Foulques III d'Anjou

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Foulques III d'Anjou
Image illustrative de l'article Foulques III d'Anjou
Titre
Comte d'Anjou
9871040
Prédécesseur Geoffroy Ier d'Anjou
Successeur Geoffroy II Martel
Biographie
Titre complet Comte d'Anjou
Dynastie Ingelgeriens
Date de naissance vers 965/970
Date de décès 21 juin 1040
Lieu de décès Metz
Père Geoffroy Ier d'Anjou
Mère Adelaïde de Vermandois
Conjoint Elisabeth de Vendôme
Hildegarde de Haute-Lorraine de Sundgau
Enfant(s) Adèle
Geoffroy II Martel
Ermengarde Blanche
Comte d'Anjou

Foulques III[1],[2], dit Foulques Nerra, le Noir, en raison de son teint sombre, né vers 965/970, mort à Metz le 21 juin 1040, fut comte d'Anjou de 987 à 1040. Il était de la famille des Ingelgeriens et fils de Geoffroy Ier Grisegonelle, comte d'Anjou, et d'Adélaïde de Vermandois.

Biographie[modifier | modifier le code]

À son avènement, Foulques III Nerra, le nouveau comte d'Anjou, est un personnage d'un naturel violent et d'une énergie peu commune, « un des batailleurs les plus agités du Moyen Âge », selon la formule de l'historien Achille Luchaire.

Il se montre souvent cruel, mais ses remords sont à la hauteur de ses crimes : il multiplie les abbayes dans ses domaines et part, à trois reprises, pour la Terre sainte (1002 ; 1008 ; 1038), pour laver ses nombreux péchés, pour se faire pardonner ses crimes. En effet, on l'accuse, entre autres, d’avoir commandité l'incendie de la ville d'Angers survenu quelques jours après avoir fait brûler vive son épouse qu'il avait accusée d'adultère. Poursuivi par la haine publique et par le cri de sa propre conscience, il a l'impression que les nombreuses victimes immolées à sa vengeance ou à son ambition, sortent la nuit de leurs tombeaux pour troubler son sommeil et lui reprocher sa barbarie.

Lors de son dernier pèlerinage à Jérusalem, il se repent en avançant vers le Saint-Sépulcre torse nu et flagellé par deux serviteurs qui sur son ordre scandent : « Seigneur reçoit le méchant Foulques, comte d'Anjou qui t'a trahi et renié. Regarde mon âme repentie, ô Jésus-Christ[3]. »

À l’ouest, il s’oppose à son beau-frère Conan Ier, comte breton de Rennes, qu’il bat et tue le 27 juin 992 à Conquereuil. Cette victoire lui permet d’occuper le comté du Maine et la Touraine. Il est en lutte également avec le duc Richard II de Normandie.

Il agrandit son domaine au détriment du Poitou, en conquérant les Mauges, et y fait construire en 1005 le château de Montrevault.

Son principal ennemi à l’est est le comte Eudes II de Blois, mais une alliance avec les rois capétiens lui permet de le tenir en échec. Il est vainqueur de celui-ci à la bataille de Pontlevoy le 6 juillet 1016. Il confie ensuite la garde de ses vastes domaines à son « bouillant » chef de guerre Lisois d'Amboise, qu'il nomme sénéchal d'Anjou.

Les ruines de l'ancienne forteresse de Langeais bâtie par Foulques Nerra

Pendant toutes ses années de règne, il guerroie sans cesse contre les Bretons, contre la Maison de Blois, protégeant son comté, allant de Vendôme à Angers en passant par Château-Gontier, Loches, Montbazon, Langeais ou Montrichard. On lui doit plus d'une centaine de châteaux, donjons et abbayes. En 1007, Foulques Nerra fonde l'abbaye de Beaulieu-lès-Loches. On lui doit également le plus ancien donjon en pierre de France (voir la page discussion), forteresse bâtie vers 990 et dont les ruines se trouvent toujours à Langeais, ainsi que l'étang Saint-Nicolas à Angers, qu'il fit creuser vers l'an 1000.

Il meurt à Metz alors qu'il rentre de son dernier voyage en Palestine. Son corps est enterré dans l'abbaye de Beaulieu-lès-Loches. Le 9 juillet 1870, des fouilles archéologiques ont lieu dans l'abbaye, et on exhume une tombe contenant un crâne et quelques ossements, qui sont attribués à Foulques Nerra[4]. La tombe est à nouveau ouverte en 2007, et une expertise conclut que les restes ne sont pas ceux du duc d'Anjou[réf. nécessaire].

Foulques Nerra est cité dans La Chronique des comtes d'Anjou[5], texte écrit de 1100 à 1140 par un moine angevin, à la demande de Foulques le Réchin.

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse en premières noces Élisabeth de Vendôme, fille de Bouchard le « Vénérable » comte de Vendôme et d'Élisabeth Le Riche comtesse de Corbeil et de Melun. De ce mariage était née une fille :

Selon certaines sources, parce que cette première épouse ne lui avait pas donné d'enfant mâle pour lui succéder, il l'accuse d'adultère et la fait juger par un tribunal complaisant qui la condamne à être brûlée vive[6]. D'autres disent qu'elle serait morte brûlée vive[7] lors de l'incendie d'Angers vers l'an mil, mais cette version bien que citée par la chronique de Saint-Aubin d'Angers, est mise en doute.

Il épouse ensuite vers 1001 Hildegarde de Haute-Lorraine de Sundgau. Le seul document qui en parle et qui précise qu'elle est originaire de Lotharingie et d'ascendance royale, est le cartulaire de l'abbaye Notre-Dame-de-la-Charité ou Ronceray qu'elle a fondé en 1028.

Foulques Nerra et Hildegarde de Haute-Lorraine de Sundgau donnèrent naissance à :

Chronologie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Toute sa généalogie sur le site Medieval Lands
  2. BnF Gallica : Père Anselme - Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France des Pairs, Grands officiers de la couronne et de la Maison du roi; et des grands barons. Tome sixième - Paris - 1730
  3. Alain Gilles Minella, Aliénor d'Aquitaine, Perrin, 2004, p. 62.
  4. Histoire de Foulque Nerra, Alexandre de Salies, note CXXXII
  5. la Chronique des Comtes d'Anjou
  6. Hommes et cités du Val de Loire, 1966, p. 20.
  7. Revue de l'Anjou et de Maine-et-Loire (1853) publiée sous les auspices du Conseil général du département et du Conseil municipal d'Angers. Page 141.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Thévenot, Foulque III Nerra, Comte d'Anjou, Éditions de La Nouvelle République, Tours, 1987, (ISBN 9782868810717)

Liens externes[modifier | modifier le code]