Forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie

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Forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie
Écorégion terrestre - Code NA0410[1]

Description de cette image, également commentée ci-après

Étang Fer-de-lance, parc national du Mont-Orford

Classification
Écozone : Néarctique
Biome : Forêts de feuillus et
forêts mixtes tempérées
Géographie et climat
Superficie[2] :
238 153 km2
min. max.
Altitude[2] : 0 m 1 873 m
Température[2] : -15 °C 21 °C
Précipitations[2] : 48 mm 205 mm
Écologie
Espèces végétales[3] :
1 496
Oiseaux[4] :
219
Mammifères[4] :
58
Squamates[4] :
28
Espèces endémiques[4] :
1
Conservation
Statut[4] :
Critique / En danger
Aires protégées[5] :
26,8 %
Anthropisation[5] :
4,2 %
Espèces menacées[5] :
10
Ressources web :
Site du WWF

Localisation

Description de l'image  New England-Acadian forests map.svg.

Les forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie sont une écorégion terrestre nord-américaine du type Forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques du World Wildlife Fund[6]

Répartition[modifier | modifier le code]

Au Canada, les forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie s'étendent à partir du sud-est du Québec (les Cantons de l'Est et la Beauce), sur environ 50 % du Nouveau-Brunswick (l'ouest, le sud et l'est) sur presque toute la Nouvelle-Écosse. Aux États-Unis, elles recouvrent le nord-ouest du Massachusetts, l'extrême nord-ouest du Connecticut, presque tout le Maine, le Vermont et le New Hampshire[6].

Climat[modifier | modifier le code]

La proximité de l'Océan Atlantique crée un climat relativement humide pour cette écorégion, les précipitations annuelles oscillant entre 1000mm et 1600mm. Du côté canadien, la température moyenne annuelle se situe entre 3⁰C et 6,5⁰C. La température estivale moyenne est de 14,5⁰C. La température hivernale moyenne est de -1,5⁰C près des côtes de la Nouvelle-Écosse et descend à -7,5⁰C dans le nord du Nouveau-Brunswick[6].

Historique[modifier | modifier le code]

La région des forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie a subi un phénomène de déforestation au profit de l'agriculture assez tôt pendant la colonisation, surtout en Nouvelle-Angleterre. À tel point que vers le milieu du XIXe siècle, les trois quarts de la forêt avaient disparu sur les terres cultivables. Subséquemment, notamment avec l'exploitation des terres plus à l'ouest, l'activité agricole s'est de beaucoup réduite et la forêt a repris ses droits sur environ 75 % de la Nouvelle-Angleterre[6].

Caractéristiques biologiques[modifier | modifier le code]

La composition forestière de cette écorégion comprend autant des peuplements conifériens, mixtes que feuillus. Le contexte de transition entre la forêt boréale plus au nord et les forêts feuillues plus au sud rend compte en partie de cette diversité. Le relief ondulé de cette écorégion – plusieurs massifs montagneux ont une élévation moyenne de 500 à 600 mètres d'altitude – explique aussi le voisinage de peuplements conifériens et feuillus, les premiers occupants les sommets et les seconds le fond des vallées. À proximité des côtes, le vent et les précipitations favorisent la croissance des conifères comparativement aux vallées plus protégées de l'intérieur.

La présence abondante de l'épinette rouge et du pin rouge distingue cette écorégion des forêts des basses-terres de l'Est des Grands Lacs et des Forêts transitionnelles de l'Est. La pruche du Canada, le sapin baumier, l'épinette blanche et le pin blanc constituent, avec les deux espèces précédentes, la majorité des essences conifériennes rencontrées dans cette région. Les peuplements feuillus se composent principalement d'érables à sucre, de hêtres d'Amérique et de bouleaux jaunes.

Les forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie sont un type de forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques relativement riche : il s'y rencontre 222 espèces d'oiseaux. Cette écorégion fait partie des vingt écorégions les plus riches du Canada et des États-Unis continentaux. On y retrouve des affleurements de serpentine avec des formations végétales associées peu communes. On y retrouve également divers types de tourbières dont certaines, dans le Massachusetts et l'état de New York, abritent la Tortue de Muhlenberg (Clemmys muhlenbergii). Le parc national de Frontenac au Québec protège la tourbière structurée la plus méridionale. C'est dans cette écorégion que la population nicheuse de Pygargue à tête blanche atteint la plus haute densité dans l'est de l'Amérique du Nord. Cette écorégion marque la limite nord de plusieurs espèces végétales en même temps qu'on y retrouve, sur les sommets montagneux, la limite sud de plusieurs espèces végétales boréales et arctiques[6].

Conservation[modifier | modifier le code]

Le niveau de fragmentation des forêts de la Nouvelle-Angleterre et de l'Acadie est relativement bas. Les causes de dégradation de l'habitat sont principalement dues aux coupes forestières et aux développements écotouristiques[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ 2001, p. 935-938.
  2. a, b, c et d (en)World Wildlife Fund, « The Terrestrial Ecoregions of the World Base Global Dataset », sur http://worldwildlife.org (consulté le 29 septembre 2012). Disponible alternativement sur : Loyola RD, Oliveira-Santos LGR, Almeida-Neto M, Nogueira DM, Kubota U, et al., « Integrating Economic Costs and Biological Traits into Global Conservation Priorities for Carnivores », PLoS ONE,‎ 2009 (consulté le 20 octobre 2012), p. Table S1. Les données de température et de précipitations sont les moyennes mensuelles minimales et maximales.
  3. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ 2005, p. 1107–1116 (lien DOI?, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  4. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ janvier 2006, données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  5. a, b et c (en) J. M. Hoekstra, J. L.  Molnar, M. Jennings, C. Revenga, M. D. Spalding, T. M. Boucher, J. C. Robertson, T. J. Heibel et K. Ellison, The Atlas of Global Conservation : Changes, Challenges, and Opportunities to Make a Difference, Berkeley, University of California Press,‎ 2010 (lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  6. a, b, c, d, e et f (en) « New England-Acadian forests (NA0410) », World Wildlife Fund,‎ 08.09.2010