Frédéric Titinga Pacéré

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Maître Frédéric Titinga Pacéré au Musée de la Bendrologie de Manéga

Frédéric Titinga Pacéré, né en 1943, est une personnalité du Burkina Faso.

Avocat, homme de lettres et de culture, chef traditionnel, il est fondateur du Musée de Manega au Burkina Faso et a fait ses études à au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Sénégal et en France. Il a publié plus de 20 livres et a reçu la médaille d'honneur des écrivains de langue française (A.D.E.L.F.)[1].

En 1982, il a reçu le Grand Prix Littéraire d'Afrique Noire pour deux de ses travaux : Poèmes pour l'Angola (1982) et La Poésie des griots (1982).

Il est membre du comité international 17 octobre[2] qui promeut la journée mondiale du refus de la misère.

Travaux[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Ça tire sous le Sahel, 1976
  • Refrains sous le Sahel, 1976
  • Quand s'envolent les grues couronnées, 1976
  • La poésie des griots, 1983
  • Poème pour l'Angola, 1983
  • Poème pour Koryo, 1986
  • Livre, culture et développement, 1989
  • Des entrailles de la terre, 1990
  • Dim-Dolobsom
  • La Bendrologie ou la science du langage tambouriné
  • Bendr'N Gomdé
  • Le langage des tam-tams et des masques en Afrique, 1992
  • Saglego, la poésie du tam-tam, 1994

Essais, art et témoignages[modifier | modifier le code]

  • Problématique de l'aide aux pays sous-développés, 1976
  • Ainsi on a assassiné tous les Mossé, 1979
  • L'artisan du Burkina, 1987
  • Les Yakouga ou pierre tombales du Burkina, 1993

Sociologie et droit[modifier | modifier le code]

  • La famille voltaïque en crise, 1976
  • L'avortement et la loi, 1983
  • Les enfants abandonnés, 1990
  • Les personnes handicapées, 1990

Ainsi on a assassiné tous les Mossé[modifier | modifier le code]

Cet essai témoignage, sous-titré Anti-Histoire et destruction du Mogho de l'Afrique Occidentale... a été édité en 1979 par les Éditions Naaman (Canada) et réédité en 1994 par la Fondation Pacere.

Frédéric Titinga Pacéré y décrit les principes qui ont guidé la conception de la société moagha : l'équilibre et l'anti-histoire, comment la société appliquait ces principes dans toutes ses représentations du monde et d'elle même, et comment le Mogho a été détruit par la colonisation dans les racines même de son existence.

Pour simplifier, le raisonnement qui sous-tend l'anti-histoire est le suivant : le but de la société est d'assurer le bonheur de ses individus ; elle ne peut pas y arriver si elle est perpétuellement en train de d'épuiser ses ressources (naturelles comme dans le cas de déforestations, ou humaines comme dans le cas de guerres sans fin). Le fait d'épuiser ses ressources renvoie en fait à la notion plus générale de rupture de l'équilibre nécessaire en tout pour assurer le bonheur des hommes. Il s'agit alors pour la société d'accéder à un certain style de vie qu'elle juge acceptable et qui soit durable au-delà des siècles et des générations. La société se donne alors pour moyen d'assurer le bonheur des hommes, de préserver ce état de fait en mettant tout en œuvre pour éliminer les déséquilibres qui nuiraient à sa préservation. Ainsi, il s'agit souvent de lutter contre les effets du temps sur les différentes générations qui se succèdent afin qu'ils préservent leur bonheur. C'est donc là l'origine de l'appellation "anti-histoire" des Mossé.

Anti-histoire et équilibre sont les principes fondateurs de la philosophie des Mosse d'avant la colonisation, étant donné, comme l'explique l'ouvrage que le Mogho a été détruit et qu'ainsi on a assassiné tous les Mossé[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel du Musée de Manéga
  2. Comité international 17 octobre
  3. Ainsi on a assassiné tous les Mosse, essai témoignage, Édition Fondation Pacere, Manega 1994