Fort Carré

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Fort Carré
La pointe sud-est du Fort Carré à Antibes
La pointe sud-est du Fort Carré à Antibes
Présentation
Propriétaire Commune
Protection Logo monument historique Classé MH (1906)
Logo monument historique Classé MH (1913)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Commune Antibes
Localisation
Coordonnées 43° 35′ 25″ N 7° 07′ 38″ E / 43.590278, 7.127222 ()43° 35′ 25″ Nord 7° 07′ 38″ Est / 43.590278, 7.127222 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort Carré

Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur

(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Fort Carré

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

(Voir situation sur carte : Alpes-Maritimes)
Fort Carré
Le fort Carré, en 2007, vu du sud
L'intérieur de la pointe Est du fort Carré, en direction de Nice.
Fortifications à la pointe Est du fort Carré.
Vue de l'intérieur
Pointe Sud du fort Carré.

Le fort Carré est un fort militaire construit sous le règne d'Henri II au XVIe siècle. Le fort se situe sur la presqu'île Saint-Roch à Antibes, au bord de la route du bord de mer et est construit sur un rocher s'élevant à 26 mètres au-dessus de la mer[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le fort Carré fut construit mi-XVIe siècle sous Henri II par monsieur de Saint-Rémy. Deux personnages ont été désigné ainsi François de Mandon de Saint-Rémy et Jean de Renaud de Saint-Rémy, tous les deux ayant des attaches avec Saint-Rémy-de-Provence. Jean de Saint-Rémy a construit la tour Saint-Laurent autour de laquelle s'est développé le fort carré. Il a été légèrement retouché fin XVIIe siècle sous Louis XIV par Vauban.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, la Provence appartient au Royaume de France tandis que le Comté de Nice dépend du Duché de Savoie, la frontière se situant au niveau du fleuve du Var. Les tensions entre le Royaume de France et le Duché de Savoie sont dues à l'alliance de ce dernier avec l'Espagne des Habsbourg. Durant les guerres d'Italie, les Espagnols mettent Antibes à sac en 1524 et 1536, montrant la fragilité de cette région.

Le Sud-Est de la Provence est donc une zone de frontière que les rois de France fortifient dès le règne de François Ier. Henri II décide la construction du fort Carré à un emplacement stratégique : le bâtiment est une sentinelle permettant par son point de vue panoramique de surveiller la frontière avec le Duché de Savoie.

La construction[modifier | modifier le code]

On a longtemps attribué la construction du Fort Carré à François de Mandon de Saint-Rémy qui se faisait appeler Monsieur de Saint-Rémy. De fait, l'ingénieur militaire qui a construit le premier Fort Carré est Jean de Renaud de Saint-Rémy lui aussi appelé Monsieur de Saint-Rémy. Tous deux venaient de Saint-Rémy-de-Provence. Jean de Renaud était d'ailleurs « sieur de Saint-Rémy », et la famille des Renaud de Saint-Rémy a sa propre chapelle à l'intérieur de la collégiale Saint-Martin. Cette appellation commune aux deux hommes a conduit à une erreur sur l'attribution des remparts de Saint-Paul-de-Vence à la fin du XIXe siècle en faisant de Henri-François de Madon le concepteur de ces remparts.

La chapelle Saint-Laurent qui se trouvait sur la colline fut détruite à cette occasion pour céder la place au bâtiment militaire et le nom de Saint-Laurent fut conservé pour la tour centrale du Fort Carré qui porte encore aujourd'hui le nom de « tour Saint-Laurent ».

La construction commence par celle de la tour Saint-Laurent, un donjon tronqué reprenant le plan des «torrionne» italiens. C'est un bâtiment annulaire entourant une cour de 23 mètres de diamètre avec des embrasures à l'extérieur, en partie haute, armé de 6 canons protégés par un mur de 4 mètres d'épaisseur.

À la fin de la construction de la tour, on s'est aperçu que l'ouvrage ne pourrait pas résister en cas de siège important. Entre 1544 et 1546, le roi François Ier donne des lettres de commission à Jean de Saint-Rémy pour étudier les fortifications de Provence. Il applique au bâtiment existant les principes de la fortification bastionnée comme il l'a fait pour les remparts de Saint-Paul-de-Vence. Il a ajouté 4 bastions effilés permettant d'y placer 21 canons. L'accès à l'intérieur du bâtiment est encore médiéval, avec une porte perchée placée sous le feu des orillons.

La construction du fort Carré n'a laissé aucun plan ni aucune archive réelle. Les différents éléments recueillis dans les ouvrages postérieurs s'accordent à situer le début des travaux au début des années 1550, probablement en 1553.

L'ensemble de l'édifice est achevé et opérationnel en 1585[2].

La fonction défensive[modifier | modifier le code]

L'utilisation du fort Carré en tant que bâtiment de défense s'étale plus de trois siècles. En dehors de son rôle de surveillance et de dissuasion, le Fort Carré a été attaqué à deux reprises :

– en 1591, durant les guerres de religion, le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie fait une percée en Provence et prend la place forte d'Antibes sans avoir besoin de combattre. L'armée française lancée par Henri IV à la reconquête de Provence fait le siège d'Antibes et de son fort en 1592. Le duc d'Epernon qui mène le siège finit par reprendre la ville et le fort. C'est la seule et unique prise militaire connue du fort Carré ;
– en 1746/1747, durant la guerre de Succession d'Autriche, le fort Carré et Antibes sont bombardés par l'artillerie austro-sarde et la flotte anglaise, mais la place forte tient le siège.

L'intervention de Vauban[modifier | modifier le code]

Vauban n'est que très peu intervenu sur le fort Carré. Visitant Antibes dans les années 1680, il dresse plusieurs plans et établit une liste de travaux à réaliser pour les défenses d'Antibes, de son port, et du fort Carré. Il confie à l'ingénieur Antoine de Niquet la tâche de superviser ces travaux. Concernant le fort Carré, peu de ces travaux ont été effectivement menés à bien, on citera notamment une réfection générale des équipements afin d'assurer un meilleur confort des troupes, ainsi que la création des défenses extérieures. La silhouette du bâtiment n'a en rien été modifiée par Vauban, la forme actuelle du fort Carré est demeurée à peu de choses près celle qu'il avait déjà au XVIe siècle.

Le déclassement militaire[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle marque un tournant avec le rattachement de Nice à la France en 1860 ainsi qu'une modification importante de l'armement qui rendent le Fort Carré obsolète. La place forte d'Antibes et le Fort Carré sont déclassés à la fin du XIXe siècle, entraînant ainsi l’arasement des remparts de la ville. Dernière utilisation dans un cadre militaire, durant la seconde guerre mondiale, le Fort Carré a servi durant l'occupation, de Centre de rassemblement des étrangers pour toutes les Alpes-Maritimes.

Les Écoles de sport militaire[modifier | modifier le code]

Le site du fort Carré avec son stade construit en 1920 et les casernes Reille accueille au XXe siècle plusieurs écoles à vocation sportive et militaire :

– 1920 - 1939 : Centre régional d'instruction physique, assurant la formation des instituteurs à l'enseignement physique dans les écoles ;
– 1940 - 1945 : Collège national de moniteurs et athlètes, qui a la même fonction que le CRIP ;
– 1945 - 1953 : École militaire d'escrime et de sports de combat (EMESC), formant les athlètes militaires.

C'est à cette époque que le fort Carré est réaménagé avec l'installation d'un parcours du combattant et une piste du risque qui utilisent les bâtiments comme un site d'entraînement pour l'escalade, l'équilibre et la descente en rappel.

– 1953 - 1967 : École d'entraînement physique militaire (EEPM), qui est en réalité la fusion entre l'EMESC d'Antibes et l'ENEPM de Pau ;
– 1967 : fermeture de l'EEPM d'Antibes et création de l'École interarmées des sports de Fontainebleau[3].

Le Centre Régional d'Éducation Populaire (CREP)[modifier | modifier le code]

En 1968 le Fort Carré est affecté au Ministère de la Jeunesse et des sports. La gestion en est confiée au Directeur Régional de la Jeunesse et des sports pour l'Académie de Nice, (M.PERRIER). Afin de ne pas être en concurrence avec le CREPS de Boulouris le Fort Carré est plutôt dédié au secteur Jeunesse (CREP) sans nullement empêcher les divers stages sportifs (Centre de Tir, plongée et voile avec STUPPA, Gymnastique sportive avec Bernard Brochart, Judo avec Bernard Midan, Lutte avec Christian Joly et coopérations avec Antibes pour l'entraînement de clubs locaux. Jusqu'en 1979 diverses manifestations culturelles comme "Le livre vivant" (Christine De Toth) sont initiées par la DRJS dans l'enceinte du fort.

La restauration[modifier | modifier le code]

Entre 1979 et 1985, le fort Carré est restauré par les bénévoles du Club du Vieux Manoir. Travaillant pendant les vacances de printemps et d'été, les adolescents du club restaurent les façades, les toitures, créent un accès... permettant ainsi la visite du bâtiment.

L'ouverture au public[modifier | modifier le code]

Propriété de la Ville d'Antibes depuis 1997, le fort Carré est ouvert au public depuis 1998.

Classé au titre des monuments historiques par arrêtés successifs des 7 novembre 1906 et 20 août 1913, modifiés par décrets des 17 octobre 1937 et 19 octobre 1976.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1999 : Les Philosophes, exposition de sculptures de Jean Tinguely (collection du musée de Bâle)
  • 2004 : Le Fort Carré et Joinville, retraçant la période des écoles de sport militaire
  • 2007 : Vauban : des remparts et des hommes, exposition réalisée par les Archives municipales dans le cadre de l'« année Vauban » et ouverture du musée de site du fort Carré
  • 2008 : Instantanés, regards au quotidien sur le fort Carré, exposition de photographies de M. Éric Planet
  • 2009 : Mille Sabords !, exposition sur la marine de guerre, du XVIe au XXe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique du fort d'Antibes sur le site de la ville d'Antibes-Juan-les-Pins
  2. Délibération municipale de la ville d'Antibes stipulant la montée des canons au fort. Source : Archives municipales
  3. Voir l'article sur le bataillon de Joinville

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Dallemagne, Jean Mouly, Patrimoine militaire, p. 130-135, Éditions Scala, Paris, 2002 (ISBN 2-86656-293-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]