseille.

Regard de Saint-Simon[modifier | modifier le code]

Ses contemporains ont un avis généralement positif sur le gendre de Mme de Sévigné[3]. Saint-Simon était « fort des amis[4] » de Louis Provence, le fils du comte. Il décrit ainsi François de Grignan : « C’était un grand homme, fort bien fait, laid, qui sentait fort ce qu’il était, fort honnête homme, fort poli, fort noble, en tout fort obligeant, et universellement estimé, aimé et respecté en Provence, où, à force de manger et de n’être point aidé, il se ruina[5]. »

Famille[modifier | modifier le code]

Quelques membres de la famille proche. Les surnoms sont ceux donnés par Mme de Sévigné dans ses lettres.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louis François
de Grignan
(1598-1624)
 
Jeanne
d'Ancezune
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louis Gaucher
de Grignan
(1624-1668)
 
Marguerite
d'Ornano
(morte en 1655)
 
Jacques
Adhémar de Monteil
,
évêque d'Uzès
(mort en 1674)
 
François
Adhémar de Monteil
,
archev. d'Arles
(1603-1689)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Angélique Claire
d'Angennes
(morte en 1663)
 
 
 
Marie-Angélique
du Puy-du-Fou
(morte en 1667)
 
 
François,
comte
de Grignan
,
« le Matou »
(1632-1714)
 
Françoise
Marguerite
de Sévigné

(1646-1705)
 
Marie,
abbesse de
Saint-Benoît
d’Aubenas
(née en 1633)
 
Jean-Baptiste,
coadjuteur, puis
archev. d’Arles,
« le seigneur Corbeau »
(1638-1697)
 
Charles Philippe,
« le Chevalier »
(v. 1642-1672)
 
Joseph,
« Adhémar », puis,
à partir de 1672,
« le Chevalier »
(v. 1644-1713)
 
Louis Joseph,
évêque de Carcassonne,
«  le Bel Abbé »
(1650-1722)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise Catherine,
Mlle de Grignan,
religieuse
(1661-1735)
 
Françoise Julie,
Mlle d'Alérac
(1663-1739)
 
Henri Éléonor
Hurault
de Vibraye
(1659-1728)
 
Marie-Blanche,
religieuse
(1670-1735)
 
Louis Provence,
marquis de Grignan
(1671-1704)
 
Anne Marguerite
de Saint-Amans
(1673-1736)
 
Pauline
(1674-1737)
 
Louis
de Simiane
d’Esparron
(1671-1718)
 
Jean-Baptiste
(1676-1677)
 
 
 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C’est ainsi que Bussy-Rabutin nommait Françoise de Sévigné. Roger de Bussy-Rabutin, « Portrait de madame de Sévigné », sur books.google.fr, in Lettres de Madame de Sévigné, de sa famille et de ses amis, Paris, Lavigne, Chamerot, 1836, t. I, p. xxiii.
  2. Madame de Sévigné, lettre à Bussy-Rabutin, 4 décembre 1668.
  3. Yves Coirault, in Saint-Simon, Mémoires, « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1985, t. V, p. 1169, note 5.
  4. Saint-Simon, op. cit., 1953, t. I, p. 288.
  5. Saint-Simon, op. cit., 1985, t. V, p. 142.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pierre Clément, Le Comte de Grignan, Revue des deux Mondes, Paris, 1854 (voir ci-contre).
  • Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, Marguerite de Sévigné, François Adhémar de Monteil de Grignan, La première année de correspondance entre Mme de Sévigné et Mme de Grignan / Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, Françoise-Marguerite de, comtesse de Grignan, édition Cécile Lignereux, Classiques Garnier, Paris, 2012 (ISBN 9782812407918)
  • SÉVIGNÉ Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, Correspondance, édition Roger Duchêne, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1973-1978 (3 volumes).
  • Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, Lettres choisies / Madame de Sévigné, Gallimard, Paris, 1990.
  • Marie de Rabutin-Chantal de Sévigné, Lettres de Madame la Marquise de Sévigné, à Madame la comtesse de Grignan, sa fille, édition Pierre Machuel, Rouen, 1780.
  • Marius André, Guide de Grignan : Son Château et ses souvenirs, Marseille, 1962.
  • Franck Mossiker, Madame de Sevigné : a life and letters, Knopf, New York, 1983 (ISBN 0-394-41472-1)
  • François de Grignan, Jean-Baptiste Colbert (1850), Lettre de François Adhémar de Monteil de Grignan (lieutenant-général et vice-gouverneur de Provence) à Jean-Baptiste Colbert (contrôleur général des finances) datée du 09 janvier 1672, à Lambesc. Les Correspondances administratives sous le règne de Louis XIV, 1(1), 400-401.

Liens internes[modifier | modifier le code]