Force X (escadre)

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La Force X est une escadre de la Marine nationale française réunie au début de la Seconde Guerre mondiale en vue de parer à une intervention de l'Italie en Méditerranée orientale. Elle est constituée d'un cuirassé de 26 500 tonnes (Lorraine), de trois croiseurs de 10 000 tonnes (Duquesne, Tourville, Suffren), d'un croiseur de 7 500 tonnes (Duguay-Trouin), de trois torpilleurs de 1 500 tonnes (Basque, Forbin, Fortuné) et d'un sous-marin de 1 500 tonnes (Protée).

Commandée par l’amiral Godfroy, elle quitte Toulon le . Elle est au complet à Alexandrie le 24 mai, où elle voisine avec une escadre britannique commandée par l'amiral sir Andrew Cunningham. Selon l'ordre secret donné par Churchill à la Royal Navy avant même la signature de l'armistice, alors que les officiers français et britanniques collaborent encore, celle-ci doit être capturée ou coulée en cas de résistance comme le sera de son côté l'escadre de Mers el-Kébir, lors de l'opération Catapult, le . Les bonnes relations qui prévalent entre les deux amiraux Godfroy et Cunningham (qui étaient beaux-frères) permettent d'engager des négociations entre les deux états-majors, qui aboutissent à un compromis souvent tendu. Les Français acceptent de vider leurs soutes à mazout et retirer les mécanismes de tir de leurs canons, en échange de quoi les navires restent sous le contrôle de leur commandement. Cunningham promet de rapatrier les équipages. Plusieurs marins, refusant l'inaction, quittent clandestinement le bord, tel le capitaine de frégate (futur amiral) Auboyneau, ou le capitaine de corvette d'Estienne d'Orves qui rejoint Londres puis la France où il est fusillé pour faits de résistance en représailles après l'assassinat de l'aspirant Moser par le Colonel Fabien.

Après le débarquement des Alliés en Algérie et au Maroc, l'occupation de la zone libre par les Allemands, le sabordage de la Flotte en novembre 1942, l'occupation de Bizerte par les Allemands, et le ralliement de l'Afrique noire aux Alliés, en décembre 1942, l'amiral Godfroy, comme l'amiral Robert aux Antilles, reste fidèle par légalisme au gouvernement de Vichy pour éviter de remettre en cause l'armistice déjà compromis par la pénétration des forces occupantes dans la zone libre. L'amiral Godfroy toujours indécis attend encore six mois jusqu'au 31 mai 1943 pour obtenir des Anglais l'autorisation d'appareiller. Il place sa flotte sous les ordres du gouvernement d'Alger, au moment où se met difficilement en place le Comité français de la Libération nationale. La flotte rejoint Dakar, « un port de notre grande colonie d'Afrique occidentale libre de toute occupation étrangère »[1], sous souverainté française par le canal de Suez et le Cap avant de se rendre à Alger. A son arrivée, l'Amiral Godfroy qui descend de la coupée avec les honneurs est arrêté sur le quai par des gendarmes "gaullistes" et embarqué séance tenante dans un camion. Favorable au général Giraud, il est écarté de tout commandement par les partisans de De Gaulle au sein du CFLN et mis à la retraite d’office par décret du 10 décembre 1943.

Composition[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Godfroy, L’Aventure de la force X (escadre française de la Méditerranée orientale) à Alexandrie, Plon, Paris, 1953.
  • Philippe Masson, La marine française et la guerre 1939-1945, Paris, Éditions Tallandier,‎ (ISBN 2-235-020410)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Déclaration de l'amiral Godfroy annonçant son ralliement aux Forces navales d'Afrique, le 17 mai 1943, in Philippe Masson "La marine française et la guerre 1939-1945" (1991) Tallandier, Paris, p. 516-517