François-Louis Teissèdre de Fleury

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François-Louis Teissèdre de Fleury est un militaire français, né en 1749 à Saint-Hippolyte[Lequel ?] et mort en 1799. Spécialisé dans le génie, il a participé, comme volontaire, à la guerre d'indépendance américaine entre 1777 et 1781. Il a poursuivi sa carrière militaire dans les Indes françaises.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et premières années[modifier | modifier le code]

Le jeune François-Louis Teissèdre de Fleury naquit dans une famille de la noblesse languedocienne, à Saint-Hippolyte[Lequel ?], dans le Gard. Destiné à la carrière des armes, il entra à l'âge de 19 ans, en 1768, dans le régiment d'infanterie du Rouergue et acquit le grade de lieutenant cinq mois plus tard. Il participa alors aux combats de conquête de la Corse en 1768-1769. Il fut promu au rang de capitaine en 1776[1].

La guerre d'Indépendance américaine[modifier | modifier le code]

La même année, il obtint l'autorisation de se joindre aux officiers français désireux de se battre en Amérique aux côtés des Patriots dans la guerre d'indépendance américaine. Il partit vers l'Amérique à bord de l'Amphititre en janvier 1777, pour un voyage de quatre mois, accompagnant le premier contingent français, avec Tronson de Coudray. Mais, arrivé le 17 mars à Portsmouth, ce premier contingent fut écarté par les membres du Congrès des corps de l'armée américaine. Fleury s'engagea alors comme simple volontaire dans l'armée continentale[1].

Il participa aux combats de Piscataway, dans le New Jersey, le 10 mai 1777. Le 22 mai, il obtint le grade de capitaine dans le corps du Génie de l'armée continentale. Le commandement lui attribua alors la défense de Philadelphie et du fleuve Delaware, ce qui l'amena à s'occuper de fortifier Fort Billingsport. Fleury fut remarqué par George Washington durant la bataille de Brandywine, en septembre 1777, où le Français avait été blessé. Il participe ensuite à la bataille de Germantown, le 4 octobre 1777, où il se fait remarquer ; il est alors élevé au grade brigade major dans les troupes de Kazimierz Pułaski. Il s'illustra ensuite lors du siège de six semaines de Fort Mifflin par les Britanniques, où il n'arrive qu'à partir du 14 octobre, après avoir franchi les lignes britanniques qui encerclent le fort[2]. Il s'employa alors à améliorer la résistance malgré les maigres défenses de la position[3]. Il participa à l'amélioration des défenses[4],[5] et fut blessé le 15 novembre, jour où les Américains évacuèrent le fort. Le 16 novembre, il fut promu au grade de lieutenant-colonel du Génie. Apprenant la nouvelle plusieurs mois plus tard, son père, François, s'adressa à Benjamin Franklin afin d'avoir des nouvelles de son fils[6].

Au début de l'année 1778, Fleury rejoignit La Fayette qui préparait alors une expédition vers les provinces du Canada, restées fidèles à la couronne britannique. Le projet échoua et, à la fin du mois d'avril, Washington l'envoya auprès de l'inspecteur général von Steuben. Durant la campagne qui mène à l'importante victoire de Monmouth, le 28 juin 1778, Fleury commanda la division de chasseurs du général Charles Lee. En juin, il participa à une opération contre la flotte britannique stationnée à Newport, avec l'appui des navires français commandés par Charles Henri d'Estaing. Cette opération se solda par un échec et Fleury eut la charge de superviser la dangereuse retraite des troupes américaines. Son plus haut fait d'armes fut cependant la prise de Stony Point, dans l'État de New York, le 16 juillet 1779. Chargé du commandement de l'un des deux bataillons américains, sous le direction du général de brigade Anthony Wayne, Fleury fit preuve d'un grand courage. Il reçut, le 26 août 1779, les honneurs du Congrès[7] : une des huit médailles attribuées durant la guerre lui est destinée.

Il obtint en septembre 1779 l'autorisation de rentrer en France pour neuf mois. Il obtint le rang de major dans l'armée française en mars 1780 et intégra le régiment de Saintonge. C'est au cœur de ce régiment, placé sous le commandement de Rochambeau, qu'il retourna en Amérique en juillet 1780. Il participa enfin à la bataille de Yorktown, en récompense de quoi il fut fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis le 5 décembre 1781 par Louis XVI. Il est finalement libéré de ses devoirs envers l'armée continentale le 1er janvier 1782.

Carrière dans les Indes et retour en France[modifier | modifier le code]

De retour en France à la fin de la guerre américaine, il continue à servir dans l'armée française. En 1784, il est colonel au sein du régiment de Pondichéry, dans les Indes françaises. Il arrive à Port-Louis, dans l'île de France, à bord de l'Éléphant, le 30 novembre 1784. Du 27 juin au 9 novembre 1785, il remplace le gouverneur Souillac à Port-Louis et au Réduit, qui est parti visiter Pondichéry. Fin septembre, il accueille d'Entrecasteaux. Il retourne finalement en France en avril 1790[1].

Le 30 juin 1791, il est promu maréchal de camp. En 1791, il combat à Montmédy, Givet, Cambrai et Valenciennes. Lors d'une retraite de l'armée française vers Mons, en juin 1792, il est blessé en passant sous son cheval, lors d'une charge de cavalerie ennemie. Il prend finalement sa retraite de l'armée.

En 1798, il se marie, mais meurt seulement sept mois après, en février 1799[1].

La De Fleury Medal[modifier | modifier le code]

La De Fleury Medal fut créée en 1989, en mémoire des services rendus par François de Fleury. Elle récompense les militaires membres du corps du Génie de l'armée américaine[8].

La médaille de bronze est décernée à un soldat ayant rendu un service particulier au corps du Génie. La médaille d'argent est remise à un soldat ayant rendu un service exceptionnel. La médaille d'or est remise par le commandant du corps du Génie de l'armée américaine, et récompense une fois par an une personnalité reconnue du Génie. Cette dernière est remise lors du grand Engineer Regimental Dinner qui se tient au printemps de chaque année à Fort Leonard Wood, dans le Missouri.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Caillot et Angie Bryan, La Guerre d'indépendance américaine : Prototype des guerres de libération nationale ?, L'Harmattan, Paris, 2009, (ISBN 2296099033)
  • Jeffrey M. Dorwart, Fort Mifflin of Philadelphia, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1998, (ISBN 0812234308)
  • Thomas J. McGuire, The Philadelphia Campaign, vol. II, Stackpole Books, 2007, (ISBN 0811702065)
  • Paul K Walker, Engineers of Independence: A Documentary History of the Army Engineers in the American Revolution, 1775-1783, University Press of the Pacific, 2002, (ISBN 1410201732)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Raymond d'Unienville, « Une présentation du Dictionnaire de Biographie Mauricienne No 60 », LeMauricien.com, 9 octobre 2011.
  2. Thomas J. McGuire, The Philadelphia Campaign, vol. II, Stackpole Books, 2007, p. 185.
  3. Journal du major Francois Louis Teissedre de Fleury à Fort Mifflin, sur le site officiel du musée de Fort Mifflin.
  4. Jeffrey M. Dorwart, Fort Mifflin of Philadelphia, University of Pennsylvania Press, Philadelphia, 1998, p. 37-38.
  5. Paul K Walker, Engineers of Independence: A Documentary History of the Army Engineers in the American Revolution, 1775-1783, University Press of the Pacific, 2002, p. 159-165.
  6. François Teissèdre de Fleury, « Lettre à Benjamin Frankin », 30 août 1778.
  7. Bernard Caillot et Angie Bryan, La Guerre d'indépendance américaine : Prototype des guerres de libération nationale ?, L'Harmattan, Paris, 2009, p. 196.
  8. Présentation de la De Fleury Medal sur le site officiel de l'association du Corps du Génie de l'Armée des États-Unis.

Liens externes[modifier | modifier le code]