For No One

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For No One est une chanson des Beatles, écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney comme toutes les œuvres du groupe composées par John Lennon et Paul McCartney, en collaboration ou non. Elle est parue sur l'album Revolver le 5 août 1966 en Grande-Bretagne, et trois jours plus tard aux États-Unis.

Cette chanson sur la fin d'une relation amoureuse, inspirée de celle qu'il mène à l'époque avec Jane Asher, est alors une des compositions les plus abouties de Paul McCartney. Musicalement, elle se distingue par la présence d'un clavicorde et d'un cor d'harmonie.

Genèse[modifier | modifier le code]

Paul McCartney compose cette chanson dans la station de ski de Klosters-Serneus, en Suisse, où il a loué un chalet en compagnie de sa petite amie Jane Asher, en mars 1966[1]. La chanson est vraisemblablement issue d'une querelle avec Jane, selon les propres dires de l'auteur : « J'imagine que c'est encore à propos d'une dispute »[2]. De fait, For No One décrit la fin d'une relation amoureuse. John Lennon a déclaré qu'il s'agit de l'une des chansons de McCartney qu'il préférait[3].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Les sessions d'enregistrement de For No One ont lieu les 9, 16 et 19 mai 1966 dans les studios EMI d'Abbey Road. Paul McCartney chante, joue du clavicorde, du piano et de la basse, tandis que Ringo Starr est à la batterie et au tambourin. John Lennon et George Harrison n'ont pas participé à ces enregistrements[4].

Le solo de cor d'harmonie est joué par Alan Civil, considéré à l'époque comme le meilleur corniste britannique. Paul McCartney fredonne la mélodie qu'il veut entendre et George Martin la couche sur partition. Or, celle-ci comprend un ré aigu situé au-delà de l'étendue normale du cor.

L'auteur raconte : « George [Martin] disait « Ça va marcher, ça va marcher ». Pendant la séance, Alan Civil a levé la tête « George ? », et nous a regardés tous les deux, « George, c'est bien un ré aigu que vous avez écrit là, non ? », et George et moi on l'a regardé comme si de rien n'était, « oui, quel est le problème ? ». Il nous a lancé un regard entendu et a fait « OK ». On a fait le même coup à David Mason qui joue de la trompette piccolo sur Penny Lane, et il ne me l'a jamais pardonné parce qu'après ça tout le monde ne lui a plus demandé que de jouer des notes super hautes »[2].
Le résultat fut considéré par Alan Civil comme « La performance de sa vie » et fut unanimement salué[5].

Interprètes[modifier | modifier le code]

Équipe technique[modifier | modifier le code]

Paroles et musique[modifier | modifier le code]

Après l'avoir fait dans I'm Looking Through You et Here, There And Everywhere, Paul McCartney exprime dans For No One l'idée qu'il se fait de la vie en couple. Un besoin réciproque de l'autre est essentiel à ses yeux, en témoigne l'apparition récurrente de vers tels que « she no longer needs you » (« Elle n'a plus besoin de toi »). Ce thème était particulièrement explicite dans Here, There And Everywhere, mais cette chanson était plutôt heureuse. Le personnage féminin de la chanson est décrit ainsi : « And in her eyes, you see nothing, no sign of love behind the tears, cried for no one, a love that should have lasted years » (« Et dans ses yeux, tu ne vois rien, aucun signe d'amour derrière les larmes, versées pour personne, un amour qui aurait dû durer des années »). La fille en question a ainsi fini par devenir indépendante (« Elle sort, tu restes à la maison »), et c'est ce qui a causé la rupture.

Reprises[modifier | modifier le code]

Paul McCartney a joué une version de For No One dans la bande originale de son film de 1984, Give My Regards to Broad Street.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Steve Turner, L'Intégrale Beatles : les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day's Write »], Hors Collection,‎ 1999, 208 p. (ISBN 978-2-258-04079-3), p. 113
  2. a et b Barry Miles, Paul McCartney : Many Years From Now. Les Beatles, les sixties et moi, Flammarion, 2004, (ISBN 2080687255)
  3. The Beatles Anthology, 2000, Seuil (ISBN 2-02-041880-0)
  4. Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions (The Hamlyn Publishing Group Limited, 1988. ISBN 0-681-03189-1), p. 78-79.
  5. Geoff Emerick, Here, There and Everywhere (New York: Penquin Group, 2006. ISBN 1-592-40179-1), p.128-129