Fourneaux (Savoie)

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Fourneaux
Image illustrative de l'article Fourneaux (Savoie)
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Saint-Jean-de-Maurienne
Canton Modane
Intercommunalité SICM
Maire
Mandat
François Chemin
2008-2014
Code postal 73500
Code commune 73117
Démographie
Gentilé Forniolins
Population
municipale
719 hab. (2011)
Densité 143 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 11′ 32″ N 6° 39′ 07″ E / 45.1922222222, 6.65194444444 ()45° 11′ 32″ Nord 6° 39′ 07″ Est / 45.1922222222, 6.65194444444 ()  
Altitude Min. 1 050 m – Max. 2 862 m
Superficie 5,04 km2
Localisation

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Vue de Fourneaux et d'une partie de Modane en bas à gauche.

Fourneaux est une commune française, située dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Fourneaux est une commune de Savoie, proche de la frontière franco-italienne, limitrophe de Modane. Elle est située à proximité de la RN6 et de l'A43. La ville est à 100 km de Chambéry, 30 km de Saint-Jean-de-Maurienne, limitrophe de Modane, de Saint André et du Freney. Fourneaux est une des sept communes du canton de Modane.

Géologie et relief, hydrographie[modifier | modifier le code]

Sa superficie est de 504 hectares, ce qui en fait l'une des plus petites communes de Maurienne. Le point culminant de la commune est le signal des sarrasins, à 2 862 mètres. Enfin, deux cours d'eau traversent le village : le Charmaix et l'Arc dont les crues (1957) peuvent être dévastatrices.

Voies de communications et transports[modifier | modifier le code]

La Commune de Fourneaux est traversée par la Route Départementale 1006, ex-RN6, par la RD 215 et par la voie ferrée internationale Paris-Rome. En outre, la bretelle d’accès au tunnel routier du Fréjus, via le Viaduc du Charmaix, coupe la Commune de sa forêt.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

De la préhistoire à la Révolution française[modifier | modifier le code]

Située en fond de vallée, à l’ubac, Fourneaux ne semble pas avoir d’histoire préhistorique importante, même si les travaux de construction de la gare et des faisceaux permettent de mettre à jour quelques vestiges du néolithique, sept lames de silex et une hache en serpentine. Son histoire est intimement liée à celle de la commune voisine de Modane, on s’en doute, et hormis quelques apparitions du nom de Fourneaux, ce n’est qu’à la fin du Moyen Âge que l’on connaît réellement des événements survenus à Fourneaux.

En vertu d'une charte signée le 2 juillet 1339, la communauté de Fourneaux bénéficie de l’usage de l’eau des ruisseaux de l’avalanche et de Bissorte, contre-redevance annuelle de deux sous forts au comte de Savoie, leur suzerain. En réponse à une requête, dans laquelle les habitants de Fourneaux se plaignaient d’excès de pouvoir de la part de leurs seigneurs locaux, le duc de Savoie rappela le 24 août 1431 à l’ordre ses représentants.

Quelques années plus tard, le 7 août 1469, Fourneaux est ravagé par une crue dévastatrice de l’Arc. Les propriétés agricoles et les chemins de communications sont détruits, entraînant une situation difficile pour plusieurs années à Fourneaux et Modane.

Un siècle plus tard (9 juin 1561), environ 90 habitants sont recensés à Fourneaux lors de la consigne du sel. Mais en 1565, Fourneaux est particulièrement touché par l’épidémie de peste et les habitants font le vœu de construire une chapelle dédiée à Saint Bernard. Située près de l’église, cette chapelle a été emportée par la crue du Charmaix de 1906.

Les 1, 2 et 3 septembre 1590, la localité est pillée par les troupes du Duc de Savoie et du Baron de Sonnaz, composées de mercenaires, de retour du Piémont. Puis en 1630 la peste s’abat de nouveau sur Fourneaux et répand la mort et la désolation dans la localité.

En 1647, deux fours sont installés à Fourneaux ; ils transforment la fonte en fer, et marquent le début de la vocation industrielle de la commune. Cependant, le 5 octobre 1685, une nouvelle inondation plonge les habitants dans une très grande détresse financière. À la suite d'une requête adressée à Amédée IX, ce dernier consent à étaler les créances des habitants sur trois ans.

De la révolution française à celle de la houille blanche[modifier | modifier le code]

Le 4 octobre 1792, les troupes révolutionnaires françaises entrent dans Fourneaux (la Savoie sera française jusqu'en 1815), puis, lors du référendum sur l'Annexion à la France, Fourneaux vote en sa faveur le 22 avril 1860 par 50 oui sur 50 votants.

Le tunnel du Mont-Cenis[modifier | modifier le code]

Le 15 août 1857, le projet de percée des Alpes est approuvé par le Parlement de Turin ; il s'agira du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis. Porté par Cavour depuis 1839, ce projet est un enjeu majeur pour l’économie du Piémont et pour la France. Les deux artisans majeur de la naissance du tunnel sont Joseph Médail et Germain Sommeiller. Le premier, originaire de Bardonnecchia, est l’élaborateur de l’idée de tunnel entre Modane et Bardonnecchia. Le second, né à Saint-Jeoire-en-Faucigny, ingénieur, est vite repéré par Cavour qui le charge d’étudier le percement. Le début officiel des travaux a lieu le 1er septembre 1857, avec une inauguration du chantier par Cavour, le roi Victor Emmanuel II, et le prince Jérôme qui représente la France (deviendra le gendre du précédent deux ans plus tard). L'année suivante sont construits les logements des ouvriers employés à la percée près de l’attaque du tunnel, qui deviendront par la suite la caserne du Replat.

Le 25 février 1863, les perforateurs à air comprimé arrivent du côté de Fourneaux alors qu’ils sont déjà en service du côté de Bardonnecchia depuis le 12 février 1861, le changement de rythme est immédiat et le travail qui se faisait jusqu’à présent manuellement est grandement facilité. La jonction entre le côté français et le côté italien se fait le jour de Noël 1870, avec un écart minime, ce qui est une prouesse technique pour l’époque. Les travaux sont quasiment terminés, petit à petit les bâtiments de la percée des Alpes sont réaffectés. Ils deviennent logements, entrepôts, bâtiments pour les douanes ou pour l’administration des Eaux et Forêts… Mais la fin des travaux est totalement éclipsée par la guerre franco-prussienne.

La vocation industrielle de la ville[modifier | modifier le code]

En 1883, le bâtiment dit des compresseurs, propriété de l’État français, est vendu à la famille de papetiers grenoblois Matussiére. La production de papier commence en 1885.

Depuis de nombreuses années, le maire de Fourneaux et son conseil municipal se plaignaient de leur incapacité à faire respecter la loi dans la commune, du fait de la présence nombreuse d’ouvriers, ne comprenant pas forcément le français, qui chapardent dans les jardins des autochtones. Le conseil demande solennellement l’installation d’une gendarmerie, ce qui est fait en 1873. La petite brigade s’installe dans le bâtiment de la percée des Alpes servant précédemment d’infirmerie dans le quartier Sommeiller, près du bâtiment « lamandrilla ».

Parallèlement à l’afflux important de soldats affectés aux différents forts de l’agglomération modanaise (en mars 1898) et présents durant les manœuvres, une prostitution « sauvage » se développe. Le Conseil Municipal décide d’autoriser l’ouverture d’une maison de tolérance sur la commune. Le Maire, Louis Matussière, prend alors trois arrêtés pour réglementer cette activité. Mais le 12 janvier 1902 il fait fermer par arrêté un café où de jeunes femmes s’adonnent à la prostitution sans autorisation municipale.

Une crue de l'Arc avait ravagé Fourneaux le 25 septembre 1865, causant la mort d’un homme. Mais le 23 juillet 1906 elle est gigantesque et dévaste le village. La troupe stationnée dans les forts alentours est employée aux déblaiements des rues, des voies ferrées. Les dégâts sont estimés à 500 000 Francs-or. Le 22 juillet 1914 une nouvelle petite inondation cause de légères destructions.

La grande guerre cause la mort de 49 personnes de la commune, soit 3,12 % de la population de 1911. Ce chiffre légèrement inférieur à la moyenne locale s’explique par la présence de nombreux cheminots et ouvriers dans la population. Ces derniers ont rapidement été rappelés à l’arrière pour soutenir l’effort de guerre. Les agriculteurs, pour leur part ont souvent été versés dans les régiments d’infanterie et ont connu les plus grandes pertes, d’où les disparités entre les centres urbains et les villages plus ruraux. L'inauguration du Monument aux morts, le 29 juillet 1923, a lieu devant le Président du Conseil Général, Antoine Borrel.

Lors des premières élections législatives de l'après-guerre, le 16 novembre 1919, les deux listes de gauche, radicaux et SFIO, obtiennent à Fourneaux le chiffre de 78 %. Au-delà de l’explication sociologique de ce chiffre, on observe que le fossé sociologique entre bourgs ruraux et urbains s’installe fortement et durablement dans le canton, Fourneaux devenant un fief de gauche.

Si lors des élections municipales du 30 novembre 1919, le radical François Garin, cafetier, est élu maire en remplacement de Pierre Perret. La campagne a été particulièrement rude dans la commune, les affiches et les tracts ont été nombreux des deux côtés, pourtant les deux candidats se déclarent radicaux. Et lors de celles du 5 mai 1935, c'est la liste du Front populaire est élue. Bien que conduite par l’imprimeur Théolier, c’est cependant Marcel Bouvier qui est élu maire de manière peu orthodoxe : en effet, lors du scrutin de désignation du maire, c’est Pépin, directeur de l’usine Matussiére qui est élu, mais celui-ci refuse la fonction et Marcel Bouvier récupère le siège.

En 1936, la population de Fourneaux est estimée à 2005 habitants, chiffre qui ne sera plus jamais atteint. Fourneaux, l’agglomération modanaise dans son ensemble sont alors le pôle le plus actif de Maurienne.

La seconde guerre mondiale et la Résistance dans la commune[modifier | modifier le code]

Dans les jours qui suivent la déclaration de guerre de l'Italie à la France, le 10 juin 1940, la population de Fourneaux est évacuée à Saint-Sorlin-d'Arves et à Saint-Genix-sur-Guiers. Les 21 et 22 juin, Fourneaux est bombardée par l’artillerie italienne. On compte deux morts (Adolphe Charpentier et Pierre Damevin) tués dans leur cave de la cité de la « sécherie » en face de la mairie. Longtemps, une plaque de marbre évoquera leur mémoire dans la salle de tri de l’usine Matussière où ils travaillaient tous les deux. Globalement, les pertes françaises sont minimes et les alpins ont bien résisté.

Après la signature de l'armistice le 25 juin 1940, Fourneaux reste en zone libre et la population civile revient peu à peu. Le régime de Vichy confirme Marcel Bouvier dans ses fonctions de Maire, contrairement à son collègue de Modane, et le trafic de la gare reprend peu à peu son rythme.

Le débarquement allié en Afrique du nord entraîne l’invasion immédiate de la zone libre par les Allemands et les Italiens, qui entrent dans Modane et Fourneaux. La police politique italienne arrête quelques Italiens connus pour leurs sympathies antifascistes ainsi que quelques habitants de Fourneaux. La période de l’occupation italienne, quoique relativement souple est toutefois marquée par la création à Fourneaux, dans la caserne du Replat, d’un « campo di concentrazione », camp d’internement pour opposants politiques, pour la plupart venant de la région de Nice.

La nouvelle de l’armistice entre l’Italie et les anglo-américains (8 septembre 1943) est rapidement connue à Fourneaux et Modane où certains Italiens tentent de rentrer au plus vite chez eux par les cols alpins. Dès le lendemain, les Allemands sont là. L’importance du passage ferroviaire fait de Modane et Fourneaux un enjeu stratégique.

Fourneaux est bombardée le 11 novembre 1943, comme Modane l'avait été le 17 septembre 1943. L’aviation anglo-américaine bombarde durant trois quart d’heure l’agglomération. À Fourneaux, le nombre de décès est assez faible, avec cinq morts civils dont le père du maire et quelques soldats allemands stationnés dans la gare. Mais les dégâts sont considérables, plus une maison n’est debout, et les « vieux-Fourneaux » et le quartier de l’église sont rasés. La gare et les bâtiments SNCF étaient visés en priorité et l’objectif est atteint.

La libération se fera un an plus tard, les 13 et 14 septembre 1944. Après Saint Jean de Maurienne le 2 septembre, Saint-Michel-de-Maurienne le 4, Fourneaux est libérée après de lourds combats. Les Allemands sont retranchés dans les forts du Replaton et du Sappey, ainsi que sur la plate-forme du Replat. Quelques éléments d’infanterie sont dans l’usine Matussière et dans la rizerie Pelas à l’entrée de l’agglomération. Les FFI de Maurienne, sur l’envers, et les tirailleurs marocains du commandant Clément à l'endroit harcèlent l’occupant durant toute la journée du 13. Dans la nuit, ceux-ci se retirent de leurs positions en direction de Bardonecchia et font exploser le tunnel ferroviaire, ainsi que l’entrée rectiligne (au-dessus de Fourneaux). C’est une ville détruite et vide de ses habitants que découvrent les soldats et les FFI au matin du 14 septembre. La reconstruction sera longue, quelques familles s’installent rapidement, la place de la sécherie reçoit quelques bâtiments provisoires construits pour les commerces. La croix de Guerre sera remise aux communes de Modane et Fourneaux le 29 mai 1949.

Mutations humaines et industrielles[modifier | modifier le code]

Après la reconstruction des destructions de la seconde guerre mondiale, Fourneaux est touché à plusieurs reprises par des inondations violentes : le 7 juin 1955 le Charmaix déborde après des pluies abondantes combinées à la fonte des neiges et envahi Fourneaux, submerge les voies ferrées et la nationale 6. Des dégâts immenses sont à déplorer pour la voie ferrées qui ne sera rouverte à la circulation internationale que le 10 juin.

Deux ans plus tard, le 14 juin 1957, l'ensemble de la vallée de la Maurienne est touchée par une dramatique inondation de l’Arc. À Fourneaux et à Modane sont entamés de grands travaux d’endiguement de l’Arc et du Charmaix qui seront terminés au début des années soixante. Les inondations du 24 septembre 1993 et du 26 juin 1994 sont nettement moins menaçantes pour la commune.

En 1965, après trente ans à la tête de la Commune, Marcel Bouvier est contraint de laisser son fauteuil de maire au profit de son 1er adjoint, Victorin Couvert. En 1971 Étienne Marcellin, cheminot et syndicaliste, ancien résistant longtemps proche du PCF, est élu maire de Fourneaux. Il le sera jusqu’en 1983, date à laquelle Georges Faure prend sa suite.

En 1977 et 1978 a lieu la construction du viaduc de Fourneaux, qui mène, en surplomb de la montagne, au tunnel routier du Fréjus, réaffirmant la vocation frontalière de la commune. Mais le 31 décembre 1992 l’acte unique européen a raison des frontières entre les États d’Europe. L’une des principales activités de l’agglomération disparaît du jour au lendemain : douaniers, transitaires et autres services liés à la frontière sont mutés, mis en retraite ou reclassés. La restructuration des services de la gare de Modane a le même effet sur les cheminots, mais s’étale sur plusieurs années.

Puis le 17 septembre 1993, l’usine papetière Matussière ferme définitivement ses portes, elle sera détruite à partir de 2005; c'est l'ensemble de l’activité économique de l’agglomération qui est gravement atteinte.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des syndics
Période Identité Étiquette Qualité
19 mars 1589   Étienne Soudier, syndic de Fourneaux.   ...
11 mars 1590   Thomas Pinet et Michel Favre sont élus syndics.   ...
(...)       ...
1596   Jacques Rol   ...
1597   Michel Favre   ...
1598   Étienne Soudier   ...
1599   Michel Soudier   ...
(...)       ...
1610   Jacques Rol   ...
1611   Claude Soudier   ...
1612   Michel Soudier   ...
1613   Claude Pinet   ...
(...)       ...
1650   André Soudier   ...
1651   Michel Pinet   ...
1652   Claude Porte   ...
1653   Étienne Rol   ...
(...)       ...
Les données manquantes sont à compléter.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1860 1861 Jean-Joseph Soudier   Premier maire français de Fourneaux
1865 1871 Jean-Baptiste Azario   ...
1871 1875 Athanase Perret   ...
1875 1876 Jean Eaud   ...
1876 1888 Gabriel Bergin radical ...
1888 1892 Jean Eaud   ...
1892 1896 Gabriel Bergin radical ...
1898 1900 Louis Matussière   ...
1900 1908 Gabriel Bergin radical ...
1908 1919 Pierre Perret   ...
1919 1935 François Garin Rad-Soc  
1935 1965 Marcel Bouvier Rad-Soc ...
1965 1971 Victorin Couvert ... ...
1971 1983 Étienne Marcellin DVG ...
1983 1989 Georges Faure DVD ...
1989 2001 Irène Bolatto DVD Conseillère générale
2001 en cours François Chemin PS Conseiller Régional

Élu en 2001 à 26 ans, François Chemin était alors le plus jeune maire de Savoie en 2001. Réélu en 2008, il est également le premier vice-président du Syndicat intercommunal du canton de Modane, devenu la Communauté de communes Terra Modana en janvier 2014 et vice-président du Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères de Maurienne (SIRTOMM). En 2012 il est devenu suppléant de la députée de Savoie Béatrice Santais.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 719 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
167 125 110 168 170 170 200 166 356
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
700 1 220 1 416 1 576 1 580 1 670 1 767 1 769 1 570
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 713 1 821 1 904 2 005 537 1 403 1 786 1 793 1 554
1982 1990 1999 2006 2007 2011 - - -
1 304 1 078 883 808 797 719 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2])
Histogramme de l'évolution démographique


Fourneaux est longtemps resté un petit village de fond de vallée, très peu peuplé (de 150 à 200 habitants) ; avec l’arrivée du chantier du tunnel du Mont-Cenis la population va rapidement grimper à 1 600 habitants (1876) pour culminer à 2 005 habitants en 1936. Après la guerre et les bombardements, ce chiffre ne sera plus atteint (1793 habitants en 1968, 883 en 1999).

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Portail du tunnel côté Italie.

Fourneaux ne possédait jusqu’à la fin des années 1970 qu’un seul monument historique : l’entrée monumentale du tunnel ferroviaire du Mont-Cenis. Cette entrée, rapidement abandonnée après la mise en service de la ligne pour cause d’instabilité géologique, est déplacée lors des travaux de construction du viaduc de Fourneaux en 1977 et 1978, conduisant au tunnel routier du Fréjus, sur la commune voisine de Modane.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Du fait de sa faible population, jusqu’en 1850, peu de Forniolins se distinguent par leurs faits et gestes. Cependant on peut noter les noms de plusieurs habitants.

  • Gabriel Bergin, maire radical de Fourneaux de 1876 à 1888, puis de 1892 à 1896, et enfin de 1900 à 1908. Il accompagne durant sa carrière politique de 24 ans l’évolution de Fourneaux, d’un petit bourg rural à une petite ville. Il est aussi conseiller général du canton de Modane de 1903 à 1907.
  • François Garin (1867-1940), natif de Bramans, est cafetier à Fourneaux où il tient près du pont du Charmaix « Le café du Gagne petit ». Adjoint au maire de 1912 à 1919, maire de 1919 à 1935, il est une figure du radical-socialisme de l’entre-deux-guerres dans le canton de Modane. Il incarne parfaitement l’idéologie du radicalisme rural de l’époque : progressisme social, laïcité et respect de la propriété privée et du petit commerce. À gauche de l’échiquier politique local en 1919, il est « dépassé » par une équipe de Front populaire lors des municipales de 1935, auxquelles il ne se présente pas. Il accompagne durant ses mandats une ville prospère tenant une place importante dans la vallée de la Maurienne. Chevalier des Palmes académiques, il est le président du sous des écoles de Fourneaux durant de nombreuses années.
  • Marcel Bouvier (1898-1982), cheminot, issue de la génération du feu, élu en 1925, il est adjoint au maire de 1929 à 1935 puis conduit la liste de Front populaire cette même année. Élu maire, il le restera sans interruption jusqu’en 1965, soit trente années durant lesquelles Fourneaux subit les bombardements et les inondations. Candidat malheureux à la succession de Constantin Ros au siège de Ccnseiller général en 1958, il évolue de la gauche vers la droite durant toute la période. Il est fait Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur en 1962.
  • Louis, Pierre et Louis Matussière forment une dynastie d’industriels dauphinois, issue du fondateur Amable. Installés à Fourneaux dès 1883, ils relèvent plusieurs fois l’usine de l’écueil. Après 110 années de présence, l’usine ferme ses portes définitivement en 1993.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • S. Collombet, Monographie de Fourneaux-Modane-Gare, Le Havre, 1900.
  • A. Dupouy, Ma ville à l’heure italienne, Saint-Jean-de-Maurienne, 1997.
  • R. Ratel, Fourneaux en Maurienne, Saint-Jean-de-Maurienne, 2000.
  • François Chemin, Les élections dans le Canton de Modane 1919-1939, 2001.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011