Fougerolles-du-Plessis

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Fougerolles-du-Plessis
L'église de l'Immaculée Conception.
L'église de l'Immaculée Conception.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Mayenne
Arrondissement Mayenne
Canton Landivy
Intercommunalité Communauté de communes du Bocage Mayennais
Maire
Mandat
Stéphane Sicot
2014-2020
Code postal 53190
Code commune 53100
Démographie
Gentilé Fougerollais
Population
municipale
1 329 hab. (2011)
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 28′ 29″ N 0° 58′ 20″ O / 48.4747222222, -0.9722222248° 28′ 29″ Nord 0° 58′ 20″ Ouest / 48.4747222222, -0.97222222  
Altitude 180 m (min. : 128 m) (max. : 232 m)
Superficie 33,29 km2
Localisation

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Fougerolles-du-Plessis est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 1 329 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Sur la ligne de partage des eaux, la commune est arrosée par diverses rivières, la Colmont se jetant dans l'Atlantique via la Mayenne, la Maine puis la Loire et la Cambre se jetant dans la Manche, en baie du mont Saint-Michel via la Sélune.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La première trace historique est apparue avec la découverte, fin 1918, d'un polissoir sur un gué d'un vieux chemin près du village de la Haute Thomassière. Ce polissoir a été déposé au musée de Mayenne[1]. En 1845, un trésor de 150 monnaies romaines a été trouvé au Plessis[2].

Au XIIe siècle, de nombreux documents liés à l'abbaye de Savigny, font état de concessions et règlements sur les terres de Fougerolles du Plessis : concessions faites en 1137 par Guillaume de l'Écluse, vers 1250, don par Raoul, curé de Fougerolles des Ermites de Courbefosse[2]. En un lieu nommé Courbefosse, deux ermites, contemporains de saint Vital, fondateur de l'abbaye de Savigny, avaient caché leurs vies pénitentes et laborieuses au bord d'un ruisseau venant de Goué et courant vers la vallée de Savigny. Soit avant de mourir, soit avant d'entrer au monastère de Savigny, ils donnèrent à Vital leur ermitage. C'est cette donation qui fut confirmée par le curé de Fougerolles[3].

En 1410, Guy XIII de Laval devient seigneur de Fougerolles du Plessis[2].

À cette époque, deux seigneuries concurrentes existaient, l'une à Goué, l'autre à la Hautonnière.

En 1463, il y avait à la Hautonniére quatre maisons et une chapelle. En 1626, le manoir se composait d'un grand corps de logis bâti en potence, d'une chapelle, d'un colombier avec un grand étang alimenté par la Colmont, dont la moitié se trouvait en Normandie. En 1655, les constructions étaient entourées de douves et de forêts[3].

Le 23 juin 1519, la seigneurerie de Fougerolles du Plessis est vendue à Patrice de Goué[2].

En 1790, Fougerolles-du-Plessis est chef-lieu de canton (Fougerolles-du-Plessis, La Dorée, Désertines et Vieuvy[réf. nécessaire]). Il perd ce titre en 1801 et devient commune du canton de Landivy[4]. La commune de Fougerolles rajoute du-Plessis à son nom en 1897[4].

En juillet 1794, le château de Goué est attaqué et mis à sac par les gardes nationaux résidant à Fougerolles du Plessis[2].

Au printemps 1795, la chouannerie s'étend dans le district de Mayenne, qui se range sous les ordres de Louis de Frotté. Des bandes d'insurgés s'organisent dans les environs d'Ernée, Gorron, Ambrières et Fougerolles[5]. En juin 1795, une tragédie se déroule au château de la Hautonnière, appartenant à la famille de Valory. Là habitait, en qualité de régisseur, un homme âgé et respectable nommé Le Dauphin. Un de ses fils était parti pour l'armée. De retour de garnison à Valognes, il arrive à la Hautonniére le 24 juin et constate que le château avait été pillé et était abandonné. Les patriotes républicains, soupçonnant que des prêtres et des royalistes trouvaient refuge et secours au château l'avaient envahi et avaient égorgé sa mère et ses deux sœurs. C'est à partir de là que le fils Le Dauphin décide de rejoindre les rangs des royalistes sous le nom de guerre de Le Vengjeur. Il parvint à réunir une troupe assez nombreuse dans les environs de Fougerolles et d'Ernée. Il eut le titre de chef de canton. Lors de la pacification de 1796, il s'éloigna du pays. Il revint à Fougerolles lors de la reprise d'armes de 1799. Il périt les armes à la main le 24 juillet 1799 à Dompierre-du-Chemin[6].

Fin mai 1796, le comte d'Alba arrive avec 300 Chouans sur la commune de Buais. Il établit son camp au moulin de Gillot. Quelques heures plus tard, les colonnes mobiles de Fougerolles, Gorron et Landivy, averties par des espions, accourent pour surprendre le camp et cernent le moulin. Les Chouans se défendent et sont finalements défaits. D'Alba est tué, les bleus massacrent le meunier et jettent son corps sous la meule du moulin[7].

Résistance[modifier | modifier le code]

De 1939 à 1945, ce fut un haut lieu de Résistance. En 1942, on fait disparaître discrètement les traces d'un avion anglais abattu et son pilote.

Un noyau se forme à partir de 1942 autour de Raymond Derenne. En novembre 1942, à la nouvelle du débarquement en Afrique du Nord, la Marseillaise est chantée dans les rues par des membres du club local de football (US Fougerolles). Un groupe de résistance se constitue et s'organise en 1943, autour de ce club. Il est, courant 1943, affilié à l'organisation des Francs-tireurs et partisans (FTP) dont le commandant est Loulou Pétri de Louvigné-du-Désert, appelé encore Loulou Tanguy. L'atelier de mécanique Derenne devient un centre de camouflage des vélos volés, et redistribués à la Résistance.

Le groupe est démantelé en décembre 1943, à l'arrestation de Raymond Derenne. Un parachutage d'armes est annulé suite aux arrestations effectuées par la milice. Début 1944, son frère Julien Derenne[Note 2] permet sa renaissance.

Sous la direction de Pétri et de Claude de Baissac, des parachutages d'armes sont organisés au lieu-dit Panama, proche de la ferme de Chamossay, les 28 juin, 30 juin, 1er juillet et 8 juillet 1944. Lors de ce dernier parachutage, le capitaine Jack Hayes, dit Éric, est également parachuté[8]. Il a la charge de mener la mission Helsmann, qui consiste à informer les Alliés sur les défenses ennemies et à recruter des guides pour les avants-gardes[9]. Ces armes sont distribuées dans le réseau commandé par Loulou Pietri, qui opère en IIle-et-Vilaine, dans le sud de la Manche et la Mayenne, particulièrement vers les groupes de Saint-Hilaire-du-Harcouët, d'Avranches et de Brécey[9]. En juin 1944, Fougerolles-du-Plessis eut donc le redoutable honneur d'être choisi par les Alliés comme centre de parachutage. En une semaine, 39 tonnes d'armes furent parachutées dans le champ de Panama. Après le débarquement, le commandant britannique J. B. Hayes, dit Éric, a été parachuté avec une mission spéciale (préparation de la percée d'Avranches après le débarquement).

Le 28 juillet 1944, un bataillon d'éléments SS de la 2e division SS Das Reich, conduit par les miliciens Fernandez et Albert Lenourry, cerne le village de Fougerolles-du-Plessis. Les hommes de 16 à 50 ans sont rassemblés sur la place de l'Église. Des recherches sont effectuées en campagne. Quatorze hommes sont faits prisonniers et emmenés par les Allemands. Quatre d'entre eux seront exécutés le 31 juillet 1944 au château de Bourberouge[9].

Au début d'août 1944, le groupe de résistance de Fougerolles, commandé par Jules Linais[Note 3], procèdent à des opérations de patrouilles, de nettoyage et de liaison avec les lignes américaines. Sept hommes de ce groupe participent avec la 2e DB du maréchal Leclerc à la Libération de Paris.

Pendant la Seconde Guerre mondiale. trente-trois enfants juifs sont cachés à Fougerolles. Une plaque commémorative a été remise à la mairie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1790  ? Jean-François Voisin   Notaire
1791  ? François Lesaulnier    
1798  ? Guillaume Quentin    
1800 1840 Voisin    
1850  ? Lepescheux    
1870 1879 Destais    
1880 1887 Leboucher    
1887 1892 Destais    
1892 1896 Houdusse    
1896  ? Dupont    
1937 1951 Alexandre Lebouc    
19?? 1972 Jules Linais[10] MRP Hôtelier-restaurateur
1972 2008 Roger Lestas UDF Agriculteur, député
mars 2008 en cours Stéphane Sicot[11]   Médecin

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 329 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 4],[Note 5].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 814 1 702 2 005 2 240 2 301 2 324 2 376 2 408 2 512
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 543 2 634 2 603 2 521 2 559 2 447 2 468 2 505 2 444
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 425 2 293 2 211 1 917 1 862 1 791 1 852 1 773 1 735
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
1 673 1 701 1 645 1 773 1 745 1 566 1 427 1 387 1 329
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église de l'Immaculée-Conception, remaniée en 1863 à l'aide des ruines de l'abbaye de Savigny-le-Vieux, se trouvant à quelques kilomètres.
  • Hôpital, fondé en 1709 avec une douzaine de lits, il fut l'un des tout premiers hôpitaux de la région. Il était doté de plusieurs fermes dans la paroisse qui lui assuraient une partie de ses revenus. Aujourd'hui devenu maison de retraite municipale, les pensionnaires ne sont toutefois plus logés dans les vieux bâtiments de granit qui n'abritent plus que des lieux de vie commune et une jolie chapelle.
  • Château de Goué, édifié à partir du XVIe siècle, il fut avec celui de la Hautonière, l'une des deux demeures des nobles qui avaient droit de servage sur la commune et leurs habitants jusqu'à la Révolution.
  • Château de la Hautonière, le plus ancien de la commune dont il ne reste plus que l'emplacement. Ruiné, les pierres furent vendues entre les deux guerres mondiales à des amateurs américains, qui s'en firent là-bas une demeure d'exception. Dès le XVIIIe siècle la famille de la Hautonière « émigra » à Saint-Ellier-du-Maine où ils firent construire la malouinière de la Pihoraye.
  • Château de Clairefontaine, demeure bourgeoise du XIXe siècle, lieu de naissance de Marin-Marie.
  • Manoir de la Barbottière, que fit construire Jean-Batiste Letourneux vers 1775. Celui-ci fut l'un des députés à l'assemblée constituante de 1789 à 1791.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Michel Voisin (abbé), épris de justice, il vandalisa les armoiries du seigneur de la Hautonière sur un vitrail de l'église en 1437[13].
  • Jean-Baptiste-Michel Ouvrard de la Haie (1741 à Fougerolles-1821), prêtre contre-révolutionnaire et piètre écrivain, il disposait peu avant la prise de la Bastille pour la cure de Fougerolles de huit vicaires. Il était surnommé « le petit évêque de Fougerolles »
  • Sylvain Auguste de Marseul (né en 1812 à Fougerolles-1890), entomologiste (histéridologue).
  • Marin-Marie Durand Coupel de Saint Front (1901 à Fougerolles-1987), matelot il accompagna le commandant Charcot dans ses expéditions, celui-ci le surnommait « Maran-Durin », puis navigateur, il traversa l'Atlantique en solitaire sur l'Arielle en 1936 et devint peintre de la marine. On lui doit notamment le Pourquoi-pas que l'on peut voir au musée de la marine à Paris.
  • Paul Laizé (1905 à Fougerolles-1988), religieux

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

D'or au lion de gueules au chef d'azur chargé de 3 parachutes d'argent.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Né à Fougerolles-du-Plessis, mécanicien sur la place de l'Église, réfractaire au STO, il s'engage en 1942 au 2e régiment d'artillerie de montagne à Grenoble. En juin 1944, il échappe par miracle au bombardement de Mayenne, et réussit à délivrer son frère Raymond. Il le ramène sur son vélo au milieu des convois et des chars allemands. Il est fusillé le 31 juillet 1944 avec Victor Fréard, François Bostan, François Genevée, sur l'ordre d'un officier de justice, dans une carrière abandonnée, près du château de Bourberouge, en lisière de la forêt de Mortain
  3. Futur maire et conseiller général de la Mayenne.
  4. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  5. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[14].
  1. Bulletin de la Société préhistorique de France,‎ 1958, 556 vol55-9 p.
  2. a, b, c, d et e Abbé Angot, Dictionnaire de la Mayenne, Tome 2, Impr. Floch,‎ 1900, 204 p.
  3. a et b Comptes de l'hôpital de Fougerolles 1763-1769, Vitré, Impr. Édouard Lecuyer,‎ 1904
  4. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. J Duchemin Descepeaux, Souvenirs de la Chouannerie, 301 p.
  6. J Duchemin Descepeaux, Lettre sur l'origine de la chouannerie et sur les chouans du Bas-Maine Vol 2
  7. J Cremeau Joly, Histoire de la Vendée militaire, 588 p.
  8. J Linais, La Résistance Fougerollaise, Impr. Mayennaise,‎ 1981, 21 p.
  9. a, b et c Raymond Ruffin, La résistance normande face à la Gestapo, Presses de la Cité,‎ 1977, 168 p. (ISBN 2-258-00 325-3)
  10. Né le 5 décembre 1910 à Fougerolles-du-Plessis, décédé le 23 août 1972, horloger, puis restaurateur. Maire de Fougerolles, conseiller général. Résistant, croix de guerre 39-45.
  11. Réélection 2014 : « Stéphane Sicot a été élu pour un deuxième mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 13 avril 2014)
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  13. Abbé Albert Durand, Une Paroisse Mayennaise : Fougerolles Sous La Révolution (1789-1800), Laval, Impr. Madiot,‎ 1960, 159 p.
  14. « Fougerolles-du-Plessis sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)