Folkspartei

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Le Folkspartei (yiddish: Yidishe folkspartay; Parti démocratique du peuple ou parti folkiste) a été fondé en 1905-1906 (après les pogroms de 1905) par Simon Dubnow et Israel Efrojkin. Il a participé à diverses élections en Pologne et en Lituanie pendant l'entre-deux-guerres et n'a pas survécu à la Shoah.

Son inspirateur idéologique était l'historien Simon Dubnow (1860-1941), pour qui les Juifs forment une nation sur le plan spirituel et intellectuel et doivent lutter pour leur autonomie nationale et culturelle. « Comment alors l'autonomie juive devrait-elle s'affirmer ? Cela doit, bien sûr, être en plein accord avec le caractère de l'idée nationale juive. Les Juifs, en tant que nation spirituelle et culturelle, ne peuvent pas chercher dans la diaspora le séparatisme territorial ou politique, mais seulement une autonomie sociale ou nationale-culturelle »[1].

Proche du Bund par l'accent mis sur le yiddish et sur sa culture, il s'en différenciait par sa base sociale, constituée de petits bourgeois, d'artisans, d'intellectuels, mais également sur le plan idéologique, Dubnow considérant par exemple, au contraire des bundistes, que l'assimilation n'était pas un phénomène naturel et que le combat politique juif devait se centrer sur une autonomie juive basée sur la communauté, la langue et l'éducation, et non sur les luttes de classes comme le prônaient les théoriciens bundistes[2].

Le Folkspartei en Pologne[modifier | modifier le code]

Une section locale et un quotidien, Warszawer Togblat (Le quotidien de Varsovie, rebaptisé ultérieurement Der Moment), furent mis sur pied en 1916 à Varsovie avant les élections municipales qui s'y déroulèrent sous occupation allemande. Le Folkspartei y obtint 4 élus, dont Nojech (Noah) Pryłucki[2].

Au sein du Sejm (parlement polonais) de 1922-27, il y avait 1 député folkiste sur les 35 élus juifs (dont 25 sionistes et aucun bundiste).

Le parti se scinda en 1927 en deux groupes, celui de Varsovie dirigé par Pryłucki et celui de Vilnius (ville polonaise à l'époque) par le Dr. Zemach (Tsemach) Shabad (Szabad)(1864-1935), un moment élu député au Sejm, moins hostile au sionisme mais plus centré sur la langue yiddish[3].

Après cette scission, le parti semble avoir décliné, malgré une tentative de le faire renaître à Varsovie en 1935. Aux élections communautaires juives à Varsovie en 1936, le Folkspartei n'obtint qu'un siège sur 50, alors que le Bund en recueillit 15.

Le Folkspartei en Lituanie[modifier | modifier le code]

Une liste commune juive entre les sionistes, Agoudat Israel et le Folkspartei obtint 6 sièges sur 112 à l'Assemblée constituante lituanienne (Seimas) élue en 1920. Le parti y fut représenté, après le décès de N. Friedman, avocat élu sans étiquette, par le juriste et banquier Shmuel Landoi (Landau). Landau fut par la suite conseiller municipal à Ponevezh (lituanien: Panevėžys) jusque dans les années 1930[4].

Les élections suivantes, en 1922, firent l'objet de manipulations contre les minorités polonaise et juive, le Seimas fut dissous et une autre folkiste, E. Finkelstein, fut élu en 1923 sur une liste regroupant les minorités nationales. Le parlement lituanien fut dissous un an après le coup d'État de décembre 1926 par Antanas Smetona et Augustinas Voldemaras.

Le journal du Folkspartei en Lituanie était le Folkblatt, publié à Kaunas.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Koppel S. Pinson, Simon Dubnow, Nationalism and History, The Jewish Publication Society of America, Philadelphia, 1958
  2. a et b Annette Wieviorka, "Les Juifs de Varsovie à la veille de la Seconde Guerre mondiale", in Les Cahiers de la Shoah n° 1, 1994
  3. Joseph Marcus, Social and Political History of the Jews in Poland, 1919-1939, Mouton Publishers, Berlin - New York - Amsterdam
  4. Joseph Rosin, Panevezys (Ponevezh)

Bibliographie[modifier | modifier le code]