Fourmi esclavagiste

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Reine Polyergus soignée par des ouvrières « esclaves ».

Les fourmis esclavagistes volent les larves et les nymphes d'autres espèces pour renforcer les effectifs de leurs propres colonies. Une cinquantaine d'espèces pratiquent cet « esclavagisme » ; les 14 espèces du genre Polyergus (fourmi amazone) ont des ouvrières incapables de s'occuper de leur couvain et doivent donc impérativement capturer des ouvrières lors de raids pour se perpétuer.

Ce comportement a été étudié pour la première fois en 1810 par l'entomologiste suisse Pierre Huber[1]. Selon l'entomologiste Luc Passera, le terme « esclavagiste » n'est pas le plus approprié car les ouvrières asservies appartiennent à une autre espèce et qu'il vaudrait mieux, si l'on veut faire une comparaison anthropomorphique, parler de « domestication »[2].

Les ouvrières nées des captures développent un « programme comportemental normal » : elles sortent et ramènent de la nourriture dans le nid de leurs ravisseuses, elles s'occupent de leurs œufs comme si elles appartenaient à leur propre espèce[3]. Il arrive cependant que les « esclaves » changent de comportement et éliminent les larves dont elles ont la charge, ce qui augmente les chances de survie des nids hôtes[1].

Les fourmis esclavagistes organisent des raids pour capturer les larves, leur glande de dufour sécrète des phéromones de recrutement pour se rassembler avant l'attaque puis des phéromones de panique pour disperser les soldats du nid ciblé. Lors de ces raids, les esclavagistes ne tuent pas la reine hôte afin de pouvoir piller de nouveau le nid[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Boris Bellanger, « L'incroyable révolte des fourmis esclaves », Science et Vie,‎ juillet 2009, p. 114-119
  2. a et b Luc Passera, La véritable histoire des fourmis, Fayard, coll. « Le temps des sciences »,‎ 2006
  3. Luc Passera, « Fourmi : les secrets de la fourmilière », sur http://www.futura-sciences.com/,‎ 5 mars 2012 (consulté le 21 novembre 2013)