Frédéric Bazille peignant à son chevalet

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Frédéric Bazille peignant à son chevalet
Image illustrative de l'article Frédéric Bazille peignant à son chevalet
Artiste Auguste Renoir
Date 1867
Technique Huile sur toile
Dimensions (H × L) 105 × 73,5 cm
Localisation Musée Fabre, Montpellier (France)

Frédéric Bazille peignant à son chevalet est un tableau, peint en 1867 par Auguste Renoir.

De format vertical, 105 × 73,5 cm, cette huile sur toile est un dépôt du musée d'Orsay au musée Fabre de Montpellier, la ville natale de Bazille.

Historique[modifier | modifier le code]

Le tableau est acquis par Édouard Manet auprès du peintre et reste dans sa collection jusqu'en 1876. Cette année-là, Manet le prête pour la 2e exposition impressionniste qui a lieu au no 11 de la rue Le Peletier à Paris[1], le signe de sa solidarité envers le groupe de peintres[2]. Le père de Frédéric Bazille le voit lors de cet évènement et persuade Manet de lui offrir, en échange d'une toile de Claude Monet[3]. Marc Bazille, le frère du peintre, en devient propriétaire par voie testamentaire et le lègue, en 1924, au musée du Luxembourg. En 1947, il est exposé à la galerie du Jeu de Paume jusqu'à son affection, en 1986, au musée d'Orsay. Depuis 2006, il est en dépôt au musée Fabre de Montpellier.

Contexte[modifier | modifier le code]

En 1866, le Paysage avec deux personnages de Renoir est refusé au Salon. Le peintre connaît à cette époque de graves difficultés financières, le contraignant à loger dans l'appartement d'Alfred Sisley, près de la porte Maillot, jusqu'au mariage de ce dernier[4]. Cette même année, il est alors hébergé dans le grand atelier loué au 20, rue Visconti à Paris par Frédéric Bazille, dont l'aisance financière est assurée par les envois réguliers d’argent de ses parents[5]. Bazille le signale d'ailleurs à son père « Je donne l'hospitalité à un de mes amis, ancien élève de Gleyre, qui n'a pas d'atelier en ce moment. Renoir, c'est ainsi qu'il s'appelle, est très travailleur, il profite de mes modèles et m'aide même en partie à les payer. »[5]. Une amitié lie les deux peintres, née dans l'atelier de Charles Gleyre où ils rencontrent Sisley et Monet, doublée d'une alliance artistique due à leurs recherches picturales similaires.

Généreusement, au début de l'année 1867, Bazille accueille également dans son atelier Claude Monet. Il l'écrit à sa mère « Depuis ma dernière lettre il y a du nouveau rue Visconti. Monet m'est tombé du ciel avec une collection de toiles magnifiques qui vont avoir le plus grand succès à l'Exposition. Il couchera chez moi jusqu'à la fin du mois. Avec Renoir, voilà deux peintres besogneux que je loge. C'est une véritable infirmerie. J'en suis enchanté, j'ai assez de place, et ils sont tous les deux fort gais. »[5].

Description[modifier | modifier le code]

Renoir représente son ami Frédéric Bazille dans son atelier de la rue Visconti, en train de peindre son tableau Nature morte au héron, aujourd'hui conservé au musée Fabre. Au premier plan, vu de profil et quasiment de dos, le jeune peintre, vêtu d'un costume gris taché de peinture, est assis sur une chaise, face au chevalet dont le côté gauche de la base sert d'appui à ses deux pieds croisés, chaussés d'espadrilles.

L'arrière-plan est constitué d'un mur où sont accrochés deux tableaux, dont l'un est un paysage enneigé de Monet, La Route de la ferme Saint-Siméon en hiver, alors qu'y sont appuyées deux autres toiles, l'une vue de face et l'autre présentant son chassis.

Au même moment Alfred Sisley, autre camarade rencontré à l'atelier Charles Gleyre, peint le même motif, tableau qui sera appelé Le héron aux ailes déployées.

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Analyse[modifier | modifier le code]

Portrait de Pierre-Auguste Renoir, de Frédéric Bazille

Le présent tableau est une réponse de Renoir à son portrait peint quelques mois auparavant par Frédéric Bazille, un autre dépôt du musée d'Orsay au musée Fabre.

La mise en page, l'accent sur l'horizontalité des tableaux, l'emploi d'une gamme chromatique de gris se rapprochent de celle du portrait d'Émile Zola, peint par Édouard Manet[4]. Le recours limité à deux couleurs dominantes, exceptés le rouge du lacet des espadrilles ou le rosé du visage, confère à l'œuvre une monochromie de tons gris et marrons et rappelle celle des portraits de Jean-Baptiste Corot[6].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Exposition impressionniste de 1876, base Joconde, consulté le 9 février 2011
  2. Gilles Néret, Renoir, peintre du bonheur : 1841-1919, Köln, Taschen,‎ 2001, 438 p. (ISBN 978-3-8228-5741-0), p. 43
  3. Renoir « Il faut embellir », d'Anne Distel, p. 22, op. cit. comme source bibliographique
  4. a et b Renoir : sa vie, son œuvre, de Francesca Castellani, p. 14, op. cit. comme source bibliographique
  5. a, b et c Renoir « Il faut embellir », d'Anne Distel, p. 23, op. cit. comme source bibliographique
  6. Giovanna Vitali, Renoir, Paris, Flammarion, coll. « Les Classiques de l'art »,‎ 2005, 189 p. (ISBN 978-2-0801-1445-7), p. 72

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Francesca Castellani (trad. Marie-Christine Gamberini), Renoir : sa vie, son œuvre [« Renoir »], Paris, Gründ,‎ 1996, 272 p. (ISBN 978-2-7000-2068-7) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anne Distel, Renoir « Il faut embellir », Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard »,‎ 2009, 175 p. (ISBN 978-2-0704-0243-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article