Folklore estudiantin en Belgique

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Le folklore estudiantin est un ensemble de rites et traditions se déroulant parmi les étudiants de l'enseignement supérieur et universitaire en Belgique. Celles-ci varient selon les campus, le type d'école… Plusieurs de ces traditions sont centenaires (calotte, penne…), d'autres sont plus modernes.

Baptême et bizutage[modifier | modifier le code]

L'un des temps forts du folklore estudiantin est le baptême, qui se déroule au début de l'année scolaire. Il est tantôt considéré comme un rite de passage, tantôt comme un simple évènement relevant du folklore et donnant lieu à des beuveries. Les nouveaux étudiants, aussi désignés sous les termes de Bleus et bleuettes sont soumis à diverses épreuves, initiées par un comité de baptême estudiantin, comportant des comitards. Le passage du baptême donne lieu à un nouveau statut, celui des Poils et Plumes.

Les baptêmes sont quelquefois confondus avec les bizutages, bien que selon le recteur de l'université de Liège, il s'agisse d'une pratique différente[1].

En raison de débordements, le déroulement des baptêmes a progressivement été encadré par les autorités universitaires, et chaque université édicte ses propres règles de conduite, voire dispense des journées de sensibilisation à l'attention des comitards organisant la manifestation[2],[3].

Ces baptêmes sont aussi critiqués lorsque leur caractère est obligatoire.

Attributs folkloriques[modifier | modifier le code]

Les couvre-chefs folkloriques sont très répandus au sein de la population étudiante, et particulièrement francophone. Il faut distinguer la calotte, couvre-chef des étudiants provenant d'universités catholiques, et la penne, que portent les étudiants des universités et hautes-écoles libérales.

  • La calotte
  • La penne
  • La bierpet (petit calot porté dans certains ordres)
  • Beret d'art pour le CBA (liege)
  • L'alto
  • Le Brassard ou le band (sur l'épaule gauche pour les membres du comité et sur l'épaule droite pour les assistants ou peut varier selon les statuts d'un ordre). Dans la plupart des ordres, l'étudiant portant le band sur l'épaule gauche est tyro, et celui le portant sur l'épaule droite est membre à part entière de ladite corporation.

Langage[modifier | modifier le code]

Il existe en Belgique francophone un discours folklorique étudiant, qui tout comme les rites, se veut identitaire et spécifique à chacune des universités où il est en vigueur. Qualifié de « carnavalesque » par D. Meunier et L. Rozier, il emprunte abondamment au discours paillard et transgressif. Il se propage à travers l'utilisation de nombreuses affiches, mais reste encadré[4].

Festivités particulières[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'activités phares rassemblent la communauté étudiante de tout le pays, ce qui crée des occasions d'échanges entre les différents courants folkloriques. La plus grosse manifestation en termes d'affluence sont les 24 vélos de Louvain-la-Neuve, qui existe depuis plus de trente ans, et rassemblent plus de 50 000 étudiants et habitants dans la ville universitaire.

Associations folkloriques[modifier | modifier le code]

Existant depuis longtemps (depuis la fin du XIXe siècle à l'Université de Louvain)[5] afin de regrouper les étudiants selon des critères communs, les cercles, ordres et régionales sont au centre des activités estudiantines. Elles proposent à leurs membres de nombreuses activités en périphérie des études : soirées, voyages, concerts, bals, buffet d’accueil[6].

  • Un cercle est une association rassemblant des étudiants issus d'une même faculté, ou baptisés dans cette faculté, dans le cas des Universités, ou d'une même école, dans le cas des Hautes Écoles
  • Une régionale est une association rassemblant des étudiants issus de la même région (province, ville, pays…)
  • Un ordre est une association d'étudiants plus spécifique rassemblant des étudiants autour de certains aspects particuliers du folklore ou des traditions belges.

Guindailles et alcoolisation[modifier | modifier le code]

Le folklore étudiant met en avant les guindailles[7] et cantus, réunions festives où la fête et les chants s'accompagnent d'une forte consommation de bière.

L'alcoolisation est l'une des dérives qui génère la critique des activités du folklore étudiant[6].

Chants[modifier | modifier le code]

Des chants sont associés à chaque groupe social dont peut être membre un étudiant. L'université, la faculté, la régionale, l'Ordre et d'autres distinction plus fines peuvent être identifiés à l'audition des chants dans les grandes réunions folkloriques.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Leroy, Quelques caractères de la fête étudiante aujourd'hui - L'expérience 24 H/vélo in Françoise Hiraux Les engagements étudiants: des pratiques et des horizons dans un monde globalisé, Volume 18, Publications des archives de l'Université catholique de Louvain, ISSN 1781-6920, Éditions L'Harmattan, 2008, (ISBN 9782872098927)
  • L. Rosier, D. Meunier, Les «dessous» du discours universitaire ou existe-t-il un «discours étudiant»? in Jean-Marc Defays, Annick Englebert, Acteurs et contextes des discours universitaires, Volume 2, Éditions L'Harmattan, 2009, (ISBN 9782296243439) parcourir en ligne
  • Le baptême étudiant et ses limites La quinzaine, Université catholique de Louvain, 15 novembre 2010
  • Bénédicte Loriers, Le rite de passage dans nos sociétés contemporaines : l’exemple du baptême étudiant, Analyse UFAPEC 2009, [PDF]
  • « Folklore et vie estudiantine », sur SONUMA (consulté le 11 novembre 2013)
  • Pierre Maroye et Thibault Helleputte, Le Jour et la nuit : idées reçues sur le folklore et l'animation néolouvanistes, 2009, Présentation en ligne
  • Pierre De Bie, Aspects socio-culturels des classes sociales ascendantes en Belgique, Cahiers internationaux de sociologie, 1965 - JSTOR
  • Xavier Renders « L'engagement extra-académique des étudiants » in Françoise Hiraux (dir) Les engagements étudiants: des pratiques et des horizons dans un monde globalisé, Volume 18 de Publications des archives de l'Université catholique de Louvain, Éditions L'Harmattan, 2008, (ISBN 9782872098927), 181 pages [2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bizutage : les conseils de Ségolène Royal passent mal en Belgique Le Figaro, 15 octobre 2013
  2. Les baptêmes d’étudiants sont-ils une atteinte à la dignité humaine ? La libre.be, 12 octobre 2013
  3. La Belgique exclut d'interdire les «baptêmes» étudiants 20 minutes.fr, 2 octobre 2013
  4. L. Rosier, D. Meunier, Les «dessous» du discours universitaire ou existe-t-il un «discours étudiant»? in Jean-Marc Defays, Annick Englebert, Acteurs et contextes des discours universitaires, Volume 2, Éditions L'Harmattan, 2009, (ISBN 9782296243439) parcourir en ligne
  5. Xavier Renders « L'engagement extra-académique des étudiants » in Françoise Hiraux (dir) Les engagements étudiants: des pratiques et des horizons dans un monde globalisé, Volume 18 de Publications des archives de l'Université catholique de Louvain, Éditions L'Harmattan, 2008, (ISBN 9782872098927), 181 pages [1]
  6. a et b Bénédicte Loriers, Le rite de passage dans nos sociétés contemporaines : l’exemple du baptême étudiant, Analyse UFAPEC 2009, [PDF]
  7. Définition sur CNTRL