Forces spéciales

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Navy SEAL en janvier 2002 en Afghanistan

L'expression de forces spéciales (FS) désigne, selon la définition de l'OTAN, les unités spécifiquement formées, instruites et entraînées pour mener un éventail de missions particulières, allant des « opérations spéciales » dans le cadre d’un conflit classique à celles relevant de la guerre non conventionnelle.

Définition[modifier | modifier le code]

Grupo Aeromóvil de Fuerzas Especiales mexicain armé de fusil de précision Barrett M82 en 2007.
Spetsnaz de l'Armée rouge en Afghanistan en 1988.

La définition de forces spéciales s’applique aux unités en mesure de mener, de façon autonome, des opérations d’une durée pouvant aller de quelques heures à plusieurs semaines, dans un contexte hautement hostile. Agissant avec un effectif réduit contre des adversaires nettement plus nombreux, elles font appel à toutes sortes de techniques et tactiques particulières dans le but d’exploiter les points faibles de l’ennemi et d’en tirer un avantage décisif.

En temps de paix, elles permettent au pouvoir politique d'assurer le règlement de situations de crise qui ne peuvent trouver de solutions par la voie diplomatique ou par des actions militaires classiques. En temps de guerre, leur emploi s’inscrit dans un cadre stratégique pour apporter une contribution majeure à la victoire.

Les interventions militaires menées par des forces spéciales au cours de ces dernières décennies permettent de distinguer plusieurs types de missions spécifiques : recherche et transmission de renseignements ; libération d’otages, de prisonniers et évacuation de ressortissants nationaux ; neutralisation d’objectifs vitaux pour l’adversaire ; préparation de sites et accueil d’unités conventionnelles dans le cadre d’interventions extérieures ; contrôle avancé et guidage d’aéronefs pour des opérations aéroportées ou des frappes aériennes ; opérations psychologiques (PSYOPS) ; protection de personnalités (VIP) ou de sites sensibles à l’étranger ; formation, assistance et encadrement de mouvements ou pays amis pour la conduite d’opérations militaires, d’action de guérilla ou de contre-guérilla. Ces missions peuvent être réalisées en liaison avec une force nationale ou alliée, ou bien encore de façon autonome sur les arrières de l’adversaire.

Avant toute chose, les forces spéciales sont des unités destinées à opérer dans un contexte stratégique pour mener des opérations à haute signification politique ou contre des objectifs d’intérêt majeur. Par leur nature même, il n’est pas concevable qu’elles soient utilisées pour des actions défensives. Leur contrôle opérationnel est en principe confié aux plus hautes autorités militaires compte tenu de la nature de leur mission. Une autorité d’emploi de haut niveau et une chaîne de commandement très courte sont nécessaires, en effet, pour assurer la rapidité de leur mise en action. Sur le plan opérationnel, elles doivent être en mesure d’agir de façon autonome en milieu hostile, même pour une longue période. Cette autonomie s’applique non seulement à tous les domaines de l’exécution de la mission, mais également à ceux de sa planification et de la préparation. La particularité de ces unités de combat est aussi d’intervenir en très petit nombre, notamment grâce à leur haut niveau de formation et d’entraînement, à la qualité des équipements utilisés et à la diversité des moyens et techniques d’infiltration et d’exfiltration employés. C’est ce petit nombre qui assure leur très bon rapport coût-efficacité et qui les différencie des forces dites conventionnelles, qu’il s’agisse d’unités d’élite ou de troupes spécialisées (c’est ce que certains appellent « coefficient de forces » ou « démultiplicateur de forces »).

Opérations spéciales et opérations clandestines[modifier | modifier le code]

Les missions des forces spéciales excluent, en principe, les opérations clandestines qui revêtent souvent un caractère illégal. Ces dernières sont menées pour l’essentiel par la branche « action » des services secrets, qui ne sont pas à proprement parler des forces spéciales même si certaines caractéristiques (sélections très difficiles, formation pointue, etc.) créent des points communs entre ces deux types d'unités.

Dans certains pays, notamment les États-Unis et le Royaume-Uni, les forces spéciales peuvent être engagées pour des opérations clandestines.

Dans le reste de l'Europe continentale, en revanche, les forces spéciales ne sont pas engagées de cette manière car pour la plupart des pays leurs moyens sont trop faibles et opèrent toujours en uniforme et sont protégées par les conventions de Genève. En ce qui concerne la France, le commandement des opérations spéciales (COS) effectue des opérations spéciales qui « sont des opérations militaires ouvertes ou couvertes commandées par le CEMA. Ce ne sont pas des opérations clandestines[1]. », au contraire des missions du service Action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

À mi-chemin entre ces deux possibilités, il est possible d'envisager des opérations combinées.

Forces spéciales policières[modifier | modifier le code]

Exercice du GSG-9 allemand en 2005.

Les opérations de police sont généralement l'apanage de groupes spécialisés des forces de police. La plupart des forces spéciales, la Delta Force ou les SEAL américains, est formée aux opérations antiterroristes, mais prioritairement pour des opérations à l'étranger. La possibilité pour ces unités d'intervenir sur le territoire national dépend des pays : au Royaume-Uni, le Special Air Service est chargé des missions de contre-terrorisme intérieur, alors qu'aux États-Unis, les forces armées ne peuvent intervenir sur le territoire suite à au Posse Comitatus Act sauf à titre exceptionnel.

Les forces de maintien de l'ordre ont également des unités spécialisées dont les caractéristiques générales présentent des similitudes avec les forces spéciales militaires, et peuvent être considérées comme des forces spéciales de police ou de gendarmerie. De plus, certaines ont un statut militaire (gendarmerie, carabiniers, guardia civil), et la possibilité d'être envoyées à l'étranger (protection de diplomates, libération d'otages comme à Djibouti et à Djeddah) et même parfois sont intégrées aux commandements d'opérations spéciales nationaux.

Parmi ces unités, on compte les groupes antiterroristes GSG-9 allemands, le GIGN et le RAID français, la Direction des unités spéciales belge, le HRT du FBI et autres unités SWAT.

Distinction entre forces spéciales et forces d’élite[modifier | modifier le code]

Nageurs de combat du commando Hubert de la Marine nationale française
Membres des forces spéciales des Philippines.

Ces missions s’inscrivent dans un cadre essentiellement stratégique. De nombreuses unités d’élite, aéroportées ou à vocation particulière telles que la 11e brigade parachutiste et la Légion étrangère françaises, le corps des marines et les unités aéroportées américaines (82e et 101e divisions aéroportées et 173e brigade aéroportée), le Parachute Regiment et les Royal Marines britanniques, la brigade parachutiste Folgore et le régiment San Marco italien ou bien encore les divisions aéroportées de la Garde russe, ne sont pas considérées comme unités de forces spéciales suivant la définition OTAN, même si, dans certains cas, elles intègrent une composante pouvant mener des opérations spéciales limitées.

Il arrive que ces unités, en mesure de conduire un éventail de missions très étendu, allant du combat en terrain accidenté ou en zone urbaine aux raids commandos ou d’action directe dans la profondeur du dispositif adverse, soient appelées à tort forces spéciales ou forces d'opérations spéciales.

Ceci dit, certaines unités aéroportées ou d’infanterie de marine peuvent, à l’occasion, se voir attribuer des missions particulières relevant, par certains côtés, des opérations spéciales ou de guerre non conventionnelle (reconnaissance derrière les lignes adverses, action de guérilla, sabotage et destruction, etc.)

Dans de nombreuses armées, ce sont bien souvent, faute de mieux, les parachutistes et les fusiliers marins qui sont chargés de ces missions. Cependant il ne faut pas oublier que leur entrainement poussé à l'extrême leur donne un avantage certain dans la conduite d'opérations spéciales.

Historique[modifier | modifier le code]

On considère souvent que les forces spéciales sont les héritières des corps francs, qui dans les conflits anciens comme la Première Guerre mondiale se composaient uniquement de militaires formés au combat corps-à-corps, à l'arme blanche (qu'on appelait guerriers plutôt que soldats). Ils avaient notamment pour spécialité d'attaquer les tranchées ennemies. Les premières unités « modernes », telles que les définit le concept d'emploi FS, furent créées en 1918 au sein de la 15e armée soviétique sous forme de OO (ossobye otdiel), de petits groupes chargés « d'espionner et d'effectuer des actes de malfaisance ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Husson, Encyclopédie des forces spéciales du monde, 2 tomes, Histoire & Collections, Paris, 2000, ISBN 2-908182-91-2
  • Les Forces spéciales : concept et histoire, actes du colloque du 11 et 12 juin 2001, Paris (partie 1, partie 2)
  • Eric Denécé, Forces spéciales, l'avenir de la guerre ? De la guérilla aux opérations clandestines, éditions Du Rocher, coll. « L'art de la guerre », 2002 ISBN 2-268-04388-6, 978-2268043883
  • Pascal Le Pautremat (dir.), Forces spéciales : Nouveaux conflits, nouveaux guerriers, Éditions Autrement, 2002 ISBN 2-7467-0308-4, 978-2746703087
  • Éric Denécé, Histoire secrète des forces spéciales de 1939 à nos jours, Nouveau Monde éditions, Parins, 2007, ISBN 2-84736-219-3
  • Colonel Bernd Horn et Major Tony Balasevicius (avant-propos du Colonel David Barr), Lumières sur les forces de l'ombre : une perspective canadienne sur les forces d'opérations spéciales, Dundurn Press Ltd., Toronto, et Presse de l'Académie Canadienne de la Défense, Kingston, 2007 ISBN 1-55002-696-8, 978-1-55002-696-2

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ministère de la Défense, « Le COS : présentation », sur Délégation à l’information et à la communication du ministère de la Défense (DICoD) (consulté le 2 septembre 2013).