Fracture de Pouteau-Colles

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Une fracture de Pouteau-Colles est une rupture osseuse, avec déplacement dorsal, du radius (situé dans l'avant bras). Elle se caractérise par un déplacement du poignet et donc de la main.

Radio aux rayons X d'une fracture de Pouteau-Colles.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Elle désigne la fracture de l'extrémité distale (loin de l'épaule) du radius avec déplacement dorsal et radial, ainsi qu'une bascule postérieure. La rupture de l'os se situe à proximité de l'articulation radio-carpienne (en général entre 2 et 5 cm).

Causes[modifier | modifier le code]

Cette fracture se rencontre lors de chute vers l'arrière avec réception sur une surface dure, bras et coude tendu, l’avant-bras en pronation et poignet en extension et déviation radiale. La fracture de Pouteau-Colles se rencontre fréquemment chez les personnes atteintes d'ostéoporose ou suite à des traumatismes sportifs.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Mécanisme : compression en extension de la main.

Inspection[modifier | modifier le code]

Attitude de Dessault ( membre sain soutient le membre traumatisé)

De face : main en baïonnette (translation externe et saillie de la styloïde ulnaire)

De profil : aspect en "dos de fourchette" (bascule postérieure du fragment distale du radius)

Palpation[modifier | modifier le code]

Douleur à la palpation de la styloïde radiale

Horizontalisation de la ligne bi-styloïdienne par ascension de la styloïde radiale ( signe de Laugier)

Signe négatif: mobilité passive conservée (caractère sus articulaire de la fracture)

Paraclinique : radiologie[modifier | modifier le code]

Radiographies avant et après opération d'une fracture de type Pouteau-Colles du bras gauche.

De face : trait simple, transversal, sus articulaire, métaphysaire

  • bascule externe de l'épiphyse radiale
  • horizontalisation de la ligne bi-styloïdienne

De profil: bascule postérieure épiphyse radiale

Quand cette fracture est associée à un arrachement de la styloïde ulnaire on parle de fracture de Gérard Marchant.

Sources: CM Pr André SANE UGB 2013

Traitement[modifier | modifier le code]

Selon la gravité de la fracture, le degré de déplacement et l'âge du patient, il sera ou non nécessaire de recourir à une opération chirurgicale.


Éponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette fracture a été donnée en mémoire de Claude Pouteau qui a été le premier à la décrire, suivi par Abraham Colles (1773–1843), chirurgien Irlandais qui l'a décrite en 1814 par observation de la déformation typique de l'avant bras suite à cette fracture, et ce, avant l'avènement de la radiographie aux rayons X. Ernest Amory Codman a ensuite été le premier à l'étudier à l'aide des rayons X dans son article, publié dans le Boston Medical and Surgical Journal, aujourd'hui connu sour le nom de The New England Journal of Medicine[1],[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bill Mallon, Ernest Amory Codman : the end result of a life in medicine, Philadelphia, Saunders,‎ 2000 (ISBN 978-0-7216-8461-1, LCCN 99019074)
  2. E. A. Codman, « A Study of the X-Ray Plates of One Hundred and Forty Cases of Fracture of the Lower End of the Radius », The Boston Medical and Surgical Journal, vol. 143, no 13,‎ 1900, p. 305–308 (ISSN 0096-6762, DOI 10.1056/NEJM190009271431301)