Fournisseur d'accès à internet

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Un fournisseur d'accès à Internet (FAI), est un organisme (généralement une entreprise mais parfois aussi une association) offrant une connexion à Internet, un réseau informatique mondial. Le terme en anglais désignant un FAI est Internet Service Provider (ISP) ou Internet Access Provider (IAP).

Histoire[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'entreprises de télécommunications sont également des FAI. Avec l'explosion de la bulle Internet au début des années 2000, de nombreux FAI ont fait faillite, ou ont dû s'adapter pour survivre (restructuration, fusion, rachat).

Équipement et technique (fournisseur)[modifier | modifier le code]

Les équipements d'un FAI forment un ou plusieurs réseaux autonomes (on parle d'ailleurs d'Autonomous System) et ont la maîtrise complète de l'architecture, du dimensionnement et de l'organisation de leurs liaisons.

Raccordement du FAI à l'Utilisateur[modifier | modifier le code]

Le raccordement du FAI à l'utilisateur peut se faire au travers d'une boucle locale (en cuivre, en fibre optique ou en radio). Cette boucle locale est généralement gérée par un opérateur spécifique (opérateur d'immeuble dans le cas de la fibre optique en France, opérateur de télécommunications dans le cas des réseaux historiques en cuivre) mais peut aussi être gérée par l'utilisateur lui-même.

Raccordement du FAI à Internet[modifier | modifier le code]

À la différence d'un abonné, qui se raccorde à Internet via un prestataire de service (le fournisseur d'accès), le fournisseur d'accès lui-même procède de manière différente. Dans le cas général, il est un maillon du réseau, transportant ses propres données (pour simplifier, le trafic de ses abonnés), mais aussi potentiellement les données d'autres opérateurs.

Le raccordement qui relie deux opérateurs est fondamentalement différent de celui qui relie un abonné à son fournisseur d'accès. Les routeurs des deux opérateurs vont en effet échanger, non pas une seule route (qui se résume à « la sortie, c'est par là ») mais plusieurs centaines de milliers de routes, indiquant comment joindre tous les autres opérateurs. Ainsi, quand un opérateur est relié à 3 autres, il a appris, de 3 sources différentes, toutes les routes que chacun de ces opérateurs connaissait. Il pourra alors choisir la route qu'il jugera la plus efficace. Ce mode de raccordement entre opérateur, appelé du transit, est en général facturé (par le plus gros au plus petit, le plus souvent). Une alternative à ce mode de connexion est, sur la même base technique, de n'échanger que quelques routes (typiquement celles menant à son propre réseau). On parle alors d'accord de peering (échange entre pairs).

Ce procédé technique de raccordement, sensiblement plus complexe que celui utilisé pour raccorder un abonné à son fournisseur, permet à l'opérateur de changer à tout moment ses accords de peering, ou ses contrats de transit, sans impact notable pour les utilisateurs finaux.

Un opérateur, même de faible envergure, dispose en général de plusieurs contrats de transit, et de plusieurs dizaines, voire centaines, d'accord de peering.

C'est l'ensemble des opérateurs, échangeant entre eux des centaines de milliers de routes, qui forment Internet. Certains opérateurs ne s'occupent quasiment que de transport de données. D'autres proposent, contre paiement, un raccordement à des utilisateurs finaux, ce sont les fournisseurs d'accès à Internet.

Échange de trafic (appairage)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Appairage.

Des opérateurs qui ont des points de présence voisins préféreront généralement échanger directement leur flux sans passer par leur opérateur de transit. Cette approche offre deux avantages : elle limite les coûts de revient (ces échanges ne sont pas facturés), et améliore les performances (les échanges prennent une route plus courte). Il est alors question d'échange de trafic (peering) et l'endroit où il se produit est appelé point d'échange de trafic (point de peering). Cet échange est souvent gracieux mais lorsque l'échange entre deux FAI est déséquilibré ou que l'un des opérateurs se sent lésé, un dédommagement peut être mis en œuvre.

Niveaux des opérateurs (tiers)[modifier | modifier le code]

Certains opérateurs — dits de niveau 1 — sont capables d'accéder à l'ensemble des réseaux d'Internet sans compensation financière. Ils possèdent donc des accords d'échange entre chacun d'eux, et reçoivent, via ces liens de peering, l'ensemble des routes d'Internet.

Ces opérateurs imposent généralement des contraintes fortes aux opérateurs qui souhaitent négocier un accord d'échange de trafic. En effet, un tel opérateur — client potentiel d'une offre de transit — deviendrait alors concurrent.

Les opérateurs de niveau 3 n'offrent pas de service de transit. Les autres opérateurs sont dits de niveau 2 : ils dépendent d'une offre de transit (ou au moins d'un accord d'échange de trafic payant) et offrent à leur tour une offre de transit.

Services (client)[modifier | modifier le code]

Les différences entre les offres se font sur les tarifs, la bande passante (montante et descendante) offerte, et le support clientèle mais aussi sur les services ajoutés tel que l'hébergement de site web, l'accès à des boîtes de courrier électronique, l'accès à Usenet. Le particulier néophyte s'intéressera surtout à la facilité d'utilisation et à la documentation et se méfiera de la qualité souvent variable du support, les plus avancés lorgneront du côté de meilleur rapport prestations techniques/prix, le professionnel s'intéressera surtout à la tolérance aux pannes et demandera des garanties de service (les SLA : Service Level Agreement). Par ailleurs, d'autres différences techniques peuvent exister, notamment la disponibilité d'adresse IPv6 ou IPv4 fixes.

Trois types de services débits sont actuellement commercialisés :

Offres triple play[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Triple play.

Les offres d'accès internet par ADSL françaises s'accompagnent maintenant la plupart du temps d'un accès à la télévision et du téléphone gratuit vers les fixes en France. Il s'agit des offres triple play. C'est par la prise téléphonique que les données arrivent chez l'abonné. Un boîtier fourni par le FAI sépare alors les flux et les redirige vers la télévision, le téléphone ou l'ordinateur. L'inconvénient majeur des offres triple play se révèle en cas de panne : l'abonné est alors privé de télévision, de téléphone, et d'internet. La qualité du téléphone n'est pas toujours parfaite, idem pour la télévision. Mais le principal avantage est bien évidemment le prix. Au lieu de payer séparément trois fournisseurs, l'abonné reçoit tout en même temps et pour un prix peu élevé (qui dépend des fournisseurs).

Offres quadruplay [modifier | modifier le code]

Avec l'intégration du téléphone mobile dans les offres triple play, l'offre globale, appelée quadruplay devient très pratique pour le particulier.
Tous les FAI n'offrent pas encore cette offre début 2010. Ils restent encore généralement sur l'offre triple play.
Fin 2010, la situation des offres change : Bouygues Telecom (le lundi 25 mai 2009, sous le nom d'offre Ideo) fut le premier FAI à inaugurer son offre quadruple play, suivi par SFR (25 août 2010 sous le nom de Multi-Packs), Orange (le 19 août 2010 sous le nom d'Orange Open), et Free a la sortie de sa Freebox V6 Revolution (le 14 décembre 2010 sous le nom de l'offre Révolution) et annonce le réseau Free Mobile pour le 12 janvier 2012.
Le prix devient plus élevé avec le rajout du téléphone mobile, en plus de la télévision, de la téléphonie fixe, et d'internet en illimité.

Technologies de connexion[modifier | modifier le code]

Différents types d'accès sont possibles, par exemple un accès Réseau téléphonique commuté (RTC) repose sur un système de modulation-démodulation (le modem) qui permet de convertir les informations numériques binaires de l'ordinateur en signal pseudo analogique transitant sur les voies de télécommunications (paire de cuivre, satellite, fibre optique).

Il existe de nombreux types d'accès à Internet, usuellement ordonnés par l'ancienneté de la technologie et la vitesse atteignable :

Itinérance[modifier | modifier le code]

Certains fournisseurs proposent un service d'itinérance (roaming) permettant à leurs clients de se connecter n'importe où dans le monde via d'autres fournisseurs d'accès. Il est alors possible de se connecter pratiquement partout dans le monde via une ligne téléphonique au prix d'une communication locale ou nationale (et non internationale), ou via des points d'accès Wi-Fi.

Courrier électronique[modifier | modifier le code]

La plupart des fournisseurs proposent un accès à des boîtes de courrier électronique. L'accès au courrier électronique est parfois impossible si le point d'accès n'est pas celui du fournisseur; ceci est notamment vrai pour le SMTP (courrier sortant), mais pas forcément pour le courrier entrant.

Hébergement de sites web[modifier | modifier le code]

Un fournisseur d'accès peut parfois également proposer des offres d'hébergement, allant d'un compte disposant d'une capacité de stockage de quelques mégaoctets, à un serveur dédié ou un hébergement en salle (l'utilisateur déposant alors sa machine dans une salle sécurisée et climatisée et profitant ainsi d'un accès permanent et à très large bande).

Obligations légales[modifier | modifier le code]

Les FAI fournissent également, dans le cadre des obligations légales, et suivant les pays, des accès aux communications des clients aux services autorisés.

Satisfaction client[modifier | modifier le code]

Les FAI sont la cible de nombreuses critiques de la part des utilisateurs et sont régulièrement montrés du doigt par les associations de consommateurs pour leurs pratiques. Les fournisseurs d'accès connaissent ainsi des taux de satisfaction parfois critiques[1]. Les aléas des hotlines et du service après-vente ont encouragé[réf. souhaitée] le développement de comportements de consommation alternatifs tel que le piratage de réseaux WIFI[2] ou le partage de celui-ci entre plusieurs foyers[3]. En France, en 2005, les principaux FAI ont été condamnés pour des ententes illicites entre eux pendant plusieurs années (1997-2003)[4].

Enjeux politiques et sociétaux[modifier | modifier le code]

Les FAI sont placés à une place stratégique dans l'accès à Internet. De ce fait, ils sont au cœur d'enjeux politiques et juridiques, qui débouchent sur de vives polémiques. Cela concerne particulièrement la Loi pour la confiance dans l'économie numérique, en France (2004).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]