Fort de Fléron

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50° 37′ 03″ N 5° 41′ 33″ E / 50.6175583, 5.6923771 ()

Plaque commémorative à l'un des derniers vestiges visibles du fort

Le fort de Fléron, comme les onze autres forts de Liège, fut construit à partir de 1888 c'est-à-dire après l'apparition des obus torpilles en 1885.

Cette innovation technique rendit nécessaire l'emploi du béton et des cuirassements. Les forts étaient conçus en béton simple, non armé. Ce béton pouvait résister aux obus des mortiers de 210 et 220 mm qui étaient les plus gros calibre connus à l'époque. Afin de réduire le nombre d'organes de flanquement, on va choisir pour le tracé du fort de Fléron, la figure la plus simple, le triangle.

Contrairement à d'autres ouvrages de la position fortifiée de Liège, le fort a été entièrement enseveli sous un parc bordé par une cité. Seule la disposition des rues avoisinantes et une plaque commémorative témoignent encore de l'empreinte de laissée par ce fort.

Combats d'août 1914[modifier | modifier le code]

Effectifs[modifier | modifier le code]

  • Artillerie : deux lieutenants, un sous-lieutenant et 307 hommes.
  • Infanterie : un lieutenant et 80 hommes.
  • Génie : un adjudant.
  • Service de santé : un lieutenant médecin militaire ; un médecin civil et deux infirmiers.

Pertes durant la campagne de 1914 :

  • pendant le siège du fort : 5 tués.
  • morts en captivité : 12 hommes.

Déroulement des évènements[modifier | modifier le code]

  • 1er août :
    • premier jour de la mobilisation ; travaux de mise en état de la défense et arrivée des rappelés des classes 1905 à 1908.
    • installation d'observatoires de campagne : Belle fleur des charbonnages du Hasard à Micheroux ; poste de repli de la Bure Lonette à Retine et de la Bure Saint Charles à la gorge du fort ; clocher de Magnée ; poste de repli de la bure de Soxhluse ; clocher de Romsée.
  • 4 août
    • les troupes allemandes franchissent la frontière belge vers 8h00.
    • à 21h, attaques allemandes sur les postes d'observation de Micheroux et de Magnée ; intervention de l'infanterie belge et de l'artillerie du fort pour les protéger.
    • les canons du fort se taisent vers 0h20 après le repli de l'ennemi.
  • 5 août
    • 4h30, les premiers obus allemands tombent sur le fort ; les batteries allemandes sont repérées et détruites par le tir de la coupole de 150 mm.
    • 7h30 nouveau bombardement intense sur le fort par des mortiers de 210 mm.
    • 8h00, suspension d'arme jusque 10h00 pour permettre à un parlementaire allemand de se rendre à Liège pour rencontrer le général Leman.
    • 10h00, reprise du bombardement allemand sur le fort ; trois batteries sont repérées (N-O d'Olne) et sont éliminées par l'artillerie du fort ; fin du duel d'artillerie vers 13h00.
    • 20h00, le fort d'Évegnée demande l'appui de l'artillerie de Fléron pour l'aider à repousser une violente attaque allemande ; à Fléron, les lignes téléphoniques avec les observateurs de Lonette et le bureau central de Liège sont coupées.
    • les guetteurs partis à la fin de l'après-midi ne rentrent pas ; le fort est coupé du reste des lignes belges.
  • 6 août
    • 1h00, attaque violente de l'infanterie allemande dans l'intervalle entre Fléron et Évegnée ; la nuit profonde et les liaisons coupées empêchent le fort de régler efficacement son tir pour aider l'infanterie belge.
    • 2h00, le fort distingue la progression allemande et tire de toutes ses pièces mais la violence de l'attaque allemande fait reculer les troupes belges qui occupent le terrain entre les deux forts.
    • 4h00, le jour est levé, échange de coups de feux entre les fantassins du fort et une troupe ennemie qui reflue vers le couvent des Trois-Chênes en laissant de nombreux blessés sur le terrain. Durant toute la journée, le fort ne cesse de tirer sur les Allemands qui avancent dans les intervalles entre Chaudfontaine - Fléron et Évegnée.
  • 7 août
    • des troupes allemandes traversent Magnée qui devient aussitôt la cible des canons du fort.
    • le fort cloue sur place plusieurs tentatives d'attaques de ses fossés par l'infanterie ennemie ; un drapeau belge est hissé sur le mât du sémaphore ; il flottera jusqu'au dernier moment des combats.
    • fin de journée, un parlementaire allemand se présente au saillant III par le chemin de la Clef. Il précise que la ville de Liège est au mains des Allemands et que plusieurs forts sont tombés ; qu'un puissant dispositif de siège s'installe autour des forts qui résistent encore. Enfin il demande la reddition du fort de Fléron à défaut de quoi la ville de Liège serait bombardée.
      Une suspension d'armes est conclue pour une durée de 24H00 afin de permettre à un officier du fort (lieutenant Marchand) de se rendre à Liège pour se rendre compte de la situation.
  • 8 août
    • 7h00, 250 hommes du fort sont rassemblés dans la galerie centrale ; le Commandant Mozin leur annonce que Fléron ne se rendra pas et que la lutte doit continuer jusqu'au bout. Les 250 hommes lancent avec enthousiasme les cris : « Vive Fléron - Vive le Roi - Vive la Belgique ».
    • 9h00, la canon tonne vers Barchon et les combats reprennent. Le fort de Barchon tombe dans la soirée.
  • 9 août
    • tirs vers le fort de Barchon occupé par les Allemands.
    • 11h30, les guetteurs signalent la présence de troupes allemande à Soumagne au croisement des routes de Herve et de Fêcher. Le fort y expédie six obus dont un tombe exactement au milieu du groupe de soldats allemands en tuant seize hommes et en blessant vingt-cinq. Dans l'après-midi, des brancardiers sous couvert de la croix rouge se rendent à Romsée pour y enterrer les soldats belges tués lors de la bataille de Soxhluse.
  • 10 août
    • 5h00, Fléron bombarde les batteries ennemies qui changent régulièrement de position ; les tirs allemands ne cessent pourtant pas. Dans l'après-midi, un caporal d'infanterie de la garnison du fort de Loncin se présente en haillon et couvert de boue ; il annonce que le Général Leman s'est installé au fort de Loncin pour y assurer la coordination de la défense des forts de Liège.
    • 15h00, le fort bombarde une troupe allemande repérée sur la route Saive-Barchon.
  • 11 août
    • le fort tire sur un rassemblement d'infanterie allemande dans le village d'Ayeneux en y faisant de nombreux tués; il tire également sur des déplacement de troupes à Julémont, La Xhavée, Magnée, Romsée, Micheroux et Retinne.
    • 15h30, le fort d'Évegnée tombe à son tour.
    • 16h00, un parlementaire allemand accompagné du juge de paix de Herve (amené comme témoin) vient à nouveau demander la reddition du fort... la réponse du Commandant Mozin est catégorique : « Non ! »
    • 17h00, nouveau parlementaire allemand (Commandant Huttman) accompagné du Capitaine Genonceaux Commandant du fort d'Evegnée qui est tombé le matin ; les allemands annoncent la mise en batterie de leur artillerie lourde (420 mm) contre les forts et ils précisent ironiquement que la portée de leurs pièces est telle que le fort n'est pas capable de les atteindre. La réponse du Commandant Mozin reste invariable : « Pas question de se rendre ! »
  • 12 août
    • 8h30, une batterie allemande est repérée à la bure Théopore (400 m au sud de la gare de Micheroux) ; les coupoles de 210 mm attaquent cet objectif.
    • 9h30, depuis l'aube, 92 projectiles sont tombés sur le fort de Fléron ; vers 10h00 on compte plus de 400 obus tirés sur le fort.
    • 11h00 un coup direct enfonce la pièce gauche de la coupole 120 mm gauche ; deux hommes blessés dont un grièvement. Le bombardement du fort se poursuit toute la journée et toute la nuit suivante.
  • 13 août
    • les bombardements qui se poursuivent sans discontinuer commencent à produire de nombreux dégâts : mise hors service définitive de la coupole 120 mm gauche ; destruction des cuisines et de l'infirmerie (heureusement évacuée un peu avant) ; graves problèmes avec les latrines. La surface du fort est méconnaissable ; tout profil de fortification a disparu.
    • 11h40, une tentative de l'infanterie allemande échoue suite à l'action des coupoles de 57 mm et de la coupole de 120 mm droite.
    • 15h00, coupole de 57 mm gauche du saillant II hors service.
    • 16h00, les quatre pièces de 120 mm sont hors d'usage et la coupole de 57 mm du saillant III est complètement enterrée.
    • 17h00, le fort tire au canon de 150 mm sur la gare de Fléron où des Allemands s'abritent derrière des wagons à marchandise. En fin de journée, la coupole de 150 mm est également détruite ; les obusiers de 210 mm ont leur inclinaison bloquée entre 11° et 16°.
    • le fort de Pontisse tombe après avoir été détruit par les obus de 420 mm.
    • le fort de Chaudfontaine explose et tombe peu après.
    • le fort d'Embourg tombe ; il est entièrement défoncé par les obus de 210 mm.
  • 14 août
    • 1h00, nouvelle tentative de l'infanterie allemande pour prendre le fort. L'infanterie du fort intervient avec le support des deux tourelles de 57 mm.
    • 1h30, après l'échec de la tentative, l'artillerie allemande reprend le bombardement de l'ouvrage.
    • 4h00, arrivé du premier obus de 420 mm sur le fort ! L'effet est terrifiant et à chaque coup, des fissures apparaissent dans le béton des voûtes.
      L'air devient irrespirable ; des blessés parfois gravement atteints jonchent le sol et la situation devient réellement critique. La plupart de l'armement est hors service et les munitions sont presque épuisées ; le fort a reçu plus de 5 000 obus de tous calibres et le béton est profondément défoncé. Au vu de la situation générale le conseil de défense du fort estime que la mission du fort de Fléron est à présent terminée. Un clairon est envoyé à l'extérieur et lance ses dernières notes vers les assaillants. L'appel est entendu par les allemands et le bombardement diminue pour cesser définitivement vers 10h00.
    • 10h15, les défenseurs quittent le fort.

Combats de mai 1940[modifier | modifier le code]

Effectifs[modifier | modifier le code]

  • 13 officiers (dont 2 médecins).
  • 20 sous-officiers.
  • 1 aumônier.
  • 250 hommes de troupe.

Pertes après la campagne de 1940 :

  • 4 tués et 6 blessés.

Déroulement des évènements[modifier | modifier le code]

  • 9 mai
    • Alerte générale annoncée dans la nuit.
  • Du 10 au 16 mai
    • Nombreux bombardements aériens par obus torpilles ; tirs de toute l'artillerie du fort de manière lente mais continue jours et nuits durant les sept jours de résistance. Destruction de l'installation électrique lors du premier bombardement ; toutes les manœuvres (ventilation comprise) furent effectuées à la main !
      Des patrouilles ont circulé autour du fort jusqu'au 17 mai inclus. Des tirs à la demande d'observateurs furent effectués sur le fort de Chaudfontaine, Évegnée et Embourg pour essayer de toucher les avions au moment où ils piquaient pour lancer leurs bombes. Un tir avec les 75 mm fut déclenché sur demande du fort de Chaudfontaine pour déloger les allemands qui occupaient la superstructure du fort de Chaudfontaine. (Le fort de Fléron a aussi bénéficié des tirs de Chaudfontaine et d'Évegnée quand les avions le bombardaient.)
      Les deux canons de 150 mm ont tirés sur les destructions de Nasprouez et Bilstain qui barraient la vallée de la Vesdre. Des tirs de 150 mm furent effectués sur le champ d'aviation de Bierset et d'Ans, sur la citadelle occupée par l'ennemi, sur le château de Tancrémont (à la demande du fort de Tancrémont), sur une batterie près de l'Abbaye de Val-Dieu, sur le centre d'Aubel, sur la halte de Melen, le clocher de Bruyère, la route de Micheroux, à Fêcher, au carrefour de Herve, etc. Il y eut des tirs à la demande des forts de Flémalle, Boncelles, Battice et Tancrémont (Pépinster).
  • 17 mai
    • violent bombardement aérien qui rend le bureau de tir inutilisable ; un mur d'escarpe s'effondre en partie en blessant grièvement un officier médecin.
    • la sortie d'infanterie est complètement effondrée.
    • le local du central téléphonique s'effondre en tuant deux soldats.
    • le fort est privé définitivement d'électricité ; le tableau de distribution générale est arraché.
    • la ventilation est mise à l'arrêt, le béton s'effrite un peu partout.
    • les coupoles de 150 mm sont désaxées ; les canons de 105 mm n'ont plus de munitions.
    • une coupole de 75 mm reste calée après le bombardement.
    • le commandant du fort, le capitaine Gline, estime que la mission du fort est terminée et que la résistance n'est plus possible. Alors que le bombardement reprend et conformément aux ordres du Major du III R.F.L., les hommes sont libérés par la porte située à la base de la prise d'air avec pour mission de tenter de rejoindre l'armée de campagne. De nombreux militaires purent rentrer chez eux ; le commandant du fort et trois officiers de réserves furent capturés alors qu'ils tentaient de traverser Jupille. Un certain nombre de militaires habitant Liège furent également pris dans Jupille mais d'autres réussirent à échapper aux Allemands.

Liens externes[modifier | modifier le code]