Força Réal

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Força Réal
Força Réal depuis Bélesta
Força Réal depuis Bélesta
Géographie
Altitude 507 m
Massif Fenouillèdes
Pyrénées
Coordonnées 42° 43′ 38″ N 2° 42′ 01″ E / 42.72722, 2.7002842° 43′ 38″ Nord 2° 42′ 01″ Est / 42.72722, 2.70028  
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Pyrénées-Orientales
Ascension
Voie la plus facile Route départementale

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales

(Voir situation sur carte : Pyrénées-Orientales)
Força Réal

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Força Réal

Força Réal est un sommet des Pyrénées, situé entre les communes de Millas, Corneilla-la-Rivière et Montner (Pyrénées-Orientales). Son altitude est de 507 m.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Força real signifie, en catalan, « force royale ». Le nom original est Castri de Força Real, où Castri désigne une forteresse. Il apparait en 1322 lors de la construction d'une forteresse à cet endroit par le roi de Majorque. Auparavant, cette montagne s'appelait Mont Ner, ce qui signifiait « Mont Noir »[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'antenne

Il fait allure de gardien de la vallée de la Têt au cœur du Ribéral, qu'il surplombe. Il est très reconnaissable grâce à son relatif isolement et son antenne de télécommunications. Il est visible depuis la plaine du Roussillon, et offre une vue jusqu'à la Côte Vermeille, les Aspres, le Conflent, les Corbières, l'étang de Salses. Il peut être considéré comme le point d'entrée dans les Fenouillèdes.

Le sommet est accessible par la RD 38, depuis le col de la Bataille (265 m), qui sépare les vallées de la Têt et de l'Agly.

Histoire[modifier | modifier le code]

La forteresse royale, dite Força Réal[modifier | modifier le code]

Au traité de Corbeil en 1258, les nouveaux maîtres du comté de Roussillon, les rois d'Aragon, puis de Majorque, construisirent un château qui entrait dans le dispositif de défense de la frontière Nord du royaume sur cet emplacement militaire idéal. On bâtit sur un des mamelons une tour à signaux et sur l'autre un petit fort. Il complétait la ligne composée du château de Salses et d'Opoul entre autres. Ce château fut surnommé « le château royal », ce qui a donné en catalan de l'époque Força Real.

Il fut construit par Nunyo Sanch. On sait qu'il fut occupé en 1343 par le roi d'Aragon Pierre IV le Cérémonieux qui mit fin au royaume de Majorque. Dès le début du XVe siècle le château perdit de son importance. Sa mission fut de servir de vigie, dernière mission avant que le traité des Pyrénées, en 1659, supprima la frontière en usage pour la déplacer au sud des Albères.

En 1693, le château et la tour furent définitivement détruits, et le site fut transformé sur instruction de Jeanne Ros, veuve du baron de Montclar en ermitage. Les éléments militaires furent démantelés partiellement pour réutiliser les pierres de construction.

L'ermitage de Força Real est Conjurador dont le rôle est de « chasser les orages désastreux » qui se forment, poussés par la Tramontane afin qu'ils ne s'abattent pas sur la plaine du Roussillon.

L'ermitage[modifier | modifier le code]

Vue de l'ermitage

L'histoire de l'ermitage de Força réal commence le 19 avril 1693. Par acte de concession la noble dona Joana de Ros, baronne de Montclar, dame de Millau, usant de son droit de propriété, concède au révérend François Bobo, prêtre de la paroisse de Pézilla-la-Rivière, le privilège de construire sur le territoire de Força Réal une chapelle dédiée à la Bienheureuse Vierge Marie. L'édification de la chapelle dura probablement quelques années. La première cloche fut bénite le 23 juin 1708 par le révérend père Gabriel Bruguera, curé de Millas. Les restes de la tour à signaux servirent de base à la construction de l'absidiole. La chapelle était entourée de plantation qui permettaient à l'ermite de vivre en autonomie (vignes, vergers, potagers)

En 1714 commence la procession annuelle de la paroisse de Millas, afin de conjurer les orages accompagnés de grêle qui, par vent de nord, s'abattaient sur la plaine.

Après la révolution en 1791 l'exercice du culte y fut suspendu ainsi que les processions annuelles. Le site, occupé par les soldats républicains, fut pillé, dévasté et laissé en partie ruiné en 1817. Le grand intérêt porté par les habitants de Millas à ce sanctuaire suscita sa restauration en 1819. La réouverture et la bénédiction de la chapelle eurent lieu le 23 octobre 1822. C'est à cette date que les processions reprirent.

L'exposition de cet édifice aux intempéries explique ses fréquentes restaurations, toujours faites par les habitants de Millas, Corneilla-la-Rivière et Montner. La dernière date de 1987-1988 sur l'initiative de l'association Notre Dame de Força Réal.

Les fêtes de la Vierge donnent lieu à des cérémonies le 14 août en soirée (veillée mariale et descente aux flambeaux), le 8 septembre (la Vierge est fêtée dans les 3 paroisses) et tous les vendredi saints.

Au XXe siècle, la position du piton rocheux fut la motivation pour la construction d'un relais hertzien qui arrose l'ensemble de la plaine du Roussillon[2].

Vue depuis Força Réal vers le Canigou.
Vue depuis Força Réal vers la mer Méditerranée et le massif des Albères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lluís Basseda, Toponymie historique de Catalunya Nord, t. 1, Prades, Revista Terra Nostra,‎ 1990, 796 p., p. 519
  2. Força Réal - Un château devenu une chapelle, puis un ermitage

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Aragon, l'abbé Tobra de Bordas et J. Maria, Notice historique, religieuse et topographique sur Força-Réal : Le Castell. L'Ermitage. Prières. Pièces justificatives, Perpignan, H. Saint-Martozi,‎ 1859, in-8, 214 p. (notice BnF no FRBNF32418670, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]