Fouga CM-175 Zéphyr

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Fouga CM-175 Zéphyr
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Fouga CM-175 N°21.
Fouga CM-175 N°21.

Constructeur Drapeau : France Potez-Fouga
Rôle Avion d'entraînement embarqué.
Statut Retiré du service.
Premier vol 31 juillet 1956
Mise en service novembre 1959
Nombre construits 30
Équipage
2 (biplace)
Motorisation
Moteur Turboméca Marboré II A
Nombre 2
Type turboréacteur sans postcombustion
Poussée unitaire 400 kgp
Dimensions
AEROSPATIALE MAGISTER CM. 170.png
Envergure 12 15 m
Longueur 10 06 m
Hauteur 2 80 m
Surface alaire 17 30 m2
Masses
À vide 2 150 kg
Maximale 3 200 kg
Performances
Vitesse maximale 715 km/h
Plafond 11 000 m
Rayon d'action 1 200 km
Armement
Interne 2 mitrailleuses de calibre 7,62 mm
Externe 2 paniers à roquettes de 68 mm

Le Fouga CM-175 Zéphyr est un avion d'entraînement militaire ayant servi dans l'aéronavale française de 1959 à 1994[1]. Il fut développé à partir du Fouga CM-170 Magister.

Origines[modifier | modifier le code]

En 1953 l'état major de la Marine nationale fit savoir qu'il recherchait un avion d'entraînement apte à pouvoir former les futurs pilotes de jets. En effet celle-ci venait d'acquérir ses premiers avions à réaction, les Aquilon et ne pouvait plus faire reposer la formation de ses pilotes sur les seuls North American SNJ, des avions désormais obsolètes. Elle envisagea donc de se tourner vers les États-Unis afin d'y acquérir un tel appareil.

À la même époque la société Fouga proposa de développer une version spécifique de son CM-170 Magister destiné spécifiquement à la marine. Celui-ci fut d'ailleurs tout d'abord nommé CM-170M Esquif. Par rapport à son « grand frère » terrestre il se distinguait par des attributs typiquement marins, comme la crosse d'appontage, l'élingue, ou encore le train d'atterrissage renforcé.

Développement[modifier | modifier le code]

Le programme du CM-170M Esquif fut mené conjointement par le ministère de la défense nationale et Fouga, avec le concours extérieur du Royal Aircraft Establishment de Bedford qui disposait des équipements nécessaires aux tests sur jets embarqués. C'est la Direction technique et industrielle de l'aéronautique qui fut chargée par le ministère de la défense nationale de préfigurer l'avion. L'ensemble du programme était placé sous l'autorité et le contrôle de Paul Anxionnaz[2].

Son développement industriel fut très rapide[3] et le pilote d'essai Léon Bourrieau[4] lui fit prendre les airs pour la première fois en juillet 1956. Pour les essais de validation le Royal Aircraft Establishment mit à disposition des Français un porte-avions britanniques : le HMS Bulwark. C'est à partir de ce bâtiment, mouillant au large de Cherbourg que les essais d'appontages et de décollages furent menés en août 1957. Les deux Esquif utilisés portaient les immatriculations F-ZWUD et F-ZWUZ. Après le Bulwark, ce fut le HMS Eagle qui fut utilisé au large de Toulon pour des essais similaires. Ces derniers eurent lieu en mars 1958.

À peine plus d'un an plus tard, en mai 1959 le premier appareil de série faisait son entrée en service opérationnel. La Marine nationale prit la décision de rebaptiser l'Esquif en Zéphyr, tandis que Potez qui avait repris les activités de Fouga changea la désignation constructeur en CM-175.

Engagements[modifier | modifier le code]

Jamais exporté, le Fouga CM-175 Zéphyr ne servit qu'au sein de l'aéronavale française. Lorsqu'il arriva en unité les Aquilon étaient déjà sur le déclin, l'Étendard IV-M étant en phase d'entrée en service et la France se tournait alors vers le Crusader américain comme futur chasseur embarqué. La Marine nationale était clairement entrée dans l'ère des avions à réaction[5].

Les Fouga CM-175 Zéphyr furent également employés pour la formation avancée des pilotes destinés à voler sur l'avion de lutte ASM Breguet Alizé. Par la suite ils formèrent les futurs pilotes d'Étendard IV-P et de Super-Étendard. Les Zéphyr volèrent durant leur carrière à partir de trois porte-avions français[6] seulement : l'Arromanches, le Clemenceau et le Foch.

Les Fouga CM-175 Zéphyr furent finalement retirés du service actif le 25 novembre 1994. Dès lors la formation des jeunes pilotes de l'aéronavale fut confié à l'US Navy[7] et à ses McDonnell Douglas T-45 Goshawk. Au cours de leur carrière la plupart des Zéphyr eurent également à remplir des missions de liaisons rapides et de transport de personnalités, à l'instar des MS-760 Paris.

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Versions[modifier | modifier le code]

  • CM-170M Esquif : Désignation attribuée aux deux prototypes.
  • CM-175 Zéphyr : Désignation attribuée aux trente avions de série.

Préservation[modifier | modifier le code]

Fouga CM-175 Zéphyr du musée de l'air et de l'espace vu ici dans les réserves de Dugny.

Plusieurs Fouga CM-175 Zéphyr étaient début 2012 encore préservés dans des musées[8] ou dans des bases françaises.

Appareils similaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Gaillard, Les multimoteurs de servitude français, Guides Larivières,‎ 2002 (ISBN 291-420-58-05)
  2. Jean-Loup Rambaud, Le Fouga sous toutes ses couleurs, ADDIM,‎ 1993 (ISBN 2-907341-11-1)
  3. (en) David Donald, Carrier Aviation Air Power Directory, The World's carrier and their aircraft 1950 - Present, Airtime Publishing,‎ 2001 (ISBN 1-880588-43-9)
  4. (fr)http://pdennez.free.fr/hommes/html/h065a.html
  5. Jean-Pierre Montbazet, L'aéronavale, MDM,‎ 1991 (ISBN 2-909313-00-X)
  6. (fr)http://www.netmarine.net/aero/aeronefs/fougazep/index.htm
  7. Jean Moulin, L'aéronavale française, Marines éditions,‎ 2006 (ISBN 2-915379-43-2)
  8. (fr)http://www.ffaa.net/aircraft/zephyr/zephyr_fr.htm
  9. (fr)http://www.pictaero.com/fr/pictures/picture,32436