Forum démocratique pour le travail et les libertés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Forum démocratique pour le travail et les libertés
التكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات
Image illustrative de l'article Forum démocratique pour le travail et les libertés
Logo officiel
Présentation
Secrétaire général Mustapha Ben Jaafar
Fondation
Siège 4, rue d'Angleterre
1000 Tunis
Légalisation
Positionnement centre-gauche
Journal Mouwatinoun
Idéologie social-démocratie, laïcité[1]
Affiliation internationale Internationale socialiste,
Alliance progressiste
Affiliation européenne Parti socialiste européen (observateur)
Site web www.ettakatol.org
Représentation
Constituants
12 / 217
Ministres
0 / 29

Le Forum démocratique pour le travail et les libertés (التكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات ou at-Takattul ad-Dīmuqrāṭī min ajl il-‘Amal wal-Ḥurriyyāt) ou FDTL, transcrit et mieux connu sous le nom de Ettakatol, est un parti politique social-démocrate tunisien fondé le 9 avril 1994 et reconnu le 25 octobre 2002. Il est dirigé par son fondateur et secrétaire général, le médecin et radiologue Mustapha Ben Jaafar.

Le parti est membre de l'Internationale socialiste en tant qu'observateur (vu qu'il n'a pas payé ses cotisations[2]) et ce jusqu'au 30 août 2012, date à laquelle il est élu membre permanent, disposant ainsi du droit à la parole et au vote[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, le parti ne joue qu'un rôle secondaire. Il est membre de la coalition du 18-Octobre pour les droits et les libertés, aux côtés du Parti démocrate progressiste, du Parti communiste des ouvriers de Tunisie et de quelques islamistes. Le parti commence à éditer en 2007 un hebdomadaire arabophone intitulé Mouwatinoun (Citoyens).

Élections de 2009[modifier | modifier le code]

En 2009, il participe pour la première fois aux élections législatives, ne remportant que 0,12 % des voix[4] et aucun siège à la Chambre des députés.

En vue de l'élection présidentielle organisée le même jour, le secrétaire général Mustapha Ben Jaafar crée un « coup de théâtre » lorsqu'il annonce sa candidature pour l'élection le 9 avril[5]. En effet, bien que dirigeant d'un parti récent qui n'a pas encore tenu de congrès électif à ce moment là[6], Ben Jaafar défend sa candidature lors d'un entretien avec Jeune Afrique, le 8 décembre 2008 :

« La loi dit qu'il faut être élu, et je le suis. Mes pairs du FDTL m'ont choisi en tant que numéro un du mouvement. Je suis donc habilité à me porter candidat à la candidature pour l'élection présidentielle de 2009 dans le strict respect de la loi[5]. »

Il appuie sa candidature sur une analyse de juristes portant sur l'amendement constitutionnel de juillet 2008[7]. Mais Zouheir M'dhaffer, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et du Développement administratif et ancien président du Conseil constitutionnel, insiste sur le fait que « le dirigeant d'un parti qui se présente à la présidentielle doit être élu par un congrès, et non par l'instance fondatrice de son mouvement »[8]. Néanmoins, Ben Jaafar rappelle que « ni la constitution, ni le Code électoral, ni la loi sur les partis ne font état d'une telle exigence » et que celle-ci dépend du règlement intérieur des partis[8].

À l'occasion de son premier congrès organisé les 29 et 30 mai 2009, Mustapha Ben Jaafar est reconduit et les douze membres du bureau politique sont renouvelés[9].

Ben Jaafar affirme que sa candidature, confirmée par le congrès du FDTL, a surtout pour « enjeu de changer les règles du jeu politique et de rompre avec des pratiques d'une autre planète »[10] tout en restant ouvert au dialogue, y compris avec le parti au pouvoir[11]. Il pense qu'« à défaut d'avoir des moyens égaux, [les candidats] doivent avoir au départ les mêmes chances »[12].

Il propose ainsi plusieurs réformes, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux et, rejoignant Ahmed Brahim du mouvement Ettajdid, la création d'une instance électorale autonome et indépendante pour organiser l'élection, en lieu et place du ministère de l'Intérieur[10]. Il faut aussi, selon lui, une ouverture sur le champ médiatique audiovisuel qui lui est interdit selon lui[12]. Cette condition est pour lui « une demande fondamentale pour que le prochain scrutin ne soit pas une occasion manquée, comme tous ses précédents »[10]. Il s'écarte ainsi de l'opinion de l'opposant radical Ahmed Néjib Chebbi, qui désire des observateurs internationaux pour contrôler l'élection[11]. De plus, Ben Jaafar dit ne pas écarter l'éventualité pour toute l'opposition dite démocratique de présenter un seul candidat à la présidentielle[10].

Le 24 septembre, il est le dernier candidat à présenter sa candidature, en affirmant qu'« il y a des compétences capables d'assumer les plus hautes responsabilités politiques [...] et que l'alternance au pouvoir est possible », sa démarche cherchant à « sortir les Tunisiens de la léthargie et de l'état de démission, dans lesquels ils se trouvent »[13].

Devant ses partisans réunis dans l'enceinte du Conseil constitutionnel, il réclame la libération de syndicalistes condamnés dans la foulée du mouvement social de 2008 dans la région minière de Redeyef. Le Conseil constitutionnel invalide cependant cette candidature au motif qu'il ne remplit pas la condition selon laquelle un candidat doit être le chef élu de sa formation depuis au moins deux ans[14],[15]. Par conséquent, Ben Jaafar appelle le 5 octobre à voter pour Brahim qui est le « seul candidat sérieux » selon lui[16].

Après la révolution[modifier | modifier le code]

Après la révolution de 2011, Ettakatol devient l'un des principaux représentants du centre-gauche[17],[18]. Le 17 janvier 2011, Ben Jaafar est nommé ministre de la Santé publique dans le gouvernement intérimaire[19] mais démissionne quelques jours plus tard pour protester contre la présence de ministres issus du parti de Ben Ali[20]. Dès lors, le parti s'appuie principalement sur le bénévolat de ses membres et ses activités dans les médias sociaux[21].

Lors de l'élection de l'assemblée constituante du 23 octobre 2011, le parti remporte vingt des 217 sièges, devenant la quatrième force politique du pays. Par la suite, il conclut un accord avec le mouvement islamiste Ennahda et le Congrès pour la République (CPR) afin de se répartir les postes clés[22], ce qui donne naissance à ce qu'on appelle la troïka. En conséquence, Ben Jaafar est élu président de l'assemblée constituante le 22 novembre[23] ; le parti soutient la candidature de Moncef Marzouki (CPR) à la présidence de la République et la nomination de Hamadi Jebali (Ennahda) comme Premier ministre.

Deuxième congrès[modifier | modifier le code]

Le deuxième congrès du parti se tient du 5 au 7 juillet 2013 à Tunis et voit Ben Jaafar être réélu secrétaire général du parti. Plusieurs personnalités, essentiellement des représentants de partis socialistes, sont invitées à y assister[24] :

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Celeste Hicks, « Tunisia election: Loving and loathing Islamists », BBC News, 21 octobre 2011
  2. (fr) Partis membres de l'International socialiste
  3. (fr) « Ettakatol élu membre permanent de l'Internationale socialiste », Tunis Afrique Presse, 30 août 2012
  4. (fr) Résultats des élections présidentielle et législatives (Élections 2009)
  5. a et b (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Ben Jaafar aussi », Jeune Afrique, 16 décembre 2008
  6. (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Qui face à Ben Ali en 2009 ? », Jeune Afrique, 10 août 2008
  7. (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Candidature, mode d'emploi », Jeune Afrique, 16 décembre 2008
  8. a et b (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Ben Jaafar, le cinquième homme », Jeune Afrique, 2 mai 2009
  9. (fr) Mourad Sellami, « Répartition des tâches au sein du bureau politique du FDTL », Le Temps, 8 juin 2009
  10. a, b, c et d (fr) « Tunisie : l'opposant Ben Jaafar candidat à la présidentielle d'octobre », Agence France-Presse, 31 mai 2009
  11. a et b (fr) Abdelaziz Barrouhi, « Ben Jaafar ouvre une brèche », Jeune Afrique, 7 juin 2009, p. 50
  12. a et b (fr) Néjib Sassi, « La présence du secrétaire général adjoint du RCD à notre congrès est un signe fort de dialogue et de décrispation », Le Temps, 17 juin 2009
  13. (fr) « Tunisie : Ben Jaffar candidat à la présidence, pour l'alternance au pouvoir », Agence France-Presse, 25 septembre 2009
  14. (fr) « Tunisie : l'opposant Ben Jaafar écarté de la course à la présidentielle », Agence France-Presse, 27 septembre 2009
  15. (fr) « Décision d'irrecevabilité d'une candidature à la présidence de la République », La Presse de Tunisie, 30 septembre 2009
  16. « Présidentielle : Ben Jaafar écarté se rallie à Brahim, un candidat de gauche », Agence France-Presse, 5 octobre 2009
  17. (en) Celeste Hicks, « Tunisia election: Loving and loathing Islamists », BBC News, 21 octobre 2011
  18. (en) Rachel Shabi, « From Arab Spring to elections: Tunisia steps into a new era », The Independent, 21 octobre 2011
  19. (en) « Who are Tunisia's main opposition figures? », Reuters, 17 janvier 2011
  20. (en) Angelique Chrisafis, « Tunisian elections: the key parties », The Guardian, 19 octobre 2011
  21. (en) Sam Bollier, « Who are Tunisia's political parties? », Al Jazeera English, 9 octobre 2011
  22. (en) « Tunisia coalition agrees top government posts », BBC News, 21 novembre 2011
  23. (en) Sadok Ayari, « Mustapha Ben Jaafar Elected President of the Constituent Assembly », Tunisia Live, 22 novembre 2011
  24. (fr)(ar) Invités du deuxième congrès d'Ettakatol

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Democratic Forum for Labour and Liberties » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]