Français québécois

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le français acadien et le français terre-neuvien, d'autres variétés du français parlé au Canada.
Français québécois
Pays Canada et aux États-Unis
Région Canada

États-Unis

Nombre de locuteurs 6 817 655 en 2001-2006[1]
Typologie SVO flexionnelle syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau : Québec Québec
Régi par Office québécois de la langue française
Codes de langue
IETF fr-ca[2]
Linguasphère 51-AAA-iib

Le français québécois ou français du Québec ou simplement québécois et même français canadien est la variété de la langue française parlée par la majorité des francophones du Canada[3], principalement par les Québécois. De façon générale, suivant les reliques de l'histoire ou la question identitaire, il est parfois désigné sous son hyperonyme « français canadien ». Dans tous les cas, il est toutefois à distinguer des sociolectes qui, dans certaines acceptions, sont hyponymes du français canadien, tels que le français acadien et le français terre-neuvien, qui sont linguistiquement distincts et ont des origines différentes, ainsi que le français ontarien et le français du Nouveau-Brunswick, qui ont les mêmes origines mais qui se sont différenciés à la suite de la Révolution tranquille[4].

Le québécois connaît des variétés régionales dont le joual, un parler populaire et argotique. L'emploi de régionalismes est fréquent dans les registres familiers de la langue. Le français enseigné dans les écoles québécoises a des normes lexicales pour les réalités et les concepts propres à sa culture et son monde de référence nord-américain, malgré que les enseignants québécois parlent généralement avec l'accent québécois. L'Office québécois de la langue française travaille au développement de la langue française et appuie certaines particularités qui peuvent diverger parfois avec l'usage européen mais sans écarter ces dernières.

Dans certaines régions limitrophes du Québec (baie des Chaleurs, Basse-Côte-Nord, îles de la Madeleine) c'est le français acadien plutôt que le français québécois qui y est le parler ancestral bien que la génération des jeunes se recycle de plus en plus sur le parler du reste du Québec[5]. Le québécois en usage avec l'acadien peut comprendre des influences qui lui viennent du parler ancestral[6].

Le québécois est également utilisé par d'importantes minorités francophones dans des régions des provinces canadiennes de l’Ontario et du Manitoba[7], ainsi que par les petites communautés francophones dans le New Hampshire et le Vermont, aux États-Unis. Selon certains auteurs, le français parlé au Madawaska, une région séparée entre le Nouveau-Brunswick et le Maine, serait du français québécois alors que selon d'autres il serait un mélange de français acadien et de français québécois[8].

Un recensement de 1990 indique qu'aux États-Unis, il y a 13 500 000 personnes d’origine francophone dont moins de 2 000 000 ont le français comme langue d’usage. Ces chiffres sont basés sur ceux des recensements des années 1990 et 1991.

Histoire[modifier | modifier le code]

La base du québécois est composée surtout du français populaire de Paris des XVIIe siècle et mi XVIIIe siècle. Bien que les colons proviennent de différentes régions et parlent plusieurs patois, ils étaient en mesure de communiquer entre eux étant donné que 71% d'entre eux (64,6% pour les hommes, 81,1% pour les femmes) avaient une origine urbaine ou semi-urbaine[9] et, par conséquent, devaient connaître la koinè urbaine[10]. Les premiers colons furent cependant d'origine rurale à 28,5% (35,4% pour les hommes, 18,9% pour les femmes)[11], ce qui favorisa la rétention de mots fréquents dans d'autres variétés de la langue d'oïl (notamment des mots communs à la plupart des dialectes ruraux du Centre et de l'Ouest) comme astheure « maintenant », frette « froid », y « il, ils, elles », à « Elle » et garnotte « petite pierre » qui font aujourd'hui partie du lexique québécois.

Tout ce que nous pouvons dire c'est que la langue française s'est imposée aussitôt dans la colonie canadienne. Et ce français ressemblait grandement à celui qui était parlé en France. C'était essentiellement un français populaire et oral, très éloigné du français standard de l'époque, celui de la Cour, mais proche de la koinè urbaine parlée à Paris[12]. Déjà à la fin du Régime français, le vocabulaire commençait à diverger au point où certains voyageurs français pouvaient lui trouver une couleur «provinciale», sans pouvoir déceler une seule province. En somme, le français du Canada se comparait à celui parlé en France, même s'il était influencé par divers français régionaux ruraux de France.

Avec l'arrivée des filles du Roy, immigrantes célibataires recrutées pour épouser les colons canadiens et à peupler la Nouvelle-France, le français populaire de Paris s'impose alors comme la koinè du pays[13], de sorte qu'au moment de la conquête britannique de 1763 plus de 80 % des colons d'origine française parlent une forme de français localement standardisée; uniformisation linguistique à laquelle la France n'accédera officiellement qu'en 1910.

Bien qu'il soit indéniable que ce français ait conservé des éléments issus des langues d’oïl régionales comme le normand, le saintongeais ou encore le gallo[14], le français québécois tient essentiellement son origine de la langue parisienne du XVIIIe siècle. L'idée courante selon laquelle son lexique, sa prononciation et sa prosodie auraient été conservés inaltérés se révèle fausse: le français du Québec, comme celui de France, est une langue dynamique qui a évolué et trouvé ses inflexions propres en interaction avec un milieu sociolinguistique influencé dans son vocabulaire par la langue anglaise.

Enclavé dans un environnement anglophone (avec une minorité amérindienne), le français québécois a toujours été une langue sous influence théoriquement exposée à une menace d’extinction. Cependant, les pressions et les revendications des francophones, dans les années 1970, ont amené le gouvernement fédéral du Canada à développer des politiques de bilinguisme pour les services de l’État canadien ainsi que pour l’étiquetage et l’emballage des biens et services commerciaux canadiens. Quant au gouvernement du Québec, il s’est donné une Charte de la langue française (couramment appelée « Loi 101 ») dès 1977, qui déclare le français langue officielle du Québec, au travail, dans l’affichage commercial et dans l’éducation des immigrants. Ce fut un réel tournant en ce qui concerne la protection de la langue.

Image sociale et politique linguistique[modifier | modifier le code]

Norme[modifier | modifier le code]

Des écoles de pensées se font entendre sur la définition de la norme du français québécois. Alors que les partisans d'une norme intraquébécoise (que certains appellent « endogénistes ») désirent créer une norme centrée en premier lieu sur les référents québécois et sur les usages québécois de bonne tenue, les partisans de la norme européenne (les « exogénistes ») préféreraient que le français du Québec suive en toute matière (lexique, emprunts, prononciation, terminologie, etc.) la manière française européenne. Entre ces positions, l'Office québécois de la langue française cherche à concilier ces deux pôles d'évolution en travaillant à l'aménagement linguistique du français au Québec dans le respect du système linguistique et des exigences de la situation de francisation et d'orientation de l'usage qui incombent à sa mission. L'Office est ainsi associé aux « aménagistes » qui reconnaissent le droit et les avantages à recourir aux particularités du français québécois tout en démontrant l'importance d'être compris par le reste de la francophonie.

En plus de diverses publications, la Banque de dépannage linguistique (BDL) et le Grand Dictionnaire terminologique (GDT) sont les principaux ouvrages électroniques que l'Office québécois de la langue française (OQLF) met à la disposition du public. Suivant les recommandations qui y sont énoncées, ils servent ainsi de guides à la compréhension de la norme gouvernementale sur le français québécois. Il est à noter que l'on observe souvent que le Québec se trouve quelque peu en avance sur la France en matière de développement néologique, en terminologie informatique notamment.

Depuis la création de l'Office québécois de la langue française, au début des années 1960, divers groupes de recherche furent créés afin d'étudier la langue française en usage au Québec.

La Société du parler français au Canada, sous la férule d'Adjutor Rivard, avait lancé au début du XXe siècle les premières études centrées sur la réalité de la langue française au Canada français. Dans les années 1965-1980, une équipe de l'Université Laval, sous la direction de Gaston Dulong appuyé de Gaston Bergeron, entreprit dans tout le Québec des enquêtes linguistiques qui menèrent à la publication de l'Atlas linguistique de l'Est du Canada - Le parler populaire du Québec et de ses régions voisines (1980). Cet ouvrage descriptif demeure à ce jour, avec plus de 650 mille notations de réponses et ses 10 volumes totalisant 5 mille pages le plus imposant ouvrage voué à la description du français populaire parlé en Amérique. Par ailleurs, l’équipe du Trésor de la langue française au Québec (TLFQ) de l’Université Laval a été constituée dans les années 1970 par les professeurs Marcel Juneau et Claude Poirier dans le but de créer une infrastructure scientifique en linguistique, établir un programme de recherche historique sur le français québécois, contribuer à la création d'un milieu de recherche en lexicographie historique au Québec et publier des études spécialisées sur l'histoire du français au Québec[15].

Le groupe de recherche Franqus (Français québécois : usage standard) de l’Université de Sherbrooke, en collaboration avec le TLFQ et l’Office québécois de la langue française (OQLF), publie le « Dictionnaire de la langue française — Le français vu du Québec ». Après quelques reports, sa version préliminaire devrait être mise en ligne en septembre 2009. Ce dictionnaire aménagiste est, dans sa version originale, le premier du genre de la langue française. Il est conçu, dans sa totalité, par des groupes de recherche de l’extérieur de la ville de Paris (France) et constitue le premier dictionnaire original, entièrement québécois. Plusieurs problématiques furent relatées pour justifier le développement de ce projet dont celle où « les dictionnaires usuels en usage au Québec ne sont pas adaptés au contexte québécois et nord-américain »[16].

Législation[modifier | modifier le code]

La Charte de la langue française est la principale loi établissant la politique linguistique du Québec ainsi que les droits de tout individu d'utiliser le français au Québec. En son premier article, elle énonce que le français est la langue officielle du Québec. La Loi sur la protection du consommateur est l'une des nombreuses autres lois qui font du français la langue d'usage au Québec.

Compte tenu du contexte socioculturel de l'époque, les législateurs créèrent la Charte des droits et libertés de la personne dont l'objet sur les dispositions linguistiques avait pour but essentiel de protéger le français québécois bien que sa lettre permette de prévenir toute forme de discrimination à l'égard de toute langue. Son esprit permet cependant la discrimination positive, dans des cas particuliers, envers ceux ayant les connaissances requises en français. En 1982, l'article 10.1 fut par ailleurs ajouté à la Charte afin d'interdire toutes formes de harcèlement sur le motif de la langue, telles que les commentaires désobligeants et les plaisanteries continues, notamment à l'égard de différences linguistiques.

Afin d'assurer le rayonnement du français au Québec, l'Assemblée nationale créa les institutions gouvernementales suivantes : l'Office québécois de la langue française (OQLF), la Commission de toponymie du Québec et le Conseil supérieur de la langue française. Cette dernière institution décerne l'Ordre des francophones d'Amérique, une décoration soulignant les efforts des individus qui contribuent « au maintien et à l'épanouissement de la langue de l'Amérique française[17] ».

D'autre part, l'OQLF sert de référence aux autres gouvernements de l'Amérique du Nord ainsi qu'aux entreprises privées dans la traduction et la publication en langue française. Il collabore en plus avec les autres instances gouvernementales, commissions scolaires et organisations dans la mise en œuvre de programmes assurant des services en français en Amérique, tels que la Société nationale de l'Acadie.

D'autres ministères du gouvernement du Québec assurent en outre le rayonnement du français en Amérique du Nord, dont le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes et le ministère des Relations internationales. Dans leur compétences respectives, ceux-ci pourvoient à la promotion du français auprès des organismes québécois et étrangers, notamment grâce à des ententes de réciprocité.

Tutoiement[modifier | modifier le code]

Les Québécois utilisent le pronom de la deuxième personne « tu » couramment. Cet usage s'apparente à l'usage anglais du « you », étant là le seul pronom adressé à la 2e personne. Cependant, chez les anglophones, c'est « tu » (« thou » le pronom de deuxième personne singulier) qui a disparu de la langue et « vous » (« you » le pronom de deuxième personne pluriel) est devenu la norme. Le « vous » influencé par le français est aussi existant, et apparaît même plus fréquent dans la langue parlée des Québécois que des Acadiens où utiliser « vous » même avec des étrangers est en dehors des normes[18].

Dans le parlé québécois, l'espace occupé par le tutoiement a pris de l'expansion, tandis que le vouvoiement s'en trouve réduit aux situations dites « non réciproque » ou formelles, mais vous reste tout de même présent. Le tu est devenu le pronom de la réciprocité (ou de la non-reconnaissance de différence hiérarchique) et de convivialité[19]. Utiliser tu se veut plus amical, convivial et signe de réciprocité, que de l'impolitesse ou de la vulgarité.

De cette façon, les deux formes sont fréquemment utilisées dans la langue courante mais apparaissent rarement dans l'écriture. Par exemple, l'usage du « tu » dans les annonces publicitaires ou dans des relations employé-client peut être une invitation au rapprochement et à l'établissement d'une relation amicale ou humaine superficielle.

En même temps, le « vous » serait employé par égard à l’âge de la personne à qui l'on s’adresse ou bien pour démontrer un plus grand respect. Il est cependant de coutume d'utiliser un vouvoiement « s'il vous plaît » envers les personnes qu'on tutoie[20].

Il existe un mouvement qui essaie de réintroduire le « vous » comme l'exigence aux élèves et d'appeler les enseignants Monsieur/Madame, ce qui aurait pour objectif de restaurer une certaine distance et un certain respect.

Utilisation des anglicismes[modifier | modifier le code]

Les anglicismes utilisés dans le langage courant quotidien constituent l’une des causes de la différence du français québécois d'avec les autres sociolectes français. Le Québec tend à intégrer les anglicismes du fait de sa proximité avec le monde anglo-saxon et d'un résultat graduel de quatre siècles de vie aux côtés d’anglophones. Il est donc habituel d'utiliser des anglicismes, lesquels sont, pour la plupart, différents de ceux qui sont utilisés dans le reste de la Francophonie.

Divers types d'anglicismes existent : intégraux, hybrides, sémantiques, syntaxiques, morphologiques et phraséologiques[21].

Alors que les anglicismes intégraux reprennent autant la lettre que le sens d'un mot anglais (ex. : « chum » pour « ami » et « petit-copain »), les anglicismes hybrides leur ajoutent un élément français, tant dans leur prononciation que dans leur formation (ex.: « checker » pour « vérifier » ou « regarder » et « spotter » pour « surveiller »).

Les anglicismes sémantiques sont, pour leur part, des vocables déjà existants en français auxquels leur est donné, dans certaines situations, le sens d'un mot anglais ayant la même racine. Ils sont ainsi utilisés en tant que synonymes concurrentiels d'autres mots français.

Les anglicismes syntaxiques sont des agencements de mots français où la construction de l'ensemble reproduit la structure anglaise dans l'emploi, soit d'une préposition ou conjonction, ou dans l'ordre des mots (ex.: « siéger sur un comité » calquant « to be on a committee », au lieu du mot correct.

Les anglicismes morphologiques sont des traductions littérales d'un mot, ou d'une expression anglaise, afin de créer une expression équivalente en français. Ils intègrent ainsi l'élément temporel de l'évolution de la société dans la création de néologismes. Le modèle anglais est alors transposé en français avec le sens qui s'applique en anglais. Par exemple, selon la Banque de dépannage linguistique de l'Office québécois de la langue française (OQLF), l'expression « appel longue distance » serait calquée de l'expression anglaise « long distance call », alors que l'expression française correcte est « appel interurbain ». Cependant, certaines expressions traduites de l'anglais peuvent parfois être tout à fait conforme à la langue française quant à la structure et au sens, comme si elles avaient été créées directement du français (ex. : « fin de semaine » pour « weekend », « dépôt direct » pour « direct deposit.

Les anglicismes phraséologiques se rapportent à l'image et la poésie de la langue anglaise, dans sa vision particulière du monde et sa façon de découper la réalité. De même, l'expression « Canadien français » serait traduite de « French Canadian », se conformant ainsi à l'image que les Anglais ont développé, au XIXe siècle, de la définition de ce qu'est un « Canadien ».

Aux anglicismes lexicaux et autres sont souvent recommandés des équivalents par l'OQLF. Ces termes privilégiés sont ainsi utilisés dans le français standard des ministères et organismes publics. Par exemple, une production écrite scolaire intégrant la phrase suivante : « La voiture est stationnée dans le parking », devrait être corrigée par « La voiture est garée dans le stationnement ».

D'autre part, le français « standard » québécois se différencie entre la langue de l'État, réglementée essentiellement selon les recommandations de l'OQLF, et la langue d'usage dans la société, propre aux acceptions et points de vue de chaque individu et groupe[22]. Le débat sur la norme du standard de la langue française au Québec demeure ainsi au centre du français québécois, avec des arguments relatifs aux origines (latines ou de première utilisation), au patrimoine linguistique, aux usages, au caractère et à la volonté implicite, etc. Par conséquent, alors que certains groupes sociaux considèrent certaines expressions comme étant des anglicismes, d'autres groupes les considèrent être parfaitement en règle avec la langue française. Par exemple, certains groupes sociaux francophones du Québec tendent à généraliser l'anglicisation de certains termes français, depuis quelques années, lesquels sont pourtant bien implantés et légitimés depuis les années 1900-1920 afin de remplacer les mêmes termes anglais. Bien que l'Office québécois de la langue française recommande d'autres mots à leur utilisation, il en est ainsi de l'expression anglaise « weekend » (francisée en « week-end ») qui tend à concurrencer le terme « fin de semaine », tout comme le terme « shopping » reste déconseillé au profit de « magasinage »[23].

Blasphèmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacre québécois.

Les jurons les plus prééminents sont composés des divers vocables relatifs à l'Église catholique. Ils sont communément appelés « sacres » et sont considérés comme blasphématoires et irrévérencieux lorsqu'ils sont utilisés à tort et à travers. Ils ont un caractère historique puisqu'ils proviennent d'une frustration et d'une sorte de rébellion sociale et transparente vis-à-vis de l'Église catholique, il y a de cela plusieurs décennies. Plusieurs autres mots à connotation religieuse sont parfois utilisés, mais ne sont pas considérés comme des blasphèmes ou des mots grossiers, bien qu'il ne soit pas pour autant conseillé de les placer dans une conversation polie et civilisée. En effet, pour certaines personnes, ils ne devraient en aucun cas être utilisés, car de nombreuses personnes les considèrent être un outrage à la religion et donc, sont sensibles à ceux-ci, même dans un contexte de plaisanteries ou d’explications factuelles. Dans certaines municipalités, s’ils sont utilisés à l’égard d’un agent de la paix ou à outrance dans un endroit public, ils peuvent même faire l’objet d’une infraction au maintien de l’ordre et de la paix et être punissables par contravention[24].

Caractéristique propre du français québécois, de mêmes termes blasphématoires sont souvent modifiés et utilisés sous la forme adverbiale, exclamative, nominative, qualificative et verbale, selon l’instant du moment. Ils donnent donc un sens à un contexte spécifique sans pour autant donner ce même sens à une autre situation. De plus, ils sont parfois combinés les uns avec les autres afin d’accentuer soit l’expression des émotions d’un individu ou un passage quelconque dans une phrase. Dans certaines situations, ils peuvent même mener à des situations loufoques, selon la combinaison des mots, du sens ou du moment de leur utilisation.

Généralement, ils sont utilisés dans un contexte de mécontentement, de colère et de frustration, bien qu’ils soient aussi utilisés dans des situations de joie, de surprise, etc. Leur sens et leur force de frappe peuvent être atténués de différentes manières, notamment en se gardant une petite réserve avant de terminer la prononciation d'un mot ou en y ajoutant ou modifiant son suffixe.

Références historiques[modifier | modifier le code]

Des expressions, toujours d'actualité, se réfèrent à l'histoire remontant jusqu'aux premières seigneuries de la Nouvelle-France il y a 400 ans et, plus particulièrement, à la navigation dans les eaux du Saint-Laurent et de ses affluents. Par exemple, de par le régime seigneurial, il est d'usage de parler d'un immeuble situé sur la rive d'un cours d'eau (lacs, rivières, etc.) comme ayant sa façade pointant vers l'eau, malgré la localisation de la route. Alors qu'il est d'usage de parler des immeubles non riverains comme ayant leur devant pointant vers la route.

De la même manière, la direction des eaux du Saint-Laurent sert de référence globale en orientation, à l'intérieur des limites de son bassin hydrographique. Ainsi, comme le fleuve coule d'ouest en est, il est d'usage de dire qu'une personne « descend » vers une ville lorsque celle-ci se trouve plus à l'est, donc en aval, du point de localisation de cette personne (ex.: de Montréal à Québec). À l'inverse, il est d'usage de dire qu'une personne « monte » vers une ville lorsque celle-ci est située plus à l'ouest, donc en amont (ex.: de Sept-Îles à Québec). Il en fut ainsi du principe nommant le Bas-Canada, en aval du Haut-Canada, alors que sa topographie était plus élevée et sa situation géographique, plus au Nord.

D'autres situations, comme les régions du Saguenay et de l'Abitibi, situés plus en retrait du fleuve, mènent à un repère fondé selon l'endroit du croisement du Saint-Laurent avec ses affluents. Par exemple, par son envergure historique, une personne se trouvant à Chicoutimi montera à Québec puisqu'autrefois elle devait descendre la rivière Saguenay jusqu'au fleuve et de là, monter le fleuve jusqu'à Québec. Une personne se trouvant à Rouyn-Noranda descendra pour sa part à Québec, car elle devait suivre la rivière des Outaouais jusqu'au lac des Deux-Montagnes et de là, descendre le fleuve jusqu'à Québec.

L'orientation selon les points cardinaux est principalement utilisée dans des situations plus locales, ou régionales, où aucune rivière ne peut être utilisée comme point de repère (ex.: une personne à Montréal montera dans la région des Laurentides, située au Nord). Cette orientation se fait en outre lorsqu'un des points de repère est située à l'extérieur du bassin hydrographique du Saint-Laurent. Par exemple, lorsqu'une personne descend dans le Sud, il est sous-entendu qu'elle va dans le sud des États-Unis, dans les Caraïbes ou au Mexique. À l'inverse, lorsqu'elle monte dans le Nord, il est sous-entendu qu'elle va en un endroit situé dans la région du Nord-du-Québec.

D'autres expressions ont les mêmes origines historiques. Certaines sont principalement fondées sur la navigation:

  • Embarquer et débarquer « Embarquer en voiture » (entrer dans une voiture) ou « Prendre une débarque » (tomber, se faire mal).
  • Bateau « Manquer le bateau » ( manquer une opportunité).
  • Bordé « Une bordé de neige est tombée » (une grande quantité de neige est tombée)
  • Couler et échouer « J'ai coulé mon examen » (J'ai raté mon examen) « J'ai échoué lamentablement » ( je n'ai pas réussi).

Alors que d'autres sont fondées sur la vie en forêt et sur les terres agricoles:

  • Bûche « Se tirer une bûche » (pour s'asseoir ou inviter quelqu'un à s'asseoir) .
  • Barrer « Barrer une porte », en référence à la barre mise dans les portes des granges, mais qui vient aussi du français dialectal, cf. normand : Lli barre tréjous la crouésie devaunt de daîner « il ferme toujours la fenêtre avant de dîner ».
  • Char (voiture) et Charrue (gratte neige ou chasse neige) « Embarquer en char » (entrer dans une voiture) qui sont dans la même famille du mot charrette et qui viennent du verbe charrier (transporter).

Alors que des expressions sont basées sur les relations des Québécois avec les Autochtones.

d'autres expressions sont pour leur part basées sur la situation géographique et climatique du Québec en plus d'intégrer des images poétiques:

  • « Il tombe des pattes de lapin » pour indiquer qu'il neige de larges flocons
  • « Passer dans le beurre » pour indiquer que l'on a raté quelque chose.
  • « Il mouille à siau » pour indiquer qu'il pleut abondamment.

Caractéristiques structurelles[modifier | modifier le code]

Phonologie et phonétique[modifier | modifier le code]

  • Sources[25] : Dumas (1987), Ostiguy & Toussignant (1993), Labelle (2004).

Certaines caractéristiques phonétiques varient selon les régions. Par exemple, à Montréal, en Mauricie ou en Estrie, on entend plus de mots avec des voyelles longues (diphtonguées en syllabe fermée) qu’à Québec (« poteau » se prononce [pɔto] à Québec, [poto] à Montréal). De même, « arrête » se prononce [aʁɛt] à Québec et [aʁaɛ̯t] à Montréal. « Baleine » sera [balɛn] à Québec et [balɛ̃ːn] ou [balaɛ̯n] à Montréal. « Lacet » sera [lasɛ] à Québec et [lɑsɛ] à Montréal. Dans la région de Trois-Rivières, la diphtongaison des voyelles longues ou interprétées comme longues par le locuteur est encore plus répandue qu'à Montréal ou à Québec, comme dans basilectal [vinaɛ̯ɡ] au lieu de [vinɛɡ(ʁ)] ailleurs.

Voyelles[modifier | modifier le code]

  • Sont maintenues dans le système phonologique et, de ce fait, dans la phonétique aussi:
    • La distinction entre le a antérieur [a] et le a postérieur [ɑː] ~ [ɑɔ̯] : « patte » et « pâte »;
    • La distinction entre le è bref [ɛ] et le è long [ɛː] ~ [aɛ̯] : « mettre » et « maître »;
    • La distinction entre /ø/ et /ə/: « jeu » [ʒø] et « je » [ʒœ̈]; par contre, le /ə/, de « je » par exemple, est élidé partout où le contexte phonétique le permet: j'parle, j'mange, chu « je suis » (phénomène de la chute du schwa).
  • Les voyelles hautes /i y u/ sont relâchées en syllabe fermée et se réalisent [ɪ], [ʏ] et [ʊ]: /sis/ « six » [sɪs], /lyn/ « lune » [lʏn], /pul/ « poule » [pʊl];
  • Les voyelles nasales /ɑ̃/, /ɛ̃/, /ɔ̃/ et /œ̃/ du français scolaire de référence sont traitées de façon suivante :
    • /ɑ̃/ se réalise en [ã] ou en [æ̃] (populaire) en syllabe ouverte, mais [ãː] ou [ãũ̯] (populaire) en syllabe finale fermée;
    • /ɛ̃/ et /ɔ̃/ se ferment et se diphtonguent en [ẽĩ̯] et [õũ̯] dans toutes les syllabes;
    • La distinction entre le <in> et le <un> dans « brin » et « brun » est présente: [ẽĩ̯] et [œ̃] dans l'acrolecte, mais [ẽĩ̯] et [œ̃˞] dans le basilecte. La distinction a tendance à disparaître dans le basilecte au profit de [ẽĩ̯] dans le dialecte de Trois-Rivières.
  • Les voyelles longues (marquées /ː/) sont diphtonguées en syllabe finale fermée: [pɑɔ̯t] « pâte », [faɛ̯t] « fête », [ou̯tʁ] « autre », [sãẽ̯k] « cinq », [ɡɑɔ̯z] « gaz », [nøy̯tʁ] « neutre », [kaœ̯ʁ] « cœur » etc. L'application de la règle est bloquée sous l'effet de deux contraintes, l'une phonologique, l'autre sociolinguistique. La règle est contrainte :
    • phonologiquement, quand l'allongement n'est pas intrinsèque mais dû à l'action d'une consonnne allongeante ou quand la voyelle allongée est [a][26]
    • Sociolinguistiquement, dans les contextes d'utilisation de la variété est acrolectale[27] :
  • En syllabe finale ouverte, la voyelle /a/ se réalise [ɔ]: /kanada/ « Canada » se réalise phonétiquement [kanadɔ], /sa/ « ça » se réalise [sɔ]; et la voyelle /ɛ/ est prononcée [a]: /taʁlɛ/ « tarlais » se réalise [taʁla], l'imparfait //-ait// se réalise [a];

Consonnes[modifier | modifier le code]

  • Affrication des occlusives alvéolaires (/t/ et /d/) devant les voyelles antérieures fermées (/i/ et /y/): « tu » se prononce [t͡sy], « dîner » se prononce [d͡zine];
  • Une règle complexe de réduction des groupes de consonnes finales commune à toutes les variétés du français d'Amérique opère dans les contextes suivants[28] :
    • (1) voyelle_occlusive_liquide: possible > possib', vinaigre > vinaig', plâtre > plât';
    • (2) voyelle_occlusive_occlusive: accepte > accep', affecte > affec', correct > correc';
    • (3) voyelle_occlusive_nasale: énigme > énig', rythme > ryth';
    • (4) voyelle_fricative_liquide: pauvre > pauv', livre > liv', pantoufle > pantouf'; trèfle > trèf';
    • (5) voyelle_fricative_occlusive: nationaliste > nationalis', reste > res', casque > cas';
    • (6) voyelle_fricative_nasale: nationalisme > nationalis', spasme > spas';
    • (7) voyelle_nasale_nasale: indemne > indem', hymne > hym';
    • (8) voyelle_liquide_occlusive_liquide: arbre > arb', mordre > mord', couvercle > couverc';
    • (9) voyelle_fricative_occlusive_liquide: piastre > pias', ministre > minis', muscle > mus' ou musc';
    • (10) voyelle_occlusive_fricative_occlusive: texte > tex', mixte > mix';
    • L'application de cette règle est pondérée par l'application d'autres règles comme:
      • a) La règle de réduction et la règle de liaison s'appliquent simultanément à la frontière des mots: d'autres amis > [dou̯tzaˈmi]; pauvres amis > [pou̯vzaˈmi].
      • b) La règle de réduction et la règle d'affrication s'appliquent simultanément à la frontière des mots: un cadre immense > [œ̃kɑd͡ziˈmãːs];
      • c) La consonne tronquée est conservée dans la morphologie sous-jacente: minis' > ministère, pauv' > pauvreté, indem' > imdemnité.
  • Parfois, une jota [x] s'entend pour le son de la lettre <j> ou <g> doux dans certaines régions (Lac-Saint-Jean, Beauce): « Georges » se prononcera [xorx] (comme Jorge en espagnol, mais sans é à la fin) ;
  • Le R est traditionnellement roulé [r] dans l’ouest du Québec et grasseyé [ʀ] dans l’est (quoique de nos jours, le [ʁ] domine partout);
  • Résolution des hiatus. Outre les cas de liaison communs à toutes les variétés du français, notamment celles dérivées du français populaire de Paris historique, le français québécois connaît des règles de résolution des hiatus particulières qui, s'ils ont déjà existé ailleurs, ne sont pas documenté aussi extensivement[29].
    • Insertion d'une consonne de liaison « étymologique » : cinq z'oiseaux « cinq oiseaux », de drôles de z'yeux « de drôles d'yeux ». L'étymologie de ce z' à valeur de pluriel réside dans la surgénéralisation d'une liaison entre un ancien suffixe pluriel -s, phonétiquement [z], et l'initiale vocalique du nom qui suit.
    • Insertion d'une consonne éphelcystique non étymologique: a-g-urissant « ahurissant », ha-gu-ir « haïr », hi-gu-ère « hier », on gu'y va « on y va », on d'y va « on y va », ch't'assez content « je suis assez content », té't'en forme « tu es en forme », donne-moi-z'en « donne m'en », ça l'a pas marché « ça n'a pas marché ».

Morphologie et syntaxe[modifier | modifier le code]

  • Sources[25] : Léard (1995), Fournier & Wittmann (1995).

Morphologie[modifier | modifier le code]

Certains affixes se retrouvent plus fréquemment au Québec qu’en France. Par exemple, le suffixe « -eux », un nominalisateur qui apporte souvent un certain sens péjoratif : « téter → téteux » ; « niaiser → niaiseux » ; « obstiner → ostineux » ; « pot → poteux ». Il en va de même pour le suffixe -age (action de…) : niaiser → niaisage.

Chute du /l/ dans les articles et les pronoms clitiques[modifier | modifier le code]

La chute du /l/ dans les articles définis et les pronoms clitiques (comme dans « à (la) gare », « j'(la) a connais ») est généralisée selon une règle morphophonologique et sociolinguistique stable.

Genre[modifier | modifier le code]

Il y a à l'oral certains usages qui ne sont d'ailleurs pas propres au français populaire du Québec. Par exemple, certains mots ont un genre différent (ex.: « une job », au Québec, et « un job » en France).

Les noms à initiale vocalique qui sont masculins en français standard sont féminisées en fonction de critères morphophonologiques et sociolinguistiques stables: une avion, une hôpital, une hiver[30].

Négation[modifier | modifier le code]

La particule ne qui marque le négatif avec pas en français standard est effacée dans tous les contextes. Exemple : « Il ne faut pas faire ça » devient soit «Y faut pas faire ça », ou bien simplement « faut pas faire ça »). C'est également le cas en français standard parlé.

Verbe être[modifier | modifier le code]

Le verbe « être » présente de nombreuses contractions et une tendance générale d'agglutination des pronoms atones au verbe, une tendance commune à toutes les variétés du français des Amériques, sauf l'acadien traditionnel. Ces changements linguistiques, bien que fréquents dans l'évolution des langues, appartiennent strictement à la langue parlée et ne se reflètent que très rarement dans la langue écrite.

  • Univerbation des formes conjuguées du présent avec le pronom conjoint (clitique): chu (cht', ch'), té, y (yé), è, sé (st'), ouen, sont pour « je suis, tu es, il est, elle est, c'est, on est (nous sommes), ils/elles sont »[31].
  • « tu » (avec -tu < -ti < -t-il): est-il/est elle « Ta mé tu là? » (Ta mère est-elle là?)[32];
  • « s'tu » : (C'est-tu) est-ce… « S'tu toi qui est venu me voir hier soir? » ; « S'tu ton chum? »;
  • « tu (verbe)-tu » : (verbe)-tu… « Tu veux-tu aller au cinéma? » « Tu sors-tu avec cette fille? »;
  • « 'tu » : veux-tu, es-tu… (l'accent sur le tu remplaces le verbe qui ne peut être deviné que par le contexte) « 'Tu une bière? » « 'Tu heureux icitte? »
  • « Té-tu » : es-tu. « Té-tu malade? »;
  • On retrouve quelquefois encore dans le langage parlé « sontaient » pour « étaient ». Dans ce cas, le paradigme régularisé se présente comme suit: les formes du présent ch', té, y (yé), è, s', ouen, sont + la particule pour « j'étais, tu étais, il était, elle était, c'était, on était (nous étions), ils/elles étaient »[33].

Verbes[modifier | modifier le code]

Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s’asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (« je m’assois » au lieu de « je m’assieds », « assoyez-vous » au lieu de « asseyez-vous »), il peut parfois être conjugué comme un verbe du deuxième groupe avec l'infinitif « s'assir ». D’autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j’haïs » /ʒai/ (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » /ʒəɛ/ (avec une seule syllabe).

Impératif: « Donne-moé lé » au lieu de « Donne le moi »; « Fais-toi z'en pas » au lieu de « (ne) t’en fais pas ».

Sauf dans le registre soutenu, le verbe « être » à la première personne du singulier se rend par la contraction chu (qui rappelle le chui — je + suis — utilisé dans le langage parlé du français métropolitain) ; suivi d’un mot commençant par une voyelle, il cause une liaison en t : « Ch’t’un gars patient », « Ch’t’arrivé ». Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : « T’é t’un gars patient » ou encore, personnalisé d’un toi (familièrement, toé) à la fin : « T'é t’un gars patient, toé ». Ce que l'orthographe rend comme es (2e personne) et est (3e prsonne) se prononce é [e], sauf dans la contraction de elle est qui se prononce è [ɛ]: È folle « Elle est folle ». Le pronom « nous » n’est utilisé comme sujet qu'à l'écrit; c’est « on » qui est utilisé. Ainsi, « Nous allons souper » se dit « On va souper », « Qu’allons-nous faire ce soir? » devient « Qu’est-ce qu’on fait à soir? » ou alors « On fait quoi à soir? ». C’est un héritage du français populaire de Paris historique.

Le verbe aller à la première personne du singulier est vas au lieu de vais. De plus, (moé) je vas + verbe (futur) est le plus souvent contracté en m’as, comme dans M’as t’tuer. Le futur simple en « -rai, -ras, -ra » est absent de la langue parlée, étant remplacé par le futur proche, c’est-à-dire le verbe aller et l’infinitif (« Demain, m'as aller magasiner »), sauf au négatif où on utilise normalement le futur simple en « -ra pas » (« Demain, y viendra pas travailler », mais « M'as pas manger ta soupe à ta place »).

Le français québécois permet de remplacer une subordonnée conditionnelle en « si » par une construction à l’infinitif : « Avoir de l’argent, je t’en donnerais » pour « si j’avais de l’argent, je t’en donnerais. »

Les pronoms ainsi que certaines conjugaisons rappellent le picard, notamment l'utilisation du pronom indéfini on pour la première personne du pluriel, qui s'apparente au in picard. En exemple, les verbes être et avoir: C'est également le cas en français standard parlé.

  • Être:
    • Français standard: Je suis, tu es, il est, elle est, nous sommes, vous êtes, ils sont.
    • Picard : Ej'sus, t'es, i'est, al'est, in'est, vos êtes, i sont.
    • Québécois oral: Chu[34] (cht' devant voyelle), t'es, yé, al'est ou è (prononcé [ɛ]), on est (prononcé [õne] ou [ɲe]), vous êtes, y sont.
  • Avoir:
    • Français standard: J'ai, tu as, il a, elle a, nous avons, vous avez, ils ont.
    • Picard : J'ai, t'as, i'a, al'a, in'a, vos avez, i z'ont.
    • Québécois oral: J'ai, t'as, ya, al'a ou à (prononcé [a] ou [aː]), on a, vous avez, y'ont[35].

Autre exemple typique: je saisché. Ché ben c'pas toé! (Je sais bien que ce n'est pas toi!)

  • Haïr:
    • Français standard: Je hais, tu hais, il hait, elle hait, nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent
    • Picard:
    • Québécois oral: J'haïs, t'haïs, y'haït, al'haït, on haït, vous haïssez, y'haïssent; variante basilectale: J'haguis, t'haguis, y'haguit, al'haguit, on haguit, vous haguissez, y haguissent[36].

Sujet des verbes et clitiques d'accord[modifier | modifier le code]

Une particularité syntaxique que le français québécois partage avec le français populaire de Paris historique et parlé aujourd'hui est que les pronoms clitiques (appelés aussi pronoms conjoints) je, tu, il, à, on, ils se sont affaiblis au point où ils n'occupent plus des positions d'argument comme sujet du verbe mais plutôt des positions d'accord du verbe avec le sujet; et que le véritable sujet est exprimé par les pronoms « disjoints » moi, toi, lui, elle, nous(-autres), eux(-autres). Ainsi, dans l'exemple :

  • En t'es cas, elle à mange pas sa soupe avec une petite cuillère.

le véritable sujet de la phrase est le pronom elle qui peut être effacé comme dans les langues répondant à un paramètre pro-drop (omission apparente du sujet syntaxique)[37]. Il s'agit d'un changement linguistique radical par rapport à l'ancien français et au français standard écrit : des marqueurs postposés au verbe (les suffixes -e/-s, -s. -e/-t, -ons, -ent) ont été remplacés par des marqueurs pré-posés au verbe (les clitiques je, tu, il, à, on, ils).

La deuxième personne du pluriel (qui s'utilise également comme adresse de respect[Quoi ?]) occupe une place particulière. Comme le remarquait déjà Edgar Ewing Brandon en 1898 pour les variétés basilectales, le suffixe -ez se maintient à l'indicatif du présent, mais à l'indicatif du présent uniquement[38]. Ainsi, on aura :

  • Vous-autres était après parler…

avec était au lieu de étiez.

Les clitiques de la 3e personne sont fréquemment omis quand il n’y a pas d’ambiguïté. Par exemple,

  • Ø est belle (la fille).
  • Ø faut pas s'en faire.

Particule interrogative « -tu »[modifier | modifier le code]

La particule « -tu » est utilisée quand on pose une question directe (dont la réponse ne peut être qu'oui ou non) à quelqu’un[39]. Le « -tu » tient alors le rôle d’un adverbe d’interrogation ou d’exclamation. Ce « -tu » est dérivé du « -ti », particule interrogative du langage populaire en France[40] tirée du « (-)t » de la 3e personne verbale accolé au pronom « il » comme dans « Y en a-t-il d’autres ? » ou « Faut-il être fou ? », perdant graduellement le « l » comme dans « C’est-y pas possible » et se mettant dans des phrases qui ne nécessitent pas de pronom indirect « il y a ». Par conséquent, cette particule « -tu » (considérée comme particule à part entière et non comme pronom personnel dans ce contexte) transforme en interrogation ou exclamation une phrase qui sans elle serait simplement une affirmation.

  • « C'est loin, ça. » → « C’est-tu pas assez loin, ça? »
  • « Est-ce que j'ai l'air fatigué. » → « J’ai-tu l’air fatigué? »
  • « Y en a-t-il d'autres. » → « Y’en a-tu d’autres? »
  • « Faut être imbécile pas à peu près. » → « Faut-tu pas être cave pis pas à peu près! »
  • « C'est pas possible, ce qui arrive là. » → « C’est-tu pas possible, ce qui arrive là! »
  • « Tu vas bien ? » → « Tu vas-tu bien? »
  • « Ça va ? » → « Ça va-tu? »
  • « Cela n'a pas d'allure. » → « Ç'a-tu pas d'allure! »

En ce sens, le québécois parlé se rapproche parfois, de façon typologique, des langues qui comblent le paramètre interrogatif par l'insertion d'une particule :

  • « On a gagné. » (indicatif) → « On a-tu gagné? » (interrogatif)
  • « Mamie est morte. » (indicatif) → « Est-tu morte, mamie? » (interrogatif)

ou l'intonation croissante sur la dernière syllabe de la phrase affirmative, sans pour autant anticiper la réponse par l'ajout des adverbes « oui » ou « non » à la fin de la phrase :

  • « C'est fini. » → « C'est-tu fini? » au lieu de « C'est fini, oui? »
  • « Tu ne manges pas. » → « Tu manges pas? » au lieu de « Tu ne manges pas, non? »

L'usage de la particule -tu dans une phrase conjuguée avec le « vous » n'est généralement pas utilisé, mais on peut parfois rencontrer cet usage, habituellement condamné, dans les variétés régionales. Par exemple :

  • « Vous y allez. » (indicatif) → « Vous y allez-tu? »
  • « Vous voulez manger ? » → « Vous voulez-tu manger? »

Mais l'usage de la particule -tu dans des phrases où le « vous » n'est pas le pronom qui conjugue le verbe est souvent utilisé en français oral et son utilisation est généralement acceptée. Par exemple :

  • « Est-ce que la poutine est à votre goût ? » → « La poutine est-tu à votre goût? »
  • « Ça vous tente vraiment d'y aller. » → « Ça vous tente-tu vraiment d’y aller? »

Envers une personne que l'on ne connaît pas, on utilise plutôt la forme générale afin d'éviter de paraître familier. Exemples :

  • « Est-ce que vous y allez ? » ou « Y allez-vous ? »[41]

La particule « pis » : préposition, conjonction, interjection[modifier | modifier le code]

Dans la langue parlée, le « pis » (dérivé de « puis ») remplace généralement le « et ».

  • « J'm'en vas à Montréal avec Martin pis Julie. »
  • « On est allé faire un tour pis boire un verre. »
  • « Pis, ça as-tu bien été aujourd'hui à la job? »
  • « Pis, comment ça se passe entre toi pis elle? »

Particule démonstrative «  »[modifier | modifier le code]

Comme en français métropolitain, l'utilisation du « là » ponctue très souvent la fin de phrase ou s'ajoute après un mot dans la langue parlée, voire les deux à la fois. De plus, le « là » peut parfois être doublé dans le langage populaire.

  • « J'l'adore cette place-là, moé. »
  • « Moi là, ton char, là, j'l'aurais pas acheté. »
  • « Est bin cute c'te fille-là. »
  • « C'est quoi c't'affaire-là? »
  • « Heille! Là là! Arrête là! »

Prépositions[modifier | modifier le code]

La préposition « à » est généralement utilisée dans des contextes possessifs, comme en français de France : « la voiture à Pierre » au lieu de « la voiture de Pierre ».

Dans de nombreux cas, les locuteurs québécois préfèrent utiliser la préposition à au lieu d’utiliser une expression non prépositionnelle avec ce : par exemple, à matin ou à soir au lieu de ce matin et ce soir. Notez aussi à cette heure, prononcé et parfois écrit à c’t’heure, asteure ou astheure pour maintenant, qu’on peut trouver dans les écrits de Queneau ou Montaigne (et dans les différent patois de l'ouest, ex : cauchois asteu, angevin asteur, etc.).

Cet usage n’est pas utilisé dans le langage écrit.

La combinaison de la préposition sur se contracte lorsqu’elle est suivie d’un article défini : sur + lesu'l ; sur + lasu'a ou s'a (le a est allongé); sur + lessés (le é est allongé). La préposition dans est aussi sujette à contraction : dans + lesdins, dans + ledans l', dans + ladans (la voyelle nasale est allongée), parfois dans + undun. Dès que se voit aussi contracté en Dèqu' ou Mèqu' : Ch'teul dis mèqu'j'arrive che-nous.

Il est courant de dire chez nous, chez vous et chez eux au lieu de chez moi, chez toi ou chez lui/elle, même si la personne concernée vit seule.

Interrogation négative[modifier | modifier le code]

En français québécois est inexistant le « si » réfutant une question formulée à la négative française de France. Ainsi, il s'éloigne typologiquement de la formulation des langues utilisant un adverbe spécial marquant une affirmation en réponse à une négation, tel l'adverbe allemand « doch ». À l'inverse, il se rapproche des langues qui reprennent un même adverbe d'affirmation auquel est ajoutée une marque d'étonnement, comme dans l'expression anglaise « Oh! yes! ».

  • « T'as pas faim? Mais oui, j'ai faim! » au lieu de « T'as pas faim? Si, j'ai faim! »

Interjections de « frustration »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sacre québécois.
  • « Calvaire ! »
  • « Tabarnak ! »
  • « Câlisse ! »
  • « Sacrament ! »
  • « Crisse de tabarnak ! »
  • « Ciboire ! »
  • « Câlisse de tabarnak ! »
  • « Ostie de tabarnak ! »
  • « Simonak ! »
  • « Cibouère ! »
  • « Ostie ! »
  • « Ostie de câlisse ! »

Lexique du français québécois[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lexique du français québécois.

En règle générale, le français québécois écrit utilise les mêmes normes que le français commun des autres États francophones. L'Office québécois de la langue française (OQLF) travaille de concert avec l’Académie française et les organismes gouvernementaux des autres pays de la Francophonie. L’Office promeut d'abord un usage français dans le respect des particularités du fait français québécois. Le vocabulaire officiel régularisé et proposé par l'Office québécois de la langue française doit être utilisé au Québec dans les documents officiels et scolaires.

On dira par exemple « Les courriels sont une alternative au clavardage » plutôt que « Les emails sont une alternative au chat ». Autres exemples : « banc de neige », « dépanneur », « magasinage », « cégep », « baladodiffusion », etc.

L’OQLF recommande la féminisation des noms de fonction (comme « professeure », « auteure », « mairesse », etc.). La Belgique, la Suisse et finalement la France ont suivi le Québec dans cette voie après des années et l'usage n'est pas encore établi partout, l'Académie française s'étant montrée sans doute la plus conservatrice en cette matière[42].

Variations sociolinguistiques et régionales[modifier | modifier le code]

Variations sociolinguistiques[modifier | modifier le code]

Le français québécois a une variété de registres, allant du français officiel, fortement influencé par le français européen moderne et avec des traits phonétiques effacés, préservant cependant fortement de nombreux traits québécois, jusqu’au joual.

Le français québécois fut autrefois stigmatisé, parmi les Québécois eux-mêmes comme parmi les Français d’Europe et les anglophones, comme étant un dialecte de bas étage, parfois à cause de l’usage des anglicismes, parfois simplement à cause de ses différences d’avec le français européen, perçu comme étant la référence. Jusqu’en 1968, on n’entendait pas de vocabulaire du français québécois dans les pièces de théâtre par exemple, et cette année-là, l’immense succès de la pièce de Michel Tremblay, Les Belles-Sœurs, s’avéra être un tournant.

Aujourd’hui toutefois, les francophones au Québec ont bien plus de liberté de choisir un « registre » en parlant et les personnages d’émissions télévisées ont presque toujours un parler « réel » de tous les jours plutôt qu’un français « officiel ». En Europe, le français québécois est perçu comme étant un langage parfois difficile à comprendre. D’où la présence de sous-titres dans certains films québécois présentés en Europe francophone.

Variations régionales[modifier | modifier le code]

Des différences régionales notables existent lorsqu’on compare certaines régions du Québec. On remarque surtout ces différences lorsqu'on compare les régions urbaines et les régions rurales; Ces dernières penchent dans certains cas vers l'utilisation d'anglicismes, des archaïsmes ou des termes qui ne sont pas présents dans le vocabulaire des locuteurs des grandes villes. Par exemple, un « coat » pour désigner un « manteau » ou une « charrue » pour désigner une « gratte » (chasse-neige). Toutefois, ces termes sont souvent largement compréhensible à tous et il est difficile de déterminer s'il s'agit d'un cas régional spécifique.

Il existe néanmoins des quelques exceptions locales très particulières, par exemple l'utilisation du terme « ralle » pour définir le tronc d'un arbre à Les Chenaux.

Variétés[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce chiffre représente le nombre de locuteurs ayant comme langue maternelle le français au Canada en 2006 selon Statistique Canada. Il comprend donc des locuteurs qui pourraient avoir comme langue maternelle d'autres variations du français comme le français acadien (Statistique Canada, « Population selon la langue maternelle et les groupes d'âge, chiffres de 2006, pour le Canada, les provinces et les territoires - Données-échantillon (24 %) », Statistique Canada,‎ 24 mars 2009 (consulté le 5 mai 2011).).
  2. code générique
  3. François Mouchet, « Québec : Le parlé québécois », sur Azurever (consulté le 30 mai 2009)
  4. « L’Association des journaux de langue française de l'Ontario », sur Le Centre de recherche en civilisation canadienne-française (consulté le 23 avril 2009)
  5. À noter que les spécifications géographiques « Baie des Chaleurs » et « Basse-Côte-Nord » ne couvrent pas toute la Gaspésie ou toute la Côte-Nord.
  6. Voir par exemple Anselme Chiasson, Les Îles de la Madeleine: vie matérielle et sociale de l'en premier, Leméac, 1981, p. 248-250, (ISBN 2760952932).
  7. Pierre Martel, Hélène Cajolet-Laganière, « La norme du français québécois », sur UQAC, Université du Québec à Chicoutimi,‎ 1996 (consulté le 30 mai 2009) : « Par immigration, ce français s'est répandu à l'ouest du pays, notamment en Ontario et au Manitoba. »
  8. (en) Collectif, Acadian culture in Maine, Boston, Mass. : National Park Service, North Atlantic Regional Office, 1994. Chapitre « French Language », sur University of Maine at Fort Kent (consulté le 28 janvier 2009)
  9. Hubert Charbonneau & André Guillemette, « Provinces et habitats d’origine des pionniers de la vallée laurentienne », dans Claude Poirier et al., Langue, espace, société: les variétés du français en Amérique du Nord, Sainte-Foy: Presses de l’Université Laval, 1994, p. 157–183, citation p. 178-179.[1]
  10. Yves-Charles Morin, « Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec », Revue québécoise de linguistique, volume 31, numéro 1, 2002, p. 54 (avec référence à Charbonneau et Guillemette, p. 179).[2]
  11. Hubert Charbonneau & André Guillemette, « Provinces et habitats d’origine des pionniers de la vallée laurentienne », dans Claude Poirier et al., Langue, espace, société: les variétés du français en Amérique du Nord, Sainte-Foy: Presses de l’Université Laval, 1994, p. 157–183, citation p. 178-179;[3]
  12. Yves-Charles Morin, « Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec », Revue québécoise de linguistique, volume 31, numéro 1, 2002; Henri Wittmann, «Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du XVIIe siècle et origines du français québécois.» Le français des Amériques, dir. Robert Fournier & Henri Wittmann, 281-334. Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières.[4]
  13. Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[PDF], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford: Pergamon (CD edition)
  14. Adjutor Rivard. Études sur les parlers de France au Canada, Québec: Garneau, 1914; Yves-Charles Morin, Les premiers immigrants et la prononciation du français au Québec, Revue québécoise de linguistique Volume 31, numéro 1, 2002.[5]
  15. http://www.tlfq.ulaval.ca/presentation/
  16. http://franqus.usherbrooke.ca/problematique.php
  17. L'Ordre des francophones d'Amérique sur le site du Conseil supérieur de la langue française. Consulté le 24 mai 2009.
  18. Social lives in language--sociolinguistics and multilingual speech Par:Gillian Sankoff, Miriam Meyerhoff, Naomi Nagy De:John Benjamins Publishing Company ISBN 9027218633, 9789027218636 Pages 29 à 31
  19. «Le tu est donc devenu le pronom de la réciprocité (ou de la non-reconnaissance de différence hiérarchiques et on a restreint le domaine d'utilisation du vous aux relations non réciproques.» dans Marty Laforest; États d'âme, états de langue : Essaie sur le français parlé au Québec, page 114
  20. Bien que cette réalité linguistique est ressentie comme « dérangeante » par un certain nombre de Québécois, le recul du vouvoiement dans le français québécois est bien documenté dans la recherche scientifique: Lambert, Wallace E. (1967), « The use of tu and vous as forms of address in French Canada. A pilot study. » Journal of Verbal Learning and Verbal Behavior 6.614–617; Lambert, Wallace E. & George R. Tucker (1976), Tu, vous, usted: A sociopsychological study of address patterns. Rowley : Newbury House; Deshaies, Denise (1991). « Contribution à l'analyse du français québécois : étude des pronoms personnels. » Revue québécoise de linguistique théorique et appliquée 10:3.11-40; Vincent, Diane (2001). « Remarques sur le tutoiement et le vouvoiement en français parlé au Québec », Actes du colloque La journée du Québec, Institut d'études romanes, Université de Copenhague, 11-22; Peeters, Bert (2009). « Tu ou vous? » In: B. Peeters & N. Ramière (eds), Tu ou vous : L'embarras du choix. Limoges: Lambert-Lucas.
  21. Les anglicismes selon la Banque de dépannage linguistique
  22. Principes de la common law réglementant le droit public québécois en vertu de la constitution
  23. « shopping », sur Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française
  24. Exemples : L'article 10 du règlement numéro 74 de la ville de Saint-Hyacinthe ainsi que l'article 18 du règlement numéro 81-2007 de la municipalité du Lac-Etchemin. Le paragraphe 6.1 du règlement 2004-29 de l'arrondissement Plateau Mont-Royal de la ville de Montréal.
  25. a et b Voir dans la bibliographie
  26. Marie-Hélène Côté, « La longueur vocalique devant consonne allongeante en contexte final et dérivé en français laurentien », In: Carmen LeBlanc, France Martineau & Yves Frenette (éd.), Vues sur les français d’ici, Québec: Presses de l’Université Laval, 2010, p. 49-75;[6] Dumas (1987), p. 123-130. La règle de diphtongaison est bloquée dans les voyelles allongées par l'action d'une des consonnes allongeantes [v, z, ʒ] (incluant le groupe acrolectal [vʁ]): rénove, innove, neuve, fleuve, veuve, grève, élève, chèvre, trêve, bave, épave; loge, toge, éloge, horloge, Limoges, cage, allège, p'tit dèj; quiz, taise, plaise, topaze, jazz, Caucase. Par contre, quand l'allongement est intrinsèque à la syllabe, la règle de diphtongaison s'applique: vive, cuve, couve, rêve, fève, orfèvre, Lefebvre, poivre, sauve, cadavre, esclave; vise, frise, buse, douze, cinq, seize, creuse, cause, gaz, jase; tige, juge, bouge, neige, sauge, nage, âge. Un cas à part est le suffixe « -age » : dans l'Ouest du Québec, la structure sous-jacente du suffixe est /ɑʒ/ (avec longueur intrinsèque, prononcé âge dans le basilecte) et la diphtongaison s'applique; à l'Est du Québec, la structure sous-jacente du suffixe est /aʒ/ (avec allongement dû à la consonne /ʒ/, prononcé aj comme dans AGE « association générale des étudiants ») et la diphtongaison ne peut s'appliquer.
  27. Les circonstances dans lesquelles un Québécois scolarisé fait usage de la variété acrolectale du français québécois est sujet à controverse. Il est quand même permis de généraliser que même un enseignant québécois de réputation internationale ne fera pas appel à l'acrolecte dans tous les circonstances sociolinguistiquement pertinentes.
  28. Pupier, Paul & Lynn Drapeau, « La réduction des groupes de consonnes finales en français de Montréal », Cahier de linguistique, no 3, 1973, p. 127-145.[7]
  29. Outre Ostiguy & Tousignant (1993), voir Yves-Charles Morin, « La liaison relève-t-elle d'une tendance à éviter les hiatus? Réflexions sur son évolution historique », Langages, no 158, 2005, pp. 8-23; « De quelques [l] non étymologiques dans le français du Québec », Revue québécoise de linguistique, vol. 11, no 2, 1982, p. 9-47; Hélène Dorat, Le statut des règles morphophonologiques en grammaire générative, Mémoire, Université du Québec à Montréal, 2006.
  30. Barbaud, Ph., Ch. Ducharme & D. Valois. 1982. « D'un usage particulier du genre en canadien-français: la féminisation des noms à initiale vocalique. » Canadian Journal of Linguistics/Revue canadienne de linguistique 27:2.103-133.[8]
  31. Georges Dor (1996), Anna braillé ène shot, Montréal: Lanctôt Éditeur;[9] Dor (1997), Ta mé tu là? Montréal, Lanctôt Éditeur;[10] Henri Wittmann (1995), « Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du 17e siècle et origines du français québécois », Le français des Amériques, Robert Fournier & Henri Wittmann (ed.), Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières, p. 281-334; [11] Wittmann (1997), « Le français de Paris dans le français des Amériques », Proceedings of the International Congress of Linguists (Paris, 20-25 juillet 1997), Oxford: Pergamon, 16.0416.[12]
  32. Titre du livre de Georges Dor Ta mé tu là? Montréal: Lanctôt Éditeur (« mé » étant la prononciation locale de « mère » en chaouin, la variété linguistique parlée à Saint-Germain-de-Grantham.
  33. Lynn Drapeau, « Les paradigmes sontaient-tu régularisé? » La syntaxe comparée du français standard et populaire: approches formelle et fonctionnelle, Claire Lefebvre (ed.), Québec: Office de la langue française, tome 2, p. 127-147
  34. Hypercorrectivement, on entend également chui comme francisme emprunté au français populaire parlé en France. Le chui d'ailleurs ne permet pas la fausse liaison avec t dans cht. Dans tous les cas, chui ne fait pas partie du français québécois basilectal.
  35. Hypercorrectivement, on entend également y z'ont comme francisme emprunté au français populaire parlé en France. Dans tous les cas, z'ont ne fait pas partie du français québécois basilectal.
  36. Société du parler français au Canada, Glossaire du parler français au Canada, Québec: Les Presses de l'Université Laval, p. 390; Léandre Bergeron, Dictionnaire de la langue québécoise, Saint-Laurent: VLB Éditeur, p. 265.
  37. William J. Ashby, « The drift of French syntax », Lingua, vol. 57, p. 29-46; Knud Lambrecht, Topic, antitopic and verb agreement in Non-Standard-French, Amsterdam: Benjamins; Henri Wittmannn, Le français de Paris dans le français des Amériques[PDF], Proceedings of the International Congress of Linguists 16.0416 (Paris, 20-25 juillet 1997). Oxford: Pergamon (CD edition); Jennifer Culbertson, « Convergent evidence for categorical change in French: From subject clitic to agreement marker », dans Language, vol. 86, p. 85–132
  38. Edgar E. Brandon, « A French Colony in Michigan », dans Modern Language Notes, vol. 13, no 4, 1898, p. 121–124.
  39. Picard, Marc (1991). Clitics, affixes, and the evolution of the question marker -tu in Canadian French. Journal of French language studies 1.179-187; (1992). Aspects synchroniques et diachroniques du tu interrogatif en québécois. Revue québécoise de linguistique 21:2.65-75.
  40. La particule postverbale « -ti » a été notée pour la première fois dans Gaston Paris (1887). « Ti, signe d'interrogation. » Romania 6.438-442. Au XIXe siècle, cette particule était encore le moyen le plus répandu pour indiquer l'interrogation dans les dialectes de la langue d'oïl. Par contre, dans les variétés du français populaire dérivées de la koinè de Paris autres que celles parlées en Amérique du Nord, elle a été évincée au profit de la particule esk en position de complémenteur : « On a gagné » (indicatif) → « Esk on a gagné? » (interrogatif), Wittmann, Henri, «Grammaire comparée des variétés coloniales du français populaire de Paris du XVIIe siècle et origines du français québécois.» Le français des Amériques, dir. Robert Fournier & Henri Wittmann, 281-334. Trois-Rivières: Presses universitaires de Trois-Rivières.[13]
  41. http://www.tlfq.ulaval.ca/fichier/resultats.asp?mode=citations&page=1&init=true&affiche_entree=True&no_entree=120478&tri=entree&liste=true
  42. Féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres — Académie française. Consulté le 14 août 2008.