Fontaine de la Croix du Trahoir

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48° 51′ 41.06″ N 2° 20′ 32.54″ E / 48.8614056, 2.3423722

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Croix du Trahoir
La fontaine de nos jours

La fontaine de la Croix du Trahoir se situe au carrefour de la Rue de l'Arbre-Sec et de la rue Saint-Honoré (à hauteur du no 111), dans le du 1er arrondissement. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 2 février 1925[1].

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Construit en 1776 par l'architecte Jacques-Germain Soufflot, comme l'indique une plaque apposée sur la façade nord, c'est un bâtiment technique faisant office de répartiteur d'eau pour les services du Palais-Royal et des hôtels des ministres. Il était alimenté par la pompe de la Samaritaine située sur le Pont-Neuf. Les locaux ont été occupés par les fontainiers jusqu'au milieu du XXe siècle, puis inaugurés en 1966 par le général De Gaulle comme consulat d'Andorre. Inoccupé de 1995 à 2002, il a ensuite été squatté par un collectif d'artistes, Le Laboratoire de la création qui est aujourd'hui conventionné par la ville de Paris et parrainé par le prix Nobel de littérature Gao Xingjian. Il compte une galerie d'art au rez-de-chaussée, ouverte au public, un studio de musique au sous-sol, et quatre ateliers de plasticiens et cinéastes dans les étages.

La place de la croix du Trahoir[modifier | modifier le code]

Ce carrefour se situait au croisement des principales voies nord-sud et est-ouest d'entrée dans Paris. Pendant plusieurs siècles, il a été un des carrefours les plus animés de Paris.

Il doit son nom Trahoir, anciennement tiroir, à ce que l'on tirait les étoffes sur la place[2].

Des exécutions capitales y ont eu lieu jusqu'en 1698. Notamment les faux-monnayeurs, la maison où l'on fabriquait la monnaie était toute proche[2]. Des luthériens y ont aussi été brûlés vifs le 21 janvier 1535[2]. Jusqu'en 1739, on y coupait les « oreilles des serviteurs indélicats »[3][réf. à confirmer]. Elle comportait une roue de supplice pour servir d'exemple aux passants et une potence, parfois assimilée à l'« Arbre sec »[3]. C'est toutefois une erreur, car l'Arbre sec est un arbre mythique des récits de Marco Polo, parfois assimilé au Chêne de Mambré de l'Ancien Testament.

Article détaillé : Arbre sec.
La croix (en haut et à gauche) sur le plan de Braun et Hogenberg (c.1530) ; la muraille dessinée correspond à l'enceinte de Philippe Auguste avec la première porte Saint-Honoré.

La place comportait une croix d'origine très ancienne pour favoriser les dernières prières des condamnés. Elle a été détruite en 1789[2]. Son soubassement en pierre avec des degrés servait d'étal à des bouchers et marchands de légumes[3].

Une station de chaises à porteurs a été créée en 1639. C'est là qu'a lieu l'arrestation de Pierre Broussel, conseiller au parlement de Paris, surnommé le « père du peuple », le 26 août 1648. C'est un épisode marquant du début de la Fronde. Ce carrefour sera aussi le centre d'une répression sanglante, puis des barricades élevées jusqu'à la libération du conseiller. C'est la journée des barricades du 27 août 1648[4].

La fontaine de la croix du Trahoir[modifier | modifier le code]

La première fontaine de la Croix-du-Trahoir a été construite par Jean Goujon à l'initiative de François Ier en 1529. Elle a été reconstruite en 1606 puis déplacée de quelques mètres en 1636 pour améliorer la circulation dans la rue Saint-Honoré. Jacques-Germain Soufflot, chargé de la rebâtir en 1775, hérita d'une fontaine en très mauvais état. Il l'inscrivit dans un édifice polygonal situé à l'intersection des rues de l'Arbre-Sec et Saint-Honoré et confia à Boizot la sculpture de la nymphe qui apparaît rue Saint-Honoré[3]. Un mascaron permet à l'eau de la fontaine de s'écouler.

La fontaine porte l'inscription suivante :

LUDOVICUS XVI
ANNO PRIMO REGNI
UTILITATI PUBLICÆ
CONSULENS CASTELLUM
AQUARUM ARCUS JULI
VETUSTATE COLLAPSUM
FUDAMENTIS REÆDI-
-FICARI ET MELIORE CULTU
ORNARI JUSSIT.
CAROL. CLAUD. D'ANGIVILLER. COM
REGIS ÆDIFICIIS PROEP
Louis XVI,
la première année de son règne,
ordonne que le bien public
du château d'eau de l'arc de Julien,
effondré par la vétusté,
soit complètement réédifié
avec plus d'élégance
par Charles Claude d'Angiviller[5]
directeur des Bâtiments du Roi.
Fontaine rue le l'Arbre-Sec
Fontaine et détail de l'inscription. Fontaine et détail de l'inscription.
Fontaine et détail de l'inscription.


Bas-relief[modifier | modifier le code]

Bas-relief rue Saint-Honoré
Bas-relief et détail de l'inscription. Bas-relief et détail de l'inscription.
Bas-relief et détail de l'inscription.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Hélène Levadé et Hugues Marcouyeau, Les fontaines de Paris : l'eau pour le plaisir - Paris, 2008 - (ISBN 9782915345056)
  • Daniel Rabreau, Paris et ses fontaines - Paris, 1997 - (ISBN 9782905118806)

Notes[modifier | modifier le code]

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