Frédéric Thiriez

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Frédéric Thiriez

Naissance 1er juillet 1952 (62 ans)
Neuilly-sur-Seine, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Frédéric Thiriez né à Neuilly-sur-Seine le 1er juillet 1952, président de la Ligue de football professionnel depuis 2002[1], président de l'Association des Ligues européennes de football depuis le 25 octobre 2013 .

Hors du football, il est avocat au Conseil d'État et à la Cour de Cassation depuis 1990. Il est membre du Conseil de l'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation[2].

Biographie

Formation

Né en 1952, il est issu d'une famille d'industriels du nord, spécialisée dans le tissu et le coton. Il passe son enfance dans le 7e arrondissement de Paris et suit sa scolarité au collège et au lycée Stanislas[1]. Il obtient un 4e prix au concours général de philosophie. En opposition à son milieu, il adhère au Parti socialiste unifié (PSU) à 16 ans, puis rejoint le Parti socialiste en 1974 jusqu’en 1988[3]. Depuis, il n’a plus d’activité politique.

Frédéric Thiriez est ensuite diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1972), licencié en droit (1973)[3] et ancien élève de l'École nationale d'administration (Promotion André Malraux 1977)[1] et commence sa carrière professionnelle dans l'administration.

Carrière juridique

Auditeur au Conseil d'État entre 1977 et 1981, il devient en 1981 conseiller technique au cabinet de Gaston Defferre alors ministre de l'Intérieur et de la décentralisation, puis en 1982, directeur de cabinet de Joseph Franceschi, le secrétaire d'État chargé de la Sécurité publique. En 1984, il redevient directeur de cabinet de Gaston Defferre, devenu ministre chargé du Plan et de l'aménagement du territoire. Il occupera ce poste jusqu'en 1986.

Dans la mouvance de Michel Rocard, dont il anime l'équipe entre 1986 et 1988, il devient directeur des Affaires politiques, administratives et financières de l'Outre-mer au ministère des départements et territoires d'outre-mer de 1988 à 1990 alors tenu par Louis Le Pensec. Il quitte l'administration en 1990 pour devenir avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, associé du cabinet Lyon-Caen.

En 1991, il défend la FFF dans un procès face à l'ancien président des Girondins de Bordeaux, Claude Bez[1].

Il a été élu en 2009 membre du Conseil de l'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation.

L'homme de football

Frédéric Thiriez est membre du Conseil fédéral de la FFF depuis 1992. il est administrateur de la Ligue de football professionnel depuis 1995 et en est le Président depuis son élection le 28 mai 2002. Il est également vice-président délégué de l’European Professional Football Leagues, membre du conseil stratégique du football professionnel de l'UEFA et secrétaire général de l'association nationale des ligues de sport professionnel[3].

Lorsque Frédéric Thiriez est arrivé à la présidence de la LFP en 2002, les droits TV de Ligue 1 s’élevaient à 271 millions d’euros par an. Depuis, ils ont presque triplé pour atteindre près de 670 millions d’euros en 2011/2012, qui a valu à Frédéric Thiriez le surnom de « Monsieur 600 millions ».

Le montant des recettes audiovisuelles a également triplé en ce qui concerne les droits étrangers, passant de 7 millions d’euros en 2002/2003 à 19 millions en 2011/2012.

Frédéric Thiriez a été à l’origine de la création de la chaîne de télévision de la Ligue sur la TNT (CFoot), en 2010, chaîne qui a dû fermer au bout d’un an en raison de recettes insuffisantes.

Pour l’arbitrage, le président de la LFP a toujours partisan des nouvelles technologies. La France a été le premier pays en 2003 à utiliser le système des oreillettes. Cette technologie française a rapidement été adoptée au niveau international. C’est ainsi que la FIFA a équipé ses arbitres, pour la première fois lors de la Coupe du Monde 2006, d’un système de communication par oreillette calqué sur le matériel développé en France. En revanche, Frédéric Thiriez, opposé à Michel Platini sur le sujet, n’a pas réussi à faire avaliser par la FIFA sa proposition d’arbitrage assisté par la vidéo (2007). Partisan d’une approche franchement répressive s’agissant de la violence dans les stades, Frédéric Thiriez a réclamé et obtenu du législateur en 2006 la possibilité de prononcer des interdictions de stades par les préfectures et de dissoudre les groupes de supporters violents.

Dans le même temps, la LFP et les clubs professionnels ont renforcé leurs liens avec les associations de lutte contre les discriminations et mènent des actions communes avec la LICRA, SOS Racisme ou Paris Foot Gay.

Pour éviter les drames comme le décès de Marc-Vivien Foé, la LFP a équipé en 2004 les quarante clubs professionnels d’une défibrillateur et rendu obligatoire pour tous les joueurs un examen cardiaque annuel (électro cardiogramme et échographie).

Le 5 mai 1992, l'effondrement d'une tribune du stade de Furiani faisait 18 morts et 2357 blessés. Bien que de nombreux acteurs du football aient signé la pétition du collectif Furiani, il reste, tout comme le comité exécutif de la FFF et le Ministère des Sports, toujours fermement opposé à ce que le 5 mai soit un jour sans football en France. Le président de la LFP a toutefois imposé qu'aucun match de championnat de France professionnel ne soit organisé en Corse un 5 mai.

Défenseur du modèle français du contrôle financier des clubs (DNCG), Frédéric Thiriez a soumis à l'UEFA en 2005 une proposition tendant à créer une "DNCG européenne" afin de lutter contre les dérives financières de certains grands clubs, accusés de fausser les compétitions européennes. Le dispositif du "fair-play financier" adopté par l'UEFA sous l'impulsion de Michel Platini s'inspire de l'exemple français.

Frédéric Thiriez dénonce régulièrement le poids excessifs des cotisations sociales sur les rémunérations des joueurs, qui handicape les clubs français par rapport à leur concurrents européens. Il a milité pour l'adoption en 2004 de la loi sur le "droit à l'image collective" qui permettait d'alléger ces charges, en plaçant les sportifs sous le régime des artistes. Mas le Parlement est revenu sur ce dispositif deux ans après son adoption.

Frédéric Thiriez a lancé en 2007 "un ambitieux plan de développement du football professionnel", "Footpro 2012". Les objectifs étaient en particulier [4],[5],[6]:

  • que 50 % des joueurs de l'équipe de France évoluent en Ligue 1,
  • que le championnat de France soit 3e à l'indice UEFA en 2012,
  • qu'il y ait une victoire d'un club français en Ligue des champions d'ici 2012,
  • que deux clubs français soient régulièrement qualifiés pour les quarts de finales d'une Coupe d'Europe,
  • que 50 % des joueurs de L1 soient internationaux (seulement 1/3 le sont à l'époque),
  • que la France obtienne l’Euro 2016,
  • que l'arbitrage professionnel soit assisté de la vidéo.

Les résultats n'ont pas été au rendez-vous, sauf sur certains points[7].

  • À l'indice UEFA, la France a perdu deux places (dépassée par l'Allemagne en 2009 et par le Portugal en 2012)[7]. Bien plus que par le parcours des clubs français en Ligue des Champions, cela s'explique par des mauvais résultats en Europa League.
  • Et un seul club a atteint les demi-finales d'une compétition européenne [7] (Lyon).
  • La proportion de 50 % de joueurs de Ligue 1 en équipe de France a été atteinte[7], puisque sur les 23 joueurs sélectionnés en équipe de France pour l'Euro 2012, 12 évoluent en Ligue 1.
  • L'obtention de l'Euro 2016 est un objectif réalisé[7], ce qui a permis le lancement d'un vaste plan de rénovation des stades français actuellement en cours que ce soit dans les villes de l'Euro (Lille, Nice, Lyon, Bordeaux, Marseille, Paris, St-Etienne, Toulouse, Lens) ou dans les villes moyennes (Le Mans, Le Havre, Valenciennes, Reims, Bastia...).

Membre fondateur de l'EPFL en 2005 (Association des Ligues Européennes de Football Professionnel), Frédéric Thiriez en a été élu le président par interim en mai 2013, en remplacement de Sir Dave Richards. En octobre 2013, Frédéric Thiriez a cette fois été élu pour trois saisons au poste de président de l'EPFL.

En septembre 2013, Frédéric Thiriez écrit "Le foot mérite mieux que ça" aux éditions "cherche midi". Un livre dans lequel il "décide d'instruire le procès du football. A charge et à décharge". Il dit vouloir faire dans ce livre combattre les préjugés et les idées reçues sur le football. Il y a 35 chapitres, Frédéric Thiriez y évoque notamment les salaires, la violence, le racisme, le dopage ou encore les matchs truqués.

Vie privée

Frédéric Thiriez est marié à Marie-Claire Carrère-Gée[8], conseiller maître à la Cour des comptes, ancienne secrétaire générale adjointe de l'Élysée sous Jacques Chirac. Il est père de quatre enfants[3].

Ancien parachutiste du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine[1], il est officier de l'ordre national du Mérite (2011), chevalier de la Légion d'honneur (2004). Il participa en 1984, avec Pierre Mazeaud, à l'expédition française qui tenta l'escalade du Hidden Peak (8 096 m) dans l'Himalaya[1] et fut membre de l'expédition franco-allemande dans l'Antarctique en 1989[1]. Il est l'auteur du rapport sur la recherche polaire française qui a conduit à la création de l'Institut Polaire. Il est également musicien passionné d'art lyrique et de théâtre[3]. Il a été à l'affiche dans Lorenzaccio d'Alfred de Musset au côté de Giancarlo Ciarapica et Francis Lalanne sous la direction de Stéphane Gildas au Trianon dès septembre 2008[1]. Il a aussi joué avec la troupe des "Tréteaux Lyriques" dans de nombreuses opérettes de Jacques Offenbach : La Belle Hélène, Orphée aux Enfers, Barbe Bleue, Le Pont des Soupirs, Les Brigands, La Princesse de Trébizonde, La Créole. Il a collaboré à la pièce musicale Monique est demandée caisse 12 de Raphaël Mezrahi et joué quelques petits rôles au cinéma, notamment dans le film d'Amanda Sthers, Je vais te manquer.

Critiques

Frédéric Thiriez fait l'objet de nombreuses contestations de la part de groupes de supporters principalement depuis 2012 en raison d'une forte répression envers les groupes de supporters de club français et du décalage des matchs de Ligue 2 (passés du samedi au vendredi), une décision votée par le Conseil d'administration de la LFP permettant ainsi de faciliter l'arrivée de beIN SPORT sur le marché des droits télévisés.

Le 24 avril 2009, un supporter parisien percuté par une voiture lors du match Marseille - Paris-Saint-Germain porte plainte contre Frédéric Thiriez à la suite d'une annulation du match prématurée et par conséquent sa mise en danger[9].

Le 18 mai 2010, une centaine d'ultras parisiens ont perturbé une conférence de la LFP[10] présidée par Jean-Pierre Escalettes. Frédéric Thiriez est accusé par les anciennes associations de supporters parisiennes de transformer le football populaire en un football business du fait de leur impossibilité de s'introduire, de former des associations de supporters au Parc des Princes ou encore de contester la direction du club. De nombreux points ont été soulevés par ces ultras, notamment les éventuels problèmes liés à l'organisation de l'Euro 2016 en France. Le principal étant la sécurité, la Ligue et les services de sécurité ayant, selon eux, été incapables d'exclure 150 à 200 hooligans du Parc des Princes.

Le 12 juillet 2012 au Havre, Frédéric Thiriez fut chahuté[11] lors de l'inauguration du stade Océane à la suite du découpage des droits télévisés de Ligue 2 permettant à BeIn Sport de programmer un multiplex les vendredis à 18 heures 45, pénalisant ainsi fortement le supportérisme en France et ayant pour conséquence directe des stades vides et sans ambiance. Des revendications qui ont fait l'objet d'une réunion à la Ligue entre certains groupes d'ultras et Frédéric Thiriez et qui a abouti au décalage des matchs à 20 heures le vendredi.

Le 3 juillet 2013, des supporters de Monaco ont déployé une banderole devant le siège de la Fédération Française de Football "LFP MAFIA" en référence à l'affaire dévoilée par le club monégasque. Lors d'un communiqué officiel[12], le club de la principauté a affirmé que la FFF lui aurait proposé de ne pas changer de siège social en échange de 200 millions d'euros.

Le 21 août 2013, face aux nombreuses banderoles hostiles à beIN SPORT dans certains stades de Ligue 2, Frédéric Thiriez envoie un courrier aux dirigeants de club de Ligue 2 les menaçant d'appliquer fermement les règlements en vigueur et de mettre en place de fortes sanctions si les banderoles "SOS LIGUE 2"[13] venaient encore à être déployées dans les stades.

Le 9 septembre 2013, une pétition lancée contre lui par un collectif réclame sa démission[14]. La pétition est signée par plus de 200 personnes en moins d'un jour.

Le 7 octobre 2013, une plainte est déposée à l'encontre de Frédéric Thiriez par le collectif SOS-Ligue 2 à la suite de la censure imposée aux dirigeants de clubs de Ligue 2 de leurs banderoles dans les stades français[15].

Ouvrages

  • Frédéric Thiriez, Quatre ans après, Stock,‎ 1985, 316 p. (ISBN 9782234018662)
  • Frédéric Thiriez, Le foot mérite mieux que ça, Le Cherche Midi,‎ 2013, 327 p. (ISBN 9782749132297)

Notes et références