Fort de Bard

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Fort de Bard
Image illustrative de l'article Fort de Bard
Vue du fort depuis le bourg de Hône
Début construction XIXe siècle
Site web www.fortedibard.it/
Coordonnées 45° 36′ 32″ N 7° 44′ 44″ E / 45.608942, 7.74546945° 36′ 32″ Nord 7° 44′ 44″ Est / 45.608942, 7.745469  
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région historique Valle d'Aosta-Stemma.svg Vallée d'Aoste
Subdivision administrative Région autonome
Commune italienne Blason ville It Bard (AO).svg Bard

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Fort de Bard

Le fort de Bard est une forteresse construite au XIXe siècle par les Souverains de Savoie sur un promontoire rocheux dominant le bourg de Bard, à l'entrée de la Vallée d'Aoste en venant du Canavais. Il sépare la plaine de Donnas de celle d'Arnad, et représente l'une des plus imposantes forteresses des Alpes.

Le fort a été inutilisé pendant une longue période, mais il a été récemment restauré et intéressé par le projet du Musée des Alpes. Il est aussi le siège d'expositions temporaires d'art, et, pendant l'été, de spectacles théâtraux et de concerts.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du fort date de plusieurs siècles. En effet, sa position, au sommet du rocher de la cluse la plus haute de la vallée de la Doire Baltée, est la raison même de son importance comme avant-poste de contrôle et de défense sur la route vers la France ou vers la Suisse.

Commencé sous le règne de Charles Felix, le fort fut terminé sous le règne de Charles-Albert de Savoie entre 1830 et 1838 sur une structure précédente remontant au Xe siècle, qui se fondait à son tour sur un bâtiment romain. En effet, par ici passait la route consulaire des Gaules, dont les ruines peuvent être admirées à l'entrée du bourg de Donnas.

Des documents témoignent de l'existence du fort déjà à l'époque de Thierry Ier (VIe siècle).

En 1242, le fort fut cédé aux comtes de Savoie par les puissants seigneurs de Bard, et en 1661 Charles-Emmanuel Ier de Savoie dit Le Grand, y installa la garnison de contrôle du duché d'Aoste, après le démantèlement des maisons-fortes à Verrès et à Montjovet.

Au cours des siècles suivants, le fort fut intéressé par d'autres projets de renforcement. En particulier, il a été l'avant-poste de défense de l'armée austro-piémontaise qui s'opposa à l'avancée de Bonaparte en 1800.

Après avoir été défini Le vilain castel de Bard, il fut détruit par Napoléon, agacé par la résistance des soldats du royaume de Savoie. En 1827, Charles-Félix de Savoie, craignant une attaque du front français, confia à l'ingénieur militaire François-Antoine Oliviero le projet de renforcement de la structure du fort. Les travaux furent achevés en 1838.

Les travaux durèrent huit ans, et la structure de défense fut organisée sur deux niveaux, en forme de tenaille : l'ouvrage Ferdinand et l'ouvrage Mortiers, l'ouvrage Victor, l'ouvrage Gola et l'ouvrage Charles-Albert.

Le fort disposait de 283 chambres pour 416 soldats, auxquelles s'ajoutaient 176 chambres de services et une cour intérieure, la place d'armes. La disposition des chambres et des casemates permettait une défense réciproque en cas d'attaque.

Le gros entrepôt près de l'ouvrage Mortiers contenait des denrées et des munitions pour des mois.

Le comte Camillo Benso de Cavour, futur président du Conseil du royaume d'Italie y effectua son service militaire.

Inutilisé jusqu'à la fin du XIXe siècle, le fort devint ensuite la poudrière de l'armée italienne jusqu'à 1975, quand il fut acheté par la région autonome Vallée d'Aoste. Après une période d'ouverture au public au début des années 1980 aux années 1990 et 2000 ont eu lieu les travaux de restauration.

Le musée des Alpes a été ouvert dans le fort en 2006.

Mai 1800 : « Arrêtez Napoléon ! »[modifier | modifier le code]

Au lever du soleil du 14 mai 1800, l'« Armée de réserve » du Premier consul Bonaparte, composée de 40 000 soldats, franchit le col du Grand-Saint-Bernard, avec l'intention de surprendre l'armée austro-piémontaise dans la plaine du Pô. Mais son avancée fut arrêtée à Bard, à l'avant-poste du fort, où se trouvaient quelque 400 soldats de l'armée austro-croate du capitaine Von Bernkopf.

Le siège dura deux semaines, tandis que les troupes françaises cherchaient à contourner l'éperon rocheux du fort par le col d'Albard. Ensuite, l'armée locale dut se rendre avec l'honneur de la guerre.

La structure[modifier | modifier le code]

La partie du fort ouverte au public comprend les structures suivantes :

  • Ouvrage Charles-Albert :
    • Le musée des Alpes
    • Un espace pour les expositions temporaires
    • L'espace Vallée culture, un point de renseignement sur le patrimoine culturel et artistique valdôtain
    • Les prisons
    • Un espace pour les concerts et les représentations théâtrales
    • La Salle des arcs candides, une salle de conférences
    • Une médiathèque sur les peuples alpins ;
  • Ouvrage Ferdinand inférieur :
    • Le musée des frontières, avec trois espaces dédiés aux frontières alpines, à la construction des fortifications et des tunnels ;
  • Ouvrage Ferdinand supérieur : siège du musée du fort ;
  • Ouvrage Victor : siège de l'espace Les Alpes des enfants et de l' Échelle du temps ;
  • Ouvrage Mortiers et la poudrière : espace pour les écoles, avec des salles pour des leçons, des rencontres et des projections.

La restauration[modifier | modifier le code]

Un ambitieux plan de sauvegarde et de rénovation a débuté en 1999 (plus de 45 millions d’euros de travaux)[1] et a permis au fort de retrouver une nouvelle identité et de rouvrir en janvier 2006, sous la forme d’un complexe ludo-historique. Le fort de Bard, après avoir été la forteresse imprenable qui barrait l’accès à la Vallée d’Aoste, souhaite devenir la porte d’entrée sur le patrimoine de la montagne en général et des Alpes occidentales en particulier.

Le musée des Alpes[modifier | modifier le code]

L'entrée du musée

Le musée des Alpes est le musée principal du fort. Il concerne l'aire alpine et ses cultures et civilisations, de la Slovénie à la France, en passant par l'Italie, l'Autriche, le Liechtenstein et la Suisse.

Il a été inauguré en 2006, après des travaux de restauration du fort d'une durée de 10 ans environ.

Il est organisé selon les techniques de communication multimédia les plus modernes, faisant recours très souvent aux vidéos, aux photographies et aux sons.

Il ne répond à aucun standard de musée anthropologique, scientifique ou d'art, et il offre un aperçu général de la culture et de la civilisation des Alpes, aussi bien que de sa flore, de sa faune et de son environnement.

Événements[modifier | modifier le code]

  • Marché au fort (voir lien externe au fond de l'article) - à la mi-octobre - foire de produits typiques valdôtains.

Culture[modifier | modifier le code]

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Muriel Faure, « La nouvelle vie des remparts », in L’Alpe n°37, Citadelles d’altitude, juin 2007, p.58