Frédéric Bourdin

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Frédéric Bourdin

Frédéric Bourdin, né le 13 juin 1974 à Nanterre dans les Hauts-de-Seine en France, surnommé « Le caméléon », était un usurpateur d'identités trilingue. Il excellait à imiter celles d'adolescents. En quinze ans, il a successivement emprunté les identités de deux enfants disparus texan et grenoblois. Il a aussi utilisé plus de 500 identités fictives dans de nombreux pays du globe, comme celle d'un orphelin espagnol, d'un fugueur traumatisé et d'un réfugié bosniaque.

Biographie[modifier | modifier le code]

Activités criminelles[modifier | modifier le code]

De 1990 à 2005 Frédéric Bourdin a utilisé des centaines d'identités, fictives pour la plupart, à travers le monde, en se faisant passer pour un mineur.

En 1998, Frédéric Bourdin est condamné à six ans de prison aux États-Unis pour l'usurpation de l'identité de Nicholas Barclay, un enfant disparu le 13 juin 1994 de San Antonio (Texas). En prison, il intègre un gang de Mexicains et se fait tatouer. Sa peine purgée, il est renvoyé en France. Quelques mois après, en 2004, il est de nouveau arrêté à Grenoble (à vingt-neuf ans) pour l'usurpation de Léo Balley (qui aurait quatorze ans) , un adolescent disparu à l'âge de 6 ans.

En 2005, à Pau, Bourdin se fait passer pendant un mois pour Francisco Hernandes-Fernandez un orphelin espagnol élève de 4e : personne ne se rend compte de son âge réel, avant qu'une surveillante ne le dénonce après l'avoir reconnu dans un reportage télévisé sur son histoire, il est alors condamné à six mois de prison avec sursis[1].

Il est aussi condamné la même année à vingt-quatre mois de prison, dont quatre fermes à Grenoble pour avoir, en 2004, tenté d'usurper l'identité de Léo Balley, un enfant disparu dans le massif du Taillefer en 1996 lorsqu'il avait 6 ans,

Vie privée[modifier | modifier le code]

Frédéric Bourdin est né suite à une liaison entre sa mère et un immigré algérien, à qui cette dernière n'a jamais révélé sa grossesse. Dès lors, Frédéric ne rencontrera jamais son père.

Durant la grossesse de la mère de Frédéric, le père de celle-ci tente, en vain, de convaincre sa fille d'avorter, avec ces mots qu'il inscrira plus tard dans ses mémoires : « elle ne veut pas avorter du raton ».

Frédéric Bourdin a continuellement clamé qu'il a été abusé, physiquement et mentalement par sa propre famille et sexuellement par un voisin.

Sa mère elle-même a admis[2] qu'elle lui donnait des coups de poing lorsqu'il n'était qu'un enfant. Cette dernière a aussi déclaré, lors d'un documentaire diffusé plusieurs fois à la télévision depuis 2005[3], qu'elle regrettait de lui avoir donné la vie et que « vivement qu'il écope de la chaise électrique ». Frédéric met en cause des oncles et tantes, un voisin et aussi un des foyers où il passa quatre années (de douze à seize ans) sans jamais être écouté : il en garde une colère continue envers les adultes. Le grand-père maternel a avoué avoir peur de son petit-fils et ne croit pas en sa réhabilitation. Frédéric, lui, accuse son grand-père de racisme et de jalousie.

C'est donc à cause de cette enfance extrêmement délicate que Frédéric Bourdin a toujours voulu justifier ses actes en affirmant rechercher l'amour à travers l'enfance qu'il n'a jamais eue.

En 2012, suite à la sortie du documentaire sur sa vie (The Imposter de Bart Layton), il accorde une interview au magazine Vice où il explique ses motivations profondes.

D'après le livre de Christophe d'Antonio, une biographie autorisée de l'usurpateur (Le Caméléon, l'invraisemblable histoire de Frédéric Bourdin), les psychologues évaluent son QI à 139, soit supérieur à celui de 99,5 % de la population.

Frédéric Bourdin a renoncé à sa vie d'imposture en 2005. Il s'est marié le 8 août 2007 et est père de 4 enfants.

Adaptation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Usurpation d'identité. Frédéric Bourdin, le "caméléon" français ». Publié le 20 décembre 2010 sur le site www.ladepeche.fr. Consulté le 11 janvier 2013
  2. Sur TF1 dans l'émission Abus de confiance, et sur France Télévision dans Envoyé spécial en 1999 et Envoyé spécial la suite en 2010. Ses déclarations ont été retransmises dans de nombreux documentaires télé.
  3. Confidence d'un imposteur, France 3

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]