Fort d'Uxegney

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fort d'Uxegney
Image illustrative de l'article Fort d'Uxegney
Description
Type d'ouvrage Fort plat
Dates de construction De 1882 à 1884 puis modernisé jusqu'en 1914
Ceinture fortifiée Place fortifiée d'Epinal
Utilisation Fort de place
Utilisation actuelle Géré par une association
Propriété actuelle Commune d'Uxegney
Garnison
Armement de rempart Canons de Bange ou de Lahitolle
Armement de flanquement
Organe cuirassé
Modernisation béton spécial 1894-1896
Programme 1900
Dates de restructuration 1911-1914
Tourelles Une de 155R ; une de 75 ainsi que deux tourelles de mitrailleuses.
Casemate de Bourges 2
Observatoire 3 cuirassés et 4 guérites blindées
Garnison Environ 350 hommes
Programme complémentaire 1908
Coordonnées 48° 12′ 06″ N 6° 23′ 03″ E / 48.201707, 6.38425948° 12′ 06″ Nord 6° 23′ 03″ Est / 48.201707, 6.384259  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort d'Uxegney

Le fort d'Uxegney, de son vrai nom fort Roussel, est situé à Uxegney dans le département des Vosges. Il fut construit de 1882 à 1884 puis modernisé jusqu'en 1914.

Il est un exemple de fortification de l'Est de la France de type Séré de Rivières, encore équipé de son armement, faisant partie intégrante de la place forte d'Epinal.

On peut y voir l’unique exemplaire en état de fonctionnement d’une tourelle à éclipse Galopin (inventé en 1889 par Alfred Galopin) avec un canon de 155 mm, gigantesque mécanique de 250 tonnes datant de 1907. Aussi un grand nombre d'équipements y sont encore en place (cuisine, chambrées, pièces d'artillerie cuirassées...), leur état exceptionnel de conservation a justifié l'inscription du site à l'inventaire des monuments historiques.

Le fort d'Uxegney situé sur une hauteur de 379 mètres au-dessus de la Vallée de l'Avière avait pour mission de contrôler l'axe Épinal-Mirecourt, la voie ferrée Épinal-Nancy, le canal de l'Est et le sud de la trouée de Charmes.

Description du fort[modifier | modifier le code]

Le fort a le plan d'un pentagone délimité par un fossé. La longueur du front est de 220 m. La construction d'origine fut édifiée en deux ans seulement (1882 - mars 1884). Elle comprenait des casernements, magasins à vivres et à munitions et abris. Ces locaux en pierre de taille (grès bigarré venant d'une carrière aux Forges) étaient d'abord bâtis à ciel ouvert, puis recouverts de la terre provenant du creusement du fossé et de la mise à niveau du terrain naturel.

L'armement consistait en une dizaine de canons de Bange ou Lahitolle répartis sur les 3 faces avant du fort, à l'air libre sur des plates-formes. Cette première construction revint à environ 1 700 000 francs de l'époque. Les premiers renforcements datent de 1893. Ils consistèrent en une coulée de béton spécial sur l'entrée du fort, le magasin à poudre et sur plusieurs chambrées, ainsi que la protection d'un abri de rempart recouvrant une citerne.

La deuxième phase de travaux, exécutée à partir de 1910 transforma complètement le fort. Celui-ci fut doté de quatre tourelles à éclipse (une tourelle à un canon de 155 mm raccourci, une tourelle à deux canons de 75 mm raccourcis et deux tourelles de mitrailleuses), de deux casemates « de Bourges » (deux canons de 75 mm par casemate) pour le flanquement des intervalles avec les forts voisins, de trois observatoires cuirassés et de cloches de guet blindées; plusieurs salles furent encore renforcées et on construisit une gaine en béton armé reliant tous les organes de défense ; la surveillance du fossé fut modifiée par la construction de coffres de contrescarpe (un simple et un double) ; enfin on mit en place une petite centrale électrique pour l'éclairage. Celle-ci comprenait trois moteurs à pétrole Aster (110 volts, 25 chevaux).

Devenir du fort après la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Après la Grande guerre, la France va construire à partir de 1929 un nouveau système fortifié moderne, face à la nouvelle menace, la fameuse Ligne Maginot. Loin derrière, les « camps retranchés » d'avant-guerre sont conservés avec une très vague mission de seconde ligne. Les forts, souvent utilisés comme dépôts, sont entretenus, ainsi que leurs tourelles, et leur armement organique périodiquement visité par les équipes du Parc d'Artillerie[1] Mais ils ne sont plus à l'épreuve des nouveaux super-canons et des grosses bombes d'avion ; les organisations des intervalles sont abandonnées, les déboisés plus entretenus : garnison oui, forteresse non. Vers 1937, on en viendra à prélever des canons de 75 dans les casemates de Bourges pour armer des casemates de complément construites sur la Ligne Maginot[2].

Entre les deux guerres le fort était régulièrement entretenu. Les Allemands le rendirent à peu près intact en 1944 alors qu'ils avaient ferraillé les autres forts de la place d'Épinal. Utilisé comme dépôt de munitions jusque dans les années 1960, il fut ensuite abandonné.

Depuis octobre 1989, une association de bénévoles, l'ARFUPE (Association pour la restauration du Fort d'Uxegney et de la Place d'Épinal), restaure et entretient ce site ainsi que le fort de Bois l'Abbé.

Le fort se visite de mai à septembre et fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 29 avril 2002[3].

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des tirs d'épreuve des engins cuirassés auront notamment lieu à Uxegney en 1924, 1925 et 1928.
  2. Le fort d'Uxegney, ARFUPE, 1995, p. 36
  3. « Notice no PA88000035 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le fort d'Uxegney, 40 ans d'histoire de la fortification en France, ARFUPE, juin 1995, (ISBN 2-9509317-0-7)


Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :