Fouine

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La fouine (Martes foina) est une espèce de mammifères carnivores d'Europe et d'Asie, au pelage gris-brun, courte sur patte et de mœurs nocturnes. C'est une martre (ou marte) faisant partie de la famille des mustélidés, au même titre que la belette, le blaireau, la loutre ou le putois, petits mammifères carnivores se caractérisant souvent par leur odeur forte.

Dans certaines régions du centre et de l'Ouest de la France (comme la Charente par exemple), on appelle fouin ou chafouin (chat fouin) le mâle de la fouine.

Sommaire

Description [modifier]

Sa longueur va de 40 à 54 centimètres et son poids se situe entre 1,1 et 2,3 kilogrammes. La fouine a une espérance de vie de 3 à 12 ans, l'âge maximal en liberté étant de 10 ans. En captivité ou en élevage, elle peut toutefois atteindre l'âge de 18 ans.

La fouine (Martes foina) est très proche de la martre commune (Martes martes), à tel point que lors d'une observation la confusion est possible même si elles ne sont pas interfécondes. Le critère le plus direct pour déterminer l'animal observé consiste à observer la couleur du pelage située sous la gorge, sur le poitrail et le haut des pattes. Chez la martre une tache claire de couleur jaunâtre est observable sur le poitrail, alors que chez la fouine cette tache est franchement blanche, couvrant la gorge, le haut des pattes antérieures et le poitrail (voir l'article sur la martre pour d'autres critères d'identification).

Une autre méthode généralement admise pour différencier une fouine et une martre : le dessous des pattes de martres est poilu au contraire de celui des fouines. Cette spécificité peut aussi être détectée à la lecture des empreintes dans un sol meuble.

Origine du nom [modifier]

Le nom latin Martes foina signifie martre des hêtres, à rapprocher du mot faîne, du latin fagina, le fruit du hêtre (fagus). Il est à noter qu'en anglais, on la nomme beech marten, de même sens, et en italien faina. La martre commune Martes martes, quant à elle, est souvent nommée martre des sapins ou martre des pins.

Distribution et habitat [modifier]

Distribution

On trouve des fouines dans une grande partie de l'Eurasie. Son aire de distribution va de l'Espagne à la Mongolie, en passant par l'Europe du Sud et l'Europe centrale et l'Asie centrale. La fouine est absente des îles Britanniques. Une population de fouines a également été introduite dans l'État américain du Wisconsin dans le but de commercialiser leurs fourrures.

La fouine est capable d'occuper des milieux très variés. Elle vit spécialement dans la campagne (bois et vergers) mais aussi à proximité des habitations et jusque dans les villes, gîtant dans les granges et les greniers. Elle grimpe bien mais ne se risque pas aussi haut que la martre commune, plus liée à la forêt. Il s'agit d'ailleurs de la seule espèce de martre à ne pas vivre exclusivement dans la forêt.

Comportements [modifier]

Les fouines sont des animaux solitaires, comme la plupart des autres espèces de martres. Elles évitent leurs congénères en dehors des périodes de reproduction. Il s'agit d'animaux territoriaux qui marquent leur territoire avec des secrétions et le défendent au moins contre d'autres fouines de même sexe. La grandeur du territoire est variable, mais reste inférieure à celui de la martre commune. Leur grandeur va de 12 à 210 hectares et varie en fonction du sexe (les territoires des mâles sont plus grands que ceux des femelles), de la saison (ils sont plus petits en hiver), de l'habitat (ils sont plus grands en campagne qu'en ville) et de la nourriture disponible.

Son activité est surtout nocturne. Elle est opportuniste et se nourrit selon les saisons, de petits mammifères, de fruits, d'oiseaux, de déchets trouvés près des habitations. Il lui arrive de dévaster un poulailler lorsqu'elle est à la recherche d'œufs. Excitée par la panique créée chez les poules, elle tue tout ce qui bouge. Bien qu'elle soit essentiellement carnivore, les produits végétaux (baies et fruits) constituent une part importante de son alimentation.

Elle s'attaque aux circuits électriques des voitures et à l'isolation des maisons, et elle ronge également le caoutchouc. Elle est pour cela souvent considérée comme « nuisible ». À l'inverse, à l’époque de la Rome antique, elle était adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations. Elle joue encore aujourd'hui un rôle de police sanitaire aux abord des habitations humaines.

Reproduction [modifier]

La femelle met bas une fois par an, en mars ou en avril, bien que l'accouplement ait eu lieu durant l'été précédent (juin à août). Cette période de huit mois est due à la dormance, mais le temps effectif où la mère porte ses petits est d'un mois.

La portée de la fouine compte de deux à cinq petits qui naissent aveugles et nus. Ils ouvrent les yeux après un mois, sont sevrés après deux mois et sont indépendants à l'automne. La maturité sexuelle est atteinte entre 15 et 27 mois.

L’espérance de vie de la fouine est d’approximativement 12 ans[1].

Menaces [modifier]

Les anticoagulants utilisés contre les rongeurs ont pour effet d'empoisonner toute la chaîne alimentaire qui s'en nourrit. En effet, l'empoisonnement par anticoagulants n'est pas radical. Les victimes agonisent pendant de longues heures et ce, plusieurs jours après la consommation du poison. Or, le propre des prédateurs étant de s'attaquer prioritairement aux animaux les plus faibles, les fouines notamment s'empoisonnent donc à leur tour en consommant des rats, mulots, souris et autres rongeurs agonisants et donc faciles à chasser. La fouine n'échappe donc pas à ces tragiques empoisonnements. De plus, bien souvent, les luttes contre les rongeurs ont lieu généralement au printemps, période de forte augmentation des populations de nuisibles. C'est également la période où les fouines mettent bas. Ainsi, lorsqu'une fouine meurt d'empoisonnement en avril/mai, il y a de très fortes chances pour que sa progéniture ne survive pas.

Notes [modifier]

  1. http://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Fouine.php

Références [modifier]

  • Vivre avec la fouine, bulletin mensuel de l’Office National de la Chasse, no 105.
  • Eco-éthologie de la fouine dans le Jura suisse, thèse de doctorat de Nicole Lachat Feller, Université de Neuchâtel, Suisse.
  • Mermod C. & P. Marchesi (1988). Les petits carnivores. Atlas visuel, éd. Payot, Lausanne, 64 p.
  • La fouine, R. Libois & A. Waechter, SFEPM, Encyclopédie des carnivores de France, 1990
  • Fiche informative sur la fouine : http://animal.cheloniophilie.com/Fiches/Fouine.php
  • Jan Herr et Laurent Schley, La fouine au Luxembourg, Luxembourg, Administration des Eaux et Forêts et Musée National d’Histoire Naturelle, 2009, 1re éd., 44 p. (ISBN 978-2-9599675-3-5) [lire en ligne (page consultée le 2 février 2013)] . Cette brochure décrit notamment la cohabitation entre fouines et humains au Grand-Duché de Luxembourg, synthétisant pour un large public les résultats d'une thèse de doctorat réalisée sur ce sujet.

Annexes [modifier]

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Article connexe [modifier]

Références taxinomiques [modifier]