Frédéric Bérat

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Frédéric Bérat

Frédéric Bérat, né le 20 Ventôse de l'an IX (11 mars 1801) à Rouen et mort le 2 décembre 1855 à Paris, est un goguettier, compositeur et chansonnier français.

Sa chanson Ma Normandie, souvent évoquée en France sous le nom de J'irai revoir ma Normandie, est aujourd'hui l'une des plus célèbres chansons françaises et l'hymne officieux de sa région natale la Normandie et l'hymne officiel de l'île de Jersey.

La renommée de cette chanson a depuis très longtemps largement dépassé celle de son auteur. En comparaison ses autres œuvres sont plutôt oubliées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédéric Bérat est né au 23 & 24 rue Saint-Étienne-des-Tonneliers à Rouen où vivent alors ses parents.

Frédéric est le sixième né d'une fratrie de sept enfants. Son frère aîné, Eustache Bérat (Rouen, 1791-Granville, 1870), dessinateur, sera comme lui également chansonnier.

Leur père, Jean Charles Bérat, est un homme aisé négociant en « cuir, huile et bleu de Prusse ».

Il est tout d'abord prévu que Frédéric reprenne le commerce de son père. Il étudie à Rouen à l'institution Sueur, rue des Arsins. Il prend également des leçons de clarinette avec un professeur particulier.

Ses études finies, Frédéric part à Paris. Il est d'abord employé durant sept ou huit ans dans la maison Chevreux-Aubertot, grand commerce de textile rue du Sentier. Puis il se retrouve dans les bureaux de l'ancien député Mercier.

Frédéric apprend le piano en travaillant seul sans enseignant. Plantade lui donne des conseils en matière de composition et d'harmonie. Frédéric commence à écrire des chansons et les interpréter dans des cercles fermés.

Il fréquente la célèbre goguette parisienne de la Lice chansonnière. Laurent Quevilly écrit à ce propos : « Il est un pur produit de la Lice chansonnière, fondée en 1834 par Charles Le Page, sorte d'académie populaire se réunissant chaque jeudi pour chanter en public[1]. »

Il finit par embrasser la carrière de chansonnier. Il se lie d’amitié avec le célèbre chansonnier Béranger qui, l’aimant comme son enfant, le prend sous sa protection.

Il compose nombre de chansons à succès, dont La Lisette de Béranger (1843), Les Nouvelles de Paris (1854), Mimi Pinson, Ma prison, Bonne espérance, Le Départ, La Montagnarde, Le Retour du petit Savoyard et Le Berger normand. Mais c’est surtout pour Ma Normandie, la chanson aujourd’hui utilisée comme hymne national du bailliage de Jersey et, de façon non officielle, comme chant régional de la Normandie, qu’il compose en 1836 sur le bateau qui le menait de sa ville natale à Sainte-Adresse, qu’il est passé à la postérité. Cette chanson est lancée dans la goguette parisienne de la Lice chansonnière. Son succès est immense. 30 ans plus tard il est déjà dit à son propos qu'on en « a tiré plus d'un million d'exemplaires, et qu'on (la) réimprime encore tous les jours[2] ».

Cependant la célébrité acquise n'assure pas à Frédéric Bérat la possibilité de vivre de son art. Il doit trouver ailleurs des revenus. Grâce à un certain Marguerite, il entre comme employé à la Compagnie parisienne du gaz.

Frédéric Bérat meurt le 2 décembre 1855 à Paris rue de Lille. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise division 49, 1re section.

Une place et une rue portent aujourd’hui son nom à Rouen où se trouve également square Verdrel un monument aux frères Bérat inauguré le 1er octobre 1905.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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  • Contes et nouvelles du pays normand, Elbeuf, Duval, 1930

Références[modifier | modifier le code]

  • Jules Claretie, Profils de théâtre, Paris, Gaultier-Magnier, 1902
  • Louis Huart, Frédéric Bérat, [S.l. : s.n.],
  • L. Batissier, Frédéric Bérat, Paris, François, 1844
  • Charles Boissière, Frédéric Bérat, Darnétal, Fruchart, 1857
  • Guy Pessiot, Histoire de Rouen 1850-1900, éd. du P'tit Normand,‎ 1983, p. 217
  • Ma Normandie par Magène

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Quevilly, Petite histoire d'une grande chanson.
  2. Théophile Marion Dumersan Chansons nationales et populaires de France, accompagnées de notes historiques et littéraires, Éditions Garnier frères, Paris 1866.